Election du Conseil d'Etat le 17 novembre, après celle du parlement de Genève le 11 octobre 2009

Le lundi 19, la Tribune de Genève sort un article “brosse à reluire” du gouvernement sortant signé de MM. Christian Bernet, Marc Bretton, Jérôme Faas et Eric Budry. Le but caché: contrer le populisme soit disant ambiant, populisme qui serait pour ces braves journalistes, c'est quand les ouvriers, les fonctionnaires et le peit peuple ne votent pas comme il devrait pour la gauche, ou à la rigueur pour l'extrême-gauche! La gauche, ce n'est pas seulement le grand parti socialiste, qui a obtenu 15 sièges alors qu'il y a 75 ans, le PSG en avait 45, mais ce ne sont les braves gauchistes (ou démagogues tous complices des crimes communistes passés ou actuel) et certains des partis dits bourgeois comme les parti radical, libéral et démocrate-chrétien. Dans cette intention apparamment louable, le vrai but: diaboliser le MCG et l'UDC, qualifiés de “populistes”, 2 partis qui ont obtenus près du quart des suffrages, mais sont exclus depuis des lustres du Conseil d'Etat.

Après une introduction de Marc Bretton, les 7 nains, pardon, les 7 ministres sont passés en revue, en fait leurs magnifiques actions des 4 dernières années: Christian Bernet pour Cramer (Les Verts), Eric Budry se coltinne Mou…tinot (parti socialiste), Christian Bernet et Marc Bretton pour Muller (Libéral), Eric Budry pour Longchamp (PRD), Marc Bretton pour Hiler (Les Verts), Jérôme Faas pour Beer (parti socialiste) et Marc Moulin pour Hunger (démocrate-chrétien). En commentaire: “une revue d'effectif à la limite du publi reportage”, “tous pourris” les journalistes ou les ministres?

S'il y avait un concours de brosses à reluire, de l'art de mettre en avant un “succès” pour mieux oublier des monstres échecs, se serait difficile de faire un classement. Mais heureusement, les commentaires replacent ce pseudo bilan face à sa triste réalité!


Le Conseil d’Etat a fait son boulot. Mais les chantiers restent ouverts
BILAN | Retour sur la législature 2005-2009.


Le Conseil d'Etat sortant, avec 2 brosses à reluire

© LAURENT GUIRAUD | Mark Muller, Robert Hensler (chancelier), Charles Beer, Robert Cramer, David Hiler, Pierre-François Unger, François Longchamp et Laurent Moutinot (de g. à dr.).Le gouvernement cantonal élu en 2005 promettait beaucoup. Quatre ans plus tard, qu’a-t-il effectivement réalisé?

Liens en relation avec l'article : * Editorial: Surprise! Le Conseil d’Etat a bien travaillé...

Tribune de Genève, Marc Bretton, 19.10.2009 à 00:03

Le discours de Saint-Pierre a-t-il été suivi d’effets? En 2005, le Conseil d’Etat voulait assainir les finances, gouverner autrement, restaurer la confiance et résoudre un certain nombre de problèmes structuraux de Genève. Parfois enivré par la conjoncture et l’anémie de l’opposition, le Conseil d’Etat s’est laissé aller à la facilité. Mais il a aussi réussi des opérations difficiles et restauré l’autorité de l’Etat gravement compromise sous la législature précédente.

Finances redressées
Grâce à une amélioration spectaculaire de la conjoncture et à une gestion raisonnable des dépenses, les finances se sont redressées. La prochaine législature sera plus délicate.

Un mieux avec les communes
Les rapports avec les communes se sont améliorés depuis 2005, malgré un report des dépenses. En revanche, la redistribution approfondie des tâches a été renvoyée à la Constituante. La réforme du soutien aux communes pauvres a été mise sous toit.

Les entreprises publiques sont désormais autonomes, via les transferts d’actifs. Mais le Conseil d’Etat a tardé à saisir certaines implications du problème, comme en témoignent ses cafouillages sur la gestion des SIG.
Fonctionnaires: modernisation

Le statut de la fonction publique a été révisé. Le système de rémunération avantageant les «vieux» fonctionnaires a été corrigé, la période de probation supprimée, le 13e salaire introduit.

L’administration est plus contrôlée
Le fonctionnement de l’Etat a-t-il été amélioré? D’une part, l’imposition de nouvelles normes (IPSAS), ou les propositions sur la gouvernance pour les entreprises publiques, a rendu ou va rendre le fonctionnement plus transparent. Certains départements (sauf le DIP et les Institutions) ont perdu plus de 5% de postes sans catastrophe, ce qui indique une amélioration d’efficience. De l’autre, les fonctionnaires se plaignent des procédures toujours plus lourdes et kafkaïennes. Un récent rapport sur l’informatique rendu par la Cour des comptes met en exergue de coûteux problèmes.

Chômage en dents de scie
La situation s’est améliorée grâce à la conjoncture., mais sa détérioration entraîne une lente glissade vers les taux de 2005. Malgré le changement de la loi cantonale sur le chômage (lire le bilan de F. Longchamp), l’écart avec le reste du pays reste difficile à combler.

Logement et aménagement: le bourbier
Malgré les incessantes révisions légales et la progression des autorisations de construire, le nombre de nouvelles constructions reste au plancher et les grands projets d’aménagement sont au point mort. Alors que le rattrapage en termes d’infrastructure des transports se poursuit, les transports régionaux (CEVA), eux, restent bloqués en attendant la votation de novembre.

Sécurité: pas assez, trop tard
Reprenant un département en capilotade, le socialiste Laurent Moutinot a posé les bases d’une réforme de fond de la police, qui en a bien besoin, et d’investissements lourds dans les prisons. Il est vrai que les statistiques du nombre de délits révèlent que l’insécurité a augmenté.

Ecole: fin des querelles
Après un débat explosif, un accord a été trouvé pour réformer le Cycle et l’école primaire. On enregistre aussi une nouvelle loi sur l’Université. Le DIP va-t-il devenir un département ennuyeux?

L’échec du meccano
Le Conseil d’Etat a regroupé ses bureaux, mais a-t-il gouverné autrement? On ne peut pas dire que la face du monde, ou du canton, en a été changée. En revanche, désormais basés en Vieille-Ville, les secrétariats généraux semblent menacés de perdre le contact avec les services. La preuve par le projet d’aménagement de la Praille-Acacias. Enfin, le redécoupage des départements est aussi un échec: on reparle d’union de l’Aménagement et des Constructions ou d’une séparation de la Santé et de l’Economie.


Robert Cramer, le visionnaire de la région butte sur le terreau genevois

L’écologiste a réduit le rythme durant sa dernière législature.

Il y a quatre ans, pour son troisième et dernier mandat, Robert Cramer se taille un département mammouth en s’emparant de l’aménagement. L’écologiste est ambitieux et on se dit qu’il en a les moyens. En huit ans, il s’est taillé une figure d’habile politicien capable d’élaborer des compromis dans les milieux paysans. Et il úconnaît les campagnes jusqu’au dernier de ses carnotzets. Voilà l’homme qui saura faire aboutir les grands projets de logement.

Il faudra déchanter. Les grues que Robert Cramer annonçait avec fracas sur les trois grands secteurs ne sont toujours pas là. Il s’est heurté à la résistance des communes et sa volonté d’avancer s’est sans conteste émoussée alors qu’il partait en campagne pour l’élection au Conseil des Etats. Son double mandat n’a d’ailleurs pas aidé à l’avancée des projets par la suite. «Il a sans doute sous-estimé la complexité des procédures», avance Benoît Genecand, président de la Chambre genevoise immobilière. La socialiste Françoise Schenk Gotteret est plus sévère. Elle y voit même «un manque de courage. Il a tardé par exemple à engager le déclassement des Esserts à Veyrier.»

A la même époque, il a laissé pourrir la polémique sur les salaires des dirigeants aux SIG. Sa nonchalance a offert un superbe tremplin au député MCG Eric Stauffer.

Décevant sur la gestion des grands projets, Robert Cramer a été meilleur en prenant de la hauteur. En quatre ans, il a dynamisé la politique régionale, insistant sur la nécessité de mieux équilibrer emploi et logement de part et d’autre de la frontière. Son projet d’agglomération donnera le cadre du développement de Genève ces prochaines décennies. Cette vision souffre toutefois d’un déficit démocratique. Si la société civile a été consultée, selon une forme novatrice, le Grand Conseil a été mis à l’écart. Relevons que, dans la foulée, il a réussi à obtenir près d’un milliard de francs de Berne pour financer les lignes de tram et le CEVA.

La nouvelle loi sur l’énergie qui va favoriser l’isolation des bâtiments est encore à mettre à son crédit, mais il a sous-estimé la résistance des locataires, qui pourraient couler la loi en votation.

Christian Bernet


Trop réservé et atypique, Laurent Moutinot a mal vendu sa politique [LAQUELLE?]

Le socialiste lance un feu d’artifice de projets avant son retrait du Conseil d’Etat.

L’actuel patron des Institutions est un drôle d’animal politique. Alors que nombre de ses pairs réagissent au quart de tour au moindre frémissement médiatique, lui préfère se taire. Même quand il est attaqué frontalement, il refuse de plier devant la dictature de l’actualité. Respectable en soi, son éthique de la communication lui aura joué de bien mauvais tours en termes de popularité.

Quand, en décembre 2005, le socialiste récupère ce qui fut le Département de justice et police (après huit ans aux Travaux publics), il sait que le défi est de taille. Les deux magistrats qui l’ont précédé à ce poste ont été congédiés par le peuple. La police, dont le chef vient d’annoncer qu’il remettait son mandat, n’en fait qu’à sa tête et multiplie les bras de fer avec le pouvoir politique.

Genève attend de lui des réformes et une reprise en main. Mais il lui faut trouver au préalable un nouveau chef des forces de l’ordre. Il faudra six mois pour dénicher la perle rare: Monica Bonfanti. Outre que la dame a été assez rapidement malmenée par certains syndicalistes, la préparation de l’Euro 2008 a également repoussé l’avancée des projets.

Prison, police, justice

Ce n’est donc que cette année que les dossiers sont arrivés à maturité et ont pu être présentés. Et ils ne touchent pas que la police. C’est en réalité un véritable feu d’artifice qui est tiré en cette fin de législature.

Dès février, le conseiller d’Etat avait annoncé que úGenève devait construire une nouvelle prison. En septembre, un programme plus complet est déposé, quelques jours après la présentation d’une vaste réforme de la police (horaires, rémunération, organisation). Ce train-là est donc lancé, et bien lancé.

Parallèlement, une transformation fondamentale de l’organisation et des organes de la justice a été menée pour l’adapter au nouveau droit fédéral. Moins connu du grand public – à l’exception de l’épisode de la suppression du jury populaire – cet énorme chantier a été mené par son département et la Commission Justice 2011 du Grand Conseil. Pas si mal pour quelqu’un qui est accusé de se tourner les pouces.

Eric Budry


Mark Muller: la désillusion après un début de mandat en fanfare

Le patron du DCTI n’a pas vraiment convaincu.

Le libéral Mark Muller termine son premier mandat sans pouvoir présenter de bilan très fourni. Une déception après un départ réussi en 2005.

Propulsé à la tête d’un département créé de toutes pièces et a priori sans grande influence, le libéral a su se créer un espace politique en négociant avec les partenaires sociaux un accord prometteur sur le logement, lançant les fameux Logements d’utilité publique (LUP). Il a par la suite réussi à faire entrer l’Asloca dans le jeu. Peu après, il participait aussi à l’aboutissement du projet radical de surélévation des immeubles. Il a encore réussi sa dernière fusée lors de l’Euro 2008, qu’il était chargé d’organiser: la manifestation s’est bien déroulée.

Mais aujourd’hui, les résultats concrets se font attendre. Le nombre de logements construits reste toujours à un niveau extrêmement bas. Il est vrai que son département n’intervient qu’au bout du processus (il n’a pas la main sur l’aménagement) et que les procédures sont longues. Bon point pour le libéral: les requêtes en autorisation sont en forte hausse. Fidèle à ses idées, il développe fortement la propriété par étages.

Le nouveau système des LUP implique d’énormes changements. Il faut convaincre les communes de construire, insuffler un esprit de promoteur dans l’administration et lancer une politique active d’acquisition de terrains. «La méthode de concertation est bonne, mais il pèche par sa mise en œuvre, estime Carole-Anne Kast, du Rassemblement pour une politique du logement. Il est tiraillé entre sa volonté d’avancer et son credo libéral de moins d’Etat.» Enfin, la simplification des procédures de construction tant de fois promise ne saute pas aux yeux des observateurs.

A l’évidence, Mark Muller ne s’est pas assez attardé sur les questions de management. Sur deux points, l’échec est patent. Après avoir participé à son lancement en 2005 et après en avoir été désigné comme responsable en 2006, le projet Praille-Acacias-Vernets (PAV) semble aujourd’hui dans l’impasse. Deux responsables de la direction de projet ont démissionné. Le libéral a bloqué toute communication, transformant le PAV en une boîte noire faisant l’objet de tous les fantasmes. Résultat: alors que le projet était bien accueilli il y a encore trois ans, il suscite aujourd’hui beaucoup de méfiance.

Autre bémol, la Cour des comptes a récemment dressé un tableau accablant du fonctionnement du service chargé de l’informatique de l’Etat, un domaine placé sous la responsabilité de Mark Muller.

Christian Bernet et Marc Bretton


François Longchamp a mis social et chômage au pas en un temps record

Le radical a débuté sur un coup de maître avec la loi sur le chômage. Mais le dossier des EMS lui résiste encore.

L’hyperactivité politique de François Longchamp a de quoi donner le tournis. En quatre ans, le radical peut se targuer d’un bilan que beaucoup seraient bien en peine de présenter en trois législatures. Nouvelle loi sur le chômage, réforme de l’aide sociale, regroupement des institutions actives dans le domaine du handicap, la liste est longue.

Avec la loi sur le chômage, le politicien a réussi en décembre 2007 ce qui paraissait impossible: convaincre le peuple d’abandonner les emplois temporaires, ce système qui permettait de relancer une seconde fois les indemnités chômage. Pour ce faire, et mettre au tapis la gauche (sauf les Verts) et les syndicats, le conseiller d’Etat a présenté un projet ample qui a paru crédible à la population.

Cette méthode volontariste, et qui ne laisse rien au hasard, François Longchamp l’a mise en application pour faire évoluer l’aide sociale, et l’Hospice général qui la dispense. Le radical se fixe les mêmes objectifs dans tout ce qu’il entreprend: rationaliser, resserrer les boulons récompenser l’effort. Et par-dessus tout plane une volonté de gestion parcimonieuse des deniers de l’Etat.

Des combats délicats

Ce qui l’amène à mener des combats politiquement délicats. Ce fut le cas de la bagarre avec la Ville de Genève pour supprimer les prestations complémentaires que la commune verse aux personnes âgées disposant de petits revenus. Autre réforme qui a fait grincer des dents: la limitation dans le temps de l’aide aux femmes divorcées dont les maris ne versent pas la pension alimentaire.

Un temps déboussolée par l’activisme du magistrat, la gauche a peiné à le contrer. Depuis, elle s’est réveillée. Désormais, les socialistes et la gauche extrême critiquent son action en affirmant qu’elle a surtout pour conséquence de sortir de la statistique de nombreuses personnes en difficulté.

Le secteur qui, aujourd’hui, lui donne le plus de fil à retordre est celui des EMS. Après avoir bloqué leur subvention durant quatre ans, après avoir pratiquement ignoré une initiative acceptée par le peuple qui demandait d’augmenter l’aide de l’Etat, François Longchamp est en passe de faire voter un nouveau cadrage législatif. Mais le secteur se cabre et affirme être au bout du rouleau.

Ce dossier-là n’est donc pas encore bouclé; et c’est le premier vrai écueil rencontré par le conseiller d’Etat. De quoi vérifier dans quelque temps si la méthode Longchamp a trouvé ses limites.

Eric Budry


D’une crise à l’autre, le parcours mouvementé de l’écologiste David Hiler

Le Vert a fait son trou aux Finances.

David Hiler est verni. Entré aux Finances sous la pluie, l’écologiste aura été gâté par la météo économique. Est-ce pour cela? Même l’orage qui s’est abattu sur l’économie mondiale depuis fin 2008 ne semble pas l’abattre.

Au départ, le pari du redressement des finances semblait pourtant bien délicat. Prudemment, le Conseil d’Etat annonce le retour à l’équilibre budgétaire pour… 2009 et estime son premier déficit pour 2006 à 300 millions.

Raté, ce sera 200 millions d’excédent… «Tous les six mois les chiffres ont été meilleurs que prévu», reconnaît David Hiler. Jusqu’à la crise évidemment. Ne riez pas! Les prévisions, ce n’est pas si simple.

Avec 165 projets de loi déposés entre le début de la législature et le mois de juin, le Département des finances s’est passablement activé durant la législature. Mais le rôle du deuxième conseiller d’Etat Vert de l’histoire genevoise aura principalement úconsisté à comprimer la progression des dépenses en dessous de l’évolution des revenus. Début 2006, David Hiler compte sur une hausse moyenne des revenus de l’Etat de 2,5% par an pendant quatre ans.

Cela a été presque le double, 4,7% par exemple entre 2007 et 2008. Du coup, le ministre des Finances a pu relâcher la pression sur les dépenses. Alors qu’il devait limiter la hausse des charges à 1% par an pendant deux ans, il a pu passer à 2% pour les budgets 2008 et 2009. Une hausse raisonnable par rapport à celles auxquelles Genève était habitué à la moindre croissance…

Grâce à des transferts de dettes aux TPG, SIG et à l’aéroport (660 millions) et des transferts de dépenses sur les communes (60 millions), ces résultats ont permis à l’Etat d’augmenter les investissements tout en diminuant sa propre dette de 13,2 milliards en 2006 à un poil plus de 10 cette année. Les effectifs de la fonction publique sont restés stables. On comptait 13 662 fonctionnaires dans les départements en 2005 et 13 607 en 2009. Une stabilité qui dissimule pourtant des mouvements internes et d’importantes réallocations d’un département à l’autre. Parmi les travaux menés par David Hiler, quelques-uns méritent une mention particulière. Le premier porte sur les plans d’économie à l’Etat. Annoncés à son de trompe en 2006, ils visaient à économiser 100 millions en appliquant toute une série de mesures. Au final, l’effort atteint 194 millions. Le deuxième est l’accord passé avec la fonction publique. Le statut du personnel a été modernisé par l’introduction d’un 13e salaire, la suppression de la prime de fidélité, les licenciements rendus un peu plus aisés.

Marc Bretton


Charles Beer, le socialiste qui a enterré les réformes scolaires de gauche

Le retour des sections et des notes a marqué la législature.

Six ans après son intronisation, le socialiste Charles Beer en a fini avec l’héritage de la libérale Martine Brunschwig Graf. La rénovation se meurt, les notes sont de retour au primaire, comme les sections au Cycle.

Tel est le paradoxe de son bilan. «Je ne suis pas sûre que Martine Brunschwig Graf ait mené une politique libérale en son temps, et Charles Beer a plutôt effectué un recentrage vers la droite», analyse la députée Verte Catherine Baud, qui félicite: «Il a ramené la paix scolaire.» Même son plus farouche contradicteur, l’Association refaire l’école (ARLE), lui úconcède un bilan «honorable et présentable», dixit son président Marc Fischer. Mais le magistrat reste malgré tout mal-aimé.

«Il ne pouvait pas satisfaire une majorité du corps enseignant très à gauche en appliquant impeccablement ce que réclamait l’initiative sur les notes. Et il est impopulaire à droite parce qu’il est de gauche. C’est aussi simple que ça», explique Marc Fischer. En effet, le patron du syndicat du primaire, Olivier Baud, affirme que «les idées que défendait Martine Brunschwig Graf nous convenaient mieux que ce qu’en a fait Charles Beer.»

En réalité, il y a un avant et un après-septembre 2006. Cet automne-là, le socialiste qui luttait de toutes ses forces contre le retour des notes se fait laminer en votation populaire. On ne l’y reprendra plus.

«Il a compris qu’il fallait changer de direction. C’est un politique très habile», dit Marc Fischer. «Il a adopté une attitude pragmatique», poursuit Catherine Baud. «Il ne défend plus d’idées personnelles», úinterprète, lui, Olivier Baud.

Reste que depuis cet échec, Charles Beer a changé – il ne rechigne plus à employer le terme exigence – et empile les succès. Il fait passer la nouvelle loi sur l’Université, qui lui offre une autonomie accrue. Il gagne la votation sur le Cycle. Et il met en œuvre des projets plus personnels: la revalorisation salariale des instituteurs, l’instauration des directeurs et des conseils d’établissement, la création du réseau d’éducation prioritaire… «En donnant raison à la population et en cadrant l’école, il est parvenu à la faire évoluer», loue la députée libérale Janine Hagmann.

S’il était réélu, il lui resterait trois gros chantiers à mener: la création d’une direction générale de l’enseignement réunissant primaire et Cycle – «Il en parle depuis des années mais ne le fait pas», tance Janine Hagmann; la refonte de la formation des enseignants, dont le modèle est en passe d’être accepté par les députés; et le retour de l’école le mercredi matin, un thème qu’il a saisi à bras-le-corps.

Jérôme Faas


Pierre-François Unger, un «suiveur» à qui l’on reconnaît des mérites

La maîtrise des coûts de la santé ne fait pas oublier une certaine nonchalance.

«S’il travaillait, ça se saurait», rigole un député au sujet de Pierre-François Unger. La réputation d’oisif colle au magistrat PDC, meilleur élu en 2005. Mais nombreux sont ceux qui volent à son secours, soulignant son combat pour endiguer les coûts de la santé et exiger plus de transparence dans ce domaine: «Une défense des Genevois», selon la libérale Nathalie Fontanet, «une action sur le long terme, sans esbroufe», pour l’UDC Gilbert Catelain. Cette croisade a repris cet été, mais les récriminations genevoises sur le niveau des réserves des caisses maladie n’ont pas été entendues: les primes augmenteront de 4,1% en 2010. On loue les efforts du ministre pour réduire les temps d’attente à l’hôpital, ou la résurrection du dossier médical électronique, lancé par Guy-Olivier Segond. Mais, pour les socialistes, les plans d’économie aux HUG engendrent une baisse des moyens que l’on finira par payer.

Seule Laurence Fehlmann Rielle (PS) voit un atout dans le couplage économie-santé du dicastère d’Unger: «La vente d’alcool aux mineurs est mieux úcontrôlée.» Mais pour d’autres, le transfert de l’épineux dossier des EMS du département d’Unger à celui de Longchamp illustre l’insolite découpage de leurs tâches, qui appelle une remise en question. D’aucuns jugent que le radical s’est attelé aux réformes, laissant au démocrate-chrétien le ronron des affaires courantes. S’est-il laissé faire car il songeait à briguer un siège au Conseil des Etats en 2007? Reste que Unger n’a pas échappé à un point chaud, avec le feuilleton de la fumée, qui a donné un pataquès juridique, encore en cours. Un symptôme de sa «fumisterie passive», selon ceux qui lui reprochent d’avoir tardé à élaborer la loi d’application l’an dernier. «Un petit accroc à gros écho», plaide en revanche Nathalie úFontanet.

Si ce centriste a joué un rôle pivot à l’Exécutif en début de législature, la suite semble montrer une difficulté à agir. Il úconçoit l’Etat comme un médiateur qui pacifie les bagarres plutôt que de prendre l’initiative. Mais, au final, les commissions qui contrôlent son département sont submergées de missiles externes, comme le projet d’extension des horaires des commerces. Les projets émanant du gouvernement y sont rares. Au juste, où en est la refonte de la loi sur les taxis? «C’est un suiveur, pas un leader», persifle un libéral.

Enfin, quand on souligne les succès de la promotion économique, le compliment peut se faire assassin: «Il a bien fait travailler ses services.» Et de rappeler que le haut fait de ces dernières années en la matière — l’implantation de hedge funds — est davantage l’œuvre du ministre Vert des Finances, David Hiler.

Marc Moulin


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*Par verli le 19.10.2009 - 07:19
C'est qui le type tout à droite de la photo???

* Par Clouzot le 19.10.2009 - 06:58

Le CE à fait son boulot... On croit rêver.
Les chantiers restent ouverts...
Sur l'essentiel RIEN n'a été fait. Chômage, logement, complaisance absolue de nos autorités face à l'inertie de la France voisine incapable de construire des parkings et de mettre des bus à disposition de ceux qui viennent saturés le canton chaque jours.
Mais selon la TDG le CE à fait son boulôt...
Ce canard est vraiment une honte. Une insulte au journalisme.

* Par legend7 le 19.10.2009 - 01:14

Cramer et son CEVA, Longchamp qui rend la vie encore + pénible aux chomeurs, Moutinot l'absent, Beer+Cramer les pro-frontaliers, Unger qui a des bonnes idées mais qui agit pas, etc..etc.. beaucoup de dégats, le CE est devenu désuet et cher aux yeux du peuple, bcp de promesses, peu d'actes..

* Par godzila le 19.10.2009 - 00:51

une revue d'effectif à la limite du publi reportage. A part Hiler qui tire plus ou moins son épingle du jeu, même s'il a bénéficié (comme Calmy Rey en son temps) d'une conjoncture très favorable et d'une n éme modification des règles comptables qui rendent toujours aussi impossible une lecture correcte des chiffre de l'Etat, et Longchamp qui a le mérite de se bouger, pour le reste on n'arrive pas à la moyenne.
Moutinot n'a réussi qu'à pourrir - la toujours délicate - relation avec la police, Bear n'a quasi aucune emprise sur le mammouth qui s'auto gère tant bien que plutôt mal, Unger pousse des coups de gueule mais a bien peu de résultats concrets à montrer (à part peut être des stats +/- fiables sur les coûts de la santé à Gve) et a complètement laissé à la dérive certains de ses dicastères (l'état du service des patentes p.ex. est un réel scandale). Cramer n'est plus à Genève depuis longtemps. Quand à Muller est-ce que qqn sait ce qu'il fait de ses journées ?!
Maintenant est-ce qu'un Stauffer ou un Poggia pourraient faire vraiment mieux ? Bonne question !

* Par Deanxit le 19.10.2009 - 00:32

Un beau troupeau, un pour tous. tous pourris

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