Bibliographie sur la bataille de Stalingrad
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Antony Beevor, historien anglais, est l'auteur de nombreux ouvrages controversés pour certains, novateurs pour d'autres, en particulier sur les batailles de la Seconde Guerre mondiale (Stalingrad, Berlin et Crète). En tant qu'ancien officier, il a eu accès, tant pour Stalingrad que pour Berlin, aux archives soviétiques, qui étaient inaccessibles jusqu'en 1991. |
4e de couverture La Wehrmacht en ressorti brisée; l'Armée rouge y forgea le mythe d'un communisme libérateur. |
Curieux livre sans notes: pour retrouver une référence, le seul moyen est d'étudier chacun des nombreux livres cités dans la bibliographie!
Le bon côté de l'ouvrage de Beevor réside dans de nombreux témoignages, commentaires et jugements tirés de journaux et de lettres de soldats. Il ne se contente pas de relater le côté kriegspiel en se concentrant uniquement sur les aspects stratégiques. De plus, Antony Beevor tranche avec la majorité des historiens qui falsifient l'histoire pour servir leur idéologie; et évidemment, cette honnête étude a été vilipendée par les réseaux communistes et en particulier ceux de Staline!
Sa thèse: la défaite de Stalingrad a été d'autant plus destructive que la majorité des soldats, et Hitler en premier, croyaient que la prise de la ville serait la défaite définitive de Staline. C'était une illusion mortelle, car dès l'été 1942, les livraisons de matériels anglo-américaines atteignaient déjà leur apogée, donc les pertes en chars, avions, camions étaient compensées, ce qui n'était pas le cas du côté allemand. De plus, la vie des soldats soviétiques ne comptaient pas non plus, car en puisant dans les camps du goulag et dans les territoires à l'est de l'Oural, les pertes étaient compensées.
Hitler savait-il que d'énormes quantités d'armes, de fournitures arrivaient en provenance de Téhéran. A cette époque, l'Iran a été utilisé comme base arrière sous le contrôle soviéto-britannique. Les fameuses chaînes de montage de l'Oural n'étaient-elles en fait que le lieu de la soviétisation du matériel anglo-britannique?
A propos du NKVD, dont un des départements gérait les camps de l'archipel du goulag, ses troupes combattaient rarement, à l'exception de la 10e division engagée à Stalingrad, mais ses agents étaient incorporés dans chaque division. A chaque assaut, des nkvdistes tuaient tous soldats ne montant pas au front ou tentant de fuir. De plus, le noyau du NKVD attaché à chaque division, traquait les défaitistes également fusillés. De gré ou de force, les soldats et officiers soviétiques étaient toujours entre la mort par les troupes allemandes ou par le NKVD: ils devaient tenir un lieu, faire un assaut, peu importe leur sort.
En 1942, le chef du NKVD était Lavrenti Béria qui, en dépit de la transformation en KGB, demeurera à la tête des organes de sécurité du parti communiste jusqu'à ce qu'il soit fusillé, après le décès de son chef, Staline.
Officiellement, le chiffre des victimes des fascistes serait de 27 millions, civils et militaires confondus. Mais ce chiffre a-t-il été imposé parce qu'il devait surpasser le chiffre des victimes de Lénine et Staline, qui devrait avoisiner aussi les 27 millions! Et dans ce chiffre, les victimes des erreurs de Staline (5 millions au minimum), celles des opérations de déportations du NKVD (1 million au minimum) et également comptabilisés les "accidents", à savoir les militaires fusillés par le NKVD pour refus de monter au front ou défaitisme, sans compter les opérations de décimation, (500'000)?
Curieux que l'appareil de propagande du parti communiste ait imposé le terme de fascistes? Pour éviter de devoir évoquer le pacte soviéto-nazi du 23 août 1939!
Notes de lecture
1) L'importance du NKVD, la garde prétorienne du régime communiste, c'est-à-dire obéissant au seul Politburo
Page 8: L'une des plus riches mines de renseignements pouvant être trouvées aux archives centrales du ministère russe de la Défense, à Podolsk, est la somme des rapports très détaillés qui étaient envoyés chaque jour du front de Stalingrad, à Alexandre Chtcherbakov, chef politique du service politique de l'Armée rouge à Moscou. Ces rapports ne décrivent pas seulement les actes d'héroïsme, mais aussi les «événements hors du commun» (euphémisme utilisé par les commissaires politiques pour désigner les actes de trahison ou d'indiscipline grave), tels que désertion, passage à l'ennemi, lâcheté, incompétence, automutilation, «agitation antisoviétique» et même ivrognerie. A Stalingrad, les autorités soviétiques firent exécuter environ 13'500 de leurs propres soldats - soit l'équivalent de plus d'une division. Je ne tardai pas me rendre, en écrivant ce livre, que le principal problème était d'établir un juste équilibre entre l'authentique esprit de sacrifice de tant de soldats de l'Armée rouge et les brutales contraintes exercées contre les hésitants par les services spéciaux du NKVD (qui allaient fort peu après, allaient être incorporés au SMERSH, le redoutable et impitoyable organisme de contre-espionnage).
Cette férocité à peine croyable du système soviétique [ndlr: un système qui avait assassiné en temps de paix des millions d'innocents après avoir déclenché une guerre civile, la soi-disante révolution d'octobre n'a été qu'un coup d'état, début de la terreur rouge!!!] explique, non pas entièrement mais dans une large mesure, pourquoi tant d'anciens de l'Armée rouge combattirent ensuite du côté allemand. A Stalingrad, les divisions de première ligne comprenaient plus de 50'000 citoyens soviétiques en uniforme allemand, les «Hiwis».
Sujet encore tabou dans la Russie d'aujourd'hui. [ndlr: sLe livre de Beevor a paru en 1998].
Page 113
La situation est tellement compromise pour Staline que, le 12 juillet 1942, la Stavka décide l'envoi de la 10e division du NKVD, dont les 5 régiments venaient de l'Oural et de Sibérie. Son état-major prit le contrôle de toutes les unités locales du NKVD et de tous les bataillons de milice, mit en place des trains blindés, créa 2 bataillons d'instruction de chars et prit le contrôle de la circulation fluviale sur la Volga.
Page 119
Hitler fait installer son quartier général, le Werwolf, au nord de Vinnitsa en Ukraine: la ville avaient été le cadre d'atrocités staliniennes lorsqu'en 1938, les hommes du NKVD y avaient massacré plus de 10'000 Ukrainiens, mais les Allemands ne découvrirent pas les tombes avant 1943.
Page 119
A propos du Werwolf de Vinnitsa, Interrogé par le SMERSH peu après la fin de la guerre, le garde du corps du Führer, Rathenhuber décrivit en détail les précautions qui étaient prises à Vinnitsa. Staline, avide de tout ce quii pouvait concerner personnellement Hitler reçut d'Abakoumov, le chef du SMERSH, un rapport particulier à ce sujet. Il serait intéressant de savoir où il est archivé.
Page 128
Un autre service du NKVD créé par Béria au cours de l'automne 1939, s'occupait des prisonniers de guerre ennemis. L'un de ses premiers hauts faits avait été le massacre de plus de 4'000 officiers polonais dans la forêt de Katyn. [ndlr: en fait plus près de 22'000 Polonais furent abattus, suite à l'ordre du 5 mars 1940]
Page 130
Au printemps de l'année précédente, quelques semaines avant le début de l'opération Barberousse, des Cosaques s'étaient soulevés à Chakti, au nord de Rostov, et avaient proclamé une République indépendante. Ce soulèvement avait été rapidement réprimé par les troupes du NKVD avec toute la férocité qu'on pouvait prévoir.
Page 159
Les ouvriers qui ne travaillaient pas directement à la fabrication d'armes pouvant être immédiatement utilisées furet mobilisés pour former des «brigades spéciales» de la milice sous l'autorité du commandant de la 10e Division du NKVD, le colonel Saraïev.
Page 181
Appuyé par Krylov et par le commissaire politique de la 62e Armée, Kouzma Akimovitch Gourov, personnage à la mine terrifiante, avec son crâne rasé et ses énormes sourcils broussailleux, Tchouïkov commença par terroriser systématiquement tout chef d'unité envisageant un seul instant de battre en retraite. Quelques officiers supérieurs avaient commencé à franchir discrètement le fleuve, abandonnant leurs hommes, dont la plupart, comme Tchouïkv en avait bien conscience n'aspiraient aussi qu'à «passer la Volga aussi vite que possible pour échapper à l'enfer». Le nouveau commandant de la 62e Armée fit contrôler toutes les jetées par des troupes du NKVD. Les déserteurs, quel que soit leur grade, risquaient une exécution sommaire.
Page 262
Les équipages fluviaux, officiellement incorporées à la 71e Compagnie de service spécial, étaient placés sous l'autorité directe du général major Rogatine, le nouveau chef du NKVD dans le secteur.