Les comptes 2003 sont «catastrophiques» (02/03/2004)
Martine Brunschwig Graf refuse pour l’heure de chiffrer le trou
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Mardi 2 mars 2004
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LAURENCE BÉZAGUET

"Les comptes 2003 de l’Etat de Genève afficheraient un déficit d’un demi-milliard de francs, sans commune mesure avec le bénéfice escompté de 87 millions de francs." Parue hier dans Le Temps, cette information met en évidence l’approximation criante du budget 2003. Elle a immédiatement provoqué son lot de réactions.

Sans confirmer le chiffre très précis de 504 millions de francs, révélé par nos confrères, le président du Conseil d’Etat n’en a pas pour autant embelli le scénario. "Les comptes seront effectivement mauvais! Mais tout ce que je dis là n’a rien d’un scoop", a répété en substance Robert Cramer, lors du point de presse hebdomadaire du gouvernement.

Dans le cadre d’une conférence de presse convoquée ce matin au siège du PDC, le groupe parlementaire promet de son côté, "en fonction des informations qui sont en sa possession", de commenter ce déficit.

"Rentrées fiscales trop optimistes"

Sans confirmer non plus le chiffre de 504 millions de francs, la patronne des Finances Martine Brunschwig Graf rappelle avoir annoncé depuis longtemps que les comptes 2003 seraient "catastrophiques". En attendant de lever définitivement le voile lors d’une conférence de presse programmée au 23 mars, la magistrate libérale avance deux raisons essentielles à cet important déficit: "Un, l’année 2002 a été mauvaise pour les entreprises et cela doit être absorbé par les comptes 2003; deux, les estimations des rentrées fiscales (basées sur juin 2002) ont été beaucoup trop optimistes." L’impôt perçu en 2002 est ainsi inférieur aux prévisions, son différentiel s’élèverait à une centaine de millions de francs.

Martine Brunschwig Graf souligne que ces mauvais comptes ont une influence "très importante" sur les travaux budgétaires en cours: "Ils ont poussé le gouvernement à revoir ses travaux sur le budget 2004."

Rappelons que ce budget a été refusé dans sa première mouture, qui affichait un déficit de 550 millions. L’Etat de Genève fonctionne donc aujourd’hui selon le principe des douzièmes provisoires; à savoir des tranches annuelles équivalant au budget 2003. La mise au point du budget 2004 se faisant désirer, les radicaux viennent de déposer une motion au Grand Conseil qui exige le dépôt sans délai de ce budget...

Riposte de la grande argentière du canton: "La volonté d’assurer le redressement des finances vaut la peine de prendre du temps!" Le gouvernement devrait ainsi tout faire pour éviter de présenter un budget 2004 trop déficitaire. Les Départements de l’action sociale et de la santé, de l’Instruction publique, ainsi que de Justice, police et sécurité semblent les plus menacés par les coupes prévisibles.

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Calmy-Rey muette

Le budget 2003, c’est le dernier budget de Micheline Calmy-Rey en tant que ministre genevoise des Finances. En automne 2002, la socialiste a-t-elle enjolivé le budget 2003 pour ne pas nuire à sa candidature au Conseil fédéral? Interrogée hier par la Tribune, la conseillère fédérale se refuse à tout commentaire sur la question.

Dans son entourage, on se montre plus bavard. D’abord on souligne que le budget n’est pas l’affaire d’une seule personne. Il est présenté par le Conseil d’Etat et approuvé par le Grand Conseil. De plus, Micheline Calmy-Rey n’était pas là pour suivre l’application de ce budget. Y a-t-il eu dérapage des dépenses? Y a-t-il eu des problèmes pour l’encaissement des recettes? Autant de questions ouvertes qui, selon cette source proche de Calmy-Rey, ne permettent donc pas de jeter la suspicion sur la conseillère fédérale genevoise.
Ar.G.