Tromper n'est pas jouer
Le Parlement européen continue son numéro pour faire croire qu'il s'oppose au gouvernement communiste de la Chine populaire qui bafoue les Droits de l'Homme depuis 1949. Après la fumisterie d'un vote exigeant l'ouverture de négotiations entre le chef du gouvernement en exil du Tibet, qui a permis aux dirigeants européens d'assister aux Jeux olympiques, on donne un prix à un dissident. Cela ne coûte pas cher et en plus cela permet de faire croire que l'Europe fait quelque chose. Le seul point positif: cela découvre l'horreur derrière le rideau magique!
Le dissident chinois Hu Jia reçoit le prix Sakharov
RECOMPENSE. Le Parlement européen a décerné jeudi son prix Sakharov pour la liberté de pensée au dissident chinois Hu Jia. Il a fait fi des mises en garde de la Chine sur une détérioration des relations avec l'Union européenne (UE).
ATS, Le Temps, Jeudi 23 octobre 2008 16:26
Le Prix est décerné à "Hu Jia au nom de tous les sans-voix de Chine et du Tibet", a déclaré à Strasbourg le président du Parlement, Hans-Gert Pöttering.
Hu, 35 ans, a été condamné en avril, à l'issue d'une journée de procès, à trois ans et demi de prison pour incitation à la subversion. Il avait été arrêté à la suite de son témoignage fin novembre 2007 devant la sous-commission des droits de l'homme du Parlement européen, par téléconférence depuis sa résidence surveillée.
Epouse aussi harcelée
Hu est aujourd'hui, selon M. Pöttering, malade en prison où il lutte "seul" notamment contre une cirrhose du foie.
L'organisation Human Rights Watch a réagi en appelant Pékin à libérer immédiatement le dissident et à mettre un terme au "harcèlement et à la surveillance de sa femme Zeng Jinyan et de leur fille Qianci", âgée de 11 mois.
L'épouse du dissident a exprimé sa joie, estimant qu'il s'agissait d'une "reconnaissance". Elle a espéré que la récompense puisse améliorer la situation de son mari.
Mieux traité
Selon Zeng Jinyan, le dissident a été transféré récemment de Tianjin, à deux heures de route au sud-est de Pékin, vers un pénitencier de la capitale chinoise et il bénéficie d'un meilleur traitement médical. "Il semble beaucoup mieux que la dernière fois où je l'ai vu", a témoigné sa femme, qui a pu le visiter mercredi.
L'honneur fait à Hu jette de l'huile sur le feu des relations déjà tendues entre la Chine et l'UE, après les protestations à l'occasion de la sévère répression des émeutes de mars au Tibet, et la campagne des ONG à l'occasion des JO de Pékin.
Le prix est en outre décerné à la veille du sommet Asie-Europe (Asem) vendredi et samedi à Pékin, où sont attendus 43 chefs d'Etat et de gouvernement des deux continents.
Pressions "contre-productives"
La Chine a fait part jeudi de son "fort mécontentement" après cette attribution, sans remettre cependant en question le sommet de l'Asem.
"Nous exprimons notre fort mécontentement envers la décision du Parlement européen d'accorder un tel prix, malgré nos démarches répétées, à un criminel emprisonné en Chine", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, qui a évoqué une ingérence dans la souveraineté judiciaire chinoise".
Début octobre, Pékin avait déjà lancé un avertissement similaire lorsque le nom de Hu Jia avait été cité parmi les possibles Prix nobel de la Paix. Celui-ci est finalement revenu au Finlandais Martti Ahtisaari.
La Chine a multiplié les pressions sur le Parlement européen, mais elles se sont avérées "contre-productives", a estimé une porte-parole de M. Pöttering.
Un prix de 50'000 euros
Le Prix récompense depuis 20 ans des personnalités ayant marqué le combat en faveur des droits de l'Homme. La récompense sera solennellement remise à Strasbourg le 17 décembre.
Doté de 50'000 euros, il a honoré par le passé l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, la militante birmane Aung San Suu Kyi ou encore l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.