«J'ai choisi la liberté» de Victor Kravtchenko

kravchenko En 1943, Victor Andréiévitch Kravtchenko, fonctionnaire de la Chambre de commerce soviétique à Washington pour s'occuper des livraisons d'équipements américains à l'Armée rouge, fit défection. En 1946, la Seconde Guerre mondiale étant terminée, l'URSS et les Etats-Unis d'Amérique n'étant plus alliés mais en guerre froide, Kravtchenko publie "I choose freedom". Peut-être l'a-t-on fait taire pour ne pas nuire à l'entente cordiale entre oncle Jo et son laquet, Roosevelt? Ses révélations sur la collectivisation de l'agriculture, la famine de 1932-33, les camps de prisonniers soviétiques et autres faits sur l'envers du décor du "paradis des travailleurs" auraient pu faire ombrage et révéler que Staline était aussi malsain que Hitler, si ce n'est pas pire.

Les chiens de garde du mensonge soviétique: un des meilleurs complices des dictateurs, le silence!

En France, la publication de son livre sous le titre "J'ai choisi la liberté, La vie publique et privée d'un haut fonctionnaire soviétique" (éditions Self, 1947) est combattu par les milieux communistes. Les Lettres françaises, journal proche du Parti communiste français dirigé par le poète Louis Aragon, l'accuse de désinformation et d'être un agent américain à partir de faux documents écrit par le journaliste André Ullmann qui travaillait pour les services de renseignement soviétiques ; la vérité sur l'origine de ceux-ci ne sera connue qu'à la fin des années 1970.

Kravtchenko porte plainte contre le journal en diffamation. Le procès débute le 24 janvier 1949 devant le tribunal correctionnel de la Seine et durera deux mois. Il regroupa une centaine de témoins. Claude Morgan et André Wurmser, des Lettres françaises, présentèrent des anciens collègues de Kravtchenko et son ancienne femme pour le dénoncer. Les défenseurs de Kravtchenko amenèrent à la barre des survivants de camps de prisonniers soviétiques. Parmi eux Margarete Buber-Neumann, la veuve du leader communiste allemand repenti, Heinz Neumann, elle-même envoyée au goulas. Au temps du Pacte germano-soviétique, elle fut extradée en Allemagne et y fut incarcérée. Son expérience aida les anticommunistes à plaider l'étroite similarité entre le régime soviétique et le régime nazi.

Claude Morgan, rédacteur aux Lettres Française et accusé dans cette affaire résuma cela plusieurs années après en 1979 après dans son livre "Les "don Quichotte" et les autres". "Nous, les communistes, nous ne mettions pas en doute les affirmations des soviétiques, ni celles de notre Parti. Mes déclarations, lors du procès Kravchenko, dans Les Lettres Françaises, le prouvent. Kravchenko était un membre de l'Ambassade soviétique aux Etats-Unis. Il avait "choisi la liberté" et publié un ouvrage violemment antisoviétique. André Ulmann m'apporta sur le personnage un article que je publiai sans signature. Dans cet article Ulmann, sous le nom de Sim Thomas, accusait Kravchenko de mensonge et ajoutait qu'il était ivrogne. André Wurmser écrivit lui aussi un article dans Les Lettres. C'est pourquoi nous fûmes tous les deux les accusés de ce procès. Kravchenko cita un certain nombre de témoins, qui, tous, affirmèrent l'existence des camps de répression, où régnaient des conditions atroces. Je ne le crus point. Les uns étaient des koulaks, les autres des ennemis politiques. Je déclarai que, si je pensais qu'ils disaient vrai, je ne serais pas communiste."

Le comité de soutien pro-soviétique: F. Joliot-Curie (prix Nobel), 4 anciens ministres dont d'Astier de la Vigerie, 5 agrégés de renom (Jean Bruhat, Abert Bayet, Pierre Cot, Jean Baby, Roger Garaudy), d'un général (M. Petit dirigeant de France-Urss) et d'intellectuels qui ont été résistants (Jean casso, Vercors,

Le procès fut remporté par Kravtchenko en avril 1949 et il reçut une somme symbolique pour la diffamation. Et les complices du goulag n'eurent aucune solidarité avec les millions de victimes, comme d'habitude!

Sa mort, le 25 février 1966 dans son appartement à Manhattan, d'une balle dans la tête reste un mystère, même si elle fut considérée à l'époque comme un suicide. Son fils Andrew continue pourtant de croire qu'il fut assassiné par le KGB.

Roosevelt fit tout pour étouffer les révélations sur le massacre de Katyn

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