Hervé RYSSEN publie un texte documenté sur la Ligue marxiste révolutionnaire révélant le but secret, le messianisme trotskiste, un avatar du messianisme juif

De trop nombreux «idiots utiles» tombent sous la coupe de secte politique indignés par les limites de la démocratie parlementaire et les excès du capitaliste qui provoquerait l'exploitation, tous ces motifs pour militer dans des organisations pas du tout démocratiques et célébrer des états où la vie des ouvriers ne valait rien, et celle des autres encore moins. Le comble de l'imbécillité qui permet à des parasites sociaux de régner sur des troupeaux de moutons, corvéables à merci, et s'activant pour créer des régimes où le peuple vit dans la misère et dans la terreur.

Cette infection qui est permise par l'idéologie marxiste continue de piéger trop d'«idiots utiles» doit donc encore être combattue!

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Hervé RYSSEN publie un texte documenté sur la Ligue marxiste révolutionnaire révélant le but secret, le messianisme trotskiste, un avatar du messianisme juif: une tromperie pour piéger des «idiots utiles» et en faire des esclaves de cliques de psychopathes!


LE MESSIANISME TROTSKISTE

Pour les trotskistes, l’épisode soviétique, si malheureux qu’il fût, n’invalide en aucun cas le bien-fondé de la doctrine marxiste et l’enseignement de Lénine. L’URSS n’était pas un Etat communiste : tout juste un " Etat bureaucratique dégénéré ". Les excès qui ont pu être commis sont à mettre sur le compte de Staline, qui est le principal responsable de l’échec de la "patrie du prolétariat". En décrétant la construction du " socialisme dans un seul pays " à la mort de Lénine en 1924, sa politique ne pouvait aboutir qu’à un échec, tandis que sur le plan économique, la NEP était un cadeau que Staline et Boukharine faisaient aux paysans riches, aux trafiquants, aux commerçants. Les trotskistes combattent cette tendance droitière, et proposent une alternative qui tient en trois mots : industrialisation, collectivisation et planification. La solution, pour eux, ne saurait être une pause dans le processus révolutionnaire, mais bien au contraire, son accélération. Il s’agit d’aller vers la militarisation totale du pays, programme que Staline appliquera à la lettre quelques années plus tard. L’opposition de gauche au stalinisme, c’est finalement la conviction qu’avec eux aux commandes, la révolution eût été plus radicale, mais surtout plus propre, et aurait pu s’étendre à la Terre tout entière.

Lev Davidovitch Bronstein, dit Trotski, est né en 1879 dans une famille de " paysans " juifs riches : son père a fait fortune dans le commerce des grains ; il possède cent hectares de terres et en loue trois cents. Il n’est pas religieux et ignore le yiddish, mais son fils, le jeune Lev (Léon) fréquentera tout de même une école hébraïque. Après la révolution avortée de 1905 en Russie, Léon Trotski rejoint Vienne, où il va fonder le journal La Pravda et va mettre en forme la théorie de la " révolution permanente " dans laquelle il prévoit l’extension de la révolution à toute l’Europe, puis à toute la planète. Il deviendra après 1917 le chef de l’Armée rouge. Après son expulsion d’URSS en 1929, il prend soin, dès ses premiers mois d’exil, de rédiger ses mémoires, qui deviendront un livre culte : Ma Vie. Marcel Bleibtreu, s’en souvient encore : "En 34, Ma Vie est éditée en version abrégée. Je suis fasciné. Pour le môme que j’étais, c’était une mine de réflexions politiques, historiques et militaires. Pour mon père, le nom de Trotski entrait dans une trilogie monumentale : Freud, Einstein, Trotski – les trois grandes gloires juives !" (1)

Effectivement, le phénomène trotskiste est très largement influencé par la présence en son sein de militants d’origine juive, et principalement de Juifs d’Europe centrale. Dans “Les Trotskistes”, Christophe Nick reprend, pour intituler un de ses chapitres, le titre du livre d’Alain Brossat et Sylvia Klinberg paru en 1983 : Le Yiddishland révolutionnaire. (2) Car l’arrivée en France, au début du siècle, d’une ample vague d’immigration juive en provenance d’Europe orientale va être déterminante pour le développement du mouvement. De fait, bon nombre des principaux cadres de ce courant sont des Juifs ashkénazes :
- Pierre Frank, le fondateur du Parti communiste internationaliste, est le père de la tendance du pablisme qui donna naissance à la Ligue Communiste révolutionnaire. "Il est né à Paris en 1905, de parents fraîchement débarqués de Vilna en Lituanie."
- Barta est le fondateur de L’union communiste internationaliste en 1947. Il est né en 1914 à Buhusi, en Roumanie, dans une famille de petits commerçants juifs. Son vrai nom est David Korner. Il est un militant de l’ombre : celui qui est à l’origine du courant qui deviendra Lutte ouvrière, n’a accordé qu’une seule interview dans sa vie : à un ancien militant de LO, pour une thèse universitaire.

Autre grande figure du trotskisme français : Pierre Lambert, le fondateur de la troisième grande organisation trotskiste française. Son vrai nom est Pierre Boussel. Il est né le 9 juin 1920 à Paris, de parents juifs russes fraîchement débarqués. Ses copains adhèrent à l’Achomer Hatzaïr, "la jeune garde", organisation des scouts sionistes de gauche.

Le chef historique de la Ligue communiste révolutionnaire, Alain Krivine, est issu d’une famille fuyant les pogromes de Russie et arrivée en France à la fin du XIXe siècle. Henri Weber, aujourd’hui sénateur socialiste, qui fut cofondateur de la Ligue communiste avec Alain Krivine, vient d’Europe centrale : "En 1938, à la veille de la guerre, ses parents, horlogers juifs, vivent à Cznanow, en Haute Silésie."

Maurice et Charly Najman, "les deux des principaux leaders trotskistes des étudiants et lycéens des années 1968-1978", ainsi que Robi Morder "autre leader lycéen des années 1970" viennent eux aussi d’Europe centrale, tout comme Michel Rodinson, le fils de Maxime, directeur de la publication de Lutte ouvrière. Le 8 octobre 1998, le journal L’Express révéla la véritable identité du mentor d’Arlette Laguiller, la pasionaria de Lutte ouvrière : le fameux et mystérieux Hardy s’appelle en réalité Robert Barcia ; il est né en 1928 à Paris, et a fait ses premières armes avec Barta.
"Ces exemples pourraient se multiplier à l’infini", dit Christophe Nick. " A la LCR, dans les années 70, l’humour résumait bien la situation : "Pourquoi ne parle-t-on pas yiddish au bureau politique de la Ligue communiste ? Parce que Bensaïd est séfarade !" (3) En effet, Daniel Bensaïd, originaire d’Afrique du Nord (sépharade), ne comprenait pas le yiddish des autres responsables trotskistes, qui eux étaient ashkénazes.

Un historien israélien, Yaïr Auron qui a publié à ce sujet un livre intitulé Les Juifs d’extrême gauche en mai 1968, confirme les propos de Christophe Nick : "Sur les douze membres du bureau politique de la Ligue à ses débuts, s’ajoutaient à Bensaïd dix autres Juifs originaires d’Europe de l’Est et un seul membre non juif. " D’aucuns parleraient de shabbat goy, c’est-à-dire du " goy de service ", chargé dans les familles juives de leur ouvrir la porte et d’appuyer sur les boutons durant shabbat. Yaïr Auron écrit encore : "Sur les "quatre grands" de mai 68, Daniel Cohn-Bendit, Alain Krivine, Alain Gesmar, Jacques Sauvageot, les trois premiers sont juifs." Une note précise : "Marc Kravetz a joué aussi un rôle important en mai 68. Il est également d’origine juive." C’est aussi ce que Daniel Cohn-Bendit reconnaît dans son autobiographie Le Grand Bazar : "Les Juifs représentaient une majorité non négligeable, si ce n’est la grande majorité des militants."

C’est bien évidemment au cours des événements de mai 68 que le trotskisme connut son heure de gloire. Le 19 mai se réunirent les dirigeants des trois plus importantes organisations trotskistes, pour décider de la formation d’un comité permanent de coordination et appeler à l’unification. Barcia, pour l’UCI rencontra à cette occasion "Pierre Frank et Michel Lequenne pour le PCI, Alain Krivine et Daniel Bensaïd pour la JCR. Ensemble, ils rédigent une proclamation solennelle", dit Christophe Nick. Avec Alain Geismar, le chef maoïste et Daniel Cohn-Bendit, qui représentait le courant anarchiste, on peut dire que la révolte de mai 1968 était en effet bien tenue en main.

Chez les maoïstes, la tendance est la même : la Gauche prolétarienne avait à sa tête Alain Geismar, aujourd’hui inspecteur général de l’Education nationale, et Benny Lévy (alias Pierre Victor), qui deviendra le secrétaire particulier de Jean-Paul Sartre avant de faire sa téchouvah et son alyah (sa montée en Israël). Ce dernier est devenu ensuite rabbin et professeur dans une yéshivah (école juive) de Jérusalem. De même, écrit Yaïr Auron, "à la tête de la direction de l’organisation étudiante du parti communiste français dans les années 70, se comptaient également de nombreux Juifs." On pense par exemple à Pierre Zarka, qui deviendra le directeur du journal L’Humanité. Il en est de même des activistes qui tomberont dans le gangstérisme pur et dur, tel Pierre Goldmann, auteur de quelques hold-ups. Son biographe autorisé a révélé que Goldmann, tout révolutionnaire qu’il était, était allé danser avec les membres du Betar après l’offensive israélienne en juin 1967, lors de la guerre des Six jours. Les témoignages de Marek Halter ou de Guy Konopnicki, comme nous l’avons déjà souligné, confirment aussi que les révolutionnaires internationalistes d’extrême-gauche ont toujours gardé intact, plus ou moins secrètement, leur amour de l’Etat d'Israël.

Chez les trotskistes, on retrouve finalement les mêmes dispositions militantes, acharnées et, pour tout dire, messianiques, que chez les intellectuels rangés que nous avons déjà étudiés. A la Ligue communiste révolutionnaire, dit Christophe Nick, le cinéaste Romain Goupil "est habité par la haine de ceux qui vivent dans l’obsession du ghetto de Varsovie. Une haine qui l’a poussé à risquer sa peau, encore dans les années 90, à Sarajevo, où, dans un petit film pour la télé, il fonçait au volant d’une voiture banalisée sur Sniper Allee, en cible volontaire pour les tireurs serbes, répétant mille fois dans le micro de son mégaphone "Sarajevo-Sarajevo-Sarajevo-Sarajevo…" en passant les vitesses." (4) Il y a ici, sous une forme un peu plus animale, une obsession comparable à celle de Bernard-Henri Lévy, lui aussi défenseur acharné de Sarajevo, par la plume et par le micro. Après 1968, c’est à Romain Goupil que les trois dirigeants de la Ligue – Alain Krivine, Daniel Bensaïd et Henri Weber – avaient confié le mouvement de jeunesse.

En 1968, le responsable du Service d’ordre de la Jeunesse communiste révolutionnaire était Pierre Shapira. Jean-Luc Benhammias, aujourd’hui membre du Conseil économique et social et ancien secrétaire national des Verts, se souvient de ces heureuses années lycéennes ; tout comme le philosophe André Glucksmann, qui a quant à lui quitté la Jeunesse communiste révolutionnaire pour rejoindre la Gauche prolétarienne. Le belge Ernest Mandel, secrétaire de la IVe Internationale, a été le conseiller économique de Castro à Cuba ; et Boris Fraenkel est le traducteur de Wilhelm Reich en français.

Les années 70 furent aussi très remuantes. "Voici Gérard Karstein. Il est étudiant à l’université d’Orsay lorsque, en 1973, le ministre de la Défense Michel Debré, tente de réformer les sursis militaires. Gérard se lance dans la bataille qui culminera par la plus longue grève de l’histoire de l’enseignement : six semaines d’occupation des lycées et universités. La Ligue communiste est l’incontestable animatrice du mouvement, avec sa figure étudiante de l’époque : Michel Field." (5) Gérard Karstein est aussi à l’origine des comités de soldats dans les années 70. Durant son service militaire, il ne put s’empêcher de continuer la propagande.

Qu’ils soient romanciers, cinéastes ou politiciens, l’attente messianique porte ceux qui en sont imprégnés à militer continuellement, sans interruption, dans une propagande inlassable et perpétuelle. Celle-ci ne s’arrête jamais : "J’ai alors acheté une petite Ronéo d’occasion chez Emmaüs, je l’ai fait entrer dans la caserne… Nous adorions tout ce qui était clandestin." (6) Deux ans plus tard, on comptait plus de deux cents comités de soldats dans toute la France. La Ligue organisa au défilé du 1er mai 1976 la première manifestation nationale de soldats en uniforme : plus d’une centaine de militants sous les drapeaux, fortement protégés par plusieurs centaines de membres du SO, avec une cagoule sur la tête et le poing tendu."

On sait que de nombreuses personnalités des arts, du spectacle, de la politique et des médiats, ont fait leurs premières armes dans les organisations trotskistes, et sont souvent restées fidèles à leurs idéaux, de manière secrète. De fait, ce qui caractérise le mieux la formation militante du trotskiste est la dissimulation et l’entrisme, c’est-à-dire, la pénétration d’une organisation adverse ou concurrente par des militants formés cachant leurs véritables opinions. Des centaines de militants ont eu pour tâche de s’infiltrer en milieu hostile, afin d’obtenir des renseignements et d’influer sur la ligne politique. Cette aptitude à la dissimulation, ce goût de la clandestinité et de l’organisation policière, le culte du secret, la rigueur, voire l’austérité de la vie du militant, à l’instar du grand chef bolchevique, composent la spécificité de la formation trotskiste. Dans les médiats, les trotskistes sont pléthore, et s’il était besoin d’un symbole, ce serait peut-être celui-ci : la soirée d’anniversaire des 50 ans d’Alain Krivine s’est déroulée à Saint-Denis, dans les fameux studios de cinéma d’AB Productions, sur les plateaux de tournage d’Azoulay (A) et Bensoussan (B).

Dans son Essai de taupologie générale publié en 2001, l’idéologue de la Ligue communiste, Daniel Bensaïd, considère longuement le cas des marranes, ces Juifs portugais et espagnols qui étaient traqués par l’Inquisition au XVIe siècle. Ayant opté pour la conversion au christianisme afin d’éviter l’expulsion, ils avaient abjuré officiellement leur foi mosaïque, mais continuaient à pratiquer secrètement leur culte. La communauté marrane, qui s’est ensuite éparpillée dans le monde entier, a ainsi pu traverser les siècles en jouant les bons catholiques et en assistant à la messe le dimanche. Pour Daniel Bensaïd, cette communauté symbolise l’esprit du messianisme juif, dont le trotskisme serait l’expression moderne : "Le messianisme, dit-il, est une ferveur de l’attente… Il s’affirme comme l’attente des catastrophes historiques que les prophètes exhortent à conjurer, selon la profonde dialectique du désastre et de l’espérance. A la différence du pessimisme apocalyptique, qui se repaît du châtiment, il stimule un optimisme de la volonté… Avide d’un âge nouveau, l’attente messianique ébauche ainsi un projet politique… qui se laisse aller à rêver d’une conquête sans bataille. Prélude pacifique à la guerre messianique proprement dite, l’aspiration révolutionnaire secrète reste alors inextricablement mêlée à une conception traditionnelle de la vie juive… ". La grande leçon à tirer de l’histoire des marranes est là : La vraie foi doit toujours demeurer cachée : "tout Juif est tenu de devenir marrane." Autrement dit, d’apprendre à vivre dans le secret." (7)

1- Christophe Nick, Les Trotskistes, Éditions Fayard, 2002, p. 44.
2- On consultera aussi le livre de Benoît Rayski, Il était une fois la révolution ; Les Juifs de mai, de Benjamin Stora et 68 : une révolution juive, d’Annie-Paule Derczansky, ainsi que la revue Passages n°8.
3- Christophe Nick, Les Trotskistes, Editions Fayard, 2002, pp. 31-34.
4- Christophe Nick, Les Trotskistes, p. 73.
5- Ibidem, p. 218.
6- Ibidem, p. 86.
7- Daniel Bensaïd, Résistances, essai de taupologie générale, Fayard, 2001, in Les Trotskistes, op. cit., p. 224.

Publié par Hervé RYSSEN à 15:45
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