Des critiques sans sens critique!

http://www.allocine.fr/film/critique_gen_cfilm=29197&affpub=0.html

L'Express - Jean-Pierre Dufreigne ****
Amen. se hisse au niveau de Z et de L'Aveu, avec, en plus, un refus de montrer l'horreur. (...) Une réussite grave.

Ciné Libre - Jean-Max Méjean ****
Amen (...) pose une question essentielle, à savoir comment se battre en étant à l'intérieur d'un système qu'on dénonce? (...) Dilemme horrible que Costa-Gavras montre à merveille, mieux encore que La liste de Schindler de Steven Spielberg qui avait tracé la voie (...). Amen, à voir d'urgence et pour prolonger un débat plus que vital.

Le Parisien - Pierre Vavasseur ***
Ravivant la polémique à propos du silence du Vatican sur l'extermination des juifs par Hitler, "Amen", servi par deux bons interprètes, se veut d'abord un film contre l'indifférence.

Télérama - Pierre Mura ***t
On finira par croire qu'il est meilleur acteur que réalisateur, Matthieu Kassovitz. Il joue cet être pur (...) comme si il était illuminé de l'intérieur. (...) Face à lui, (...) un comédien allemand peu connu, chez nous, mais remarquable (...).

Le Point - François-Guillaume Lorrain ***
" Amen " (...) ne dégage peut-être pas assez toute la portée historique. C'est là l'unique réserve sur un film à voir absolument et où, comme souvent chez Costa-Gavras, la mise en scène, sobre, classique, amplifie un propos qui devrait inciter à ouvrir un débat d'historiens.

Première - Olivier De Bruyn ***
(...) même si l'auteur de Z reste un cinéaste plus préoccupé par le fond que par la forme, son Amen., solidement mis en scène et excellemment interprété (Kassovitz en jésuite et surtout Tukur en nazi ambigu), est un film diablement puissant qui ne manquera pas de déclencher son lot de polémiques.

Zurban - Véronique Le Bris **
Réalisé sans dramatisation, ni sentimentalisme, Amen possède l'audace mais pas autant de force que ses premiers films, malgré l'interprétation brillante d'Ulrich Tukur et de Mathieu Kassovitz.

Figaroscope - Marie-Noelle Tranchant **
Le film met en scène deux héros fort bien interprétés, l'un réel, l'autre fictif (...). Dommage que le cinéaste (...) n'ait pas cherché autant de vérité humaine du côté du Vatican, où on ne voit que fantômes diplomatiques, expédiant les affaires du monde en 3 coups de cuiller à pot.

L' Humanité - Jean Roy **
Certains plans sont de toute beauté, sommets d'émotion (...). Et, dans le même temps, tout le monde parle un anglais parfait dans ce film à cent pour cent de production française. Que dire?

Le Figaro - La Rédaction **
Bon portrait de Gerstein, vision caricaturale de l'Eglise, un film à thèse efficace mais tendancieux.

Aden - Philippe Piazzo **
Amen. ressemble à une bonne production des années 1950-1960. Tout le monde parle anglais. Cet esperanto a le défaut d'anéantir l'arme principale des hommes d'Eglise, le pouvoir cinglant du verbe, et donne constamment l'impression que les nazis jouent un jeu avec ces sonorités qui ne sont pas les leurs ..(...) Mathieu Kassovitz, remarquable, réussit à hisser son personnage au niveau d'un déchirement intérieur.

Studio - Sophie Benamon **
Une mise en scène tout en retenue, qui sert parfaitement un propos édifiant: tout le monde savait, personne n'a rien fait. Cependant, Costa-Gavras, en évitant la dramatisation et en refusant de tirer sur la corde sensible, tombe dans l'excès inverse: une démonstration mathématique, presque trop froide.

Monsieur Cinéma - Olivier Pélisson **
AMEN. est un film sincère, à la facture classique, qui restera comme un témoignage d'un événement majeur de l'humanité.

Ciné Live - Philippe Paumier **
Costa-Gavras fait oeuvre de mémoire en investissant un pan méconnu de la résistance au 3e Reich. Salutaire, mais académique et démonstratif.

Le Monde - Jean-Michel Frodon **
Les enjeux évoqués par le film sont si tragiques qu'à de nombreuses reprises ses séquences suscitent bien sûr l'émotion. Mais, à l'issue de la projection, il reste à la fois une impression de trop-plein devant l'accumulation (le dossier plus le spectacle), et de déception laissée par l'espace resté vacant entre les deux.

Urbuz - Vincent Malausa *
Evitant toute position frontale, Amen n'est rien de plus qu'un bon film dans ses scènes intimistes et un très mauvais film dans ses scènes à vocation "historique".

Chronic'art - David Vincen *
Amen, malgré son évidente honnêteté, garde le recul bien-pensant de ces films à thèse qui évitent soigneusement de traiter leur sujet à bras le corps. (...) Le pari de ce genre de film (...) est tenu : boucher proprement un trou béant de l'Histoire, avec à la fin ce sentiment confortable que son secret reste entier.

Sans commentaire tellement c'est pitoyable!

Dernier exemple tout aussi affligeant que les autres, celui du Quotidien du Cinéma:

La cécité tragi-comique du bon Dieu.
.. 
http://www.lequotidienducinema.com/critiques/amen_critique/critique_amen.htm

Tout d’abord, l’affiche de ce film qui a tant fait scandale n’a rien de choquante. Transformer la croix du christ en croix gammée est, certes, un peu naïf, mais souligne parfaitement ce que tout le monde sait (j’ose l’espèrer...) : à savoir que les hommes d’église ont autant de sang sur les mains que les nazis. Pour son 15ème film, Costa-Gavras a adapté (avec l’aide de Jean-Claude Grumberg) une pièce de théâtre des années 60: Le vicaire de Rolf Hochhutch. Coutumier de la polémique, cinéaste inégal et parfois médiocre, Costa-Gavras n’est plus aussi brillant qu’à l’époque de Z (1968), L’aveu (1969) ou Missing (Palme d’or à Cannes en 1982)...

Initiateur d’un nouveau genre (les films politiques), Costa-Gavras usait du manichéisme et d’idées tranchées pour rendre ses films plus efficaces. Dans Amen, les ingrédients sont les mêmes mais l’efficacité a disparu. Même si une nouvelle fois, les intentions sont louables, Costa-Gavras dit ce que tout le monde sait déjà et ne filme pas (magnifique scène où le héros découvre l’horreur des camps, son regard étant plus éloquent que n’importe quelle image....) ce que tout le monde a déjà vu.

Le film retrace la lutte vaine de deux hommes, l’un lieutenant SS (spécialiste de la purification de l’eau et la désinfection des casernes), Kurt Gerstein (Ulrich Tukur), l’autre jeune jésuite italien, Riccardo Fontana (Mathieu Kassovitz), pour tenter de faire bouger les autorités religieuses face au génocide juif. Jamais la réalisation de Costa-Gavras ne parvient à nous captiver, à nous émouvoir même. Point de suspens non plus, l’échec des deux hommes étant connu d’avance.

Le parti-pris de la sobriété évite, il est vrai, toutes scènes obscènes à la manière de Spielberg dans La liste de Schindler (avec la séquence des femmes juives qui entrent dans une chambre à gaz), mais amplifie par contre la monotonie qui se dégage de ce film désincarné malgré la formidable prestation des comédiens (dont celle de Ulrich Tukur, Ulrich Mühe et Mathieu Kassovitz, qui confirme qu’il est bien meilleur comédien que cinéaste...).

Alors qu’il croyait tenir un sujet brûlant, Costa-Gavras ne réalise qu’un film tiède qui met deux heures pour enfoncer une porte ouverte: le vatican (l’endroit, dois-je le rappeler, le plus riche du monde...) a participé au génocide en fermant les yeux et en faisant passer à l’étranger des officiers SS à la fin de la guerre.

Depuis le vatican a côtoyé d’autres individus comme la Mafia mais ça, c’est un autre film (et celui-ci un chef-d’oeuvre): Le Parrain 3 de Francis Ford Coppola. L’oeil de Dieu dans un enfer ne voit que ce qui l’arrange et le coeur des hommes d’église continuent de saigner (métaphoriquement parlant bien entendu...) pour les malheurs de ce monde...

Christophe Roussel

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