
La mort de Staline engendrent des réactions dans le monde entier. En France, la fille ainée de l'idéologie marxiste, de la Chambre des députés (le président du Conseil Edouard Herriot réclame une minute de silence) au siège du SFIC (PCF), entièrement drapé de noir, c'est un quasi deuil national. Partout sont organisés de larges réunions publiques dhommage à Staline, des arrêts de travail, à Rouen, au Havre, des cheminots de Sotteville-lès-Rouen, des écoles et lycées.
L'édition spéciale de L'Humanité pour la mort de Staline : «Deuil pour tous les peuples qui expriment dans le plus grand recueillement leur amour pour le grand Staline » avec des articles de Jacques Duclos, Maurice Thorez, des textes de Staline, Malenkov, léditorial de la Pravda, et une page entière sous le titre «Staline, notre maître en socialisme ».
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Le 12 mars, Les Lettres françaises publient en première page un portrait de Staline par Picasso qui provoque la polémique de Aragon et du PCF. « On peut inventer des fleurs, des chèvres, des taureaux, et même des hommes, des femmes - mais notre Staline, on ne peut pas linventer. Parce que, pour Staline, linvention même si Picasso est linventeur est forcément inférieure à la réalité. Incomplète et par conséquent infidèle. » (Aragon).
Et Le Monde titre « Le maréchal Staline est mort », affirmation neutre mais le quotidien philo-communiste se rattrape dans l'éditorial « Lhomme et son héritage » où on peut lire : « Staline restera sans doute lhomme qui a réconcilié la Russie et la révolution au point des les rendre inséparables . Elle a aussi permis à lhomme de remporter sur la nature quelques-unes de ses plus magnifiques victoires (...). »
Quant au journal Combat, il évoque « lhumble fils de paysan devenu (...) le chef incontesté et vénéré de 200 millions dhommes » et note que « limmense Russie est devenue une grande puissance et militaire dont linfluence a gagné des continents entiers ». Les troupes du tsar Alexandre Ier occupant Paris en 1815, on oublie
Et les dizaines de millions de victimes, de l'Espagne à la Sibérie: silence. On voit bien ceux qui sont vraiment du côté des peuples et ce ne sont certainement pas les communistes!
A rajouter: le poème de Georges Haldas à la gloire de Staline et celui d'Aragon, à la gloire du Guépéou.