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Staline Robert Conquest, Editions Odile Jacob, 1993 Staline: le personnage historique qui fut à la fois le plus adulé et le plus haï de l'ère moderne. Staline: l'architecte fou du système soviétique et le fossoyeur de l'utopie. Staline: le tyran et le médiocre. Staline: le petit père des peuples et le souverain sans pitié. Ne pas oublier que son architecte, c'était Marx! Ouvrage douteux par l'hagiographie de Lénine, sans qui il n'y aurait pas eu de Staline. Et sans références aux sources; seule une bibliographie est mentionnée à la fin! |
Robert Conquest a surtout oublié qu'il avait adhéré au parti communiste anglais, pendant la grande terreur, ce qui fait qu'il reproduit l'imposture; Lénine bon face au méchant Staline. Il oublie le massacre de la famille impériale, et les autres d'ouvriers et de paysans, la capitulation de Brest-Litovsk, la répression anti-ouvrière, anti-soviétique et anti-paysannes, avec son corrolaire, Lénine agent du kaiser Guillaume II et le wagon doré, et s'il parle d'une autocratie, c'est pour excuser les nombreux crimes de Lénine. Bref, défendre Lénine du temps de Gorbatchov, c'est se faire le complice de la bête immonde que fut Lénine, mégalomane sans scrupules. D'autant plus pitoyable que Conquest démolit le marxisme, son caractère soi-disant scientifique et que sa prédiction FAUSSE que le capitalisme construit sa tombe par l'agravation de ses crises!
Notes de lecture
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En 1898, le premier Congrès du parti social-démocrate ouvrier russe s'était résumé à peu de choses, et la plupart des 9 délégués avaient été arrêtés, rejoignant des prisonniers ou des exilés de groupes antérieurs comme l'Union de lutte pour la libération de la classe ouvrière de Lénine et Martov.
A noter les conditions agréables d'exil en Sibérie ou au Kazakhstan du temps des Tsars!
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Marx avait prédit la bipolarisation de la société entre une classe possédante en diminution constante et un prolétariat en augmentation constante, ainsi que la paupérisation progressive de ce même prolétariat. Ce n'était pas une hypothèse en l'air, mais bien la conclusion rigoureuse de la thèse au coeur de l'économie marxiste - à savoir que le profit capitaliste était la plus-value réalisée au détriment du juste salaire de l'ouvrier. Mais cela signifiait qu'avec l'accumulation du capital la proportion des coûts salariaux diminuait régulièrement dans le rendement total. Le capitalisme serait donc contraint de rogner de plus en plus sur les salaires pour maintenir le niveau de profit. Cela produirait le paupérisme croissant, si bien que le capitaliste n'aurait bientôt plus de marché pour écouler ses produits, ce qui mènerait à la crise du capitalisme&Mac220;.
Marx lui-même avait compris qu'il y avait une faille quelque part. et il avait l'intention d'y revenir plus tard. C'est alors que le jeune marxiste Eduard Bernstein publia Les Présupposés du socialisme, qui révisait en principe Marx sur ce point. Bernstein remarquait que le taux de profit n'avait pas chuté; que le capitalisme n'avait cessé d'étendre sa production; que des situations révolutionaires n'étaient pas apparues dans les pays industrialisés. En fait, il réfutait et abandonnait Marx. En Occident comme en Russie, les marxistes l'attaquèrent avec férocité. Les marxistes allemands et les autres marxistes sociaux-démocrates occidentaux conservèrent l'ancienne doctrine dans son principe - mais y renoncèrent en pratique. En revanche, les Russes dabs leur majorité, nièrent en pratique comme en théorie qu'elle ait été réfutée. Apparemment du moins. Si l'on y regarde de plus près, la réaction des dirigeants sociaux-démocrates russes exilés fut d'élaborer une riposte à la thèse non admise. En 1900, ils fondèrent Iskra préciséement pour combattre les économistes qui soutenait toujours que le travail du parti était d'encourager le mouvement naturel du prolétariat vers la révolution. En 1902, Lénine publia Que faire? où il affirmaitque le prolétariat ne prendrait pas ce chemin tout seul.
Livrée à ses seules forces, la classe ouvrière ne peut arriver qu'à la conscience trade-unioniste
La conscience socialisme moderne ne peut lui être apportée que de l'extérieur
ne peut que se manifester sur la base d'un savoir scientifique profond. Le porteur de la science n'est pas le prolétariat mais la catégorie des intellectuels bourgeois. C'est dans le cerveau de certains membres de cette catégorie qu'est né le socialisme moderne
Le trade-unionisme pur et simple implique la subordination idéologique des ouvriers à la bourgeoisie
Notre tâche est d'amener le mouvement ouvrier sous l'aile de la sociale-démocratie révolutionnaire.
C'est la source de la haine de Lénine et des bolchéviques contre la sociale-démocratie, cible principale du Komintern, combattant les social-traîtres et même les social-fascistes!
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En d'autres termes, la théorie s'était révélée fautive, et il faudrait amener de force la société à ce que le marxisme avait cru être son évolution naturelle.
Comme l'a écrit Czelaw Milosz: "Ils apprennent à prédire l'incendie avec une précision sans faille, puis mettent le feu à la maison pour se conformer à la prédiction.
Ainsi, bien que personne ne l'admit, le marxisme en tant qu'ensemble de lois scientifiques du développement de l'histoire et de la société était mort. Que restait-il?
Premièrement, on conserva l'objectif d'une société sans conflits, comme un idéal subjectif sinon comme prédiction objective.
Deuxièmement, on maintint en théorie le caractère inévitable de la crise capitaliste, bien que sa base empirique se fût effondrée.
Troisièmement, l'analyse de "classe" de la société demeura centrale, ainsi que l'idée que le prolétariat industriel finirait dans un sens par devenir la classe gouvernante et engendrerait le socialisme.
Quatrièmement, les prédictions marxistes réfutés conservèrent leur caractère sacré. L'idée prestigieuse du socialisme scientifique demeura. Et tout l'appareil du matérialisme dialectique continua de satisfaire les besoins philosophiques [ndlr: religieux?] des fidèles.
En 1903, le second, mais en fait le premier Congrès de parti social-démocrate ouvrier de Russie, eut lieu à Bruxelles et à Londres. Sn objectif initial était d'écraser les économistes. Ils étaient majoritaires à Saint-Petersbourg et d'autres sections importantes. Mais, comme l'explique Lénine, la composition du Congrès du parti fut décidée à l'avance par le Comité organisateur - ce ne serait pas la dernière fois que le mouvement userait de telles méthodes.
Bilan: 3 délégués sur 51: le bloc anti-économistes, 33 délégués gagnèrent et leur mensonge avec.
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Les économistes liquidés, une nouvelle scission entre Martov et Lénine.
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Un camarade décrit Staline à une réunion: il avait "des yeux agiles et rusés, [était] vif, désinvolte et présomptueux [
] C'était avant tout son extraordinaire brutalité et grossièreté dans la discussion qui gênaient.
Lénine, et les léninistes en général, insultaient librement les camarades avec lesquels ils n'étaient pas d'accord, les traitant de déviationnistes, de traîtres, etc. Lénine lui-même devait admettre, lorsqu'il comparut devant un tribunal du parti pour répondre de sa conduite, que ses procédés discutables étaient "calculés pour susciter la haine, l'aversion et le mépris
calculés non pas pour convaindre, mais pour briser les rangs des opposants
pour susciter les pires pensées, les pires soupçons à leur sujet". Mais ce sectarisme violent et calomniateur n'était qu'un des aspects de la conduite de Staline.
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Il interrrompait grossièrement les réunions par ses chahuts et ses vitupérations. [
] il traita Martov et Dan de "youpins circoncis" et Véra Zassoulitch de "vieille peau".
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Suite à sa première rencontre avec Lénine, lors de la conférence (strictement bolchévique) de Tammerfors, en Finlande, Staline changea ses manières et son habillement. Au cours des quelques années suivantes, du moins dans les polémiques au sein de la fraction bolchévique, Staline se montra "taciturne, placide, sérieux et n'éleva pas la voix: il était devenu impossible de deviner ses véritables pensées - il ne ripostait pas aux attaques sur-le-champ, mais attendait patiemment le moment opportun pour prendre sa revanche.
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L'affaire Avalbar: suite à une descente de l'Okhrana de Tiflis dans cette imprimerie clandestine, de nombreuses arrestations de mencheviks, Staline est souçonné d'être un agent de la police du Tsar. Il est vrai que le mouvement grouillait d'agents et de provocateurs de l'Okhrana, aussi haut placé que le membre du CC Roman Malinovski.
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Au congrès de Stockholm, réunion des mencheviks (en fait très majoritaire) et des bolcheviks, il fut décide de condamner le vol comme moyen de financer le parti. Mais dès la fin du congrès, Lénine créa des comités, illégaux du point de vue du parti, avec un centre secret pour les affaires militaires et financières, chargé d'organiser les braquages de banques, qualifiées d'expropriations.
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A son retour du congrès Staline publia dans Proletarii de Bakou, une diatribe contre les mencheviks qui plaisa à Lénine, et le fit dire. Dans ces "Notes d'un délégué", Staline avait écrit qu'un des délégués "avait observé en plaisantant que, comme les mencheviks constituaient un groupe juif alors que les bolcheviks formaient un groupe authentiquement russe, ce ne serait pas une mauvaise que nous autres bolcheviks organisions un pogrom dans le parti", passage présent dans les Oeuvres complètes de Staline (1946).
En voyage à Londres en mai 1907, pour le Ve congrès où Lénine réussit par divers moyens à obtenir la majorité, Staline aurait ét secouru par Litvinov, quand il fut attaqué par des dockers en colère.
Le 13 juin 1907, place Erevan à Tiflis, un hold-up par un groupe d'hommes armés, sous les ordres de "Kamo", le dingue.
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Le 27 août 1908, assassinat du prince Tchavtchavadzé. Le 28 mai 1908, meurtre de l'archevêque Nikou, exarque de Géorgie.
Bolcheviks, socialistes-révolutionnaires et "maximalistes" pratiquaient terreur et expropriation.
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En 1911, Martov publia des preuves des crimes de Lénine qui refusa de se plier à la décision d'un comité confidentiel de la Seconde Internationale qui ordonna à Lénine de restituer l'argent.
En 1907, Staline est exclu du parti pour expropriation.
En 1905, Staline épouse Catherine Svanidzé et en 1907 nait Yakov. Sa femme meurt après. A l'enterrement, Staline déclara: "Cette créature adoucissait mon coeur de pierre. Elle est morte et avec elle mes derniers sentiments tendres envers les hommes."
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En 1912, Lénine organisa avec ses seuls partisans la conférence de Prague, qui sépara les mencheviks des bocheviks. Un comité central de 7 membres (Lénine, Zinoviev, Ordjonnikidzé, l'agent Malinovski,
) et Lénine coopta 4 membres suppléants dont Staline et Bélostotski.
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La composition du CC de 1917: Lénine, Zinoviev, Ordjonnikidzé, Sverdlov, Kamenev, Rykov, Boukharine, Tomski, Krestinski, Roudzoutak, Kouïbychev, Staline
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Au nom du "communisme de guerre", on réquisitionna les vivres chez les paysans, on écrasa la résistance paysanne, parfois les villages eux-mêmes, parfois des armées paysannes aussi nombreuses que celles déployées par les blancs. La résistance populaire ne fut pas partout gérée avec autant d'efficacité que par Staline. Elle culimina en mars 1921 avec la rebellion de Cronstadt. Cela obligea à abandonner le communisme de guerre au profit de la NEP, qui rétablissait les mécanismes du marché à la campagne,
Pas un mot sur Cronstadt noyé dans le sang par l'armée rouge de Trotski, sur les ordres de Lénine. A nouveau, Conquest donne le beau rôle à Lénine, alors que son coup d'état d'octobre 1917, provoque la terreur rouge. Quelques lignes plus lon: Les mesures économiques, ou plutôt anti-économiques des bolcheviks, provoquèrent la dernière catastrophe en date à toucher la Russie - l'épouvantable famine de 1921, qui fit environ 5 millions de victimes, faisant passer la mortalité exceptionnelle de la période post-révolutionnaire à quelque 14 millions. Au Kremlin, Staline mangeait à sa faim. Il appartenait à un Comité pour la lutte contre la famine, mais sa principale tâche était de contrôler l'organisation de secours américaine de Herbert Hoover. Ce programme humanitaire, peut-être le plus efficace jamais lancé, sauva des millions de vies sur la Volga et ailleurs. Staline aurait tenter de faire payer le transport des vivres!!! De plus, sur les ordres de Lénine, Staline liquida le Comité de secours officieux, car composés de mencheviks, car le chef du parti les soupçonnait d'objectifs contre-révolutionnaires. Au départ des Américains, Staline fit arrêter ces Russes qui auraient été exécutés sans l'intervention énergique de Hoover, entre autres.
A noter l'oubli du Comité Nansen, des vrais humanitaires d'Occident qui se démenèrent au profit du peuple russe, le parti communiste usant de cette aide pour renforcer sa dictature. C'est aussi le début du Secours rouge, filiale du Komintern, qui prétendait être une Croix-Rouge prolétarienne. Apparaît à ce moment Willy Münzenberg.
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Les 18-23 mai 1919, VIIIe congrès du parti qui créa deux nouveaux organes: le politburo et l'orgburo. Conquest s'attache au fait que Staline faisait partie des deux, mais pas un mot sur l'avancée de la dictature de Lénine sur le parti, considérablement renforcée par sa main mise sur l'exécutif, le comité central et les soviets ne devenant peu à peu que des chambres d'enregistrement des décisions de Lénine.
Page 113: La longue agonie de Lénine. Mais Conquest oublie la plus longue encore agonie de la Russie!
Le 4 avril 1922, Staline devient, sur recommandation de Lénine, secrétaire générale du Comité central, et abandonne le Rabkrin (l'inspection ouvrière et paysanne).
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En 1921, il y eut une purge du parti et parmi les exclus, la femme de Staline, Nadiéjda. Et ce fut Lénine, et non Staline, qui intercéda en sa faveur.
Page 114 Comme Lénine était bon avec ses collègues, les différents oubliés, et les 14 millions de morts provoqués par le coup d'état?
Le 25 mai 1922, Lénine eut sa première attaque. La situation changea de tout au tout. Ultime attaque le 10 mars 1923, mort le 21 janvier 1924.
Pendant ce temps, le 10 août 1922, le Politburo donna l'ordre à l'Orgburo de créer une commission sur les relations entre la Fédération de Russie (République REFSR?) et l'Ukraine, conquise dans le sang, la Biélorussie et les 3 républiques du Caucase. Lénine proposa une Union des républiques soviétiques. Conquest retombe dans le bon Lénine qui voulait une union d'entités autonomes, et le méchant Staline. En fait, le résultat était la tromperie de l'Union des république socialistes soviétiques, union sur le papier, mais comme chaque parti devait obéir à celui de Russie, il s'agit en réalité de la colonisation des républiques "autonomes" par Moscou. Toujours la duplicité.
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Le bon chef selon Lénine: être capable de saisir une situation dans son ensemble, avoir un charme personnel, être un organisateur et un administrateur efficace. Mais il manque la capacité de liquider et d'exécuter opposants, de mentir et de tromper. En plus, diaboliser l'adversaire
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A une réunion du Politburo en février 1923, Staline annonça aux présents (Trotski, Zinoviev et Kamenev) que Lénine avait réclamé du poison au cas où ses souffrances deviendraient intolérables. Demande curieuse alors que la santé de Lénine s'était améliorée. Mais Trotski, Zinoviev et Kamenev refusèrent. Pourtant le Laboratoire des poisons existait, crée par Lénine.
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Pratiquant la diversion et l'inertie.
Théorie de la douce la vengeance Pendant les vacances d'été, Staline aurait confié à Kamenev et Dzerjinski: Choisir la victime, préparer minutieusement le coup, assouvir une vengeance implacable, et ensuite aller se coucher
Il n'est rien de plus doux au monde. Boukharine devait rappeler plus tard cette Théorie de la douce la vengeance !
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Conquest soupire sur la mort de Lénine qui n'avait pas 54 ans
S'il avait vécu aussi lontemps que Staline, il aurait été au pouvoir dans les années 1940. Vu les luttes à couteau tiré dans la nouvelle aristocratie, celle des cadres dirigeants du parti-état, rien n'est moins sûr!
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"Le testament de Lénine": Staline en mauvaise position car le document est parvenu au comité central, mais Zinoviev et Kamenev le soutinrent, ce qui causa leur perte. Le comité central décida que le testament ne serait pas lu, ni publié lors du congrès.
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Conquest rappelle l'objection de Bakounine: Ces anciens ouvriers devenus dirigeants ou représentants du peuple cesseront d'être des ouvriers
ils regarderont les ouvriers de haut, ils ne représenteront pas le peuple mais eux-mêmes
Celui qui en doute ne connaît pas la nature humaine
.
L'«origine de classe» des membres du parti fut primordiale, sauf pour Lénine et Molotov! On continua de tenir officiellement pour sacrée la notion d'«instinct de classe» et de la supériorité naturelle du prolétariat
Pendant les années du terreur des années 1930, il fut relativement courant de voir des dénonciations sans preuves accréditées sur la base de l'«instinct de classe», A cette époque, on félicait les enfants de dénoncer comme «koulaks» les personnes soupçonnées de vol, parce que cela montrait qu'ils «avaient acquis le langage de classe».
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Après 6 ans de lutte politique, de 1923 à 1929, Staline:
- liquida l'influent Trotski avec l'aide de Zinoviev et Kamenev;
- puis Zinoviev et Kamenev, avec l'aide de Boukharine et Rykov;
- puis Boukharine
Du Politburo de juin 1924, Trotski, Zinoviev, Kamenev, Boukharine, Rykov, Tomski et Staline, les 6 seraient tués par le 7e.
Tout cela avec ses loyaux larbins, Molotov, Kaganovitch et Vorochilov.
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Au XVe congrès du parti, Staline attaqua l'opposition. Kamenev prononça un discours modéré avec cette constatation: Nous ne vivons plus au Moyen-Age. Nous ne vivons plus à l'époque des procès en sorcellerie.. En voilà encore un qui croit bêtement à ce qu'il dit, intoxiqué par ses propres mensonges
du progrès social apporté par la révolution bolchévique, qui jeta 140 millions de gens dans la peur et la misère.
Plus de 80 pages sur les intrigues, coups fourrés, trahisons, et "suicides", dignent d'une cour byzantine, quelle est belle la fraternité des camarades et de leur avenir radieux! De 1923 au XVIIe congrès du parti, le congrès des vainqueurs en février 1934, Staline avait fait le ménage à son seul profit.
Ce qui est insupportable dans ce livre qui se concentre sur les intringues de la cour bolchévique, c'est que les millions de victimes, exilés, dépouillés, déportés, liquidés discrètement, fusillés, l'holocauste des Chrétiens de Russie, les liquidations de bonzes, chamanes et musulmans, la russification forcée des peuples, les famines, la pauvreté, la répression anti-ouvrière et anti-payanne, tous ces dizaines de millions de saloperies sont à peine mentionnés
De plus Conquest, léninophyle, oublie que le parti bolchevique fonctionne comme une maffia, pratiquant la traite et le racket à l'échelle de tous le pays. Dans ces organisations, plus on se rapproche du sommet, plus on a du sang sur les mains. Comment le chef de la maffia pourrait tolérer parmi ses proches un honnête homme qui lui jetterait à la figure sa propre saloperie. Tous pourris, tous salis. L'ascension de Nikita Khrouchtchev est l'exemple: pour devenir un serviteur de Staline, il a dû en faire des crimes, proférer des mensonges, d'avilir, pour descendre au niveau de Staline, Kaganovitch, Mikoyan, égoïstes sans états d'âme, absorbés par leur seul survie
Que Staline, une opération terminée, victorieuse ou pas, liquidait l'appareil et tous ceux qui pouvaient en témoigner. Que ces salopards, devenus inutiles ou dangereux, soient exécutés, il n'y a pas de quoi s'indigner. Dans un régime aussi inhumain que le communisme réel, masqué par la propagande riante des succès, ceux qui étaient sous sa coupe avaient intérêt pour survivre à croire aux mensonges, mais le problème est celui des millions d'idiots utiles, compagnons de route et agents bénévoles, qui en Occident ont servi un régime imposant terreur et misère pour le peuple.
Page 197 à 199: Kirov refusant de devenir un larbin de Staline est liquidé par Iagoda
Enoukidzé, un ami de Staline, le chef de la Croix-Rouge soviétique reconnue en 1935.
Après avoir fait diverses propositions à Kirov pour qu'il quitte son fief de Léningrad, propositions refusées, et voyant que l'influence de Kirov montait dans le parti, Staline comandita son assassinat en confiant la tâche à Iagoda. Il n'existe pas de documents incrimant Staline - bien qu'en 1989 le ministère public soviétique fît savoir que l'on disposait de "preuves objectives" sur la responsabilité de Iagoda.
L'assasin, Léonid Nicolaïev, avec son revolver dont les balles provenaient du club sportif local du NKVD, profite que le garde du corps de Kirov, Borisov, a été attardé, pour le tuer. Deux jours après, Borisov tué par des hommes du NKVD dans le camion qui l'amenait pour témoigner. Les chefs du NKVD de Léningrad, réprimandés, écopèrent des courtes peines, mais furent liquidés durant la Grande terreur.
Nicolaïev, interrogé à Smolny par Staline, dit qu'il servait le NKVD, donc Staline qui fit croire à un «noyau terroriste d'anciens zinoviévistes pour faire diversion. Mais A Leningrad, outre les propres relations de Nicolaïev, son ex-femme, sa belle-soeur, et un de ses frères furent exécutés avec l'assassin. Tandis qu'une soeur, une cousine, eu autre belle-soeur et sa mère, reçurent des peines de prison.
En même temps, Zinoviev, Kamenev et leurs proches furent arrêtés. Jugés en janvier 1935 à huis clos, ils furent condamnés à la prison: 10 ans pour Zinoviev et 5 pour Kamenev. Gardés au frais, ils serviront en 1936 dans le premier procès de Moscou. Staline connaît l'art d'accomoder les restes!
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Les visiteurs occidentaux de Staline
- Eugene Lyons d'United Press, d'abord enthousiaste puis sceptique, après avoir assisté au procès Chakhty. Ensuite, efficace contre Staline aux Etats-Unis.
- Emil Ludwig reçu en décembre 1931 tombe dans le panneau à sa première visite. Il changera d'avis ensuite.
- George Bernard Shaw et Lady Astor. Shaw admirateur de Mussolini fut charmé par Staline. Quant à Astor, elle demanda combien de temps encore il allait tuer des gens: aussi longtemps qu'il le faudrait et la mort violente d'un grand nombre de gens était nécessaire jusqu'à ce que l'Etat communiste soit solidement établi.
- Lion Feuchtwanger qui fit un livre d'une bétise pathétique!
- H. G. Wells à Moscou en 1934 considérait Staline comme un despote: Je n'ai jamais rencontré d'hommes plus sincères, plus juste et plus honnête
- Julian Huxley, dans "Un savant chez les soviets" raconte que Staline allait donner un coup de main à la gare de marchandise de Moscou.
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Sur la famine
Le canal Baltique-Mer Blanche: 300'000 travailleurs forcés qui taillèrent dans la terre et le roc! 200'000 morts. Inauguration en mai 1933 et grand battage publicitaire. Canal inutile parce que pas assez profond!
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Le poème de Mandelstam si juste