Election du Conseil d'Etat le 17 novembre, après celle du parlement de Genève le 11 octobre 2009
Le lundi 19, la Tribune de Genève sort un article brosse à reluire du gouvernement sortant signé de MM. Christian Bernet, Marc Bretton, Jérôme Faas et Eric Budry. Le but caché: contrer le populisme soit disant ambiant, populisme qui serait pour ces braves journalistes, c'est quand les ouvriers, les fonctionnaires et le peit peuple ne votent pas comme il devrait pour la gauche, ou à la rigueur pour l'extrême-gauche! La gauche, ce n'est pas seulement le grand parti socialiste, qui a obtenu 15 sièges alors qu'il y a 75 ans, le PSG en avait 45, mais ce ne sont les braves gauchistes (ou démagogues tous complices des crimes communistes passés ou actuel) et certains des partis dits bourgeois comme les parti radical, libéral et démocrate-chrétien. Dans cette intention apparamment louable, le vrai but: diaboliser le MCG et l'UDC, qualifiés de populistes, 2 partis qui ont obtenus près du quart des suffrages, mais sont exclus depuis des lustres du Conseil d'Etat.
Après une introduction de Marc Bretton, les 7 nains, pardon, les 7 ministres sont passés en revue, en fait leurs magnifiques actions des 4 dernières années: Christian Bernet pour Cramer (Les Verts), Eric Budry se coltinne Mou tinot (parti socialiste), Christian Bernet et Marc Bretton pour Muller (Libéral), Eric Budry pour Longchamp (PRD), Marc Bretton pour Hiler (Les Verts), Jérôme Faas pour Beer (parti socialiste) et Marc Moulin pour Hunger (démocrate-chrétien). En commentaire: une revue d'effectif à la limite du publi reportage, tous pourris les journalistes ou les ministres?
S'il y avait un concours de brosses à reluire, de l'art de mettre en avant un succès pour mieux oublier des monstres échecs, se serait difficile de faire un classement. Mais heureusement, les commentaires replacent ce pseudo bilan face à sa triste réalité!
Le Conseil dEtat a fait son boulot. Mais les chantiers restent ouverts
BILAN | Retour sur la législature 2005-2009.

Le Conseil d'Etat sortant, avec 2 brosses à reluire
© LAURENT GUIRAUD | Mark Muller, Robert Hensler (chancelier), Charles Beer, Robert Cramer, David Hiler, Pierre-François Unger, François Longchamp et Laurent Moutinot (de g. à dr.).Le gouvernement cantonal élu en 2005 promettait beaucoup. Quatre ans plus tard, qua-t-il effectivement réalisé?
Liens en relation avec l'article : * Editorial: Surprise! Le Conseil dEtat a bien travaillé...
Tribune de Genève, Marc Bretton, 19.10.2009 à 00:03
Le discours de Saint-Pierre a-t-il été suivi deffets? En 2005, le Conseil dEtat voulait assainir les finances, gouverner autrement, restaurer la confiance et résoudre un certain nombre de problèmes structuraux de Genève. Parfois enivré par la conjoncture et lanémie de lopposition, le Conseil dEtat sest laissé aller à la facilité. Mais il a aussi réussi des opérations difficiles et restauré lautorité de lEtat gravement compromise sous la législature précédente.
Finances redressées
Grâce à une amélioration spectaculaire de la conjoncture et à une gestion raisonnable des dépenses, les finances se sont redressées. La prochaine législature sera plus délicate.
Un mieux avec les communes
Les rapports avec les communes se sont améliorés depuis 2005, malgré un report des dépenses. En revanche, la redistribution approfondie des tâches a été renvoyée à la Constituante. La réforme du soutien aux communes pauvres a été mise sous toit.
Les entreprises publiques sont désormais autonomes, via les transferts dactifs. Mais le Conseil dEtat a tardé à saisir certaines implications du problème, comme en témoignent ses cafouillages sur la gestion des SIG.
Fonctionnaires: modernisation
Le statut de la fonction publique a été révisé. Le système de rémunération avantageant les «vieux» fonctionnaires a été corrigé, la période de probation supprimée, le 13e salaire introduit.
Ladministration est plus contrôlée
Le fonctionnement de lEtat a-t-il été amélioré? Dune part, limposition de nouvelles normes (IPSAS), ou les propositions sur la gouvernance pour les entreprises publiques, a rendu ou va rendre le fonctionnement plus transparent. Certains départements (sauf le DIP et les Institutions) ont perdu plus de 5% de postes sans catastrophe, ce qui indique une amélioration defficience. De lautre, les fonctionnaires se plaignent des procédures toujours plus lourdes et kafkaïennes. Un récent rapport sur linformatique rendu par la Cour des comptes met en exergue de coûteux problèmes.
Chômage en dents de scie
La situation sest améliorée grâce à la conjoncture., mais sa détérioration entraîne une lente glissade vers les taux de 2005. Malgré le changement de la loi cantonale sur le chômage (lire le bilan de F. Longchamp), lécart avec le reste du pays reste difficile à combler.
Logement et aménagement: le bourbier
Malgré les incessantes révisions légales et la progression des autorisations de construire, le nombre de nouvelles constructions reste au plancher et les grands projets daménagement sont au point mort. Alors que le rattrapage en termes dinfrastructure des transports se poursuit, les transports régionaux (CEVA), eux, restent bloqués en attendant la votation de novembre.
Sécurité: pas assez, trop tard
Reprenant un département en capilotade, le socialiste Laurent Moutinot a posé les bases dune réforme de fond de la police, qui en a bien besoin, et dinvestissements lourds dans les prisons. Il est vrai que les statistiques du nombre de délits révèlent que linsécurité a augmenté.
Ecole: fin des querelles
Après un débat explosif, un accord a été trouvé pour réformer le Cycle et lécole primaire. On enregistre aussi une nouvelle loi sur lUniversité. Le DIP va-t-il devenir un département ennuyeux?
Léchec du meccano
Le Conseil dEtat a regroupé ses bureaux, mais a-t-il gouverné autrement? On ne peut pas dire que la face du monde, ou du canton, en a été changée. En revanche, désormais basés en Vieille-Ville, les secrétariats généraux semblent menacés de perdre le contact avec les services. La preuve par le projet daménagement de la Praille-Acacias. Enfin, le redécoupage des départements est aussi un échec: on reparle dunion de lAménagement et des Constructions ou dune séparation de la Santé et de lEconomie.
Robert Cramer, le visionnaire de la région butte sur le terreau genevois
Lécologiste a réduit le rythme durant sa dernière législature.
Il y a quatre ans, pour son troisième et dernier mandat, Robert Cramer se taille un département mammouth en semparant de laménagement. Lécologiste est ambitieux et on se dit quil en a les moyens. En huit ans, il sest taillé une figure dhabile politicien capable délaborer des compromis dans les milieux paysans. Et il úconnaît les campagnes jusquau dernier de ses carnotzets. Voilà lhomme qui saura faire aboutir les grands projets de logement.
Il faudra déchanter. Les grues que Robert Cramer annonçait avec fracas sur les trois grands secteurs ne sont toujours pas là. Il sest heurté à la résistance des communes et sa volonté davancer sest sans conteste émoussée alors quil partait en campagne pour lélection au Conseil des Etats. Son double mandat na dailleurs pas aidé à lavancée des projets par la suite. «Il a sans doute sous-estimé la complexité des procédures», avance Benoît Genecand, président de la Chambre genevoise immobilière. La socialiste Françoise Schenk Gotteret est plus sévère. Elle y voit même «un manque de courage. Il a tardé par exemple à engager le déclassement des Esserts à Veyrier.»
A la même époque, il a laissé pourrir la polémique sur les salaires des dirigeants aux SIG. Sa nonchalance a offert un superbe tremplin au député MCG Eric Stauffer.
Décevant sur la gestion des grands projets, Robert Cramer a été meilleur en prenant de la hauteur. En quatre ans, il a dynamisé la politique régionale, insistant sur la nécessité de mieux équilibrer emploi et logement de part et dautre de la frontière. Son projet dagglomération donnera le cadre du développement de Genève ces prochaines décennies. Cette vision souffre toutefois dun déficit démocratique. Si la société civile a été consultée, selon une forme novatrice, le Grand Conseil a été mis à lécart. Relevons que, dans la foulée, il a réussi à obtenir près dun milliard de francs de Berne pour financer les lignes de tram et le CEVA.
La nouvelle loi sur lénergie qui va favoriser lisolation des bâtiments est encore à mettre à son crédit, mais il a sous-estimé la résistance des locataires, qui pourraient couler la loi en votation.
Christian Bernet
Trop réservé et atypique, Laurent Moutinot a mal vendu sa politique [LAQUELLE?]
Le socialiste lance un feu dartifice de projets avant son retrait du Conseil dEtat.
Lactuel patron des Institutions est un drôle danimal politique. Alors que nombre de ses pairs réagissent au quart de tour au moindre frémissement médiatique, lui préfère se taire. Même quand il est attaqué frontalement, il refuse de plier devant la dictature de lactualité. Respectable en soi, son éthique de la communication lui aura joué de bien mauvais tours en termes de popularité.
Quand, en décembre 2005, le socialiste récupère ce qui fut le Département de justice et police (après huit ans aux Travaux publics), il sait que le défi est de taille. Les deux magistrats qui lont précédé à ce poste ont été congédiés par le peuple. La police, dont le chef vient dannoncer quil remettait son mandat, nen fait quà sa tête et multiplie les bras de fer avec le pouvoir politique.
Genève attend de lui des réformes et une reprise en main. Mais il lui faut trouver au préalable un nouveau chef des forces de lordre. Il faudra six mois pour dénicher la perle rare: Monica Bonfanti. Outre que la dame a été assez rapidement malmenée par certains syndicalistes, la préparation de lEuro 2008 a également repoussé lavancée des projets.
Prison, police, justice
Ce nest donc que cette année que les dossiers sont arrivés à maturité et ont pu être présentés. Et ils ne touchent pas que la police. Cest en réalité un véritable feu dartifice qui est tiré en cette fin de législature.
Dès février, le conseiller dEtat avait annoncé que úGenève devait construire une nouvelle prison. En septembre, un programme plus complet est déposé, quelques jours après la présentation dune vaste réforme de la police (horaires, rémunération, organisation). Ce train-là est donc lancé, et bien lancé.
Parallèlement, une transformation fondamentale de lorganisation et des organes de la justice a été menée pour ladapter au nouveau droit fédéral. Moins connu du grand public à lexception de lépisode de la suppression du jury populaire cet énorme chantier a été mené par son département et la Commission Justice 2011 du Grand Conseil. Pas si mal pour quelquun qui est accusé de se tourner les pouces.
Eric Budry
Mark Muller: la désillusion après un début de mandat en fanfare
Le patron du DCTI na pas vraiment convaincu.
Le libéral Mark Muller termine son premier mandat sans pouvoir présenter de bilan très fourni. Une déception après un départ réussi en 2005.
Propulsé à la tête dun département créé de toutes pièces et a priori sans grande influence, le libéral a su se créer un espace politique en négociant avec les partenaires sociaux un accord prometteur sur le logement, lançant les fameux Logements dutilité publique (LUP). Il a par la suite réussi à faire entrer lAsloca dans le jeu. Peu après, il participait aussi à laboutissement du projet radical de surélévation des immeubles. Il a encore réussi sa dernière fusée lors de lEuro 2008, quil était chargé dorganiser: la manifestation sest bien déroulée.
Mais aujourdhui, les résultats concrets se font attendre. Le nombre de logements construits reste toujours à un niveau extrêmement bas. Il est vrai que son département nintervient quau bout du processus (il na pas la main sur laménagement) et que les procédures sont longues. Bon point pour le libéral: les requêtes en autorisation sont en forte hausse. Fidèle à ses idées, il développe fortement la propriété par étages.
Le nouveau système des LUP implique dénormes changements. Il faut convaincre les communes de construire, insuffler un esprit de promoteur dans ladministration et lancer une politique active dacquisition de terrains. «La méthode de concertation est bonne, mais il pèche par sa mise en uvre, estime Carole-Anne Kast, du Rassemblement pour une politique du logement. Il est tiraillé entre sa volonté davancer et son credo libéral de moins dEtat.» Enfin, la simplification des procédures de construction tant de fois promise ne saute pas aux yeux des observateurs.
A lévidence, Mark Muller ne sest pas assez attardé sur les questions de management. Sur deux points, léchec est patent. Après avoir participé à son lancement en 2005 et après en avoir été désigné comme responsable en 2006, le projet Praille-Acacias-Vernets (PAV) semble aujourdhui dans limpasse. Deux responsables de la direction de projet ont démissionné. Le libéral a bloqué toute communication, transformant le PAV en une boîte noire faisant lobjet de tous les fantasmes. Résultat: alors que le projet était bien accueilli il y a encore trois ans, il suscite aujourdhui beaucoup de méfiance.
Autre bémol, la Cour des comptes a récemment dressé un tableau accablant du fonctionnement du service chargé de linformatique de lEtat, un domaine placé sous la responsabilité de Mark Muller.
Christian Bernet et Marc Bretton
François Longchamp a mis social et chômage au pas en un temps record
Le radical a débuté sur un coup de maître avec la loi sur le chômage. Mais le dossier des EMS lui résiste encore.
Lhyperactivité politique de François Longchamp a de quoi donner le tournis. En quatre ans, le radical peut se targuer dun bilan que beaucoup seraient bien en peine de présenter en trois législatures. Nouvelle loi sur le chômage, réforme de laide sociale, regroupement des institutions actives dans le domaine du handicap, la liste est longue.
Avec la loi sur le chômage, le politicien a réussi en décembre 2007 ce qui paraissait impossible: convaincre le peuple dabandonner les emplois temporaires, ce système qui permettait de relancer une seconde fois les indemnités chômage. Pour ce faire, et mettre au tapis la gauche (sauf les Verts) et les syndicats, le conseiller dEtat a présenté un projet ample qui a paru crédible à la population.
Cette méthode volontariste, et qui ne laisse rien au hasard, François Longchamp la mise en application pour faire évoluer laide sociale, et lHospice général qui la dispense. Le radical se fixe les mêmes objectifs dans tout ce quil entreprend: rationaliser, resserrer les boulons récompenser leffort. Et par-dessus tout plane une volonté de gestion parcimonieuse des deniers de lEtat.
Des combats délicats
Ce qui lamène à mener des combats politiquement délicats. Ce fut le cas de la bagarre avec la Ville de Genève pour supprimer les prestations complémentaires que la commune verse aux personnes âgées disposant de petits revenus. Autre réforme qui a fait grincer des dents: la limitation dans le temps de laide aux femmes divorcées dont les maris ne versent pas la pension alimentaire.
Un temps déboussolée par lactivisme du magistrat, la gauche a peiné à le contrer. Depuis, elle sest réveillée. Désormais, les socialistes et la gauche extrême critiquent son action en affirmant quelle a surtout pour conséquence de sortir de la statistique de nombreuses personnes en difficulté.
Le secteur qui, aujourdhui, lui donne le plus de fil à retordre est celui des EMS. Après avoir bloqué leur subvention durant quatre ans, après avoir pratiquement ignoré une initiative acceptée par le peuple qui demandait daugmenter laide de lEtat, François Longchamp est en passe de faire voter un nouveau cadrage législatif. Mais le secteur se cabre et affirme être au bout du rouleau.
Ce dossier-là nest donc pas encore bouclé; et cest le premier vrai écueil rencontré par le conseiller dEtat. De quoi vérifier dans quelque temps si la méthode Longchamp a trouvé ses limites.
Eric Budry
Dune crise à lautre, le parcours mouvementé de lécologiste David Hiler
Le Vert a fait son trou aux Finances.
David Hiler est verni. Entré aux Finances sous la pluie, lécologiste aura été gâté par la météo économique. Est-ce pour cela? Même lorage qui sest abattu sur léconomie mondiale depuis fin 2008 ne semble pas labattre.
Au départ, le pari du redressement des finances semblait pourtant bien délicat. Prudemment, le Conseil dEtat annonce le retour à léquilibre budgétaire pour
2009 et estime son premier déficit pour 2006 à 300 millions.
Raté, ce sera 200 millions dexcédent
«Tous les six mois les chiffres ont été meilleurs que prévu», reconnaît David Hiler. Jusquà la crise évidemment. Ne riez pas! Les prévisions, ce nest pas si simple.
Avec 165 projets de loi déposés entre le début de la législature et le mois de juin, le Département des finances sest passablement activé durant la législature. Mais le rôle du deuxième conseiller dEtat Vert de lhistoire genevoise aura principalement úconsisté à comprimer la progression des dépenses en dessous de lévolution des revenus. Début 2006, David Hiler compte sur une hausse moyenne des revenus de lEtat de 2,5% par an pendant quatre ans.
Cela a été presque le double, 4,7% par exemple entre 2007 et 2008. Du coup, le ministre des Finances a pu relâcher la pression sur les dépenses. Alors quil devait limiter la hausse des charges à 1% par an pendant deux ans, il a pu passer à 2% pour les budgets 2008 et 2009. Une hausse raisonnable par rapport à celles auxquelles Genève était habitué à la moindre croissance
Grâce à des transferts de dettes aux TPG, SIG et à laéroport (660 millions) et des transferts de dépenses sur les communes (60 millions), ces résultats ont permis à lEtat daugmenter les investissements tout en diminuant sa propre dette de 13,2 milliards en 2006 à un poil plus de 10 cette année. Les effectifs de la fonction publique sont restés stables. On comptait 13 662 fonctionnaires dans les départements en 2005 et 13 607 en 2009. Une stabilité qui dissimule pourtant des mouvements internes et dimportantes réallocations dun département à lautre. Parmi les travaux menés par David Hiler, quelques-uns méritent une mention particulière. Le premier porte sur les plans déconomie à lEtat. Annoncés à son de trompe en 2006, ils visaient à économiser 100 millions en appliquant toute une série de mesures. Au final, leffort atteint 194 millions. Le deuxième est laccord passé avec la fonction publique. Le statut du personnel a été modernisé par lintroduction dun 13e salaire, la suppression de la prime de fidélité, les licenciements rendus un peu plus aisés.
Marc Bretton
Charles Beer, le socialiste qui a enterré les réformes scolaires de gauche
Le retour des sections et des notes a marqué la législature.
Six ans après son intronisation, le socialiste Charles Beer en a fini avec lhéritage de la libérale Martine Brunschwig Graf. La rénovation se meurt, les notes sont de retour au primaire, comme les sections au Cycle.
Tel est le paradoxe de son bilan. «Je ne suis pas sûre que Martine Brunschwig Graf ait mené une politique libérale en son temps, et Charles Beer a plutôt effectué un recentrage vers la droite», analyse la députée Verte Catherine Baud, qui félicite: «Il a ramené la paix scolaire.» Même son plus farouche contradicteur, lAssociation refaire lécole (ARLE), lui úconcède un bilan «honorable et présentable», dixit son président Marc Fischer. Mais le magistrat reste malgré tout mal-aimé.
«Il ne pouvait pas satisfaire une majorité du corps enseignant très à gauche en appliquant impeccablement ce que réclamait linitiative sur les notes. Et il est impopulaire à droite parce quil est de gauche. Cest aussi simple que ça», explique Marc Fischer. En effet, le patron du syndicat du primaire, Olivier Baud, affirme que «les idées que défendait Martine Brunschwig Graf nous convenaient mieux que ce quen a fait Charles Beer.»
En réalité, il y a un avant et un après-septembre 2006. Cet automne-là, le socialiste qui luttait de toutes ses forces contre le retour des notes se fait laminer en votation populaire. On ne ly reprendra plus.
«Il a compris quil fallait changer de direction. Cest un politique très habile», dit Marc Fischer. «Il a adopté une attitude pragmatique», poursuit Catherine Baud. «Il ne défend plus didées personnelles», úinterprète, lui, Olivier Baud.
Reste que depuis cet échec, Charles Beer a changé il ne rechigne plus à employer le terme exigence et empile les succès. Il fait passer la nouvelle loi sur lUniversité, qui lui offre une autonomie accrue. Il gagne la votation sur le Cycle. Et il met en uvre des projets plus personnels: la revalorisation salariale des instituteurs, linstauration des directeurs et des conseils détablissement, la création du réseau déducation prioritaire
«En donnant raison à la population et en cadrant lécole, il est parvenu à la faire évoluer», loue la députée libérale Janine Hagmann.
Sil était réélu, il lui resterait trois gros chantiers à mener: la création dune direction générale de lenseignement réunissant primaire et Cycle «Il en parle depuis des années mais ne le fait pas», tance Janine Hagmann; la refonte de la formation des enseignants, dont le modèle est en passe dêtre accepté par les députés; et le retour de lécole le mercredi matin, un thème quil a saisi à bras-le-corps.
Jérôme Faas
Pierre-François Unger, un «suiveur» à qui lon reconnaît des mérites
La maîtrise des coûts de la santé ne fait pas oublier une certaine nonchalance.
«Sil travaillait, ça se saurait», rigole un député au sujet de Pierre-François Unger. La réputation doisif colle au magistrat PDC, meilleur élu en 2005. Mais nombreux sont ceux qui volent à son secours, soulignant son combat pour endiguer les coûts de la santé et exiger plus de transparence dans ce domaine: «Une défense des Genevois», selon la libérale Nathalie Fontanet, «une action sur le long terme, sans esbroufe», pour lUDC Gilbert Catelain. Cette croisade a repris cet été, mais les récriminations genevoises sur le niveau des réserves des caisses maladie nont pas été entendues: les primes augmenteront de 4,1% en 2010. On loue les efforts du ministre pour réduire les temps dattente à lhôpital, ou la résurrection du dossier médical électronique, lancé par Guy-Olivier Segond. Mais, pour les socialistes, les plans déconomie aux HUG engendrent une baisse des moyens que lon finira par payer.
Seule Laurence Fehlmann Rielle (PS) voit un atout dans le couplage économie-santé du dicastère dUnger: «La vente dalcool aux mineurs est mieux úcontrôlée.» Mais pour dautres, le transfert de lépineux dossier des EMS du département dUnger à celui de Longchamp illustre linsolite découpage de leurs tâches, qui appelle une remise en question. Daucuns jugent que le radical sest attelé aux réformes, laissant au démocrate-chrétien le ronron des affaires courantes. Sest-il laissé faire car il songeait à briguer un siège au Conseil des Etats en 2007? Reste que Unger na pas échappé à un point chaud, avec le feuilleton de la fumée, qui a donné un pataquès juridique, encore en cours. Un symptôme de sa «fumisterie passive», selon ceux qui lui reprochent davoir tardé à élaborer la loi dapplication lan dernier. «Un petit accroc à gros écho», plaide en revanche Nathalie úFontanet.
Si ce centriste a joué un rôle pivot à lExécutif en début de législature, la suite semble montrer une difficulté à agir. Il úconçoit lEtat comme un médiateur qui pacifie les bagarres plutôt que de prendre linitiative. Mais, au final, les commissions qui contrôlent son département sont submergées de missiles externes, comme le projet dextension des horaires des commerces. Les projets émanant du gouvernement y sont rares. Au juste, où en est la refonte de la loi sur les taxis? «Cest un suiveur, pas un leader», persifle un libéral.
Enfin, quand on souligne les succès de la promotion économique, le compliment peut se faire assassin: «Il a bien fait travailler ses services.» Et de rappeler que le haut fait de ces dernières années en la matière limplantation de hedge funds est davantage luvre du ministre Vert des Finances, David Hiler.
Marc Moulin
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*Par verli le 19.10.2009 - 07:19
C'est qui le type tout à droite de la photo???
* Par Clouzot le 19.10.2009 - 06:58
Le CE à fait son boulot... On croit rêver.
Les chantiers restent ouverts...
Sur l'essentiel RIEN n'a été fait. Chômage, logement, complaisance absolue de nos autorités face à l'inertie de la France voisine incapable de construire des parkings et de mettre des bus à disposition de ceux qui viennent saturés le canton chaque jours.
Mais selon la TDG le CE à fait son boulôt...
Ce canard est vraiment une honte. Une insulte au journalisme.
* Par legend7 le 19.10.2009 - 01:14
Cramer et son CEVA, Longchamp qui rend la vie encore + pénible aux chomeurs, Moutinot l'absent, Beer+Cramer les pro-frontaliers, Unger qui a des bonnes idées mais qui agit pas, etc..etc.. beaucoup de dégats, le CE est devenu désuet et cher aux yeux du peuple, bcp de promesses, peu d'actes..
* Par godzila le 19.10.2009 - 00:51
une revue d'effectif à la limite du publi reportage. A part Hiler qui tire plus ou moins son épingle du jeu, même s'il a bénéficié (comme Calmy Rey en son temps) d'une conjoncture très favorable et d'une n éme modification des règles comptables qui rendent toujours aussi impossible une lecture correcte des chiffre de l'Etat, et Longchamp qui a le mérite de se bouger, pour le reste on n'arrive pas à la moyenne.
Moutinot n'a réussi qu'à pourrir - la toujours délicate - relation avec la police, Bear n'a quasi aucune emprise sur le mammouth qui s'auto gère tant bien que plutôt mal, Unger pousse des coups de gueule mais a bien peu de résultats concrets à montrer (à part peut être des stats +/- fiables sur les coûts de la santé à Gve) et a complètement laissé à la dérive certains de ses dicastères (l'état du service des patentes p.ex. est un réel scandale). Cramer n'est plus à Genève depuis longtemps. Quand à Muller est-ce que qqn sait ce qu'il fait de ses journées ?!
Maintenant est-ce qu'un Stauffer ou un Poggia pourraient faire vraiment mieux ? Bonne question !
* Par Deanxit le 19.10.2009 - 00:32
Un beau troupeau, un pour tous. tous pourris