17e CONGRES DU PCC

Article classique sur un congrès communiste, comme il y eut des millions depuis le coup d'état d'octobre 1917. Le journaliste, Frédéric Koller oublie l'essentiel avec une touchante absence d'esprit critique: qui sont les 2200 délégués? comment ont-ils été choisi? En quoi représentent-ils le peuple? Par contre, sont décrites les luttes de clan de cette oligarchie qui tient le pays dans ses griffes. Et évidemment, un grand silence sur le passé de Hu Jintao, ancien secrétaire du Comité du PCC pour la Région "autonome" du Tibet (il a notamment imposé la loi martiale en 1989), pour les Tibétains, il fut le boucher de Lhassa.
A noter que Frédéric Koller dans un article "La Chine fête en exécutant ses fantômes" (Le Temps 1 octobre 2005) parle, en lien avec les exécutions capitales effectuées en masse la veille des jours des grandes fêtes du calendrier «C'est l'une des traditions les mieux établies du régime post-communiste chinois». A ce fin observateur résidant à Pékin, non seulement le communisme n'est pas mort, mais il tient le pays et ses colonies (Tibet, Turkestan et la Mongolie du sud).
Le numéro un chinois renforce son autorité
A l´issue du 17e Congrès du Parti, le plus haut dirigeant chinois Hu Jintao s´est imposé comme référence idéologique, s´assurant ainsi une longévité au sein du pouvoir. Photo: Keystone
CHINE. Hu Jintao inscrit sa théorie pour rééquilibrer les fruits de la croissance. Son règne reste toutefois limité par le jeu des factions.
Le Temps, Frédéric Koller, envoyé spécial à Pékin, Lundi 22 octobre 2007
C'est en entonnant l'Internationale avec une parfaite unité de façade que les 2200 délégués du 17e Congrès du Parti communiste chinois (PCC) ont clos leur réunion dimanche à Pékin. Comme prévu, l'actuel secrétaire général depuis 2002, Hu Jintao, sort renforcé de ce conclave en inscrivant dans la Constitution du parti sa propre théorie du «développement scientifique».
A l'aune de la politique chinoise c'est un petit exploit, puisqu'il avait fallu treize ans à Jiang Zemin, son prédécesseur, pour en faire autant. Hu Jintao rejoint ainsi à son tour Mao Zedong et Deng Xiaoping comme référence théorique du parti, ce qui devrait lui assurer une emprise durable sur l'avenir politique du pays.
Ce succès ne permet toutefois pas à Hu Jintao de se placer au-dessus de la mêlée, ni de dicter la marche des affaires, ni même d'imposer ses hommes. Le plus haut dirigeant chinois reste le «premier d'entre ses pairs», à la tête d'une direction collégiale, où il doit composer avec les diverses forces qui constituent le parti. Le secrétaire général est un équilibriste du pouvoir élu pour sa capacité à préserver la stabilité du système, et non pas un timonier susceptible de mener le pays vers un virage aventureux. Tout, dans ce congrès, fleure le conservatisme, et la langue de bois demeure totale.
Dans un très bref discours de clôture, Hu Jintao a expliqué que l'«édification économique» était l'activité centrale du parti dans sa construction d'un «socialisme à la chinoise». En clair, on en reste aux fondamentaux de la «politique d'ouverture et de réformes» lancée il y a bientôt trente ans par Deng Xiaoping. Dans ce cadre intangible - qui écarte la possibilité d'une remise en cause de la dictature de parti unique - le pouvoir poursuivra son intégration à la globalisation économique sans rien céder sur la nature autoritaire de son régime tout en s'assurant l'appui de la classe moyenne émergente.
Bientôt troisième puissance économique mondiale, la Chine va demeurer singulièrement opaque aux yeux du reste de la planète. On peut craindre une stabilité en trompe-l'il de la part d'un système passé maître dans la manipulation des chiffres et des statistiques. Alors que le retour de l'inflation (+6% officiellement, probablement le double en réalité) va encore accentuer les crises latentes du régime, le régime promet de rester imprévisible.
Hu Jintao - que certains observateurs rêvent toujours de voir émerger en réformateur politique - a neutralisé les critiques de gauche et de droite en se faisant le chantre d'un «nouveau marxisme sinisé», en rappelant le caractère inébranlable des réformes économiques, en promettant de rééquilibrer les fruits de la croissance et en saupoudrant son discours de quelques promesses sur une vague démocratisation interne du parti.
Zeng Qinghong, la personnalité la plus en vue du pouvoir après Hu Jintao, et Wu Yi, la «dame de fer» qui avait rang de vice-premier ministre, ont été écartés du comité central pour raison d'âge et vont donc devoir se retirer ainsi que Zeng Peiyan, chargé de la politique industrielle et Cao Gangchuan, le ministre de la Défense. La composition du nouveau comité permanent du Bureau politique ne sera rendue publique que ce lundi. Hormis Zeng Qinghong, Wu Guangzheng et Luo Gan sont évincés alors que Huang Ju est mort le printemps dernier. En échange de son retrait, Zeng Qinghong devrait placer deux de ses protégés, Zhou Yongkang, en charge de la Loi, et He Guoqiang, à la Police. Jia Qinglin et Li Changchun, réputés proches de Jiang Zemin, restent en place ainsi que Wu Bangguo et Wen Jiabao, le premier ministre. Hu Jintao devrait promouvoir son protégé Li Keqiang. Quant à Xi Jinping, l'actuel secrétaire général de la municipalité de Shanghai, il devrait également rejoindre ce groupe de neuf personnalités à la direction du pays avec le titre non officiel de dauphin du régime. Rien n'indique que cette nouvelle génération - la cinquième - sera plus ouverte sur le plan politique que les précédentes.