Le 28 février, lors d'une représentation de "Casse-noisettes", Staline se sent mal. Rentré dans sa datcha, il meurt le 5 mars 1953 comme un chien abandonné, ses proches attendant qu'il crève. Quatre jours après, ses funérailles ont lieu le 9 mars 1953 à Moscou. Une hystérie collective provoque la mort de plusieurs centaines de badauds, piétinés ou étouffés malgré un dispositif de sécurité "à la soviétique" pour contrôler cinq millions le nombre de personnes, volontaires ou réquisitionnées.

staline propagande

La mort de Staline engendrent des réactions dans le monde entier. En France, la fille ainée de l'idéologie marxiste, de la Chambre des députés (le président du Conseil Edouard Herriot réclame une minute de silence) au siège du SFIC (PCF), entièrement drapé de noir, c'est un quasi deuil national. Partout sont organisés de larges réunions publiques d’hommage à Staline, des arrêts de travail, à Rouen, au Havre, des cheminots de Sotteville-lès-Rouen, des écoles et lycées.

L'édition spéciale de L'Humanité pour la mort de Staline : «Deuil pour tous les peuples qui expriment dans le plus grand recueillement leur amour pour le grand Staline » avec des articles de Jacques Duclos, Maurice Thorez, des textes de Staline, Malenkov, l’éditorial de la Pravda, et une page entière sous le titre «Staline, notre maître en socialisme ».

Le 12 mars, Les Lettres françaises publient en première page un portrait de Staline par Picasso qui provoque la polémique de Aragon et du PCF. « On peut inventer des fleurs, des chèvres, des taureaux, et même des hommes, des femmes - mais notre Staline, on ne peut pas l’inventer. Parce que, pour Staline, l’invention – même si Picasso est l’inventeur – est forcément inférieure à la réalité. Incomplète et par conséquent infidèle. » (Aragon).

Et Le Monde titre «  Le maréchal Staline est mort  », affirmation neutre mais le quotidien philo-communiste se rattrape dans l'éditorial « L’homme et son héritage » où on peut lire : « Staline restera sans doute l’homme qui a réconcilié la Russie et la révolution au point des les rendre inséparables . Elle a aussi permis à l’homme de remporter sur la nature quelques-unes de ses plus magnifiques victoires (...). »

Quant au journal Combat, il évoque «  l’humble fils de paysan devenu (...) le chef incontesté et vénéré de 200 millions d’hommes » et note que « l’immense Russie est devenue une grande puissance et militaire dont l’influence a gagné des continents entiers ». Les troupes du tsar Alexandre Ier occupant Paris en 1815, on oublie…

Et les dizaines de millions de victimes, de l'Espagne à la Sibérie: silence. On voit bien ceux qui sont vraiment du côté des peuples et ce ne sont certainement pas les communistes!

A rajouter: le poème de Georges Haldas à la gloire de Staline et celui d'Aragon, à la gloire du Guépéou.

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