La manipulation de l'anti-fascisme: faux antifascistes et vrais staliniens

Le tableau de Picasso, Guernica, résume cette vieille manipulation. Vivant en 1938 tranquillement à Paris, 7 rue des Grands-Augustins, loin des drames de la guerre d'Espagne, il peint Guernica pour dénoncer le crime qui s'y produisit le 26 avril 1937, quand les avions de l'armée allemande bombardent cette ville pendant 3 heures. Bilan: 200 morts et de nombreux blessés selon le film éponyme de Hanno Brühl.
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guernica

Faire de ce tableau le symbole de la guerre dans son horreur, quelle idée nécessaire pour dénoncer ce crime de guerre. Mais, pendant la guerre d'Espagne, en URSS, 2000 personnes étaient fusillées chaque jour. Picasso a-t-il fait un tableau pour dénoncer ces atrocités? En fait, les communistes ont utilisés Guernica pour détourner l'attention des crimes de masse qui se déroulaient dans "la patrie des travailleurs".

Et la manipulation de l'anti-fascisme n'a jamais cessé: aujourd'hui, les "progressistes" dénoncent Guantanamo, ce qui est très bien, mais que Cuba soit un prison pour le peuple cubain depuis plus de 40 ans, ne choquent pas ses spécialistes de l'indignation orientée.

En résumé, on dénonce à juste titre toute manifestation du fascisme mais c'est toujours le silence sur les crimes communistes. Cette imposture qui dévoie la nécessaire lutte contre le fascisme pour l'utiliser comme contre-feu afin de cacher la réalité du communisme: la misère et la terreur.

Les intellectuels "antifascistes" prostaliniens. Son copain Paul Eluard compose en même temps (1938) le poème "La victoire de Guernica". Picasso adhère le 3 octobre 1944 au Parti communiste français dont il est proche depuis longtemps. Eluard et Picasso font partie du Congrès des intellectuels pour la paix à Wroclaw 1948, une machine de propagande stalinienne.

La victoire de Guernica
par Paul Eluard

I
Beau monde des masures
De la nuit et des champs

II
Visages bons au feu visages bons au fond
Aux refus à la nuit aux injures aux coups

III
Visages bons à tout
Voici le vide qui vous fixe
Votre mort va servir d'exemple

IV
La mort coeur renversé

V
Ils vous ont fait payer la pain
Le ciel la terre l'eau le sommeil
Et la misére
De votre vie

VI
Ils disaient désirer la bonne intelligence
Ils rationnaient les forts jugeaient les fous
Faisaient l'aumône partageaient un sou en deux
Ils saluaient les cadavres
Ils s'accablaient de politesses

VII
Ils persévérent ils exagérent ils ne sont pas de notre monde

VIII
Les femmes les enfants ont le même trésor
De feuilles vertes de printemps et de lait pur
Et de durée
Dans leurs yeux purs

IX
Les femmes les enfants ont le même trésor
Dans les yeux
Les hommes le défendent comme ils peuvent

X
Les femmes les enfants ont les mêmes roses rouges
Dans les yeux
Chacun montre son sang

XI
La peur et le courage de vivre et de mourir
La mort si difficile et si facile

XII
Hommes pour qui ce trésor fut chanté
Hommes pour qui ce trésor fut gâché

XIII
Hommes réels pour qui le désespoir
Alimente le feu dévorant de l'espoir
Ouvrons ensemble le dernier bourgeon de l'avenir

XIV
Parias la mort la terre et la hideur
De nos ennemis ont la couleur
Monotone de notre nuit
Nous en aurons raison.

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