17e congrès du parti communiste chinois

Dans la Chine populaire une poignée de communistes se partagent le pouvoir. Quant au peuple, des commédies sont organisées comme cette d'une sorte d'assemblée nationale qui n'a aucun pouvoir. En fait, c'est la nouvelle bourgeoisie, celle des 74 millions de membres du parti communiste qui forme la classe dirigeante, une hiérarchie de petits et grands chefs, qui élisent leur secrétaire, qui est à la fois chef du parti et de l'état, en fait du parti état, comme dans tous les régimes communistes. La société civile n'existe plus sauf en façade.


Deux dauphins de Hu Jintao se profilent au Parti communiste

CHINE. Le numéro un du parti a été reconduit pour cinq ans.

Le Temps, Tristan de Bourbon, Pékin,Mardi 23 octobre 2007

Le secrétaire général Hu Jintao, reconduit pour cinq ans à la tête du Parti communiste chinois (PCC), est entré le premier lundi dans la salle du Palais du peuple. Souriant, il a salué l'auditoire. Derrière lui est apparu Wu Bangguo, l'actuel numéro deux du régime et président du comité permanent de l'Assemblée nationale populaire, suivi de Wen Jiabao, le numéro trois du régime et premier ministre, puis de Jia Qinglin et Li Changchun. Le quinté de tête de ces cinq dernières années n'a donc pas été modifié au lendemain de la clôture du 17e congrès du PCC.

Comité permanent

L'arrivée de Xi Jinping, le secrétaire du parti de Shanghai, provoque les premiers murmures. Il devance l'autre grand favori à l'entrée au Comité permanent du Bureau politique, Li Keqiang, secrétaire du parti de la province du Liaoning. Sachant que Hu Jintao a passé dix ans au sein du Comité permanent avant de devenir secrétaire général du Parti en 2002, il semble quasiment certain que celui qui lui succédera dans cinq ans sera l'un de ces deux hommes.

Les candidats ont des profils bien différents. Xi Jinping a remplacé à l'automne dernier le secrétaire du parti de Shanghai Chen Liangyu, après son arrestation pour corruption. Sa nomination montre la confiance que porte en lui le secrétaire général (Shanghai était le centre de pouvoir de ses opposants) et l'habileté politique de ce dernier. Hu Jintao s'assurait du même coup la bienveillance des petits princes comme ils sont surnommés en Chine, ces enfants de hauts fonctionnaires parvenus à la tête de l'Etat (dont fait partie Xi Jinping), au parcours et à la personnalité extravertie totalement opposés à ceux des fonctionnaires zélés et autodidactes comme lui. Auparavant, Xi Jinping a réussi à associer forte croissance économique et calme social au Zhejiang, une province pourtant réputée pour ses soulèvements réguliers contre les autorités.

Li Keqiang a quant à lui occupé deux postes assez complexes. Dans la province du Henan, il a dû gérer la crise du sang contaminé (qu'il a longtemps tenté de cacher avant que la presse ne s'empare de l'affaire), tandis qu'il a dû faciliter la restructuration du Liaoning, jusqu'à peu spécialisée dans l'industrie lourde, en attirant les investissements étrangers tout en faisant face au mécontentement des millions d'anciens ouvriers au chômage. Il est donc lui aussi loin d'être un novice dans le domaine économique.

Troisième favori

La succession de l'homme fort actuel n'est pourtant pas assurée d'avance. «En choisissant de créer un précédent en promouvant deux candidats à la tête de l'Etat, Hu Jintao pourrait bien provoquer une lutte fratricide entre les deux favoris, explique un analyste étranger. Même s'il compte ainsi les mettre à l'épreuve du pouvoir, le risque est grand de voir l'appareil politique se gripper en raison d'une lutte de pouvoir.»

D'autant plus qu'un autre favori au trône, le secrétaire du parti de Chongqing, Wang Yang, se situe à la première place de suppléant. Et pendant ce temps, il faudra continuer à diriger un pays de 1,3 milliard d'habitants, «à œuvrer dans l'intérêt public et à exercer le pouvoir au bénéfice du peuple», selon les mots de Hu Jintao.

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