La liste 8, DAL, rendue possible par la conquête de l'Avivo (bastion du Parti du Travail) et de l'Asloca (Parti socialiste)
La liste 8, érigée par Grobet qui prépare depuis longtemps sa vengeance de l'affront de Vanek qui lui a piqué son siège de conseiller national, a été possible par le conquête de deux bastions: l'AVIVO (bastion du Parti du Travail) et l'ASLOCA (Parti socialiste). Et tous ces manoeuvres sordides, recouvertes par la défense du peuple, peuple qui n'est pas tombé dans ce piège, car il a voté massivement pour le MCG!
L'article de Lo Verso narre la bataille pour le contrôle de l'Ascloca, qui roulait jusqu'ici pour le parti socialiste, sans démasquer les intérêts égoïstes et sordides, buts de ce combat aux couteaux! Un journaliste naïf est-il vraiment journaliste?
DAL, ne signifie pas Droit au Logement, filliale en France de la LMR et de son NPA en chute libre!
La base de l'Asloca se rallie au référendum
Le Courrier, Fabio Lo Verso, Samedi 06 Mars 2004
http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&file=article&sid=3633
LOGEMENT - Pragmatique, la direction de l'association avait dit non à une énième bataille référendaire sur la LDTR. Mais, vu son enjeu, les locataires se mobilisent.
La base de l'Asloca (Association de défense des locataires) genevoise a remis à l'ordre, jeudi soir, son comité exécutif. Il y a deux semaines, l'organe directeur de l'association avait décidé de ne pas soutenir le référendum lancé par le Comité contre le démantèlement de la LDTR[1]. Et voilà que l'assemblée générale vient d'y donner son aval, renvoyant le principal instigateur de ce refus, Carlo Sommaruga, avocat responsable de l'Asloca et conseiller national, à ses chères études. C'est sous l'impulsion de deux autres ténors du groupement de défense des locataires, Christian Grobet et Nils de Dardel, que les membres se sont résolus, à travers un vote clair, à descendre dans l'arène pour livrer à nouveau bataille contre les propriétaires immobiliers. Au centre de la lutte, l'énième modification de la loi protégeant les logements locatifs, la LDTR. Elle a été retouchée au Grand Conseil, ce qui n'a évidemment pas été du goût des animateurs du comité référendaire. La figure de proue de ce mouvement, Christian Grobet, estime que la révision législative pourrait entraîner une hausse sensible jusqu'à 20% des «loyers après rénovation». C'est en effet dans ce cadre précis qu'il faut situer l'enjeu de la réforme. La LDTR établit un plafond pour les baux revus et corrigés à la suite de travaux effectués pour améliorer l'état d'un logement: 3225 francs par pièce et par an.
SUR LA FORME ET SUR LE FOND
Or cette limite légale a été remplacée, au Grand Conseil, par un barème basé sur la surface en m[2]. Et à cause de ce nouveau mode de calcul, soutient Christian Grobet, les loyers prendront assurément l'ascenseur. Ce qui est «absolument inacceptable», renchérit Nils de Dardel, ancien conseiller national socialiste. Pour sa part, M.Sommaruga a tenté de convaincre l'auditoire que seuls 10% des logements pourraient être pénalisés. Et ce pourcentage constituerait le prix à payer à l'introduction d'un calcul «équitable» des loyers après travaux. Ce que ses adversaires ne contestent pas sur le fond, mais sur la forme, en s'opposant aux chiffres fournis par l'Exécutif de l'Asloca (lire ci-dessous).
Mais au-delà de l'impact, quantitatif, de la nouvelle loi, le débat a aussi porté sur les principes. Et c'est sur ce plan que les fronts ont affiché une divergence d'approche. «La LDTR est notre enfant, a rappelé Nils de Dardel. Nous ne pouvons pas la laisser tomber.» Comprenez: il faut contrer toute atteinte à son intégrité. «Stratégiquement, il vaut mieux garder les ressources pour d'autres batailles», avance Sami Kanaan, député socialiste, évoquant le bon sens de se préserver plutôt que s'épuiser.
Car la droite parlementaire, servant les intérêts des milieux immobiliers, a entrepris une oeuvre patiente de «démantèlement de la LDTR par tranche de salami», étaie-t-il. Et l'Asloca sera à l'avenir appelée à se battre sur des terrains bien plus éprouvants. Mais il y a aussi un problème de crédibilité. Et ce n'est pas le moindre, puisque, comme le rappelle de son côté Carlo Sommaruga, en commission du Grand Conseil, «les trois représentants de l'Asloca ont accepté la modification de la loi».
«POLITISATION» DU COMBAT?
Le psychodrame qui a secoué l'association, jeudi soir, a atteint son point culminant quand Christian Grobet et Carlo Sommaruga se sont réciproquement adressé un reproche clair: celui d'essayer de politiser l'association. Le premier, poids lourd de l'Alliance de gauche (AdG) issu des rangs des Indépendants, a pointé le doigt sur la mainmise socialiste sur l'Asloca. Le deuxième, conseiller national, a répliqué que, derrière le référendum, «il y a l'AdG». «C'est faux. Il faut en finir avec ces insinuations», a alors tonné M.Grobet, se bornant à observer qu'à côté de sa formation, il y a des groupements non politiques.[2]
Mais la politisation de l'Asloca est une question que les membres n'ignorent pas. Hasard du calendrier, ils ont été appelés à la régler, lors de l'assemblée, en décidant d'exclure du comité les représentants de partis y siégeant: les socialistes, mais aussi les représentants des Verts, du Parti démocrate-chrétien ou du Parti des travailleurs. Cette nouvelle disposition ne concerne pas le «bureau du comité», pour lequel M.Sommaruga assume une fonction comparable à celle de secrétaire général.
Note : [1] LDTR ou Loi sur les démolitions, transformations, rénovations de maisons d'habitation.
[2] Le Mouvement populaire des familles (MPF) et la Fédération des associations d'habitant et de quartier (FAHQ).