Les services du Tuteur général, rattachés au Département de linstruction publique (DIP), viennent de quitter la rue Calvin pour sinstaller dans les anciens locaux du magasin Spengler, au boulevard Georges-Favon. Le but est de libérer les bâtiments de la Vieille-Ville pour les services du Grand Conseil et du Conseil dEtat, considérés comme trop à létroit. Ainsi, certains services du DIP et du DIAE devraient bientôt occuper les bâtiments de la rue Calvin.
Or, le déménagement du tuteur général au boulevard Georges-Favon, dans les anciens locaux Spengler appartenant à la banque Safra, a un prix. A lannée, cela coûtera un peu plus de 2 millions de francs à lEtat pour une surface de 4550 m2. Soit près de 500 francs le mètre carré. "Ce prix est exceptionnel, affirme François Reinhard, directeur du Service des bâtiments au Département de laménagement, de léquipement et du logement (DAEL). Généralement, nous louons autour des 350 francs le m2."
Explosion du budget
En quatre ans, la part du budget étatique allouée à la location de bâtiments a fortement augmenté. De 21 millions en 2000, elle passera à 37 millions en 2004 pour une surface de 171 000 m2. Pourquoi cette explosion? "Chaque année des nouveaux services se créent, dautres se développent", précise François Reinhard.
"Le problème est que chacun prêche pour sa paroisse", dénonce Michèle Kunzler, députée des Verts. Pour gérer les nombreuses rocades, une commission interdépartementale a donc été mise en place. Elle est composée dun représentant par département. Lécologiste estime que "la stratégie en matière de location devrait être mieux pensée. Comme ramener au centre-ville les services qui doivent être accessibles aux usagers et excentrer ceux qui ont peu de contacts avec la population."
Dautre part, en dehors de la nécessité de loger les nouveaux services, des déménagements savèrent indispensables afin de regrouper certains grands offices. Lexemple le plus frappant: celui de lOffice cantonal de la population, qui comptabilise sept entrées dans autant de bâtiments différents. Une nouvelle construction sise route de Chancy, à Onex, pourrait offrir une solution. "Cela permettrait de récupérer les locaux afin de rapatrier lOffice cantonal du logement au DAEL, alors quil se trouve actuellement aux Finances. Un projet identique est également à létude concernant les Offices de poursuites et faillites (OPF).
Peu de nouvelles constructions
A droite, Claude Blanc, député du Parti démocrate-chrétien (PDC) "fait confiance à lEtat en matière de location". A cette interrogation: lEtat ne serait-il pas gagnant à devenir propriétaire chaque fois quil le peut? Lélu répond clairement: "Cest une question dopportunité économique. Il faut décider au cas par cas. Sachant tout de même quêtre propriétaire coûte cher, surtout en entretien."
Pour lheure, les projets de construction sont peu nombreux. Parmi ceux-ci, la Maison de lenvironnement où sinstalleront les services du Département de lintérieur, de lagriculture et de lenvironnement. Quant à la deuxième étape de construction de lhôtel de police, situé à la Gravière aux Acacias, le DAEL assure que le projet na pas été abandonné mais il ne figure pas parmi les priorités du gouvernement.
Une partie des services de police loge donc toujours au boulevard Carl-Vogt où les conditions de travail sont difficiles. A plus longue échéance, il est envisagé de réserver des surfaces en vue dune "cité" administrative à la Praille.
La réponse du DAEL lorsquon évoque laccès à la propriété ou de nouvelles constructions est la suivante: "Si on capitalisait les 37 millions consacrés aujourdhui à la location, on pourrait effectivement construire plusieurs bâtiments. Mais les enveloppes en matière dinvestissement sont limitées et les besoins de ladministration passent après ceux des écoles ou des hôpitaux", conclut François Reinhard.
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LEtat: un locataire comme les autres?
E. J.
Louer une surface à lEtat 500 francs le mètre carré peut paraître cher, voire abusif. Pourtant, Mark Muller, avocat, député libéral et ancien président de la Chambre genevoise immobilière estime que "selon lemplacement et la qualité des locaux, ce prix ne me paraît pas surfait". Ce dernier fait notamment allusion aux nouveaux locaux du Tuteur général, situés au boulevard Georges-Favon, qui ont été entièrement transformés en bureaux aux frais du propriétaire.
Mario Cavaleri, président du Parti démocrate-chrétien genevois et chef du service de la Gérance immobilière municipale (GIM), admet quil est "difficile de juger un prix de location étant donné quil dépend dun grand nombre de facteurs. Certains bâtiments sont équipés en fibre optique, dautres situés à proximité des transports publics ou dun parking". Le prix moyen de 350 francs le mètre carré lui semble donc "tout à fait correct".
Tout comme à Jean Chapalay, responsable du département gérance au Comptoir Genevois Immobilier. Car quon ne sy trompe pas! Sil savère que lEtat ne jouit pas davantage particulier, il ne loue pas pour autant sans regarder le montant du loyer. "LEtat se renseigne auprès de toutes les régies. Par conséquent, les conditions sappliquent à tous de la même manière. Les prix varient tout simplement selon loffre et la demande du moment."