LES PROCES DE MOSCOU, en fait 3 de 1936, 1937 et 1938!

Août 1936, pendant les vacances estivales, et en France, celle des congé-payés, se tient un procès à grand spectacle. à la fois par la mise en scène et par l'importance des accusés.

A cette époque, le contrôle du parti-état sur l'URSS est quasi total, aussi on ne connaît de ce régime que ce qu'il montre, c'est-à.dire une vision construite, une tromperie intégrale, pour servir les intérêts de l'aristocratie criminelle au pouvoir. En fait, des procès tout aussi inique ont lieu à Moscou depuis plus de 10 ans, mais 3 procès sortent du lot car ils sont la mise en scène de la liquidation des bolchéviques qui ont jetés la Russie dans le sang et les larmes pas le coup d'état d'octobre, le début de la Terreur rouge. On pourrait même dire que c'est bien fait pour eux car ils récoltent ce qu'ils semés. Pensez à Zinoviev affirmant que même s'il fallait liquider 10 ou 20% des Russes, il s'en moque… En fait, au moyen de la guerre civile, de famines, de la déportation, du travail forcé et de l'assassinat, le régime bolcho-communiste a réussi à atteindre la prophétie de Zinoviev. Ces ennemis de l'humanité servent en outre de paravent à une opération horrible, la Grande terreur de 1937-38 qui va faire arrêter, selon l'émulation stakhanoviste, 1,8 millions de Soviétiques dont la moitié sera fusillé.

Un fait divers, un procès de Moscou contre des "saboteurs", alors que les vrais saboteurs sont Staline et ses courtisans, tous meurtriers de masse.


Déjà en 1934: Journal de Genève du 4 mai 1933

Chronolgie: Le prétexte d'une purge qui s'amplifia jusqu'à la fin 1938 pour devenir un ensemble d'opérations provoquant l'arrestation de 1,6 millions de Soviétique dont la moitée furent fusillée et l'autre déporté, fut l'assassinat de Kirov par Nikolaev, ce Kirov lui faisait trop de l'ombre! Et les 3 procès liquidant les anciens compagnons de Lénine impliquant une soixantaine de bolcheviks, ne furenr qu'une diversion occultant de nombreuses opérations de masse secrètes contre les Allemands de la Volga, les Polonais vivant en URSS, les éléments du passé, les familles de certains cadres, etc.... 1,6 millions d'arrestations, la moitié déportée et l'autre fusillée. Une partie des victimes reposent dans les charniers de Bykivna (Kiev), Kourapaty (Minsk), Karkhov, Vinnitsa, Polygone de Boutovo (Moscou) et Mednoye. Chaque rayon de chaque oblast de la «patrie des travailleurs» a eu son quota de cadavres!

1er procès de Moscou: le centre trotskiste Zinoviev-Kamenev

La dernière déclaration de Zinoviev, à son procès, en 1936. Ne pas oublier, avant de s'émouvoir, que le même Zinoviev clamait en 1919, qu'il allait tuer 10 millions de Russes!

Le procès du “bloc des droitiers et des trotskistes antisoviétiques”

Publication officielle du gouvernement soviétique.

Le 1er procès de Moscou dans la presse suisse francophone.

  1. “Le Travail”, le quotidien du parti socialiste genevois
  2. Premier procès du 18 au 24 août 1936

A noter que ce procès a lieu en même temps que celui de l'assassin de Gustloff, sur lequel “Le Travail” sera beaucoup plus bavard!

2e procès de Moscou: le centre trotskiste Radek, Piatakov, Sokolnikov et consorts

Staline ayant eu un doute dans la capacité de gober ce second procès fabriqué et à grand spectacle, fit mettre sur pied des groupes devant assurer le bourrage de crânes. Parmi ces officines, celle sous la direction de Jules Humbert-Droz, larbin émérite du “petit père des peuples”, toujours prêt pour les basses oeuvres du Vodj. “De la fausse théorie au crime: reportage sur le procès du centre parallèle trotskiste antisoviétique” Jules Humbert-Droz, Editions Libres, Zürich, 1937.

Le 12 juin 1937, sept grands chefs militaires soviétiques sont fusillés. Dans cette industrie du meurtre, les 3 Procès de Moscou ne sont en partie des événements paravent produisant un écran sur de multiples d'opérations secrètes dont le meurtre du maréchal Toukhatchevski, signal du début d'une massive destruction du commandement de l'Armée rouge. La mort des sept chefs de l'armée ne constitue que le premier épisode d'une gigantesque purge militaire dont seront victimes trois maréchaux sur cinq, soixante-quinze des quatre-vingts membres du Conseil supérieur de la guerre ; treize sur quinze des commandants d'armée, trente-cinq mille officiers soit la moitié de l'encadrement de l'Armée rouge.

3e procès de Moscou: le centre trotskiste Boukharine et Rykov, Kretinski, Rakovski, Bessonov, Iagoda, Rosengold, Ivanov, Tchernov, Grinko, Lévine + 3 autres médecins

Le Komintern publie, fait publier en rafale des articles pour «prouver» la culpabilité des accusés et demande, en plus, que les sections rédigent également des brochures, et cela jusqu'en 1938. L'immonde opuscule de Jules Humbert-Droz est donc loin d'être unique. Ainsi le PCF édite «Trotsky, Doriot = Hitler» (Bureau d' édition, 1936) et «Guerre, sabotage et trahison, le procès du centre de réserve trotskiste» rédigé par M. Cachin et P. Vaillant-Couturier. Des personnes éminentes sans lien avec le Komintern sont aussi réquisitionné comme Willard qui publie en 1938 «Comment ils ont avoué: les conclusions d'un éminent juriste». Rares sont les ouvrages qui tentent objectivement de rapporter les faits comme «Le procès Zinoviev» de Anglais Pritt.

Enfin, ne pas oublier que les 3 procès de Moscou ont eu lieu durant le Front populaire, stratégie prônée par le Komintern et la Guerre civile espagnole.

«Les anticommunistes sont des chiens» Jean-Paul Sartre


Abattez-les comme des chiens...
Les procès de Moscou 1936-1938

En lien avec le documentaire allemand de Heinrich Billstein (1998), diffusé dans le cadre de la soirée Thema “Les heures noires du stalinisme”, des fiches du CNDP:

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