Binjamin Wilkomirski, adulé pour son témoignage, puis pour son art de l'escroquerie
Dans le flux annuel des oeuvres consacrés à l'Holocauste, un livre publié en Allemagne en 1995 par le prestigieux éditeur Suhrkamp sort du lot, et commence à être encensé.Traduit rapidement en plusieurs langues, "Fragments" est rangé rapidement parmi les grands témoignages sur l'Holocauste, à côté de gloires imposées comme Elie Wiesel ou Primo Levi. Le succès s'emballe et de nombreux organismes (le National Jewish Book Award, le Jewish Quarterly Literary Prize, etc,) tiennent à honorer l'auteur d'un prix accompagné d'espèces sonnantes et trébuchantes. Quand on apprend que la cause de toute cette trépidante agitation est Binjamin Wilkomirski, un citoyen suisse, on reste perplexe. Mais tout s'explique, car ce Suisse paisible, grâce à un mystère célébral, a recouvré sa véritable histoire: des fragments surgissant peu à peu de son esprit et dévoilant des événements faisant partie de l'Holocauste. Et l'on découvre qu'un enfant juif né à Riga, déporté tout petit à Majdanek et Auschwitz, survivant orphelin a été évacué à la fin de la guerre en Suisse, pays où il vit sous le nom de Bruno Dösseker après avoir été adopté. Ce parcours permet de décrire de l'intérieur l'horrible vie dans les camps de concentration. Et en plus, ce livre apporte le témoignage d'un enfant, ce qui était nouveau et manquait à la longue liste des témoignages.
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Le témoignage et la réalité
En France, Calmann-Lévy publie en janvier 1997 "Fragments" et dans ce pays aussi, des réseaux s'activent: Mme Mitterrand lui remet le Prix de la Mémoire de la Shoah et la machine à informer (désinformer?) se met en branle. La même année, il fait une tournée triomphale aux USA, fait des conférences bien rémunérées dans les différents musées de l'Holocauste, rencontre divers experts en Holocaustologie et, consécration suprême, témoigne pour le projet de Spielberg voulant filmer des milliers de survivants.
L'opération "Fragments" apporte à Binjamin Wilkomirski une reconnaissance quasi mondiale et pas mal d'argent. Tout va bien jusqu'au jour où un journaliste faisant réellement son travail, cela arrive parfois, mène une véritable enquête. En étudiant les carnets scolaires et d'autres documents, interrogeant des relations de l'auteur, Daniel Ganzfried publie dans la Weltwoche, début septembre 1997, un article qui se conclut ainsi: "Binjamin Wilkomirski, alias Bruno Dösseker, a certes connu Auschwitz et Majdanek. Mais seulement en touriste."
Devant cette réalité, l'escroc originaire du canton de Berne se défend d'abord, en arguant du caractère littéraire de son livre, alors que jusqu'ici il avait vanté sa véracité et ensuite, en dénonçant, par un communiqué de presse, "l'atmosphère totalitaire" conduisant à son lynchage médiatique. La belle aventure de Binjamin Wilkomirski se termine de manière aussi tristement que son oeuvre mais, jusqu'à maintenant, il n'a pas remboursé son magot. Et en ce qui concerne les experts es Holocaustologie? certains ont soudainement réalisés que des faits rapportés étaient douteux mais, la plupart, ont préféré garder le silence. L'Holocauste, un sujet tabou ce qui permet à des escrocs de mentir en toute impunité!
Quelques mots sur un autre célèbre bidonneur, Martin Gray (pseudonyme) dont les livres racontent la série de ses malheurs!
Mais il faut constater que si tous le monde autour de lui meurt, le pauvre Martin, lui s'en tire toujours, ce prouve qu'il est malin! Il y a quand même une lueur d'espoir dans cette tragique vie, c'est le pognon qu'il a pu amasser ainsi! En fait, tout est bidonné, mais à beau mentir qui vient de loin, la vérité révèle enfin les mensonges de ce pauvre Martin. S'il a pu si bien décrire les camps de concentration, il les a bien connu, non pas en tant qu'internés, mais grâce à sa fonction de pourvoyeur. Et les camps de concentration dont il s'agit, ce sont pas les nazis mais ceux du goulag car, "Martin Gray" a été un membre émérite du NKVD (regardez son uniforme d'officier avec des décorations), qui aurait su dissimuler sa réelle identité de bourreau soviétique en endossant le rôle d'une victime des nazis. Incroyable comme des personnes n'ayant pas été en camps de concentration nazis arrivent à écrire des descriptions plus vraies de nature? La preuve que le goulag était aussi un enfer, mais les victimes des régimes socialo-communistes, on n'en parle jamais même si elles sont bien plus nombreuses que celles de l'Holocauste!
A l'occasion d'un film tiré de "Au nom de tous les miens", Le Monde publie le 27 novembre 1983 une critique intitulée "Roman et brouillard" dans laquelle Pierre Vidal-Naquet, lui-même, a eu le mérite de dénoncer l'imposture du faussaire Martin Gray qui n'a jamais mis les pieds à Treblinka. Quant à son talent d'écrivain, il a été dopé par des "nègres" comme Max Gallo et d'autres. Comme quoi, certains n'ont pas de vergogne à se faire du blé avec les malheurs des autres.
Il serait le moment pour que Martin Gray écrive, sans tricher, sa biographie qui devrait être nettement plus intéressante