Costas-Gavras, maître es manipulation!

Vous avez été choqué par le comportement de Pie XII et ceci d’autant plus que les séquences illustrant le sort des juifs vous ont émus et révoltés ? Alors je suis désolé de vous le dire, mais vous êtes tombé dans le panneau: vous avez été manipulé par ce film qui ne s’avère être que de la pure propagande visant à nuire à l’Eglise catholique.

Costa Gavras excelle dans les œuvres de propagande en utilisant toujours les mêmes méthodes de manipulation. Parmi celles-ci :

Z (1969)

L’assassinat en 1963 du député Grigorios Lambrakis de la Gauche unie démocratique (EDA), la vitrine légale du parti comuniste grec KKE totalement inféodé à Moscou, cet acte constitue un crime et c’est à juste titre que les commanditaires, les colonels, doivent être dénoncés. La manipulation réside non dans la juste dénonciation de cet assassinat mais dans le fait que l'appartenance de Lambrakis au parti comuniste a été volontairement occulté, de même que son contexte, celui la guerre froide dont un des premiers épisodes avait été justement la guerre civile dévastant la Grèce pendant trois ans, de 1946 à 1949. Les Grecs ne connaissent que trop bien les atrocités qui ont alors été commises.

Et comme par hasard, le compagnon de route ou agent du parti communiste grec Costa Gavras réalise Z en Algérie, pays socialiste (pour être précis, une république démocratique et populaire, expression pour dire qu'il s'agit en réalité d'une dictature), et avec Yves Montand, autre compagnon de route du PCF. Tout cela sent l'opération en service commandé! Cela pourrait faire rire quand des communistes se changent en défenseur de la démocratie alors qu'elle est piétinée quotidiennement dans les démocraties populaires, en URSS et en Chine Populaire qu'ils soutiennent pourtant envers et contre tout. Certes, la guerre civile a eu son triste lot d'atrocités, mais la prise du pouvoir par le parti communiste (KKE) aurait plombé ce pays pendant des décennies, reproduisant une fois de trop l’horreur des révolutions socialistes dont tant de peuples ont soufferts. Dénoncer le régime des colonels comme le mal absolu revient à appuyer objectivement la lutte du KKE pour imposer le goulag dans le berceau de la démocratie, la Grèce.


L’Aveu (1970)

Les démocraties populaires, Costa Gavras nous en parle justement dans ce film servit par d’excellents acteurs dont, à nouveau, Yves Montand. Un scénario en deux actes: le premier nous fait partager les souffrances d'Arthur London et de sa famille, lui qui est l’un des 14 accusés dans le procès Slansky se déroulant à Prague du 20 au 27 novembre 1952. Le second vise à ce que le spectateur décharge le ressentiment accumulé à la vision des malheurs de London contre les affreux staliniens. A nouveau, si la condamnation des exactions des staliniens est méritante, Costas-Gavras agit comme un bon communiste qu’il est, fidèle à la ligne politique imaginée par Krouchtchef, et visant à mettre sur le dos de Staline toutes les horreurs de la construction du socialisme. processus que ce dernier aurait dévoyé! Alors que l’histoire de l’URSS démontre, avant Ceusescu, Enver Hodja, Pol Pot, Mao et tant d’autres, que le socialisme* est intrinsèquement pervers et qu'il n'apporte au peuple que misère et terreur.

Le but de Costas-Gavras et d’Yves Montand, de Simone Signoret et de tant de compagnons de route du parti communiste français est de persuader le peuple ( et aussi peut-être eux-mêmes) que l’URSS aurait été le paradis des travailleurs sans ce grand méchant Staline. C’était un mensonge à la mode des années autour de 1968, année qui verra l'assassinat à Prague de la révolution de velours, nième preuve que socialisme et démocratie sont incompatible. La démocratie bourgeoise a certainement des défauts mais c'est le nirvana en comparaison de la démocratie socialiste.

* Lénine avait abandonné le terme de socialiste pour celui de communiste suite à la trahison de la IIe Internationale socialiste dont les membres, en dépit de leurs beaux discours, avaient voté les crédits militaires et permis la Première guerre mondiale. Pourtant, le nouveau régime s'appelle pourtant bien Union des Républiques socialistes soviétiques.

Remarque 1: Dans l'Aveu, London joué par Yves Montand est complice de cette opération montée par Staline. Alors que London et sa femme jouent le rôle des pauvres victimes, ils cachent ainsi le fait que London a permis de charger les autres accusés qui, eux, seront tous fusillés. Comme salaire à ses services, non seulement il échappera à la mort mais, peu d'années après, il recouvrera la liberté et pourra même ensuite venir en France. Si le régime l'a laissé sortir, c'est parce qu'il était sûr de sa totale loyauté qui a commencé en 1935, début de son travail d'agent du Komintern. Costa Gavras, maître es manipulation!

Remarque 2: A la fin du film, un gros plan sur un mur de Prague avec: "Lénine, réveille toi, ils sont devenus fous". Il s'agit de croire à une trahison de la révolution d'octobre alors que celle-ci fut, dès le départ, antidémocratique et la négation des Droits de l'Homme. C'est Lénine qui a crée le goulag, Staline n'a fait que l'étendre. Costa Gavras applique la ligne de Khrouchtchev au XXe congrès comme un bon agent de Moscou qu'il est et a toujours été.

Montand et Signoret, heureux à Moscou, peu après le procès de Prague. A ce moment, le sort de Lanski et de London, ne les émouvaient pas. Il faudra encore 30 ans au bel Yves pour enfin ouvrir les yeux et affirmer que "tout cela était des conneries¨!" Un peu facile quand on a été un complice si actif de la tragédie! Mais lui, il n'a pas été fusillé, déporté ou reçu une balle dans la nuque, parce qu'il vivait dans une démocratie qu'il travaillait pourtant à détruire pour instaurer une démocratie populaire.


1968, c'est aussi l'écrasement du printemps de Prague par les troupes du pacte de Varsovie: et pas seulement le trop fameux mois de mai.

Alors que l'opinion était travaillée contre la guerre du Vietnam et l'impérialisme américain toujours présenté comme le seul coupable, le peuple tchèque, au coeur de l'Europe, à quelques centaines de kilomètres de Berne et Paris, fut oublié au prétexte que l'intervention des troupes du pacte de Varsovie n'étant évidemment pas une agression, mais l'expression de l'internationalisme prolétarien. Cette schizophrénie gallopante continue à sévir dans les pays de l'Occident: Pinochet est vomi, mais Castro qui a fait dix fois plus de victimes et des misères aux Cubains pendant plus longtemps, est reçu avec tous les honneurs en Suisse. Quand on veut être un dictateur, vaut mieux être de gauche, comme Saddam Hussein, on a ainsi le soutien complice des progressistes.

Et c'est ainsi depuis que l'anti-fascisme a été conçu pour, en fait, détourner l'attention des exactions commises en URSS contre les peuples de ce pays en attendant les autres (Pologne 1939, Finlande 1939, Lithuanie, Lettonie et Estonie, les trois en 1940, etc...).


Music Box

John Demjanjuk émigra aux Etats-Unis en 1951, vécu en Indiana et reçut la nationalité américaine le 14 novembre 1958. À la fin des années 1970, il fut accusé d'avoir été le gardien du camp de concentration de Treblinka que les prisonniers appelaient « Ivan le terrible » qui avait dirigé les installations de gazage, assassiné plus de 100'000 Juifs et sauvagement torturé des prisonniers. En octobre 1983, Israël présenta une demande d'extradition qui fut acceptée en 1986. Le 25 avril 1988 Demjanjuk fut condamné à mort à Jérusalem. Mais, ce jugment fut cassé en août 1993 par la cour supérieure de justice israélienne. Retourné aux Etats-Unis après 7 ans de détention, un nouveau procès commença en 2001. En juin 2004 un tribunal américain a retiré à Demjanjuk sa nationalité américaine et en décembre 2005, son expulsion en Ukraine a été décidée, décision confirmée le 22 décembre 2006.

Voilà ce qu'on peut savoir de cette bien étrange histoire où un homme accusé à tort a eu sa vie perdue pendant plus de 30 ans sous la base de simple soupçon.


Amen (2001)

Amen reproduit le même mécanisme de conditionnement que Z, l’Aveu: la juste réprobation soulevée par les malheurs de victimes est focalisée malhonnêtement sur les ennemis du communiste Costa Gavras . Et à chaque fois, pour arriver à ses fins, Costa Gavras, n’hésite pas à falsifier l’histoire. Et autant de fois qu’il est nécessaire comme pour scénario d’Amen qu’il a écrit avec Grumberg.. Il serait trop long d’énoncer la liste des falsifications historiques de cette œuvre de propagande, mais deux d’entre elles suffiront :

1) Un des moments clés du film. L’entrevue entre Nuntius-Gerstein n’a jamais eu lieu. Donc, tout le scénario est construit pour faire croire à un événement qui n'a jamais eu lieu dans le but de faire décharger l'émotion accumulée, le conditionnement émotif par la description des malheurs des juifs déportés, sur Pie XII et l'Eglise catholique.

2) A la fin d’Amen, et pour ne pas annuler le conditionnement de haine contre le Vatican, but de l’opération, Amen, veut faire croire que Pie XII se serait désintéressé des juifs pourchassés autour du Vatican et pour cela, cache le fait que si les juifs de Rome n’ont pas été déportés, c’est grâce à l’intervention de Pie XII. En reconnaissance, le grand rabbin de Rome se convertit au catholicisme et prit le nom de baptême d’Eugenio, prénom de Pie XII.

En résumé : Amen, un belle réalisation pour engendrer la haine. Que font la LICRA, la CIMADE, le cicad, la commission fédérale contre le racisme, les grands intellectuels et les autres belles âmes de gauche?

Retour