L'enfer bolchevik à Pétrograd. Sous la Commune et la Terreur rouge

En 1918, le journaliste suisse Robert Vaucher est envoyé en Russie par “L'Illustration” et ses articles seront publiés en 1919 dans le livre “L'enfer bolchevik à Pétrograd. Sous la Commune et la Terreur rouge”. Arrivé à Mourmansk le 18 avril 1818, il quitte la Russie par la Finlande le 17 septembre 1918, heureux car Vaucher avait été arrêté et de plus, les bolcheviks ont mis sur pied un réseau d'informateurs sur les articles publiés en Occident. Les articles de Roger Vaucher montre la réalité du régime qui a enclenché la terreur bien avant l'attentat contre Lénine du 30 août 1918, et qui a provoqué un océan de drames en prônant la haine de classe, ce qui le met en danger dans un régime où la Tcheka liquide tout ennemi de Lénine ou tout innocent rafflé pour servir d'otages, fusillés plus tard. Signalons que les quotas pour forcer à tout prix les arrestations sera introduits par Lénine et utilisés plus tard par Staline durant la Grande terreur.

“L'enfer bolchevik à Pétrograd. Sous la Commune et la Terreur rouge”

Robert Vaucher, référence BDG S 21597

Le chapitre “La Route De Petrograd” est en ligne.

Robert Vaucher affirme, dans l'avant-propos, qu''il a dû laisser de nombreux documents sur «preuves de la trahison des chefs bolcheviks arrivant en Russie les poches remplies d'or allemand pour fomenter la seconde révolution d'octobre 1917, » qui étaient aux mains des socialistes-révolutionnaires, qui ont été liquidés par la Tchéka sur ordre de Lénine. De plus, il veut témoigner contre « des idéalistes trop oublieux des réalités pratiques, cherchent à implanter ailleurs qu'en Russie les théories criminelles de Oulianof Lénine. », crimes couverts par des opérations de désinformation de grande envergure par un appareil industriel des milliers d'agents, sans compter les millions d'«idiots utiles», et cela encore en 2011! Il est vrai que les documents prouvant que Lénine était un agent de l'Allemagne qui lui permit de rentrer en Russie avec 40 millions de marks, ne sont toujours pas acessibles. Curieux! Il ne faut pas compter sur les « faux historiens mais vrais bolchéviques masqués » de faire des recherches sur le levier de la soi disante “Grande révolution d'octobre”. Le sac de la Légation suisse de Pétrograd, le 2 juin 1919, est-il ordonné par Lénine pour s'emparer de documents compromettants pour le “père de la révolution » ? en tout cas, son transfert de Suisse en Russie a fait du Conseil fédéral Hoffmann une victime puisqu'il a dû démissionner pour y avoir participé en oubliant la neutralité suisse. Quant à Grimm, qui aussi l'a rendu possible, il a tenté de rendre possible une paix séparée entre la Russie et l'Allemagne, deux empires, paix qui devrait acceptée pour soulager l'Allemagne devant se battre sur deux fronts!

« J'ai dû laisser, à Pétrograd, des documents d'un haut intérêt sur l'origine du bolchévisme et les premiers disciples de Lénine. De nombreuses preuves de la trahison des chefs bolcheviks arrivant en Russie les poches remplies d'or allemand pour fomenter la seconde révolution d'octobre 1917, sont actuellement en possession du parti socialiste révolutionnaire de droite et ont été caché en province ainsi que toutes les archives de ce parti. Pour échapper à la terreur rouge, tous les membres des S. R. opposés à la paix de Brest-Litovsk ont dû s'enfuir, emportant avec eux des documents de haute valeur historique. »

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L'expèrience est faite: au lieu du paradis promis par Lénine et ses acolytes, c'est l'enfer. Le peuple russe meurt de faim et de misère, et les classes bourgeoises et intellectuelles périssent dans l'orgie sanglante où se complaisent ces nouveaux réformateurs.

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Chapitre II : LE PREMIER MAI DES BOLCHEVIKS. Le peuple doit rester à la maison, seuls les fonctionnaires et les membres du parti bolchevik sont invités. La presse est interdite sauf celle du parti bolchevik.

Page 30: « Les ouvriers prennent nettement parti contre les bolcheviks, qu'ils rendent responsables de la situation épouvantable dans laquelle se trouve l'industrie russe. Les ouvriers appartenant aux fabriques Bogatir de Moscou. ceux de la fabrique d'explosifs Okhta, de la lithographie des Annales russes, de la station nationale d'électricité, des ateliers de construction de wagons, les cheminots du chemin de fer Nicolas, les délégués des usines russes baltiques, de I'usine Rietchkine, de l'usine Vulcain. des usines Siemens et Halske. de l'Arsenal, de l'usine nationale d'automobiles, de l'usine Sestoriostsk. de Kolpino, de Vargouline, des fabriques de conduite, d'eau, de l'usine Oboukhovski, les 10'000 ouvriers des usines Poutiloff, etc., etc. réunis en meeting ont voté des résolutions protestant contre la guerre civile, réclamant la liberté de parole et de presse, demandant des rations de pain égales pour lès ouvriers et les soldats de l'armée rouge, et la convocation immédiate de la Constituante. »

Page 31: «La faim se fait sentir et les ouvriers qui gagnent des salaires énormes ne peuvent plus néanmoins arriver à nourrir convenablement leur famille. »

Chapitre VI Paysans et révolution Suivant les théoriciens du partage des terres et, les communistes, on devrait être heureux dans ce coin de pays. Or, jamais les mécontents n'ont été aussi nombreux. Tel se plaint que le morceau reçu est peu fertile, tel autre trouve son champ trop éloigné; enfin, la plainte générale est celle-ci : le gouvernement nous a dit de prendre les terres, mais il ne nous donne pas le blé nécessaire aux semailles, ni les machines agricoles et les outils indispensables pour les faire fructifier. On parle de nouveau de réquisition et de mobilisation. Les commissaires du peuple veulent exiger des impôts, et les moujiks n'arrivent pas à comprendre pourquoi, après avoir fait la révolution, ils sont de

Page 129 L'ENFER BOLCHEVIK nouveau obligés de payer des redevances. Cela ne valait pas la peine de changer de maîtres, puisque maintenant il faut verser aux bolcheviks ce que l'on versait autrefois à l'empereur. Les gardes rouges envoyés pour arrêter les spéculateurs et maintenir l'ordre spéculent les tout premiers, se font payer pots de vin et s'enivrent comme au temps de la Sainte-Russie. La fièvre de destruction calmée, les paysans se rendent vaguement compte, autant que peut le leur permettre leur cerveau fruste et inculte, qu'ils ont mal agi. Partout, ils s'attendent à quelque chose ; ils ne savent pas bien à quoi, mais ils sentent que le régime actuel ne peut durer. Ils ont l'impression que les terres dont ils se sont emparés ne resteront pas définitivement leur propriété [ndlr: les paysans voient juste, la collectivisation forcée du 1930-31 leur reprendra terres, maisons et outils!], et dans beaucoup d'endroits, ils ne les ont pas cultivées du tout, ne voulant pas risquer de travailler en vain.

Chapitre IX L'ARMEE ROUGE. Les revendications démagoguiques servant à affaiblir l'armée tzariste comme les comités de soldats et l'élection des chefs sont peu à peu abandonnées. Enfin, les osldats refusant d'obéir ou de monter au front seront abattus, tradition reprise par Staline.

Page 192: «Lénine aura simplement augmenté la haine de classes en séparant même le paysans de l'ouvrier. Il aura rendu le gouvernement bolchevik encore plus impopulaire dans les campagnes. Il ne peut pourtant dans les circonstances actuelles faire fi d'aucun appui, car la famine est mauvaise conseillère et il serait prudent de ménager au moins ses amis. »

Chapitre X LA REVOLTE DES SOCIALISTES REVOLUTIONNAIRES DE GAUCHE

Pétrograd, le 7 juillet 1918

L'armée rouge attaque le siège des socialistes révolutionnaires, le palais du corps des pages dans la Sadovaïa.

Ce matin les Pétrogradois, remis de leur émotion d'hier soir, n'ont plus qu'une préoccupation : trouver du pain et des vivres pour la journée.

Page 206: Plusieurs centaines d'arrestations étaient opérées. Une commission d'enquête, chargée de rechercher les auteurs de l'attentat, établissent que celui-ci avait été commis sur la décision du comité du parti socialiste révolutionnaire par deux de ses membres : Blumkin et Andreev. Ordre était donné d'arrêter partout les membres du parti S. R. de gauche.

CHAPITRE XI. PETROGRAD SOUS LA COMMUNE. LES MAITRES DE L'HEURE

Pétrograd, avril-août 1918. Page 213: Avec ses immenses avenues désertes, elle a l'air d'une ville morte. En proie à la famine et au choléra, menacée d'une invasion allemande de tous les côtés, par la mer, par Pskov, par la Finlande, on l'abandonne en hâte. Ce n'est plus, d'ailleurs, qu'une grande ville de province, puisqu'elle est abandonnée aussi par le gouvernement. Les uns après les autres, les maîtres de l'heure ont quitté Smolny pour le Kremlin.

Chapitre 13. page 251: Des dizaines de milliers d'ouvriers sont jetés sur le pavé et leurs familles meurent de faim. Voilà la victoire du prolétariat annoncée par les bolcheviks.

page 258 [ndlr: le peuple souffre mais les cadres du régime bolchévique, eux, vivent bien!] Une des curiosités des rues de Pétrograd sous la Commune, ce sont les automobiles rouges. Dans les rues presque désertes, les chauffeurs bolcheviks marchent à une vitesse folle. Le matin, ils conduisent aux ministères ou aux commissariats les maîtres de l'heure, matelots, civils, confortablement installés dans ces autos de luxe, le portefeuille sous le bras, le cigare à la bouche.

Chapitre 14 Pétrograd, avril-août 1918. Page 259: La famine de Pétrograd est le type de la famine artificielle provoquée par des doctrinaires farouches, entretenue par des spéculateurs avides.

C'est la lutte entre la ville et le village. Les paysans soupçonneux ne veulent plus vendre leur blé, car ils n'ont plus confiance dans la monnaie que les citadins leur offrent en échange. Ils veulent des produits manufacturés; comme il n'y en a plus, ils refusent d'apporter leur farine aux organisations officielles et préfèrent spéculer.

La nationalisation de toutes les industries, le monopole de tous les produits alimentaires, ont abouti à la plus grande faillite de l'idéologie sociale, à la suprême désorganisation.

Chapitre 15. Le 3 août 1918, bien avant le déclenchement de la Terreur rouge, « justifiée » par les attentats contre Ouritsky et Lénine le 30 août, Vaucher, page 270, décrit des arrestations massives de plus de 5'000 offiiciers.

Page 289, La fameuse agitatrice Balabanof [NDLR: Angelica Balabanova] supplia pendant des semaines la légation suisse de Berlin de lui accorder le visa d'entrée en Suisse. Sur le refus du Conseil fédéral, les bolcheviks ont refusé à leur tour de viser le passeport du courrier diplomatique suisse venant de Stockholm. [ndlr: Angelica Balabanof pourra quand même arriver en Suisse fin septembre pour tenter que le Comité d'Olten transforme la grève générale en grève insurrectionnelle. Début novembre, le Conseil fédéral demande son expulsion avec Salchine.]

A la page 299, Vaucher rapporte que «Les journaux bolcheviks publient aujourd'hui le début des mémoires du tzar Nicolas II» sans dire que sur ordre de Lénine et Sverdlov, la Tchéka d'Ekaterinburg a massacré, le 17 juillet 1918, Nicolas II et sa famillle.

Page 408: Une garde armée, composée de citoyens suisses ayant fait leur service militaire, est constamment de faction pour protéger la légation. Cette protection sera insuffisante car le 2 juin 1919, la Tchéka investit la Légation suisse, arrête tous les présents, pillent les valeurs déposées par les Suisses de Russie et vandalisent les dossiers. Un fonctionnaire sera assassiné [NDLR: …lors de cette opération décidée certainement décidée en haut lieu par Lénine, une mesure d'intimidation contre la Suisse?]

Chapitre 20.Page 410 : «Pétrograd, 16 septembre 1918 Les arrestations ne cessent pas et les fusillades continuent malgré les démarches incessantes des diplomates neutres. M. Odier, ministre de Suisse, doyen du corps diplomatique, a rédigé les notes de protestation, claires et nettes.

Page 414 : « M. Odier, ministre de Suisse et doyen du corps diplomatique, a adressé le 3 septembre à Tchitcherine commissaire du peuple aux Affaires étrangères, une note de protestation contre la terreur actuelle, disant entre autres : « Les représentants du corps diplomatique déclarent qu'ils ne veulent pas se mêler aux luttes des partis politiques qui déchirent la Russie. Guidés exclusivement par le point de vue humanitaire, ils veulent exprimer, au nom des gouvernements qu'ils représentent, leur profonde indignation pour le régime de terreur établi à Pétrograd, à Moscou et dans les autres villes de la Russie, uniquement pour assouvir la haine de classe. Des citoyens et des hommes armés sans aucun mandat de la part d'une autorité quelconque, pénètrent de jour et de nuit dans les maisons privées, volent, saccagent impunément, arrêtent et conduisent aux prisons des centaines de malheureux qui vivent complètement en dehors des luttes politiques et dont le seul crime est d'appartenir aux classes bourgeoises, dont la destruction est chaque jour prêchée par les chefs du communisme.

Page 415 : « Le corps diplomatique croit nécessaire d'exprimer au commissaire Tchitcherine son indignation et une énergique protestation contre les actes quotidiens d'arbitraire. Les représentants des puissances déclarent réserver à leurs gouvernements respectifs le plein droit de demander la traduction dos coupables devant les tribunaux, pour répondre des actes de violence commis ou qui seront commis dans l'avenir. Le corps diplomatique prie de porter celte note à la connaissance du gouvernement des Soviets. » Le 13, à midi, j'étais dans le cabinet de M. Odier quand une dépêche de Tchitcherine arriva disant : « A votre note collective du 5 septembre, je réponds aujourd'hui par une note collective envoyée par poste, Tchitcherine. » Quelques heures plus lard, les journaux bolcheviks publiaient le texte de cette réponse, réponse insultante pour les neutres, les menaçant de les considérer comme contre-révolutionnaires s'ils continuaient à se mêler des affaires russes.

Page 416: La Krasnaïa Gazetta avait un article de fond des plus grossiers sous ce litre : « Si M. Odier n'est pas content, qu'il s'en aille. » On sent d'ailleurs clairement, partout, chez les bolcheviks, un mouvement xénophobe toujours plus violent. Nous sommes les gêneurs, il faut se débarrasser de nous afin de laisser aux tyrans démagogue libre action dans le paradis de Lénine.

423 L'ENFER BOLCHEVIK: LES NOUVEAUX RICHES BOLCHEVIKS EN SUEDE

Stockholm, 20 septembre.
Des agents bolcheviks à Stockholm tente de changer des roubles, vendent du platine et des tableaux volés pour constituer un fond pour financer les actions de subversion des bolcheviks en Europe.

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