Le communisme suisse n'est pas mort

Hélas, cette imposture continue à tromper le peuple? Quant au PST, il dissimule son projet marxiste sous la duplicité de tous parti communiste qui s'indigne des manques démocratiques de la "Suisse bourgeoise" tout en soutenant les pires dictatures comme Cuba ou la Corée du Nord!

Lénine à l’époque où il était membre du Parti socialiste zurichois


Le communisme suisse n'est pas mort

15 octobre 2004 - 12:20

http://www.swissinfo.org/fre/swissinfo.html?siteSect=105&sid=5276155
 
Sur le même sujet
Lénine et la révolution jamais née
PdT / POP (Parti du travail / Parti ouvrier populaire)
Les jeunes face à la tentation extrémiste

Le Parti suisse du Travail (PST) commémore ce week-end à Berne son 60e anniversaire.
Fruit de son siècle et victime d’une forte érosion de ses adhérents, ce parti des milieux populaires de gauche recrute aujourd’hui parmi les altermondialistes et les femmes.
 
Créé à Zurich en 1944, le PST est né de l'interdiction décidée par le gouvernement fédéral de différentes formations politiques jugées dangereuses parce que trop à gauche, rappelle Alain Bringolf, président du PST.

Berne obtient pour ce faire la caution du Parti socialiste suisse, aux relations traditionnellement orageuses avec les communistes.

Au début des années 50, ces derniers incarnent pour de nombreuses personnes l'espoir de voir émerger une société nouvelle. A cette époque, le PST recense 20’000 adhérents.
 
Du succès à la glaciation
 
«De 1944 à 1946, ce véritable mouvement social a eu un succès inouï en Suisse, que ce soit sur le plan fédéral, cantonal ou communal», relève Kurt Imhof, sociologue de l’Université de Zurich. «Ensuite, ajoute le professeur, ce parti s’est figé dans l’ère glacière de la guerre froide. Après l’invasion de la Hongrie (1956) et la chute du Mur de Berlin, il s’est stalinisé.»

La chute du communisme en Europe a accéléré l’érosion de ce vieux parti ouvrier. Le nombre de ses adhérents n’a cessé de diminuer, pour atteindre aujourd'hui un peu plus de 1000 membres (il en comptait encore 4000 il y a quelques années à peine).

Le PST compte aujourd'hui deux députés (conseillers nationaux) – les Vaudois Marianne Huguenin et Josef Zisyadis - et onze de ses membres siègent dans différents exécutifs communaux de Suisse romande et du Tessin.

Fruit de son siècle, la formation ouvrière - qui publie à l'occasion de son anniversaire une brochure intitulée «Sans passé, pas d'avenir» - avoue certaines erreurs.

Autrefois révolutionnaires, ses orientations se sont infléchies. «Nous savons désormais qu'il n'y aura pas de grand soir», admet son président.
 
Un parti d’opposition
 
Pour Josef Zisyadis, c’est d’abord un parti d’opposition qui refuse de participer à la concordance. «Notre objectif reste un changement de système politique et une amélioration de la justice sociale», explique-t-il à swissinfo.

Et à l’intérieur? «Ce parti recrutait traditionnellement dans les milieux populaires, surtout romands, avec une forte tradition genevoise. Aujourd’hui, il recrute chez des jeunes altermondialistes qui luttent contre la globalisation», ajoute le député.

Si bien que la moyenne d’âge des membres est redescendue autour des 45 ans et la moitié en tout cas sont des femmes.

Le PST revendique un certain nombre de contributions décisives dans les domaines du droit de vote des femmes, de l'AVS, du droit aux vacances et des assurances sociales. «Dans ces dossiers, se réjouit son président, nos revendications ont toujours été partiellement reprises.»

«La prise de pouvoir ne suffit plus, relève Alain Bringolf. Notre force, en tant que parti critique, consiste à réfléchir aux solutions qu'il faut apporter aux problèmes du moment.»
Dénué de son profil d'avant-garde, le parti se veut inclusif, persuadé que les avancées ne peuvent se faire qu'avec le soutien des formations aux sensibilités proches. Selon son président, le PST a «plus que jamais sa raison d'être» et les perspectives d'avenir ne manquent pas.
 
Une image collante
 
«Le capitalisme continue de faire des ravages et il faut y faire face en incluant la composante environnementale», relève encore Alain Bringolf. Et de préciser: «Karl Marx disait d'ailleurs déjà que la production capitaliste ne se développait «qu'en épuisant les deux sources d'où jaillit toute richesse. la terre et le travailleur».

Fausto Beretta-Piccoli regrette toutefois que l’étiquette de «communiste» et donc de «soviétique» colle toujours à son parti. «La mémoire collective nous relie encore et toujours à Pol Pot et Staline…», confie à swissinfo le député au Grand Conseil tessinois.

«C’est une sorte de machine à remonter le temps, conclut Kurt Imhof, qui a mis sa vision du monde au frigo pour la ressortir et alimenter un mouvement social donné en temps de crise.» Selon le sociologue, ce parti peut redevenir un mouvement social. Mais cela dépend de l’évolution politique de la Suisse, et surtout de l’attitude du Parti socialiste. Si ce dernier devient trop centriste, le PST pourrait en profiter pour se reprofiler.

swissinfo et les agences

 
CONTEXTE
 
- Le nombre d’adhérent du PST a culminé à 20’000 dans les années cinquante.
- Il s’est ensuite érodé pour atteindre aujourd'hui un peu plus de 1000 membres.
- Le PST compte encore deux députés au Parlement fédéral, les Vaudois Marianne Huguenin et Josef Zisyadis.
- Onze de ses membres siègent dans des exécutifs communaux romands et tessinois.
 
FAITS MARQUANTS

Le Parti suisse du Travail (PST) a été créé en 1944 à Zurich.

Ce week-end, il célèbre ses 60 ans à Berne.

Les festivités incluent notamment une exposition d'affiches politiques, une rencontre avec des membres fondateurs du parti et un débat.
 
LIENS
Parti suisse du travail
Gauchebdo, hebdomadaire du PST
Le nouveau «Que faire?» des communistes (document PDF)

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Copyright swissinfo SRI
29 septembre 2004 - 15:39
Lénine et la révolution jamais née

Lénine à l’époque où il était membre du Parti socialiste zurichois (photo: Internet). 

C’est en Suisse que Vladimir Ilitch Oulianov, mieux connu sous le nom de Lénine, a préparé la révolution russe et son entrée dans l’histoire du 20e siècle. Mais le révolutionnaire n’aura pas connu le succès dans sa terre d’asile. C’est en vain qu’il tentera de convaincre ses «camarades» suisses de la nécessité d’une insurrection prolétarienne.
 
«Je ne suis pas un déserteur ni un réfractaire, mais un exilé politique», déclare Lénine aux autorités lors de son arrivée en Suisse en 1914. Il peut trouver refuge dans le pays sans difficultés particulières. Accompagné de sa femme Nadia Krupskaia, Lénine s’installe d’abord dans la ville tranquille et bourgeoise de Berne.

Chef du parti bolchevique, à cette époque minoritaire parmi les révolutionnaires russes, il tente d’établir des contacts avec les politiciens de la gauche helvétique. Mais ceux-ci préfèrent l’éviter.

Par exemple, relève l’historien Willi Gautschi, les parlementaires fédéraux Naine et Graber ne trouvent pas le temps de rencontrer ses émissaires. Leurs motifs? Ils sont trop occupés à pêcher ou à faire la lessive…
 
La «gauche de Zimmerwald»
 
Les idées radicales de l’agitateur russe ne trouvent pas non plus un terrain fertile dans les deux conférences secrètes – Zimmerwald (1915) et Kiental (1916) – auxquelles participent des dissidents de la gauche européenne opposés aux choix des partis officiels.

En 1914, les différents partis socialistes européens avaient en effet décidé de soutenir l’effort de guerre demandé par leurs gouvernements respectifs. Les conférences de Zimmerwald et de Kiental se concluent en revanche par un appel à la paix et au réveil de l’unité prolétarienne.

Lénine, qui participe à ces deux conférences, aurait souhaité autre chose: tirer profit de la «guerre impérialiste» en cours pour concrétiser une «révolte armée contre le capitalisme».

Mais la ligne dure qu’il défend reste minoritaire. Lénine l’idéaliste doit compter surtout avec le pragmatique et influent socialiste bernois Robert Grimm. Plus tard, déçu par les «socio-pacifistes suisses», Lénine le qualifiera de canaille insolente.

Le numéro 14 de la rue Spiegelgasse à Zurich.   (swissinfo)
 
Entre saucisses et révolutions
 
En février 1916, il obtient de pouvoir s’installer à Zurich pour pouvoir travailler à quelques livres dans le local de la bibliothèque centrale. C’est là qu’il termine, notamment, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme.

Pour 24 francs pas mois, il sous-loue deux chambres à la Spiegelgasse 14, dans un quartier animé de la vielle-ville zurichoise. Ironie de l’histoire, c’est au numéro 1 de cette même rue que naît à la même époque le mouvement dadaïste, dans le mythique Cabaret Voltaire.

Cette rue étroite et pavée accueille donc, côte à côte, les germes de deux révolutions, l’une politique et l’autre artistique.

«Zurich nous plaît tellement, écrit Lénine à sa mère. Le lac est magnifique.» Le révolutionnaire se promène souvent sur les rives en compagnie de sa femme.

Le cadre de la Spiegelgasse n’est en revanche pas aussi idyllique. «Il y a dans la cour une horrible odeur qui provient d’une fabrique de saucisses, écrira Nadia dans ses mémoires. Nous ne pouvons ouvrir les fenêtres que durant la nuit.»

La gauche me fuit, que ce soit à Berne ou à Zurich. 
Lénine
 
Le départ pour Zurich
 
Mais le vrai motif du déménagement à Zurich est politique. Lénine rêve d’une révolution armée, également possible en Suisse.
Lénine continue de tenter de créer autour de lui un groupe de fidèles capables de défendre sa pensée. Il se montre toutefois prudent et cherche à éviter de se faire trop remarquer par les autorités qui pourraient l’expulser du pays.

Les socialistes zurichois, parmi lesquels Fritz Platten et Willi Münzenberg, sont plus radicaux et plus décidés que leurs collègues bernois. Et donc, espère Lénine, plus réceptifs à ses idées.

Le futur père de la révolution russe devient donc membre du Parti socialiste zurichois et participe assidûment à ses réunions. «Il arrivait tôt et s’asseyait toujours au premier rang, écrira le socialiste Beat Nobs en 1954. Il faisait partie des auditeurs les plus attentifs, mais n’a jamais pris la parole.»

Dans l’ombre, Lénine continue cependant à faire du prosélytisme. «Il était content comme un enfant quand on lui disait qu’il avait réussi à convaincre sept jeunes prolétaires à entrer dans son organisation», écrit son compagnon Georg Zinoviev.

Mais rien n’y fait et, en 1917, Lénine donne de premiers signes de résignation. «La gauche me fuit, que ce soit à Berne ou à Zurich», souligne-t-il dans quelques lettres.
 
Retour triomphal en Russie
 
Mais bientôt, l’intérêt de Lénine pour les «petits» événements suisses disparaît. En mars 1917, il apprend en effet qu’une nouvelle révolution a éclaté en Russie.

Avec l’aide de leaders de la gauche suisse, il obtient la permission de traverser l’Allemagne en train pour rentrer à Saint-Pétersbourg (la future Leningrad!). Il quitte définitivement la Suisse le 9 avril 1917.

La suite, on la connaît. Six mois plus tard, c’est le triomphe de la Révolution d’octobre et l’entrée de Lénine dans l’histoire mondiale.

De nombreux historiens estiment que si les thèses léninistes qui ont séduit la Russie avaient pris racine également en Suisse, la grève générale de 1918 se serait transformée en une prise armée du pouvoir par le prolétariat helvétique.

Et aujourd’hui, on parlerait aussi d’une Révolution de novembre suisse. Mais ce n’est que de la science-fiction…

swissinfo, Marzio Pescia (traduction: Olivier Pauchard)
 
FAITS MARQUANTS
Lénine a passé au total 6 ans et demi en Suisse.
A Genève (1903-1905 et 1908), à Berne (1914-1915) et à Zurich (1916-1917).
Il a définitivement quitté le territoire de la Confédération le 9 avril 1917.
Gravement malade du cœur, il meurt en Russie le 21 janvier 1924 à l’âge de 54 ans.

 
LIENS
Lénine en Suisse PROPAGANDE
Les écrits de Lénine en français
Parti socialiste du canton de Zurich (en allemand)

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