FONJALLAZ

Famille originaire de la paroisse du Petit-Bornand, dans le massif du Bornand près de Bonneville, diocèse de Genève, duché de Savoie, citée à Riex dès 1545.

Paysan de haute montagne, Pierre Fonjallaz alias Ruttaz, fils de Henri, était un travailleur agricole demeurant à Riex dès avant 1545, date où il apparaît pour la première fois dans les registres de composition des étrangers de la grande paroisse de Villette. Selon la taille de 1550, il était « grangier » de la grande paroisse de Villette ne payant que le focage (impôt minimal), indiquant par là qu’il était démuni de tout bien. Un document postérieur atteste qu’il était au service des nobles Chalon de Cully dont il occupait la ferme aux granges de Riex. Son statut économique précaire fit qu’il fut admis bourgeois du quart d Riex seulement « à usance sa vie durant », le 8 janvier 1553. Il avait épousé Pernon fille de Jean Rosset résidant à Riex, travailleur immigré comme lui mais venu du Biot dans la vallée d’Aulps, qui lui remit une dot de 100 florins le 7 novembre 1554. Ils eurent au moins trois enfants, Urbain, Jacques et Jénon. Urbain résida dans la grande paroisse de Villette et épousa le 6 mai 1571 une veuve en la personne de Jeanne fille d’Humbert Guillet de la paroisse de Samoëns résidant à Lutry, veuve de Gérard Béliard de Lutry, en ayant pour témoins Pierre son père et Jacques son frère. Avant 1577, Jénon épousa Pierre Boéjoz, venu du village du Fort de la paroisse d’Habères en Chablais savoyard. De ces alliances, on peut conclure qu’aussi bien Pierre que ses enfants baignaient dans un milieu d’immigrés savoyards à Lavaux. Il était sorti du village du Petit-Bornand, situé sur le plateau des Glières au-dessus de Bonneville dans la vallée de l’Arve. Propriété de l’abbaye d’Entremont, détentrice des droits seigneuriaux, ce village curial était sous la mainmise de l’abbé. Le trop plein de bouches à nourrir fit que Pierre ne fut pas le seul de son réseau familial à émigrer. Selon les listes des réceptions à bourgeoisie de Genève dressées par Alfred Covelle, son probable cousin François Fonjallaz alias Quiblar, aussi originaire du Petit-Bornand, fut reçu le 27 mars 1498 bourgeois dans la paroisse Sainte-Croix de la ville de Genève pour 8 florins. L’un s’était dirigé vers Genève alors que l’autre était arrivé à Riex dont la bourgeoisie ne lui fut accordée qu’à titre individuel « à usance ». C’est pourquoi ce ne fut qu’un peu plus tard qu’Urbain fils de Pierre acquit définitivement le 21 avril 1602 celle d’Epesses, détenue encore aujourd’hui par ses descendants.

Jean-Pierre Bastian
Archiviste communal
Avril 2010

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