Un capitalisme qui mène droit dans le mur, mais pas un mot sur le communisme qui mène droit au goulag
Cette appellation de communistes, M.Tettamanti l'admet, est un «pari insensé: nous voulions partir avec un handicap maximal afin de tout reconstruire». Mais contre un capitalisme qui mène droit dans le mur, le communisme reste la seule voie possible écologiquement ou socialement, estiment ses rédempteurs. «Qu'on le veuille ou non, c'est un idéal qui a existé avant l'URSS et existera après, poursuit M.Tettamanti. Nous n'avons donc pas à en rougir. Les libéraux ont eux aussi du sang sur les mains.»
Lequel? «Pari insensé» Cette organisation admet que les communistes ont du sang sur les mains. Mais, ils oublient l'origine sociale des victimes du communisme qui étaient, dans leur grande majorité, des petites gens (ouvriers, paysans, petits artisans
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Le Courrier DIDIER ESTOPPEY Paru le Vendredi 02 Septembre 2005
ELECTIONS - Les communistes présentent 15 candidats convaincus que la démocratie peut finir par faire triompher la révolution.
Ils promettent le «casse du siècle». Tout en admettant y mettre une part d'autodérision. Les communistes et leurs 15 candidats au Grand Conseil (dont seulement deux femmes, ce qu'ils regrettent) n'avaient obtenu que 0,69% des suffrages lors de leur première tentative électorale, lors des fédérales de 2003. Et savent hors d'atteinte la barre des 7% permettant de siéger au Grand Conseil.
Nés il y a trois ans d'une scission du Parti du travail la xénophobie rampante de ce dernier, qui l'amène aujourd'hui à appeler à voter «non» le 25 septembre, n'y est pas étrangère, explique un militant, les communistes revendiquent aujourd'hui une quarantaine de membres actifs, plus une quarantaine de sympathisants. Pas encore vraiment de quoi mener la révolution.
Cet ordre nouveau par la seule voie de la démocratie, rassurent-ils, les communistes, dont deux militants rentrent tout juste du Venezuela, y croient pourtant. «Les partis sociaux-démocrates ont mis trente à quarante ans pour liquider les communistes, explique leur tête de liste Laurent Tettamanti. Il nous faudra nous aussi du temps pour reprendre le dessus.»
Sans compromis aucun avec les sociaux-démocrates, cette «gauche caviar» dans laquelle les communistes classent l'ensemble de la gauche genevoise, «à l'exception peut-être de Solidarités». Un parti avec lequel ils ont pourtant refusé tout apparentement électoral. «Sinon, nous n'aurions plus aucune raison d'être, explique M.Tettamanti. On nous accuse de diviser la gauche, mais nous sommes convaincus que nous lui offrons une extension, en lui permettant d'élargir son électorat.»
Cette appellation de communistes, M.Tettamanti l'admet, est un «pari insensé: nous voulions partir avec un handicap maximal afin de tout reconstruire». Mais contre un capitalisme qui mène droit dans le mur, le communisme reste la seule voie possible écologiquement ou socialement, estiment ses rédempteurs. «Qu'on le veuille ou non, c'est un idéal qui a existé avant l'URSS et existera après, poursuit M.Tettamanti. Nous n'avons donc pas à en rougir. Les libéraux ont eux aussi du sang sur les mains.»
Mais comment le communisme pourrait-il se décliner à Genève? Ses adeptes, qui proposent de «socialiser les entreprises importantes», admettent ne pas avoir de programme macro-économique plus précis, s'agissant d'une élection cantonale. En matière de logement, les communistes proposent d'accélérer les procédures permettant de remettre à disposition les logements vides et, à plus long terme, une «socialisation générale» du logement, qui doit sortir du marché. Autre proposition: rendre l'école obligatoire jusqu'à 18 ans pour pallier le manque de formation des jeunes.
Les transports publics, avec l'initiative que viennent de faire aboutir les communistes sur la gratuité des Transports publics genevois (TPG), devraient bien sûr occuper largement leur campagne. Annonçant pour l'an prochain une nouvelle initiative sur des jours fériés supplémentaires, ils se félicitent de voir que leurs idées font leur chemin. Un tiers des 180 candidats au Grand Conseil s'exprimant sur le site smartvote.ch, dont plusieurs bourgeois, se prononcent ainsi désormais pour des TPG gratuits.
Les communistes peuvent ainsi d'ores et déjà se targuer d'avoir aiguillonné la gauche. Mais Laurent Tettamanti prévient: «Nous ne nous contenterons pas longtemps de ce rôle!»