Belomorkanal

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La première écluse à Belomorsk

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Pour masquer le meurtre de masse et assurer la gloire du régime communiste et donc de son génial guide, Staline, la propagande a inclus une marque de cigarettes encore disponible en 2009.

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Belomorkanal, un chantier sanglant de Staline. La journaliste Anne Brunswic donne la parole aux victimes de la Grande Terreur soviétique et à leurs descendants

Le Temps, Emmanuel Gehrig, samedi 16 mai 2009

Belomorkanal: une marque mythique de cigarettes russes, dont le paquet cartonné représente, depuis 70 ans, une carte fluviale du premier ouvrage titanesque de l’époque stalinienne, le canal reliant la Baltique à la mer Blanche, en Carélie. Fine connaisseuse du monde russe – sa première visite remonte à plus de trente ans – la journaliste et écrivain Anne Brunswic tombe un jour sur un livre de propagande, préfacé par Maxime Gorki, vantant ce chef-d’œuvre accompli par près de 150 000 prisonniers – les zeks. Exemple grandiose de la victoire de l’homme sur la nature, le canal a surtout, selon l’écrivain soviétique, transformé des vauriens et des koulaks en loyaux artisans du socialisme. Aragon applaudira ce principe de recyclage humain. Or la réalité est épouvantable: de ces prisonniers, dont beaucoup sont politiques, près de 25 000 – les chiffres restent incertains – ont succombé par accident, d’épuisement ou de froid sur ce chantier de 225 kilomètres.


Présentation "Les Eaux glacées du Belomokanal", communiqué de presse. En 4e de couverture

Dans les eaux glacées du Belomorkanal (le canal de la mer Blanche) se reflète une époque glorieuse et douloureuse. Edifié en 1931-1933 par une armée de bagnards, cet ouvrage qui reçut le nom de « Canal Staline » fut aussitôt élevé au rang de mythe par la littérature, la photographie et le cinéma. Une preuve de “la vérité du communisme” s’exclamait Gorki, enthousiaste de la rééducation des prisonniers. — Une preuve de son caractère génocidaire, répliquèrent les adversaires du régime, dénonçant un chantier aussi gigantesque qu’inutile. Puis le canal sombra dans l’oubli Seuls les habitants de la Carélie russe se soucient encore aujourd’hui de cette voie de communication qui, après une décennie moribonde, reprend un peu d’activité depuis 2002.

Entre 2006 et 2007, Anne Brunswic parcourt cette région, visite le canal pour autant que les autorités le lui permettent, séjourne dans des villes et des villages où la mémoire du passé soviétique reste très présente. Elle multiplie les rencontres avec les habitants, Russes et Caréliens et recueille le témoignage de gens de toutes opinions, de croyants, de militants de la mémoire des camps, de communistes encore convaincus. Carnet de voyage, enquête historique, chronique géo-poétique, Les Eaux glacées du Belomorkanal invite à comprendre ce que fut le communisme pour ceux qui l’ont vécu, quelles cicatrices il laisse après lui, mais aussi ce qui reste des rêves qu’il a suscités.

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