"Thèses d'avril": que des mensonges pour duper le peuple
Prendre le texte de Lénine appelé pompeusement "Thèses d'avril" pour de l'argent comptant est une vraie preuve d'un totale imbécillité! Alors analysons ces fumeuses thèses en regardant ce qu'elles montrent et ce qu'elles cachent!
1) Lénine dénonce une guerre impérialiste alors que la Russie ne fait que de se défendre contre l'agression allemande.
2) Ce que Lénine décrit comme le passage du pouvoir au prolétariat est une tromperie. Le coup d'état d'octobre fait donner le pouvoir à une clique qui s'auto-proclame l'avant-garde du prolétariat et qui gardera ce pouvoir par la terreur jusqu'au 25 décembre 1991!
3) La renonciation à toute annexion. Un autre mensonge du nouveau tsar Lénine qui n'aura de cesse de reconstituer, par le sang et les pires exactions, l'empire des Romanov.
4) Le coup d'état d'octobre est l'édification du capitalisme monopolistique d'état. Aussi affirmer une rupture totale en fait avec les intérêts du Capital, est une nouvelle imposture!
5) Affirmer le lien indissoluble entre le Capital et la guerre impérialiste, encore une tromperie qui est prouvée prouvée par les guerres du régime bolchevik, dès 1919, pour imposer le retour forcé des pays qui ont tenté de retrouver leur indépendance comme l'Ukraine, la Géorgie, l'Arménie et autres! Jusqu'à et y compris la guerre contre l'Afghanistan en 1979! L'URSS, état socialiste, a mené de nombreuses guerres dont la Seconde guerre mondiale déclenchée par le pacte Hitler-Staline.
6) Lénine affirme, à juste titre, que "la Russie est aujourd'hui, de tous les pays belligérants, le plus libre du monde". Mais avec son régime imposé par le coup d'état d'octobre, ce sera la fin de la liberté!
Pour terminer l'analyse des "Mensonges d'Avril", la fin de la guerre sera le début d'une guerre civile encore plus sanglante provoquée par le coup d'état et de la terreur rouge; le "tout le pouvoir au soviet" sera repris dans le sang en mars 1921 et la terre est donnée en apparence car les réquisitions de l'état bochevik exploitent les paysans encore plus qu'auparavant. Enfin la réintroduction du servage sous couvert d'une colllectivisation en 1930 sera la fin des belles promesses de Lénine.
Lénine : Les tâches du prolétariat dans la présente révolution
Thèses davril
Nétant arrivé à Petrograd que dans la nuit du 3 au 4 avril, je ne pouvais naturellement, à la réunion du 4, présenter un rapport sur les tâches du prolétariat révolutionnaire qu'en mon nom propre et en faisant les réserves motivées par mon manque de préparation.
La seule chose que j'aie pu faire pour faciliter mon travail, et celui des contradicteurs de bonne foi, a été de préparer des thèses écrites. J'en ai donné lecture et transmise au camarade Tsérétélli. Je les ai lues très lentement et à deux reprises: d'abord à la réunion des bolcheviks, ensuite à celle des bolcheviks et des mencheviks.
Je présente ici ces thèses qui me sont personnelles, accompagnées simplement de très brèves remarques explicatives ; elles ont été développées avec beaucoup plus de détails dans mon rapport.
Thèses
1. Aucune concession, si minime soit-elle, au « jusqu'auboutisme révolutionnaire » ne saurait être tolérée dans notre attitude envers la guerre qui, du côté de la Russie, même sous le nouveau gouvernement de Lvov et Cie, est demeurée incontestablement une guerre impérialiste de brigandage en raison du caractère capitaliste de ce gouvernement.
Le prolétariat conscient ne peut donner son consentement à une guerre révolutionnaire, qui justifierait réellement le jusqu'auboutisme révolutionnaire, que si les conditions suivantes sont remplies :
a) passage du pouvoir au prolétariat et aux éléments pauvres de la paysannerie, proches du prolétariat ;
b) renonciation effective, et non verbale, à toute annexion;
c) rupture totale en fait avec les intérêts du Capital.
Etant donné l'indéniable bonne foi des larges couches de la masse des partisans du jusqu'auboutisme révolutionnaire qui n'admettent la guerre que par nécessité et non en vue de conquêtes, et étant donné qu'elles sont trompées par la bourgeoisie, il importe de les éclairer sur leur erreur avec une persévérance, une patience et un soin tout particuliers, de leur expliquer qu'il existe un lien indissoluble entre le Capital et la guerre impérialiste, de leur démontrer qu'il est impossible de terminer la guerre par une paix vraiment démocratique et non imposée par la violence, sans renverser le Capital.
Organisation de la propagande la plus large de cette façon de voir dans l'armée combattante.
Fraternisation.
2. Ce qu'il y a d'original dans la situation actuelle en Russie, c'est la transition de la première étape de la révolution, qui a donné le pouvoir à la bourgeoisie par suite du degré insuffisant de conscience et d'organisation du prolétariat, à sa deuxième étape, qui doit donner le pouvoir au prolétariat et aux couches pauvres de la paysannerie.
Cette transition est caractérisée, d'une part, par un maximum de possibilités légales (la Russie est aujourd'hui, de tous les pays belligérants, le plus libre du monde); de l'autre, par l'absence de contrainte exercée sur les masses, et enfin, par la confiance irraisonnée des masses à l'égard du gouvernement des capitalistes, ces pires ennemis de la paix et du socialisme.
Cette situation originale exige que nous sachions nous adapter aux conditions spéciales du travail du Parti au soin de la masse prolétarienne innombrable qui vient de s'éveiller à la vie politique.
3. Aucun soutien au Gouvernement provisoire; démontrer le caractère entièrement mensonger de toutes ses promesses, notamment de celles qui concernent la renonciation aux annexions. Le démasquer, au lieu d'« exiger » - ce qui est inadmissible, car c'est semer des illusions - que ce gouvernement, gouvernement de capitalistes, cesse d'être impérialiste.
4. ReconnaÎtre que notre Parti est en minorité et ne constitue pour le moment qu'une faible minorité, dans la plupart des Soviets des députés ouvriers, en face du bloc de tous les éléments opportunistes petits-bourgeois tombés sous l'influence de la bourgeoisie et qui étendent cette influence sur le prolétariat. Ces éléments vont des socialistes-populistes et des socialistes-révolutionnaires au Comité d'Organisation [1] (Tchkhéidzé, Tsérétélli, etc.), à Stéklov, etc., etc.
Expliquer aux masses que les Soviets des députés ouvriers sont la seule forme possible de gouvernement révolutionnaire, et que, par conséquent, notre tâche, tant que ce gouvernement se laisse influencer par la bourgeoisie, ne peut être que d'expliquer patiemment, systématiquement, opiniâtrement aux masses les erreurs de leur tactique, en partant essentiellement de leurs besoins pratiques.
Tant que nous sommes en minorité, nous nous appliquons à critiquer et à expliquer les erreurs commises, tout en affirmant la nécessité du passage de tout le pouvoir aux Soviets des députés ouvriers, afin que les masses s'affranchissent de leurs erreurs par l'expérience.
5. Non pas une république parlementaire, - y retourner après les Soviets des députés ouvriers serait un pas en arrière,- mais une république des Soviets de députés ouvriers, salariés agricoles et paysans dans le pays tout entier, de la base au sommet.
Suppression de la police, de l'armée [2] et du corps des fonctionnaires.
Le traitement des fonctionnaires, élus et révocables à tout moment, ne doit pas excéder le salaire moyen d'un bon ouvrier.
6. Dans le programme agraire, reporter le centre de gravité sur les Soviets de députés des salariés agricoles.
Confiscation de toutes les terres des grands propriétaire fonciers.
Nationalisation de toutes les terres dans la pays et leur à la disposition des Soviets locaux de députés des salariés agricoles et des paysans. Formation de Soviets de députés des paysans pauvres. Transformation de tout grand domaine (de 100 à 300 hectares environ., en tenant compte des conditions locales et autres et sur la décision des organismes locaux) en une exploitation modèle placée sous le contrôle des députés des salariés agricoles et fonctionnant pour le compte de la collectivité.
7. Fusion immédiate de toutes les banques du pays en une banque nationale unique placée sous le contrôle des Soviets des députés ouvriers.
8. Notre tâche immédiate est non pas d'« introduire » le socialisme, mais uniquement de passer tout de suite au contrôle de la production sociale et de la répartition des produits par les Soviets des députés ouvriers.
9. Tâches du Parti :
a) convoquer sans délai le congrès du Parti;
b) modifier le programme du Parti, principalement :
1) sur limpérialisme et la guerre impérialiste,
2) sur l'attitude envers l'État et notre revendication d'un « Etat-Commune [3] »,
3) amender le programme minimum, qui a vieilli;
c) changer la dénomination du Parti [4].
10. Rénover l'Internationale.
Prendre l'initiative de la création d'une Internationale révolutionnaire, d'une Internationale contre les social-chauvins et contre le « centre [5] ».
Afin que le lecteur comprenne pourquoi j'ai dû envisager spécialement, comme tout à fait exceptionnel, le « cas éventuel » de contradicteurs de bonne foi, je l'invite à comparer à ces thèses l'objection suivante de monsieur Goldenberg : Lénine « a planté l'étendard de la guerre civile au sein de la démocratie révolutionnaire » (cité dans le n°5 de l'Edinstvo [6] ! de M. Plékhanov).
N'est-ce pas une perle, en vérité ?
J'écris, je déclare, je ressasse : « Etant donné l'indéniable bonne foi des larges couches de la masse des partisans du jusqu'auboutisme révolutionnaire.... et étant donné qu'elles sont trompées par la bourgeoisie, il importe de les éclairer sur leur erreur avec une persévérance, une patience et un soin tout particuliers... »
Or, voici comment ces messieurs de la bourgeoisie, qui se disent social-démocrates, qui ne font partie ni des larges couches ni de la masse des partisans du jusqu'auboutisme, exposent avec un front serein ma position : « L'étendard (!) de la guerre civile (dont il n'est pas dit un mot dans la thèses, dont il n'a pas été dit un mot dans le rapport !) est planté (!) » « au sein (!!) de la démocratie révolutionnaire... »
Qu'est-ce à dire ? En quoi cela diffère-t-il de la propagande des ultras? de la Rousskaïa Volia [7] ?
J'écris, je déclare, je ressasse : « Les Soviets des députés ouvriers sont la seule forme possible de gouvernement révolutionnaire et, par conséquent, notre tâche ne peut être que d'expliquer patiemment, systématiquement, opiniâtrement aux masses les erreurs de leur tactique, en partant essentiellement de leurs besoins pratiques... »
Or des contradicteurs d'une certaine espèce présentent mes idées comme un appel à la « guerre civile au sein de la démocratie révolutionnaire » !!
J'ai attaqué le Gouvernement provisoire parce qu'il n'a pas fixé un terme rapproché, ni aucun terme en général, à la convocation de l'Assemblée constituante, et s'est borné à des promesses. Je me suis appliqué à démontrer que sans les Soviets des députés ouvriers et soldats, la convocation de l'Assemblée constituante n'est pas assurée et son succès est impossible.
Et l'on me prétend adversaire d'une convocation aussi prompte que possible de l'Assemblée constituante !!!
Je qualifierais ces expressions de « délirantes » si des dizaines d'années de lutte politique ne m'avaient appris à considérer la bonne foi des contradicteurs comme une chose tout à fait exceptionnelle.
M. Plékhanov a, dans son journal, qualifié mon discours de « délirant ». Fort bien, monsieur Plékhanov ! Mais voyez comme vous êtes gauche, maladroit et peu perspicace dans votre polémique. Si, pendant deux heures, jai prononcé un discours délirant, comment des centaines dauditeurs ont-ils pu supporter mon délire ? Cela ne tient pas debout, mais pas du tout.
Certes, il est beaucoup plus facile de sexclamer, dinjurier, de pousser les hauts cris, que dessayer de raconter, dexpliquer, de rappeler la façon dont Marx et Engels ont analysé en 1871, 1872, 1875 lexpérience de la Commune de Paris et ce quils ont dit de la nature de lEtat qui est nécessaire au prolétariat.
M. Plékhanov, ex-marxiste, ne veut probablement pas se souvenir du marxisme.
Jai cité Rosa Luxemburg, qui, le 4 août 1914[8] qualifiait la social-démocratie allemande de «cadavre puant ». Or MM. Les Plékhanov, les Goldenberg et Cie sen « formalisent »
pour qui ? pour les chauvins allemands qualifiés de chauvins !
Les voilà bien empêtrés, les pauvres social-chauvins russes, socialistes en paroles, chauvins en fait.
Paru le 7 avril 1917 dans le n°26 de la « Pravda »
[1] Le Comité dOrganisation était le regroupement formé en 1912 par les liquidateurs, chauvin durant la guerre mondiale. Il fonctionnera jusquà lélection, en août 1917, du Comité Central menchévique.
[2] C'est-à-dire remplacement de l'armée permanente par l'armement du peuple tout entier. (Note de lauteur)
[3] C'est-à-dire d'un Etat dont la Commune de Paris a été la préfiguration. (Note de lauteur)
[4] A l'appellation de « social-démocratie », il faut substituer celle de Parti communiste, les chefs officiels de la social-démocratie (« jusqu'auboutistes » et « kautskistes » hésitants) ayant trahi le socialisme dans le monde entier et passé à la bourgeoisie. (Note de lauteur)
[5] On appelle « centre », dans la social-démocratie internationale la tendance qui hésite entre les chauvins (=« jusqu'auboutistes ») et les internationalistes, à savoir. Kautsky et Cie en Allemagne, Longuet et Cie en France, Tchkhéidzé et Cie en Russie, Turati et Cie en Italie, MacDonald et Cie en Angleterre, etc. (Note de lauteur)
[6] Edinstvo (lUnité). Quotidien dont Plékhanov était le rédacteur en chef. Parût de mars à novembre 1917, puis en décembre 1917-janvier 1918.
[7] Rousskaïa Volia (la Volonté Russe) : quotidien subventionné par les grandes banques qui parût de décembre 1916 à octobre 1917. Lénine le tenait pour lun des plus infâmes journaux bourgeois.
[8] Le 4 août 1914, la social-démocratie allemande votait les crédits de guerre et passait par là-même du coté de lordre bourgeois. La gauche social-démocrate sopposa à ce vote au sein de la fraction parlementaire mais respecta la discipline de vote, se soumettant ainsi provisoirement à lappareil social-démocrate.