Composition de la commission: Pavel Pospelov, Andreï Aristov, Nikolai Chvernik et Pavel Komarov. Ce Nikolai Chvernik est-il présent lors du 15e anniversaire de la contre-révolution d'octobre?
Le Rapport du colonel Pavlov du 5 janvier 1954, fait par le chef du premier département Spécial du Ministère de l'Intérieur a-t-il été publié?
Par contre, la Commission Pospelov omet de rappeler les autres signataires de ces listes comme Viatcheslav Molotov (373 listes), Kliment Vorochilov (195 listes), Lazar Kaganovitch (191 listes) et Anastase Mikoian (62 listes), tous camarades de Khrouchtchev en 1956.
Le 31 décembre 1955, le Praesidium du CC du PCUS crée une "Commission pour l'établissement des causes des répressions de masse contre les membres titulaires et les membres suppléants du Comité central élus au XVIIe Congrès du Parti" composée de Pavel Pospelov, Andreï Aristov, Nikolai Chvernik et Pavel Komarov. Nommée ensuite Commission Pospelov, elle rend son rapport le 9 février 1956, un document de 70 pages qui a été récemment publié (APRF 3/24/489/23-91) dans Reabilitatsia: Kak eto bylo. Dokumenty Praesidium TsK KPSS, 1953-1956, Moscou, Mejdunarodnui Fond Demokratia, 2000, p. 317-348.
Sur le 70 pages, les deux tiers sont consacrés à la répressions contre les membres titulaires et les membres suppléants du Comité central élus au XVIIe Congrès en 1934, 98 sur 139 furent arrêtés et fusillés ainsi que des vieux bolcheviks et des hauts dirigeants staliniens comme Pavel Postchev, Robert Eikhe, Ian Roudzoutak, Vlas Tchoubar, Moïse Roukhimovitch.
Le paragraphe suivant est recopié du travail de Nicolas Werth, page 463: «Ces "violations grossières de la légalité socialiste" avaient été le fait d'agents d'un NKVD "dégénéré et criminel", dirigé alors par Nikolaï Iejov (jusqu'en novembre 1938), puis par un autre "ennemi du peuple", Laurentii Beria.»
Iejov et Beria ayant été fusillé, le premier sur ordre de Staline, le second de Khrouchtchev, ils ne peuvent donc pas se défendre de ces accusations de "dégénéré et criminel" et de "ennemi du peuple". Cette remarque secondaire ne doit pas faire oublier que l'action de Khrouchtchev sera, en filtrant certains faits du rapport Pospelov, d'éviter que surgisse la vérité, à savoir que c'est le régime communiste imposé par Lénine qui est dégénéré et criminel ainsi qu'ennemi du peuple.
Pour cela, Khrouchtchev oublie les 20 pages du rapport Pospelov consacré non à la répression contre les membres du parti, mais des répressions de masse qui avaient abouti, en 1937-38, à l'arrestation de 1'548'366 personnes, dont 681'692 avaient été fusillées.
A la lecture de l'ouvrage de Nicolas Werth, on comprend que la Commission Pospelov eu accès à des documents ultra-confidentiels comme le Rapport du colonel Pavlov du 5 janvier 1954, fait par le chef du premier département Spécial du Ministère de l'Intérieur et qui établissait, pour années 1921-1953, le nombre de personnes arrêtées, condamnées et exécutées par les différentes juridictions d'exception dépendant de la police politique.
Le rapport Pospelov ne reprend que les données pour les années 1935-1940, ainsi les crimes de Lénine dont la famine de 1923, on oublie et les grands massacres de Staline comme la ceux de la collectivisation forcée, de la dékoulakisation et de la Grande famine d'Ukraine, on oublie aussi. Ainsi, le rapport de Khrouchtchev, censé apporter toute la vérité, omet l'assassinat de plus de 15 millions d'innocents.
Les faits rapportés par le document Pospelov sur l'opération no 00447 dite "opération koulak" du 30 juillet 1937 dont le but est l'élimination contre un large éventail d'éléments "socialement nuisibles" comme des ex-koulaks échappés de déportation, des membres du clergé, d'anciens membres du parti, d'anciens fonctionnaires tsaristes, mais aussi des criminels rédivistes et bandits ainsi que les membres de leur famille "susceptible de mener une activiste antisoviétique". Le moyen: des quotas d'arrestation et d'exécution pour chaque région. Le plan prévoit deux catégories: la première pour la peine de mort et la seconde pour une peine de 10 ans de camp, c'est-à-dire, vu le taux de mortalité élevé, souvent à une mort lente.
Les quotas initiaux fixés à 258'950 individus "à réprimer" dont 72'500 à exécuter furent pulvérisés grâce à "une émulation générale visant à dépasser le plan initial". C'est cela, la vraie émulation socialiste
A ce propos, rappelons l'enthousiasme de Nikita Khrouchtchev, chef du parti de Moscou, qui, au lieu des 7'000 têtes réclamées, en proposant 17'000! C'est beau la stimulation socialiste!
Le rapport de la Commission Pospelov détaillait ensuite les autres principales opérations de répression des années 1937-38:
| Opération no |
Condamnés
|
A mort
|
A 10 ans
|
A une autre juridiction
|
% de mort
|
| 00485 dite "opération polonaise" |
106726
|
84471
|
19078
|
3177
|
79.15
|
| 00439 dite "opération allemande" |
31853
|
24858
|
5750
|
1245
|
78.04
|
| 00593 dite "opération de Kharbin" |
30938
|
19312
|
10669
|
957
|
62.42
|
| Lettons |
17581
|
13944
|
2741
|
896
|
79.31
|
| Grecs |
11253
|
9450
|
1553
|
250
|
83.98
|
| Roumains |
6290
|
4021
|
2077
|
192
|
63.93
|
| Finlandais |
5880
|
5224
|
423
|
233
|
88.84
|
| Estoniens |
5590
|
4672
|
625
|
293
|
83.58
|
| Iraniens |
2180
|
908
|
1154
|
118
|
41.65
|
| Afghans |
691
|
99
|
400
|
192
|
14.33
|
| Autres dont quelques Suisses |
9064
|
5781
|
2494
|
789
|
63.78
|
| Total |
228'046
|
172'740
|
46'964
|
8'342
|
*
|
La note 9 page 603: «Aussi détaillé soit-il, ce tableau ne donne pas un bilan complet des "opération nationales", qui se prolongèrent jusqu'à la fin du moins 1938. En réalité, le rythme des condamnations et des exécutions s'accéléra à partir de la seconde moitié du mois de septembre 1938, quand les autorités du NKVD, débordées, mirent en place de nouveaux tribunaux d'exception chargés, en deux mois, de liquider tous les dossiers en suspens. Au total, l'ensemble des "opérations nationales" aboutirent à la condamnation, entre juillet 1937 et novembre 1938, de 335'513 personnes, dont 247'157 (soit 73,6%) furent exécutées. N. Okhotin, A.B. Roginskii in «Iz istorii "nemetskoi operatsii" NKVD 1937-1938» page 69. AU LIEU DE 72'500, CE FUT 247'157 QUI FURENT EXECUTEES, SOIT PLUS DU TRIPLE. Mais comme le disait Staline: «la mort d'un homme, c'est un drame, celles de 100'000 une statistique
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Dans les musées de la Grande guerre patriotique ou tout autre musée soviétique ou dans des pays occupés par l'URSS, de nombreux documents sur les crimes de masse allemands, comme celui à Katyn (Belarus), mais pas un sur ceux du NKVD qui, en temps de paix, ont assassinés des millions d'innocents, plus que la SS et la Gestapo réunis. C'est l'anti-fascisme pro-stalinien! Autre différence: de nombreux criminels de guerre allemands ont été jugés et pendus et on attend toujours la même chose pour les criminels soviétiques
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Qui étaient condamnés? Sur quels critères? Voici ceux rapportés par la Commission Pospelov concernant les Polonais:
Sur l'opération polonaise, consulter N.V. Petrov, A.B. Roginskii, «Polskaia operatsia NKVD 1937-1938» in Repressii protiv Poliakov i polskikh grazdan publié par Memorial, Moscou, 1997 p.22-43.
Il n'y a pas que les «infractions massives à la légalité socialiste des opérations terroristes de masse» effectuées par le NKVD, la Commission Pospelov dénonçait «l'arbitraire du Collège militaire de la Cour surprême de l'URSS» chargée des affaires les plus importantes comme les procès de Moscou. Les guillemets sont de rigueur pour rappeler que 626 procès eurent lieu dans toute l'URSS: les petits procès "agricoles" de 1937-1938.
Seulement 1937-38, ce tribunal condamna 44'465 personnes, principalement des responsables et des cadres du Parti, de l'économie, de l'armée et de la police. «Ces condamnations dont 85% à la peine de mort avaient été toutes sanctionnées par Staline qui avait signé 383 listes de condamnés. Par contre, la Commission Pospelov omet de rappeler les autres signataires de ces listes, omission nécessaire, comme Viatcheslav Molotov (373 listes), Kliment Vorochilov (195 listes), Lazar Kaganovitch (191 listes) et Anastase Mikoian (62 listes), tous camarades de Khrouchtchev en 1956.
Dans son «Rapport secret», Khrouchtchev omet de mentionner les chiffres des condamnés par le Collège militaire de la Cour surprême mentionnant seulement «plusieurs milliers de serviteurs du Parti, des soviets, du komsomol, de l'armée et de l'économie [
] injustement réprimés.» Non seulement Khrouchtchev ne dit pas tout, mais il cache l'essentiel, une phrase clé de la Commission Pospelov sur «le caractère massif des répressions qui s'étaient abattues sur un très grand nombre de simples citoyens soviétiques.» (APRF 3/24/489/91) pour lesquels il n'a aucune compassion; la compassion a été assassinée par le marxisme.
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OU SONT LES CADAVRES? Toutes les grandes villes de l'URSS ont des charniers dont certains sont encore tenus secret. Par exemple, en 1988, lors de la construction d'une autoroute péripherique autour de la ville de Minsk, ces travaux mirent à jour le site de Kourapaty où devraient reposer 2 à 300'000 condamnés à mort, exécutés par une balle dans la nuque ou les prisonniers morts par la torture. La liste des charniers est longue, mais les principaux sont: Bikvinia (Kiev), Rutchenkovo (Donetsk), le polygone Boutovo (Moscou), etc... QUE SONT DEVENUS LEURS AFFAIRES PERSONNELLES? |