Biographie de Nikita Sergueievitch Khrouchtchev du Prof. E. Weibel

A partir d'une étude du Prof. E. Weibel, Institut de Sciences Politiques, Université de Neuchâtel
L'ère Khrouchtchev: la déstalinisation. Séminaire d'histoire des idées politiques. Semestre d'hiver 2002-2003

[NDLR: Toujours l'Histoire des "grands" sans les petits.]

Né le 17 avril 1894 dans le petit village de Kalinovka, en région limitrophe, mi-russe, mi-ukrainienne. Ses parents sont des paysans pauvres et le petit Nikita participe aux travaux dès 9 ans, mais il veut devenir ouvrier. A 15 ans, il devient apprenti serrurier.

«Il est un homme issu du petit peuple qui a vécu avec les "petites gens", et de ce fait se trouve proche du peuple, à son écoute, car il a connu la misère.»

1909
A 15 ans, il devient apprenti serrurier.

1914
Son statut d'ouvrier lui évite de servir l'armée pendant la première guerre mondiale alors qu'il a 20 ans.

1915
Il se marie et aura un fils et une fille.

1917
Sans parti, il agit comme orateur, agitateur et membre de différents comités.

1918
S'engage volontairement dans le premier régiment prolétarien du Donets, puis rejoint l'Armée rouge. Adhère au Parti bolchevique.

1919
Le parti le nomme remplaçant du responsable d'une mine dans laquelle il avait autrefois travaillé comme ouvrier. Puis envoyé à Jusovka devenue ensuite Donets , où il sera secrétaire du Parti délégué à la propagande politique du technicum formant des ingénieurs des mines. Très actif, il publie articles pour le périodique du technicum sous le titre ´Technique et Communismeª.

1922-23
Prend part à des réunions du Parti, d'abord locales, puis régionales, à Jusovka.

1924
Il se remarie, veuf.

1925
Secrétaire régional du Parti pour le district de Petrov-Marinsk.

1927
Responsable de la section de l'organisation du Parti pour le district de Jusovka.
Délégué au XVe congrès.

1928
Nommé à l'appareil du Parti communiste ukrainien qui n'a d'ukrainien que le nom,

1929
A la section du Parti de l'Académie industrielle de Moscou.

1930
Secrétaire de l'Académie industrielle de Moscou.
Apparatchik sans état d'âme et obéissant.

1932
Deuxième secrétaire de la section de Moscou.

1933
Membre du comité central.

1939
Après avoir gravi les échelons, même durant les épurations de la grande terreur, il devient membre Politburo, la présidence du parti, la plus haute instance politique de l'URSS.

1941 à 1945
A Kiev jusqu'à l'occupation de la ville.
La première tension entre Staline et Khrouchtchev remontent à 1942 lorsque Staline ordonne de passer à l'offensive dans la région de Kharkov malgré les avis contraires de Khrouchtchev et du commandement militaire. Cette offensive tourne au désastre et les demandes de Khrouchtchev à Staline de retirer les troupes ne font pas changer d'avis le "petit père des peuples". Les troupes soviétiques subissent une défaite écrasante qui permet aux Allemands de poursuivre leur progression jusqu'à Stalingrad.

1946
Reprend ses fonctions et s'occupe alors du rétablissement de l'Ukraine et sa mise sous le contrôle du part. Il est décoré pour ses activités pendant la guerre.

Khrouchtchev fait de nombreuses visites et comprend combien Staline est devenu étranger à la vie quotidienne des gens et combien ses discours ne collent pas avec cette réalité. Juste après la guerre, il se rend dans son village natal de Kalinovka et est profondément touché par la misère des habitants du kolkhoze et par leur hostilité contre lui. Il fait alors un rapport à Staline qui lui répond qu'il a perdu son instinct de classe. Les réserves de Khrouchtchev face à Staline ne sont alors pas de nature idéologique, ni de questions politiques essentielles. Les méthodes de gouvernement du tout puissant, son ignorance des réalités et ses décisions individuelles et autocratiques le choque le plus.

1949
Quitte son poste en Ukraine pour prendre la fonction de secrétaire du Parti à Moscou. Simultanément, il est nommé secrétaire du comité central, faisant partie des deux instances supérieures du Parti: le Politburo et le secrétariat du Comité central. Ayant atteint le sommet de la hiérarchie, il fait partie de l'entourage de Staline à qui il propose, en vain, des petites réformes comme un contact plus étroit entre le pouvoir central et local.

1950-1952
Mais de nouvelles épurations se préparent car la méfiance de Staline envers ses proches collaborateurs grandit. Après l'élimination d'intellectuels (1947-1948), l'Affaire de Leningrad (1949-1950), l'Affaire de Crimèe (1950) et l'Affaire de Mingrel (1951-1952), toutes avec le même schéma: découverte de complots (montés de toutes pièces) érigés contre le pouvoir de Staline amenant à des exécutions et des arrestations massives. Le pouvoir de ce dernier repose sur la terreur maintenu par des purges.

Il y a eu aussi le conflit avec Tito refusant de devenir le larbin de Staline et le procès de Prague. Staline agit toujours pour maintenir son pouvoir absolu.


1952
Lors du XIXe congrès du PCUS, Staline, afin de neutraliser certains haut apparatchiks, augmente le nombre des membres du Présidium du parti et du secrétariat du comité central en usant des nouveaux pour éliminer ses ennemis.

L'Affaire des médecins permet à Staline de faire croire qu'on veut l'assassiner, il prépare une nième fois la mise en scène pour liquider ceux qui savent combien il fut d'une incompétence criminelle durant la Seconde Guerre mondiale. Et parmi eux, Khrouchtchev qui avait osé critiquer le maréchal Staline.

1953
5 mars, la mort de Staline sauve Khrouchtchev et beaucoup d'autres. Mais, ce n'est pas lui, il n'est que le 6e, qui prend la pouvoir qui revient à la troïka Malenkov, Beria et Molotov. D'abord, il arrive à faire arrêter Beria qui sera fusillé en décembre. Il met ensuite sur la touche Malenkov et le clan Molotov-Kaganovitch.

Stalin est mort mais ses successeurs noie dans le sang la révolte de juin 1953.

1964
Le 15 octobre 1964, un communiqué du Comité Central annonce la démission de Khrouchtchev "en raison de son âge avancé et de l'aggravation de son Ètat de santé". En fait, il est chassé du pouvoir par un complot ourdi alors qu'il est en vacances à Sotchi depuis le 30 septembre. A son retour le 13 octobre alors que le Présidium s'est réuni sans l'avertir et que les accusations pleuvent. Brejnev devient le premier secrétaire et Kossyguine chef du gouvernement. Toujours une révolution de palais, le peuple toujours absent.
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