"Un parti sous influence, Le parti communiste suisse, une section du Komintern 1931 à 1939"
Brigitte Studer, LAge dHomme, septembre 1994
Brigitte Studer fait paraître, en 1994, cet important ouvrage tant par son sujet que par ses dimensions - plus de 1000 pages - dans un silence assourdissant. Révéler, preuves à l'appui, c'est-à-dire les archives de Moscou, le fond de Jules Humbert-Droz et les archives fédérales de Berne, la réalité du fonctionnement du parti communiste suisse - en fait de Moscou -, n'a plus à beaucoup de communistes et aux militants du POP, PdT, PST, «A gauche toute», et autres staliniens honteux et même aux communistes universitaires (une équipe qui falsifie l'histoire dont l'histoire suisse sinistrée) avec leur chef de file Hans-Urich Jost, etc..
Néanmoins, il reste quelques zones d'ombres comme l'implication du PCS dans l'assassinat d'Ignace Reiss (Lausanne, 1937), dans les disparitions de Suisses partis, plus ou moins forcé, en Espagne durant la guerre civile ainsi que dans la répression qui toucha les Suisses vivant en URSS, certains ayant été condamnés à la déportation et d'autres fusillés comme durant la Grande terreur de 1937-38.
Inutiles de dire que le PCS couvrit les grands crimes de masse que furent la collectivisation de 1929-30, la grande famine de 1932-33 et la grande terreur de 1937-38, qui furent cachés par une opération de détournement de l'attention sur le fascisme. L'«antifascisme soviétique» servit à occulter la triple horreur des années 1930 sans compter le fiasco des plans quinquennaux et la répression quotidienne.
Page 555. Qualifier, comme le fait la presse socialiste, le procès de Moscou de «crime sans doute le plus infâme que l'histoire du monde ait jamais connu», c'est la preuve de la bêtise et même de complicité, car l'horreur a commencé avec Lénine, qui était membre du PSS. Si le PSS condamne le procès de Moscou et décide de couper les ponts avec le PCS, il tolérera encore 3 ans Nicole et le PSG, larbins de Staline. Après un moment de flottement, le PCS applaudira. «Ses professions de foi en faveur de la démocratie et de la liberté d'opinion perdent toute vraisemblance, ce que confirment encore les expulsions manu militari des opposants lors d'assemblées publiques du parti.»
Page 556. «Non seulement ce pays est considéré comme l'unique allié de l'Espagne républicaine», encore une énorme tromperie car l'URSS, depuis la fin 1936, mène une guerre civile dans le camp républicain afin d'en prendre le contrôle total. Les manoeuvres de l'ombre, enlèvements, tortures, refus de fournir des armes et des munitions aux récalcitrants, n'étant pas suffisante, le 3 mai 1937 les combats commencent à Barcelone.
Sans tirer suffisamment d'importance, Brigitte Studer évoque bien la "chasse aux trotskistes" mais oublie la Grande terreur de 1937-38. Par contre, elle a souligné l'abrutissement et le conditionnement des membres du PCS. Ces personnes n'ont plus rien d'humain, détruits ou pourris par l'imposture communiste.
Page 557. Jules Humbert-Droz participe a l'apparat qui désinforme sur le procès de Moscou en secondant Togliatti, un des chefs du Komintern en Espagne où il fit liquider de nombreux "trotskistes". L'ancien pasteur couvre et participe aux crimes en Espagne et en URSS. Jules Humert-Droz, du protestantisme à l'abjection!
Page 558. La lutte contre les trotskistes revient à une chasse aux sorcières qui fait boule de neige: chacun dénonce avant d'être accusé pour prouver sa loyauté. Cette étape permet aux trotskistes de se refaire une image pour oublier quel assassin fut Trotski, le boucher de Kronstat (1'000 fusillés, 10'000 déportés), dernière étape, en mars 1921, pour l'établissement de la dictature du parti contre les ouvriers et les paysans. Cela n'empêche pas le réfugié au Mexico de vitupérer contre la dégénerescence soviétique auquel il a totalement contribué.
Après avoir contribué à justifier le premier procès de Moscou, s'avilit encore plus en contribuant à la campagne de dénigrement organisée contre André Gide dont le témoignage résultant de son voyage en URSS n'est pas la célébration attendue par Moscou. Pour toucher de manière indirecte l'écrivain français, le PCS prend pour cible le journaliste Raoul Laszlo.
Page 559. Le témoignage d'André Gide, qui a découvert que la société socialiste fabrique des moutons terrorisés met à mal la façade en trompe l'oeil des "victoires dans l'édification du socialisme2. Vu la notoriété de l'écrivain, Moscou réagit en mettant sur pied un apparat pour disqualifier l'auteur et limiter les dégâts. En Suisse, Humbert-Droz, en France, Paul Nizan, Aragon, Romain Rolland (il vit en Suisse où il a trouvé refuge pour servir Staline) et d'autres se chargent de cette ignoble besogne.
Page 560. Friedrich Glauser, l'intellectuel "idiot utile" qui, en niant la réalité des faits, à savoir l'horreur soviétique, démolit un ouvrage dénonçant l'envers de l'imposture soviétique
pour des questions de style.
Page 561. Mais André Gide enfonce le clou en publiant les "Retouches" «dans lesquels Rudolf était cité à plusieurs reprises. En tant que témoin de l'auteur français, le journaliste hongrois devient un ennemi à abattre pour le Komintern.
«Au moyen de généralisations abusives, de la falsification des faits et du sens tout autant que par des affirmations sans fondement et des calomnies, on tente de prouver que Rudolf et «ses coreligionnaires trotskistes» collaborent avec la Gestapo. Non content de publier ces insinuations dans la presse, le PCS en fait une brochure dont Jules Humbert-Droz rédige la préface».
Page 562. Est-il un crime de collaborer avec des «journaux bourgeois Gazette de Lausanne et Neue Zürcher Zeitung»? Alors que la spirale de l'horreur continue en Union soviétique derrière la façade en trompe l'oeil du paradis des ouvriers et des paysans, était-ce criticable d'entretenir des liens «avec l'organisation anticommuniste de Théodore Aubert» qui dénonçait cette imposture? C'est le monde à l'envers quand les collaborateurs du régime meurtrié de Staline and Co s'indigne contre «sa collusion avec l'Entente internationale contre le IIIe Internationale d'Aubert, plus tard Entente internationale anticommuniste, elle pèse plus lourd encore. Pour tout communiste et socialiste, il s'agit incontestablement d'une organisation fasciste ou national-socialiste. » Tout cela n'empêchera pas le pacte Staline-Hitler qui va faire des cocus communistes et nazis.
Page 563. Dans ce monde soi-disant nouveau, les luttes de pouvoir menées par quelques leaders reproduisent pour les "idiots utiles" celles dans l'Eglise catholique contre le diable et les hérétiques. Les possédés, qui sont définis comme trotskistes, doivent être éliminés car leur existence (survivance) serait un péril mortel pour les orthodoxes. Pathétique et pitoyable: encore une preuve de la totale imposture de cette opération menée non plus en fonction de dieu, mais au nom du prolétariat! Sous la réthorique du monde nouveau, les pires travers de l'humanité reprennent du service.
Page 564. L'opération contre André Gide utilisant l'écrivain A. Rudolf qui serait un agent trotskiste (et évidemment de la Gestapo) afin de salir l'écrivain français n'utilise pas que des articles et des brochures. En effet, le PCS (qui? charge Emile Depierraz de dénoncer A. Rudolf alias Laszlo au Ministère public fédéral afin que le journaliste soit expulsé. «Mais à son avis, tel n'est plus le cas pour le communisme, comme d'ailleurs pour le national-socialisme, car les deux useraient du meurtre, du cambriolage, de la fabrication de faux, de la menace et de la dénonciation auprès de la police pour parvenir à leurs fins.»
Page 565. Les méthodes du PCS «ressemblent par trop à celles des fascistes» sont dénoncées par le Parti socialiste et «par plusieurs personnalités du monde de la culture à Zurich, anciennement communistes ou du moins proches du parti. Bernhard von Brentano, Fritz Brupbacher, Rudolf Jakob Humm, Jean-Paul Samson et Ignazio Silone.» «Car le principe de l'amalgame, tirant des conclusions infamantes à partir de références indirectes», leur paraît odieux. » «Les cinq se déclarent solidaires d'André Gide.»
Page 566. Friedrich Glauser, encore une victime de la mystification de « l'aide qu'elle apporte à l'Espagne pèse plus lourd dans la balance». L'URSS n'a eu pour but en Espagne que de prendre le pouvoir sur le camp républicain et cette lutte (une guerre civile dans la guerre civile) a été un coup de poignard mortel dans le dos. Quand la cause fut perdue, l'URSS abandonnera le pays en ayant pris soin avant de voler l'or de la République!
De plus, Friedrich Glauser constate «qu'honnêtement on ne puisse écrire contre l'URSS sans se retrouver dans l'autre camp». C'est le but de la propagande «propagée par le Komintern sous la devise «si vous n'êtes pas avec nous, vous êtes contre nous».». L'objectif caché mais essentiel pour Staline et sa clique d'assassins, fairet taire toute critique contre l'URSS dissimulant l'horreur paroxystique des années 1930 durant lesquelles plus de 15 millions d'être humains (plus de 4 fois la Suisse de l'époque) ont été liquidés par la famine, la terreur, la fusillade et la déportation. Encore aujourd'hui, le négationisme des crimes soviétiques se maintient!
Page 567. Jules Humbert-Droz vomit sur Gide qui est, comme d'habitude, "acheté par la bourgeoisie réactionnaire» et «à la solde des magnats de banque et des industriels, des agents fascistes de l'Antikomintern et des bourreaux de Vienne".
Page 568. Brigitte Studer conclut très justement en définissant le but de la propagande et de la désinformation de l'URSS et en fait de tous les régimes communistes: «Pour préserver cette illusion (que l'URSS est la patrie des travailleurs, que son état est au service des peuples, etc), tous les moyens sont mis en oeuvre, l'appel à la raison autant que l'appel à la mystique du rêve.»