La Grande Terreur de 1937-38
Elle frappe aussi en Suisse et les Suisses résidant en URSS
Environ 600 personnes en tenant compte des Suisses qui ont émigré du temps des Tsars et pas rapatriés en 1918 et ceux qui ont rejoint la «patrie des travailleurs» dès 1918. Woldemar Wehrlin tenait à jour, de 1918 à 1938, un registre des Suisses de Russie, registre qui se trouve aujourd'hui dans les archives du CICR.
Ne pas oublier que la Légation suisse à Petrograd a été vandalisée par la Tcheka en juin 1918 et que de nombreux documents ont brûlé dans l'incendie! Ce sera un grave problème pour des Suisses que de prouver leur nationalité, surtout en 1932 quand a été faite une loi pour interdire les double-nationaux!
En août 1937, le Politburo du parti communiste de l'Union soviétique fait commencer une série d'opérations secrètes qui aboutiront à l'arrestation de 1,5 millions de Soviétiques dont la moitié sera fusillée, le reste étant déporté.
La commission du PCS chargée de déterminer les éléments peu sûrs ou douteux
Le Komintern, auquel le PCS est subordonné, est également touché par ce qui fut qualifié de purges. Certains responsables du parti, dont Jules-Humbert Droz ont eu la tâche de faire des listes pointant les éléments peu sûrs ou douteux. Dans le contexte de la Grande terreur, ce jugement équivalait souvent à une condamnation à mort.
La commission composée de Jules-Humbert Droz, Karl Hofmaier, et ??? avait des quotas pour chaque catégorie; catégorie 1, la mort; catégorie 2, la déportation au goulag.
Cette évaluation concernait aussi les Suisses qui se trouvaient en URSS et qui servaient «la patrie des travailleurs» et son génial chef, Staline, tel que Yvonne Bovard (condamnée au goulag, rentre en Suisse en 1951), son mari Chalks fusillé en 1938, Berthe Zimmerman (fusillée en 1937) ou encore son mari, Fritz Platten, fusillé en 1942 après 4 ans de goulag.
Mais cette liste n'est pas complète: Lydia Dübi fusillée en 1937, les époux Ruegg fusillés en 1938, etc
Curieusement aucun historien suisse n'a vraiment étudié ces disparitions et le sort de leur compatriotes..
Signalons que certains cadres de l'appareil soviétique, telle que Ignace Reiss, en fuite et qui tentait de trouver asile en Suisse et qui fut abattu à Lausanne en 1937: le NKVD exécutait partout, même en Suisse.
Parmi les communistes disparus durant la Grande terreur, il y a l'histoire tragique de Raymond Kamerzin dont vous trouvez la biographie réalisée par Brigitte Studer dans son ouvrage «Sous l'oeil de Moscou». Plus ou moins forcé d'aller dans les Brigages internationales, la légion étrangère de Staline, Kamerzin a disparu à Albacete, comme des centaines d'autres, voire des milliers. La constitution des BI fut utilisé pour liquider des communistes de nombreux pays suspectés par le NKVD d'être des hitléro-trotskistes ou douteux!
Il faudrait ne pas oublier les agents de Moscou en lien direct, sans passer par le PCS, comme Dicker, Léon Nicole, et d'autres, certains encore ignorés en 2010!