Quatre mille oeillets rouges, 1 pour dix-mille victimes du cruel et impitoyable tyran
Toujours avec la même manoeuvre, valoriser les victoires du chef de guerre pour mieux faire oublier les crimes de masse, les conditions de vie misérables des ouvriers, une poignée de nostalgiques se prêtent à cette sinistre mise en scène. S'il est indéniable que Staline est le grand triomphateur des accords des Alliés dont ceux des Conférences de Téhéran ( du 28 novembre au 1er décembre 1943) et Yalta (février 1945), il ne faudrait pas oublier que c'est par le sang de millions de sacrifiés que furent victimes de la confiance aveugle de Staline pour son complice Hitler, tous deux liés par le pacte germano-soviétique.
Quatre mille oeillets rouges sur la tombe de Staline au pied du Kremlin
Moscou, mardi 21 décembre 2010
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Les communistes russes, près de deux décennies après la fin de lURSS, commémoraient mardi lanniversaire de Joseph Staline, alors même que le président Dmitri Medvedev a donné les premiers signes dune volonté de lutter contre le culte persistant de lancien dictateur. Un groupe de communistes a déposé plus de quatre mille oeillets rouges à la tombe de Staline à Moscou, au pied de la muraille du Kremlin, célébrant le 131e anniversaire du "petit père des peuples". Plus tard, 300 militants, principalement des retraités, se sont rassemblés près du monument à Karl Marx, non loin de là, entonnant des chants soviétiques sous les portraits de Staline. Leurs camarades de Saint-Pétersbourg (nord-ouest) ont exigé le transfert de la dépouille de Staline, mort en 1953, dans le Mausolée de la Place rouge, où le dictateur se retrouverait à côté du fondateur embaumé de lURSS, Vladimir Lénine.
Le corps de Staline avait été lui aussi placé dans le mausolée en 1953, mais ensuite transféré dans une niche dans la muraille du Kremlin en 1961, après larrivée au pouvoir de Nikita Khrouchtchev et le XXe Congrès du PC de lURSS qui avait dénoncé en 1956 le culte de la personnalité. Le chef du PC russe, Guennadi Ziouganov, a dénoncé lintention prêtée au président Dmitri Medvedev de mener à bien, un demi-siècle après, une nouvelle "déstalinisation" du pays. La stabilité de la Russie actuelle "se tient sur ce qui a été fait par Staline et le pouvoir soviétique", a lancé M. Ziouganov.
Le Conseil consultatif des droits de lhomme auprès du Kremlin prépare en effet un plan daction qui doit rendre hommage aux millions de victimes des répressions staliniennes, a indiqué à lAFP son chef Mikhaïl Fedotov. Ce plan prévoit notamment une déclassification des archives soviétiques secrètes "pour empêcher de falsifier lhistoire et dentretenir des mythes", a-t-il dit. Le Conseil appellera Dmitri Medvedev à "donner une appréciation politique et juridique des crimes du totalitarisme" lors dune rencontre avec le président russe le 14 janvier, selon M. Fedotov. "A mon avis, le pouvoir réalise pleinement la nécessité" dune telle mesure, a ajouté M. Fedotov.
La nostalgie dun pays mené dune main de fer est toujours présente en Russie, où le processus de réévaluation de lhistoire dans la conscience collective, entamé avec la chute du régime soviétique en 1991, sest perdu dans linstabilité politique et les difficultés économiques qui ont suivi, a expliqué lanalyste Alexeï Makarkine.
"LEtat doit prendre une position nette sur Staline" qui reste vu à la fois comme un tyran et comme le héros de la victoire sur les nazis, a estimé lexpert, cité par le quotidien Nezavissimaïa Gazeta.
Fin novembre, la Douma russe avait voté, lors dune séance extrêmement houleuse, un texte admettant que le massacre de milliers dofficiers polonais en 1940 à Katyn avait été ordonné par Staline, dont le règne fut marqué par lexécution sommaire ou lenvoi aux goulags de millions de personnes. Pendant des décennies, lUnion soviétique a accusé les Nazis davoir commis les assassinats de Katyn. Ce nest quen avril 1990 que le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev a reconnu la responsabilité de son pays dans ces massacres.
En mai dernier, Dmitri Medvedev, qui a affiché lintention de moderniser la Russie, avait dénoncé le régime "totalitaire" de lURSS et les crimes "impardonnables" commis par Staline.