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GOULAG. UNE HISTOIRE d'Anne Applebaum La première histoire du système concentrationnaire soviétique, par l'historienne américaine Anne Applebaum, est traduite en français. Un livre événement. « Ce qu'Alexandre Soljenitsyne attendait, Anne Applebaum l'a fait. » On peut difficilement mieux dire que le critique du « Wall Street Journal ». Anne Applebaum a écrit la première histoire du goulag, l'histoire des camps de concentration soviétiques : leur origine avec la révolution bolchevique, leur essor et leur apogée sous Staline, leur mutation avec ses successeurs, leur arrêt, en 1986, sur décision de Gorbatchev, petit-fils d'un paysan emprisonné. |
EXTRAITS ET NOTES DE LECTURE
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Staline au goulag, hélas en visite. Avec Iejov, donc vers 1937. Notez la pose napoléonniene qui fut vite imitée au Solovki par 4 oubnits, assassins!
Page 78: Chapitre 3 1929: Le Grand Tournant
Le 20 juin 1929, le Gleb Boki, un petit navire arrive dans le petit port de Solovetski avec, à son bord, Gleb Boki et d'autres dirigeants tchékistes ainsi que Maxime Gorki, et sa belle-fille, la femme de son fils Maxime, en uniforme de la Tchéka.
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Page 79: Maxime Gorki, opposé au coup d'état, avait critiqué la terreur, la politique délirante de Lénine et le cloaque qu'était devenue Petrograd. En 1921, il émigre pour Sorrente. [
] Ses critiques diminuèrent et en 1928, Gorki rentre en URSS. Presque aussitôt, il entreprit une série de voyages triomphaux à travers l'Union soviétique, inscrivant à dessein Solovetski dans son itinéraire. Son intérêt de toujours pour les prisons remontait à ses propres expériences de jeune délinquant. Le camp avait préparé cette visite. Mais Gorki réussit à s'isoler avec un détenu afin d'entendre la "vérité". Il en ressortit en larmes quarante minutes plus tard. C'est la version de Likhatchev. Page 80: En fait, dans l'essai qu'il écrivit par la suite: Gorki évoque ensuite d'un ton admiratif les conditions de vie, histoire de faire bien comprendre à ses lecteurs qu'un camp de travail soviétique n'a rien à voir avec un camp de travail capitaliste (ou tsariste), mais qu'il s'agit d'une institution d'un type nouveau. Mais ce ne sont pas simplement les conditions de vie dans la description de vie qui faisaient, dans la description de Gorki, un camp d'un type nouveau. |
Page 81: Ses pensionnaires, les rescapés, n'étaient pas simplement heureux et en bonne santé, mais jouaient aussi un rôle vital dans une grande expérience: la transformation de personnalités criminelles et asociales en citoyens soviétiques à part entière. Gorki ressuscitait ici une idée chère à Dzerjinski: les camps de devaient pas être de simples pénitenciers, mais des écoles de travail, spécialement conçues pour tremper le genre de travailleur dont le nouveau système soviétique avait besoin. Dans son optique, l'objectif ultime de l'expérience était d'assurer labolition des prisons, et elle était en passe de réussir.Il ne vient à personne que ces gens mentent sans arrêts? Ainsi Nastaly Aronovich Frenkel, emprisonné au Solovki, il en devient le chef par ses conseils pour exploiter au maximum les détenus. http://fr.wikipedia.org/wiki/Goulag Selon ce système, le travail se payait en nourriture à partir d'une distribution très précise des vivres. Frenkel divisa les prisonniers du SLON en trois groupes :
1. ceux considérés comme capables d'un travail lourd (800 gr de pain et 80 gr de viande),
2. ceux capables seulement d'un travail léger (500 gr de pain et 40 gr de viande),
3. les invalides (400 gr de pain et 40 gr de viande).
Chaque groupe recevait des tâches différentes, des normes à satisfaire et une ration leur correspondant et établissant des différences drastiques entre les déportés[30]. En somme, les invalides recevaient une ration réduite de moitié par rapport aux déportés les plus forts[31]. En pratique, le système partageait les prisonniers très rapidement entre ceux qui survivraient et les autres. Une sorte de tri à la Mengele!
Page 134: Chapitre 6: La Grande Terreur et ses suites. Genrikh Iagoda, fut jugé et exécuté en 1938 après avoir supplié qu'on lui laise la vie dans une lettre au Soviet suprême. Il est remplacé par Nikolaï Iejov.
Page 135: Les hauts cadres de Iagoda furent aussi remerciés:
Matvei Berman, chef du goulag de 1932 à 1937.
Alexandre Izraïlev, chef adjoint de l'Oukhpetchlag.
Alexandre Polisonov, colonel de la division des gardes armés du goulag.
Mikhaïl Goskine, chef de la construction des chemins de fer du goulag.
Isaak Guinzbourg, chef de la division médicale du goulag.
Fiodor Eichmanns, ancien chef du Slon, puis chef du département spécial de l'OGPOU.
Lazare Kogan, le numéro 2 du goulag en 1939.
Izraïl Pliner, successeur de Berman pour une année.
La plupart de ces hommes furent condamnés à mort, même si plusieurs virent leur condamnation commuée en peine de prison ou de camp, et qu'une poignée d'entre eux survécurent pour être réhabilités en 1955. [AINSI KHROUCHTCHEV FAIT REHABILITER LES MEURTRIERS DE MASSE, COMME LUI-MÊME IL L'A ETE!]
Sauf Nastaly Aronovich Frenkel, chef du BAMlag qui passa entre les gouttes. Un malin ce Frenkel et ambitieux car emprisonné au Solovki, il en devient le chef par ses conseils pour exploiter au maximum les détenus.
Page 161: Anna Akhmatova, si elle exprime bien la peur et le désarroi de tous, se trompe sur le fond: 90% des arrestations ne sont pas pour rien (cf. les opérations secrètes dissimulées par les 3 procès de Moscou). A la même époque, vers 1936-37, la propagande antifasciste diabolisait les crimes fascistes en les exagérant dans le but de détourner l'attention des crimes et massacres qui étaient effectués en URSS. Toutes les informations sur la répression soviétique étaient évidemment des calomnies, et ceux qui osaient les colporter, des fascistes! Grâce à ce terrorisme intellectuel qui est le pendant du terrorisme physique en Union soviétique, la majeur des gens ignoraient l'horrible réalité qui étaient, de plus, recouverte de mensonges sur les "grandes réalisations" dans l'édification socialiste. Le pavillion de l'URSS à l'expo de Paris (1937), n'était qu'une petite partie d'une opération permanente de poudre aux yeux et de fumigènes! Des journaux comme ceux de Willy Münzenberg, les presses et publications des sections du Komintern, des journalistes payés ou dupés, des associations des "Amis de l'URSS" décrivaient "la patrie des travailleurs" comme le paradis où, chaque jour, des stakhanovistes faisaient des miracles "dans les journaux"!
Page 162: Bien au contraire, il n'était pas plus facile de prédire avec quelque certitude qui allait être arrêté en 1947 qu'il ne l'avait été en 1917. Anne Applebaum constate que l'appareil répressif est devenu total, contrôlant l'ensemble des individus alors qu'en 1917, Lénine commença une campagne de terreur pour liquider ses adversaires qui étaient des socialistes (mencheviks ou SR), campagne qui réussit puisque de nombreux politiciens durent prendre la fuite pour sauver leur vie. Le régime soviétique terrorise et élimine les étrangers car ils peuvent comprendre le caractère mensonger de toute l'information. [
] Malgré les belles déclarations dénonçant le racisme et stigmatisant les Etats-Unis, la réalité des faits en URSS Tous les Noirs que j'ai connus au début des années 1930 et qui sont devenus citoyens soviétiques ont disparu dans les sept ans.
Page 163: Anne Applebaum rappelle l'épuration des cadres du Komintern: Sur les 394 membres du Comité exécutif de l'Internationale en janvier 1936, il n'en restait que 171 en avril 1938. Les autres avaient été exécutés ou internés dans des camps, y compris des ressortissants de nombreuses nationalités: Allemands, Autrichiens, Yougoslaves, Italiens, Bulgares, Finlandais, Baltes, et même Anglais et Français. Les Juifs semblent avoir souffert d'une façon disproportionnée. Pas des informations sur les Suisses, Fritz Platten, et autres également arrêtés et/ou fusillés!
Le sort des 25'000 "Finnois américains" qui crurent la propagande soviétique sur la vie heureuse des ouvriers en URSS, rentrent et, innocents de la terreur et pas conditionnés par le régime, protestèrent et finirent au goulag.
Page 164: Les citoyens soviétiques qui avaient des liens à l'étranger n'étaient pas moins suspects. Les premières exposées étaient les "nationalités de la Diaspora", les Polonais, les Allemands et les Finnois de Carélie qui avaient des contacts et des parents par-delà la frontière, mais aussi les Baltes, les Grecs, les Iraniens, les Coréens, les Afghans, les Chinois et les Roumains éparpillés à travers l'URSS. D'après ses proches archives, entre juillet 1937 et novembre 1938, le NKVD condamna 335'513 personnes dans ces opérations "nationales". Des opérations semblables, on le verra, allaient se répéter au cours de la guerre et après.
A la fin des années 1930, la plupart des citoyens soviétiques ordinaires avaient compris et refusaient tout contact avec des étrangers.
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Dans un régime communiste, les vrais ennemis du peuple sont le parti et sa police
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Le conditionnement par la terreur: le régime ne dit pas explicitement ce qui est interdit, mais les gens le comprennent à leur dépens.
Page 165: En 1939, raconter une blague sur Staline ou en écouter une, arriver en retard au travail, avoir le malheur d'être désigné par un ami terrorisé ou un voisin jaloux comme "conjuré" d'un complot
En plus de la délation plus ou moins forcée et célébrée par le régime depuis la mise en scène de "Pavel Morozov", le régime soviétique légalise (1940) la responsabilité familiale pour les parents de ceux qui tentent l'exil. Que des femmes, des enfants et d'autres proches aient été arrêtés sur le simple fait qu'ils étaient en parenté avec un "ennemi du peuple", cela n'était pas nouveau.
Page 166: Le témoignage Elinor Lipper, communiste hollandaise qui séjournait en 1937 à l'hôtel Lux, réservé aux révolutionnaires étrangers: Chaque nuit, d'autres personnes disparaissaient de l'hôtel. [...] Au matin, de grands scellés rouges étaient apposés sur les portes de nouvelles chambres.
Page 167: Etre malade, avoir un enfant en bas âge, rien ne freine les arrestations. De plus En vérité, tout se passe comme si les autorités avaient varié délibérément leurs tactiques, cueillant les uns à domicile, les autres au travail, les uns dans la rue, les autres dans le train. Mais L'arrestation la plus commune était cependant celle qui se faisait à domicile, au milieu de la nuit. Dans les périodes d'arrestation massive, la peur des coups frappés sur la porte à minuit se généralisa.
Page 168: Les multiples arrestations d'Ossip Mandelstam. [
] Les arrestations massives de nationalités particulières, comme celles qui eurent lieu dans l'ancienne Pologne orientale et dans les États baltes, les territoires occupés par l'armée rouge de 1939 à 1941, avaient généralement un caractère encore plus aléatoire. Ainsi des Juifs qui avaient quitté la Pologne occupée par les Allemands se font arrêter en zone soviétique.
Page 169: La brutalité et la cruauté lors des arrestations n'ont pas de limites: enfants assommés, prévenus, tabassés. Incapables de trouver les Schechter, les hommes violèrent et tuèrent la femme du jardinier. Applebaum rapporte que: La violence n'était probablement pas officiellement obligatoire, mais, comme il s'agissait de soldats soviétiques arrêtant des capitalistes dans l'Occident riche, l'ivrognerie, l'anarchie et même le viol avaient été apparemment approuvés, comme ils le furent par la suite, au cours de la marche de l'armée rouge à travers la Pologne et l'Allemagne.
Page 170: On trompe les personnes arrêtées en leur disant qu'ils seront de retour rapidement. Ainsi ils n'emportent rien et vont se retrouver dans les camps dans le froid glacial en tenue d'été. De plus, ils ne disent pas adieu à leurs proches, qu'ils ne reverront souvent jamais. Le régime soviétique déshumanise tous, ses larbins et ses victimes.
Page 171: Tout est fait dès l'arrestation pour faire des gens des moutons: à la Loubianka, on n'est déjà plus une personne Nadejda Ioffé, dont le père s'était suicidé
Page 172: La fouille au corps qui suivait était pire comme le décrit Innokenty, dans le Premier cercle d'Alexandre Soljenitsyne.
Le choc de pareilles fouilles pouvait être pire pour les femmes.
Dans la prison de Alexandrovski Tsentral
Page 173: beaucoup éclataient en sanglots, beaucoup faisaient une crise d'hystérie
alors que tout est fait pour que l'individu perdent immédiatement tous ses repères, soit détruit et devienne un objet. Isolement, placement en boks - une cellule d'un mètre trente sur trois mètres. Une cellule vide avec un banc, ou une cellule de prison bondée pouvait être chose encore plus horrible que l'isolement.
Page 174: C'est le moment de décrire les horreurs de cette première nuit passée à la forteresse de Lefortovo. dont la section des interrogatoires était en contrebas et d'où partaient Des hurlements qui n'avaient rien d'humain. "De toutes les étapes par lesquelles les détenus passaient au cours de leur route vers le Goulag, l'interrogatoire est peut-être la mieux connue des Occidentaux
Page 175: Les enquêtes de la police secrète soviétique n'en restaient pas moins uniques, sinon par leurs méthodes, du moins dans leur caractère de masse. A certaines périodes, il était fréquent que des affaires mettent en cause des centaines de gens, arrêtés à travers toute l'Union soviétique. Typique de l'époque est ce rapport du département régional du NKVD d'Orenbourg sur les mesures opérationnelles de liquidation des groupes clandestins trotskistes et boukhariniens, ainsi que d'autres formations contre-révolutionnaires, menées du 1er avril au 18 septembre 1937. Au total, le NKVD d'Orenbourg arrêta plus de 7'500 personnes en cinq mois.
Page 199: Chapitre 9: Transport, arrivée, sélection
Page 211: Le transport des déportés. Les viols. Les cadavres abandonnés, leur nom pas inscrit.
Page 214: Arrivée d'un convoi le 24 décembre 1944 à Komsomolsk, dans un tel état que le procureur adjoint du goulag fit un rapport sur l'echelon (convoi) SK 950, composé de 51 wagons. Les prisonniers sont arrivés dans des wagons non chauffés qui n'avaient pas été préparés pour le transport des détenus. Dans chaque wagon, il y avait entre 10 à 12 couchettes, qui ne pouvaient accueillir plus de 18 personnes, alors qu'il y avait jusqu'à 48 individus par wagon. Les réserves d'eau étaient insuffisantes, si bien que l'eau manqua régulièrement, parfois durant des jours et des nuits. Les prisonniers reçurent du aingelé, et pendant 10 jours, abolument rien. Ils arrivèrent habillés en tenues d'été [
] Les malades avaient été abandonnés par terre, sans soin, et étaient morts sur place. Les cadavres étaient restés longtemps dans les voitures
Sur le 1'402 détenus de l'echelon SK 950, 1291 arrivèrent à destination: 53 étaient morts en cours de route, 66 avaient été hospitalisés en chemin. A l'arrivée, 335 autres durent être hospitalisés avec une gelure au 3e ou 4e degré, une pneumonie ou d'autres maladies. Le voyage avait apparemment duré 60 jours, dont 24 d'immobilisation complète.
Le supplice de l'eau est très bien décrit par Evguenia Guinzbourg
Page 215-216: Les devises des camps du goulag
Le travail en URSS est affaire d'honnêteté, de gloire, de vigilance et d'héroïsme!
Un lagpounkt de la Kolyma
Avec un juste travail je paierai ma dette envers la patrie
Une colonie de travail proche d'Irkoutsk
D'une poigne de fer, nous conduirons l'humanité vers le bonheur!
Solovki 1933.
Par le travail, la liberté
Solovki 1947 slogan ressemblant à Arbeit macht frei d'Auschwitz
Page 216: Nous nous sommes déshabillées (Olga Adamova-Sliozberg), nous voulions monter l'escalier lorsque nous avons vu le long de la rampe, jusqu'en haut, une rangée de soldats en armes. Nous restions là, massées les unes contre les autres. Debout, les yeux baissés, rouges de confusion
Il semble que le tri des femmes nues n'avaient pas les mêmes raisons que celui des hommes dont on regardait la dentition, la force musculaire, etc...Le régime d'un type nouveau a reproduit le marché aux esclaves, sauf que les esclaves ne valaient rien! En résumé, la révolution bolchévique a réintroduit l'esclavage (au goulag pas seulement, les travailleurs libres étant attachés à leur entreprise) et le servage par la collectivisation en 1929. Quel progrès!
De plus, si vous comparez les conditions de travail avec celles du creusement du canal de Panama où de nombreuses machines et trains ont soulagé l'effort physique des ouvriers, en URSS, c'est comme au temps de Romains. Pire parce qu'à ce temps on employait chevaux et machines pour soulever les charges. Le bolchévisme (Lénine+Staline), l'imposture partout et toujours, avec une propagande constante pour empêcher de constater l'horrible réalité!
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Et les enfants du et au goulag? Ceux qui sont déportés et ceux qui y sont nés? |