L'échec des socialistes masqué par la formule «Le résultat n’est pas bon.» donne des ailes aux numéros 2 et 3, Manuel Tornare et Anne Emery-Torracinta, contre Pürro

Le vers est dans le fruit, les écolos donc beaucoup sont pastèques, poursuivent leur grignotage du parti socialiste.


Pürro: le score qui fait jaser le PS

élections du coneil d'état | «Le résultat n’est pas bon.» Ce verdict revient avec insistance quand on interroge les socialistes sur le score de Véronique Pürro, celle qu’ils ont choisie en février pour accompagner le sortant Charles Beer dans la course au Conseil d’Etat.

© pierre albouy/C. Bonzon/O. Vogelsang | Trio socialiste. La candidate au Conseil d’Etat Véronique Pürro (ci-dessus) a été devancée par Manuel Tornare et Anne Emery-Torracinta dimanche à l’élection du Législatif.

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TdG Marc Moulin | 13.10.2009 | 00:02

«Le résultat n’est pas bon.» Ce verdict revient avec insistance quand on interroge les socialistes sur le score de Véronique Pürro, celle qu’ils ont choisie en février pour accompagner le sortant Charles Beer dans la course au Conseil d’Etat. La cheffe du service social de la Ville s’est classée quatrième de sa liste lors de l’élection du Grand Conseil dimanche. Derrière Charles Beer, ce qui est normal, mais aussi derrière deux de ses rivaux lors de l’élection primaire, interne au parti. La notoriété du magistrat Manuel Tornare, deuxième, explique son score. Mais le troisième rang d’Anne Emery-Torracinta étonne: la cheffe du groupe parlementaire, que certains classaient à la droite du parti, est moins biffée à l’interne que Véronique Pürro et tire davantage de voix dans les partis de gauche.

Autre souci: la Verte Michèle Künzler et la libérale Isabel Rochat, qui seront les principales rivales de Véronique Pürro le 15 novembre, réussissent de leur côté une élection sans faute.

Malaise, donc. Mais un changement de casting semble improbable lors de l’assemblée générale du parti, demain soir. «Ni moi ni Anne Emery-Torracinta ne le demanderons», assure Manuel Tornare. Président du parti, René Longet va dans le même sens: «Ce n’est pas la même élection, argue-t-il. Et leurs scores se tiennent dans un mouchoir de poche.» «Les militants ont juste voulu favoriser au parlement ceux qu’ils avaient écartés de la course à l’Exécutif», analyse Véronique Pürro.

Embarrassante majorité

La menace pourrait venir d’ailleurs. Certains socialistes doutent de l’opportunité de reconduire une majorité rose-verte au gouvernement alors que le parlement est encore plus ancré à droite. Magistrate à Onex, Carole-Anne Kast plaide pour un ticket de gauche avec deux Verts et un seul socialiste, le sortant Charles Beer: «On a déjà fait l’exercice de la majorité gouvernementale en étant sous-représentés au parlement, argue-t-elle. Tout le monde croit que nous dirigeons le canton alors que les propositions de gauche sont toujours bloquées au Grand Conseil. Le PS ferait mieux de mener une franche politique d’opposition.»

Un avis marginal dans le parti, selon René Longet: «Ce serait abandonner les gens au bord du chemin pour faciliter notre communication, juge-t-il. Presque de la lâcheté. Il faut rendre plus transparents les compromis négociés au gouvernement. Et vu l’inquiétude exprimée dans les urnes dimanche, le profil social de Véronique Pürro est le bon.» La candidate souligne la position influente qu’offre la direction d’un département, quel que soit le parlement. Partir dans l’opposition ne mènerait à rien, selon elle: «Ceux qui prônent cette voie le font par déception ou pour favoriser leurs ambitions personnelles.» Mais la polémique pourrait affaiblir la mobilisation à gauche. Au profit d’Isabel Rochat.

UDC et MCG partent perdants [ndlr: pas le PS et encore moins l'Entente?!]

Le MCG ne devrait pas réitérer sa razzia de dimanche sur le Grand Conseil le 15 novembre au gouvernement. «Impossible n’est pas français, mais les chances d’élection d’Eric Stauffer sont faibles», assène Pascal Sciarini, directeur du département de sciences politiques de l’Université de Genève. «Le profil oppositionnel du MCG a fait son succès dimanche mais constitue son principal problème pour l’élection au Conseil d’Etat, poursuit le politologue. L’UDC est sous-représentée dans les Exécutifs pour les mêmes raisons. L’électorat y veut des personnalités constructives, aptes aux consensus et à la collégialité: ce n’est pas Stauffer! Et si son colistier Mauro Poggia apparaît comme plus rond, il est aussi moins connu.» L’analyse qui fait prédire un échec du MCG à l’Exécutif vaut a fortiori pour le parti blochérien, dont le score était en chute libre dimanche.

L’autre problème du MCG, comme de l’UDC, c’est l’absence d’alliance et les faibles chances d’en conclure une. «Les partis qu’on a décriés ne sont pas très réceptifs à de telles propositions, explique Pascal Sciarini. Et en plus, il faudrait des candidats susceptibles de ratisser loin au-delà de cette alliance qui n’existe même pas.» Rappelons que pour être élu au premier tour au Conseil d’Etat, il faut être désigné par un tiers des votants. Un socle qui reste lointain tant pour le MCG que pour l’UDC. Eric Stauffer garde-t-il une chance? Une toute petite. Trois femmes se disputent les deux sièges laissés vacants à l’Exécutif. «Mais aucune ne part avec la garantie d’être élue», estime Pascal Sciarini. Le MCG pourrait profiter d’éventuels naufrages.
(Marc Moulin)

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