LES PROCES DE MOSCOU, en fait les trois de 1936, 1937 et 1938!
Août 1936, pendant les vacances estivales, et en France, celle des congé-payés, se tient un procès à grand spectacle. à la fois par la mise en scène et par l'importance des accusés. Staline ayant eu un doute dans la capacité de gober ce second procès fabriqué et à grand spectacle, fit mettre sur pied des groupes devant assurer le bourrage de crânes. Parmi ces officines, celle sous la direction de Jules Humbert-Droz, larbin émérite du petit père des peuples, toujours prêt pour les basses oeuvres du Vodj.
Et surtout, il ne faut pas oublier que ces procès des «ennemis de l'humanité» que l'on devait fusiller comme des chiens (Vichinsky) servaient surtout de diversion et de paravent à la Grande terreur de 1937-38, ensemble d'horribles opérations secrètes durant lesquelles 1,6 millions de Soviétiques seront arrêtés: la moitié sera déportée (catégorie 2) et l'autre fusillée (catégorie 1).
Préface. L'auteur du reportage que nous publions a assisté au procès du Centre trotskiste antisoviétique en qualité de correspondant de la presse. [ndlr: première phrase, premier mensonge: Humbert-Droz est un agent du Komintern depuis plus de 10 ans, un oubli sans doute!] Mais le mensonge à 180 degré suit: «Tout ouvrier, tout ami de la paix, de la liberté et du socialisme comprendra encore mieux, après avoir lu ce reportage qu'il s'agissait dans ce procès non seulement de mettre fin à une tentative criminelle d'empêcher l'édification triomphante du socialisme par la terreur, le sabotage, l'espionnage et la préparation de la guerre, mais aussi de maintenir la paix en Europe.» On dirait que c'est Staline qui est jugé tant l'accusation recouvre une petite partie des crimes du «grand bourreau des peuples. A noter qu'au même moment, par la terreur, le crime et la torture, Staline prend le pouvoir sur le camp républicain, coup de poignard dans le dos au profit des nationalistes. Puis, voyant qu'il ne pourrait pas faire de l'Espagne un état satellite de l'URSS, Staline abandonne le camp républicain.
Comment est-il possible? Le 23 janvier commencera le procès contre Radek, Sokolnikov, Piatakov et autres trotzkistes qui formaient un «centre parallèle» au groupe Zinoviev-Kamenev. La plus grande partie de la presse socialiste, avant de connaître l'acte d'accusation, l'interrogatoire et les témoignages du procès s'efforce de mettre en doute les faits reprochés aux accusés et de jeter la suspicion sur l'appareil judiciaire de l'Union soviétique. Son grand argument est le suivant: «Radek, Sokolnikov, Piatakov sont des vieux membres du Parti bolchévik; ils occupaient il y a quelques mois encore des postes de confiance dans la presse ou l'appareil d'Etat soviétique; il est impossible qu'ils aient commis les crimes dont ils sont accusés
Crimes qui ne sont que des détails en regard de ceux de Staline, Kaganovitch, Molotov, Vorochilov, Mikoyan, Kossior, Iagoda, Iejov, Frenkel, Berman, etc
Page 8: Ce n'est pas seulement le cadavre de Serge Kirov, ce sont des dizaines de vies de mineurs, d'ouvriers, de soldats rouges, sacrifiés au cours d'actes de sabotages, qui témoignent des crimes trotzkistes. § Mais ils sont allés plus dans l'abjection. Déjà dans son article du 7 décembre 1933, dans le «Neue Weltbühne», Trotski faisait allusion à «la grande épreuve qui pourrait être une guerre» pour changer le rapport des forces en faveur de son groupe. § L'assassinat de Kirov avait donné l'éveil. Le centre terroriste de Léningrad et celui de Moscou, sous la direction de Zinoviev-Kamenev avaient été détruits. La vigilance de la classe ouvrière soviétique et de son parti rendait les actes terroristes, et les actes de sabotage plus difficile. Les victoires dans l'édification socialiste et la marche ascendante et glorieuse du peuple tout entier vers une vie plus facile, vers la démocratie démocratie soviétique et vers une nouvelle culture, enlevaient aux trotskistes tout espoir d'ébranler de l'intérieur par le terrorisme et le le sabotage, la solidité du régime. Restait la guerre! § Il résulte de l'acte d'accusation que Radek, Piatakov, Sokolnikov ont fait sur une entrevue de Trostski avec Hess, le suppléant d'Hitler, des dépositions concordantes confirmées par les entrevues de Radek et de Sokolnikov avec les représentants diplomatiques de Hitler à Moscou. § Radek, en qualité de rédacteur des «Izvestia» pour la politique étrangère, et Sokolnikov, comme suppléant de Litvinov au Commissariat des Affaires étrangères, avaient la possibilité de s'entretenir au cours de réceptions diplomatiques avec les agents de Hitler.
Page 10: Réfléchissez aux conséquences qu'aurait la politique préconisée par les trotskistes dans toutes les questions où ils prennent des poses intransigeantes et «révolutionnaires», Vous n'aurez pas de peine à voir que ces conséquences seraient favorables à la réaction, au fascisme ou à l'Allemagne.
Dommage que la bande à Radek aient été fusillé dès la fin du procès; laissés en vie ils auraient pu voir que, 18 mois plus tard, c'est Staline qui, au moyen du limogeage de Litvinov, enclenche les négociations qui aboutiront au pacte germano-soviétique et au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale! Qui alors osa dire et même penser que Staline servait Hitler? Pourquoi il est toujours employé le terme de fasciste relié à Mussolini et pas nazi? Pour éviter de rappeler le pacte de Staline avec les nazis? Le choix des mots n'est jamais anodin!
Page 16: En résumé: le «bon» Staline se bat avec les travailleurs pour sortir la Russie de l'état d'arriération où l'avait laissé les «méchants» tsars, et cette construction du socialisme pour le bien du peuple est sabotée par le «méchant» Trotski: «Trotski, d'Oslo, qui observait attentivemenent la lutte entre ses forces de destruction et le magnfique élan du peuple sous la direction éclairée et ferme de Staline, comprenait qu'il perdait du terrain, que le socialisme balaierait ses misérables tentatives de l'arrêter dans sa marche triomphante.»
Page 22: Humbert-Droz, larbin journaleux reprend l'accusation de Vichinsky, autre larbin, et parle, sans aucune preuve, des renseignements fournis au Japon par Livchitz et Bogouslavski, selon Kniazev, un des délateurs de service. Ensuite, on devrait honnir Tourok, qui «se glorifie d'avoir à son actif 40 déraillements». Puis Rataitchak, «exemplaire le plus vil de cette collection de monstres», qui, grâce à Piatakov, a pu étendre ses sabotages, voler l'état et être «agent de l'espionnage allemand». Curieuse formule! Humbert-Droz profite alors de moquer le Berner Tagwacht (journal socialiste) qui prend cet «ennemi du peuple» pour un héros; sous entendu, les socialistes sont des social-traîtres en Suisse et soutiennent même les ennemis de l'URSS, «patrie des travailleurs».
Au tour de Piatakov d'être conspué, sans aucune preuve, son crime étant d'avoir trahi le peuple: «Le rapport d'activitié de Piatakov est bourré de faits précis, contrôlés, rapport de destruction systématique et savante des richesses et des énergies du peuple, de sabotage machiavélique de la volonté indomptable de Staline, du Parti et du pays de construire le socialisme.» C'est incroyable, et Jules Humbert-Droz ne le voit pas, mais ces accusations vont comme un gant à Staline!