The Transfert Agreement. Edwin Black Chapitre 17, pp 166-177: «Juifs, sionistes, Allemands, nazis».
Black rappelle la faible influence du sionisme sur les Juifs allemands qui, dans leur grande majorité, rejetaient ce mouvement, le considérant comme un ennemi (page 168). Cette virulente opposition fut la cause du déplacement du premier congrès sioniste de Munich, lieu choisi par Herzl, pour Bâle où il eut lieu en 1897.
En 1912, 8'400 Juifs allemands sur les 550'000 confirmaient leur adhésion au sionisme par leur cotisation.
Page 169 et suivante, l'ouvrage cite quelques extraits de "Sur les Juifs et leurs mensonges", publié en 1543 par Martin Luther. "Ils ont été des chiens sanguinaires assoiffés de sang pendant plus de quatorze cents années dans leur intentions
». Ce pamphlet se termine par; «Le soleil n'a jamais brillé sur un peuple plus assoiffé de sang et vindicatif». Suit le programme en sept points de Luther pour ratiboiser les Juifs allemands.
En réaction à l'émancipation des Juifs allemands en 1871, Adolf Stoecker, prêcheur de la cathédrale de Berlin fomante une opposition autour du slogan: «Les Juifs sont le malheur de l'Allemagne».
Dès 1933, Martin Luther et le slogan d'Adolf Stoecker sont bien présents dans les pensées d'Adolf Hitler. Der Sturmer, le journal de Julius Streicher, rappelle à chaque édition que «Les Juifs sont le malheur de l'Allemagne».
Alfred Rosenberg a écrit, en 1920 déjà, dans le journal Die Spur, que les Allemands doivent ignorer toute antipathie: «Le sionisme doit être activement aidé afin de nous permettre de transporter annuellement un nombre spécifique de Juifs en Palestine, ou, en tout cas, à travers nos frontières».
Black cite des preuves du traitement spécial des sionistes allemands, de son organisation ZVfD, de son journal, le Juedische Rundschau. Après l'incendie du Reichstag organisé par les nazis pour servir de prétexte afin d'éliminer tous les autres forces politiques, les sionistes purent conserver leur journal, défiler et saluer le drapeau de l'étoile de David. Et cela même après la promulgation des Lois de Nuremberg en 1935!
«Le 21 juin 1933, un memorandum du ZVfD fut envoyé à Hitler exposant que les grandes lignes de la doctrine sioniste était en accord avec l'idéologie nationale-socialiste». Suivent quelques exemples
Policy statement by ZVfD, June 21, 1933, in Klaus J. Herrmann, Das Dritte Reich und die Deutschjeudische Organisation 1933-1934, Münich 1969.
Cette convergence idéologique entre le sionisme et le nazisme, le traitement de faveur des premiers par les seconds renforça considérablement le sionisme allemand et son influence grandit notablement en Allemagne et dans les organisations de la diaspora juive.
De plus le 7 avril 1933, le Juedische Rundschau appelle pour que les sionistes et les nazis soient d'«honnêtes partenaires».
Lors de ce rapprochement mutuel, Kurt Tuchler, activiste du ZVfD commença un partenariat avec le baron Leopold von Mildenstein, un officier SS évidemment membre du NSDAP, et chargé des Affaires juives. «Tuchler voulut convaincre von Mildenstein pour que le NSDAP soutienne ouvertement le nationalisme juif». «Pour appuyer son projet, Tuchler invita von Mildenstein pour un voyage en Palestine. A la fin avril 1933, les deux hommes et leurs épouses embarquèrent dans un paquebot pour la Palestine».
Dix-huit mois plus tard, le journal de Goebbels, Der Angriff, publia une série d'articles sous le titre: "un nazi va en Palestine". Goebbels fut si fier qu'il fit frapper une monnaie en l'honneur de ce voyage. Sur une face la swastika et sur l'autre l'étoile de David.»
Adolf Eichmann était un des subordonnés de von Mildenstein. Il devint plus tard, à la place du baron, le chef de la Section juive du service de sécurité du Reich.