Abattez-les comme des chiens...Les procès de Moscou 1936-1938
http://www.cndp.fr/tice/teledoc/dossiers/dossier_abattez.htm
Un documentaire allemand de Heinrich Billstein (1998), diffusé dans le cadre de la soirée Thema Les heures noires du stalinisme. 1 h 29 min. Diffusion : jeudi 29 mars 20 h 45
TIENS ILY EN AVAIENT DES ROSES!?!
L'émission
Ce documentaire allemand affiche l'ambition de démonter le mécanisme des procès de Moscou qui, de 1934 à 1938, ont livré au peloton d'exécution les compagnons de Lénine et conduit au Goulag, non seulement des vieux bolcheviks, mais tous ceux que Staline considérait comme des opposants potentiels. Ces purges installaient alors un régime de terreur qui assurait le triomphe solitaire du maître du Kremlin sur l'ensemble de la société. Des dignitaires du parti aux plus humbles des citoyens soviétiques, tous redoutaient de tomber un jour entre les mains du NKVD.
Abattez-les comme des chiens... s'ouvre et se ferme sur le visage de la fille de Alexeï Rykov regardant dans une salle de montage les images du réquisitoire de Vychinski condamnant son père. Le réalisateur Heinrich Billstein nous invite ainsi à déconstruire la sinistre mise en scène des procès staliniens qui abusa une partie de l'opinion internationale, bien au-delà du cercle des sympathisants de l'URSS. Le dossier qui nous est proposé est constitué de quinze chapitres qui examinent successivement les causes, les acteurs et la mécanique des procès. Les pièces versées sont d'une extrême richesse. Les archives filmées sont confrontées aux souvenirs croisés des victimes et des bourreaux. Ainsi, la femme de Boukharine décrit le climat de terreur qui précède l'arrestation, tandis que d'anciens officiers du NKVD expliquent les techniques d'interrogatoires qui conduisent à l'aveu. Avec beaucoup d'émotion, la caméra nous invite à visiter les lieux où se déroula l'une des plus tragiques manipulations politiques du XXe siècle.
Pistes à suivre
Pourquoi les procès de Moscou ?
En utilisant, dès le début du documentaire, un montage d'archives filmées, le réalisateur rappelle l'importance historique des procès de Moscou. Entre 1934 et 1938, Staline consolide son pouvoir par une série de purges qui éliminent toute opposition à l'intérieur et à l'extérieur du parti. Jusqu'à sa mort, le pouvoir personnel du maître du Kremlin repose sur un système de terreur paralysante qui lui permet de conduire à sa guise les destinées de l'URSS. On expliquera alors à des élèves de troisième ou de première que les procès de Moscou, comme le suggère le film, sont l'aboutissement d'un processus de crise politique et économique qui a suivi la mort de Lénine. Staline, pourtant seul à la tête du parti et de l'URSS depuis 1930, ne pouvait se satisfaire de l'exil de Trotski et des rôles mineurs confiés à ses anciens rivaux, Zinoviev, Kamenev ou Boukharine. Il avait besoin d'éliminer tous ceux qui, profitant des difficultés de la politique de collectivisation et d'industrialisation, auraient pu représenter une alternative politique à son pouvoir.
Deux événements antérieurs aux procès le démontrent. En 1929-1930 se déroule une sinistre répétition générale. La justice condamne un groupe de saboteurs : des ingénieurs et des économistes rendus responsables des difficultés du premier plan quinquennal. Le documentaire évoque ensuite le rôle attribué à Staline dans l'assassinat, en 1934, de Serge Kirov, populaire dirigeant du parti à Leningrad. Que le génial chef en ait été ou non l'inspirateur, cet événement est le déclencheur des purges. Un témoin rappelle le choc de la nouvelle et le climat d'inquiétude qui suivit.
Une opinion publique muette ou mystifiée
Les trois procès d'août 1936, janvier 1937 et mars 1938 qui éliminèrent la vieille garde bolchevique et décapitèrent l'état-major de l'armée soviétique surprirent l'opinion internationale. Non seulement parce que la révolution dévorait ses propres enfants, mais parce que les accusés se chargeaient des pires crimes. Zinoviev ou Boukharine, espions d'Hitler ou du Mikado ! Voilà qui avait de quoi surprendre. Mais comment prouver qu'il s'agissait d'une implacable machination qui transformait les anciens compagnons de Lénine en victimes consentantes, voire en délateurs ? Leurs aveux publics - tout au moins pour le procès de mars 1938 - suffisaient à balayer les interrogations des plus sceptiques. Le documentaire nous montre à travers les témoignages comment les citoyens soviétiques, mêmes ceux qui étaient au cur du système, étaient dans l'impossibilité d'exprimer leurs doutes. En parler hors du cercle familial, c'était déjà se mettre en danger.
À l'étranger, les relais de la propagande soviétique font taire tous les intellectuels sceptiques qui, comme André Gide, dénoncent les procès. Habilement, la Pravda ouvre ses colonnes à Romain Rolland pour réfuter les accusations. Le documentaire nous montre George Bernard Shaw ou Bertold Brecht, ces amis de l'URSS , qui par naïveté ou par conviction viennent à Moscou cautionner de leur présence le bien fondé des procès staliniens. Les témoignages d'un ancien journaliste de la Pravda et d'un caricaturiste des Izvestia décrivent comment, par ordre supérieur, les futures victimes sont, avant toute procédure judiciaire, déjà terrassées par une campagne de presse impitoyable et massive. Les journalistes organisés en brigade sont chargés d'écrire et de collecter tous les articles dénonciateurs. Muets et paralysés par la peur de déplaire au génial chef qui lit attentivement leur prose, ils en viennent à croire à leurs propres mensonges. Bien avant que le bourreau n'exécute la sentence, Rykov, Kamenev et Radek ont déjà été mis à mort par des porte-plume assassins .
Une mécanique implacable
La partie centrale de l'émission examine avec précision le mécanisme qui conduit à l'arrestation et à la mise en accusation des principaux dirigeants du parti. On fera sentir aux élèves le cynisme et le machiavélisme du raisonnement de Staline tel qu'il est exposé par deux anciens officiers du NKVD. Puisque la ligne politique adoptée par le parti est juste, seuls des actions criminelles et des sabotages peuvent expliquer les échecs économiques. L'idée d'un gigantesque complot anti-soviétique s'installe dans l'opinion ; il suffit alors de lancer les organes de sécurité à la recherche des criminels, de les arrêter et de les faire avouer. Contre toute idée de vérité et de justice, les faits sont déjà établis avant l'arrestation du criminel. La seule chose qui importe, ce sont les aveux obtenus de force lors d'interminables interrogatoires. Un des témoins cite cette phrase de Vychinski : l'aveu est la tsarine des preuves . Dans le monde stalinien, la manifestation de la vérité et la matérialité des faits ne sont qu'accessoires. La fille d'Alexeï Rykov se souvient de la volonté de résistance de son père ; ses amis politiques avait été annihilée, bien avant l'arrestation, par les témoignages de proches et les dépositions à charge d'autres inculpés, dont le Kremlin les tenait régulièrement informés. Un sentiment d'angoisse et d'impuissance devant l'inéluctable qui conduit notamment Tomsky au suicide.
Les témoignages croisés des interrogateurs du NKVD et des rescapés du goulag sont un des moments forts de l'émission. Les techniques d'interrogatoire, les coups et les pressions psychologiques, tout est décrit ou avoué à demi-mot. Mais le supplice des victimes ne s'arrête pas à l'aveu de leur soi-disant crime. Ils doivent collaborer à la rédaction de leur déposition et endosser l'habit d'ennemi du peuple que Staline a taillé pour eux et dont il surveille les moindres retouches dans l'ombre du Kremlin. Le soin apporté à la mise en forme des aveux et aux dépositions prouvent l'importance qu'elles ont au sein du dispositif stalinien. Elle doivent nourrir la mise en scène judiciaire orchestrée par Vychinski et détruire politiquement tous les accusés. Il fait écraser à jamais tout espoir d'une autre ligne d'action que celle fixée par le chef. Cela implique d'obtenir des victimes une participation volontaire à leur propre mise à mort. La thèse selon laquelle les vieux bolcheviques auraient accepté de se sacrifier pour rendre un dernier service au parti est aujourd'hui contestée par les historiens. C'est par la terreur et le chantage exercés à l'encontre des traîtres et de leurs bourreaux que Staline parvint à ses fins. Radek le délateur, Krestinski qui se rebelle pendant l'audience publique ou le policier Iagoda connaissent le même sort. Il est peut-être utile de signaler aux élèves que d'autres dirigeants communistes arrêtés sur ordre de Staline refusèrent de se plier au rôle de victimes consentantes. Ceux-là furent liquidés ou disparurent dans le goulag sans procès. Une exception cependant, le maréchal Toukhatchevski nia sa culpabilité face aux juges, mais le procès se déroula à huis clos et le public n'en sut rien jusqu'à l'ouverture des archives soviétiques.
Aujourd'hui, ces victimes sans sépulture de la terreur stalinienne ont toutes été réhabilitées, à l'exception de Iagoda le sinistre chef du Guépéou.
Autour de l'émission
Comment raconte-t-on l'histoire à la télévision ?
Le documentaire que nous propose Arte dans le cadre d'une soirée Thema sur le stalinisme est un bon exemple de ce que l'on peut faire à la télévision en matière de documentaire historique. À l'aide de quelques exemples, on montrera aux élèves comment un réalisateur utilise des sources variées non seulement pour raconter les procès de Moscou, mais aussi pour aider le spectateur à comprendre pourquoi et comment Staline a pu mystifier l'opinion internationale et monter cette manipulation criminelle. Les pièces versées au dossier sont des documents d'époque (archives filmées, journaux, affiches...) et des témoignages de Soviétiques ayant vécu de près ou de loin cette période. Le tableau ci-dessous examine les différentes sources, leur nature et leur utilisation.
Nature des sources Contenu/Genre Fonctions dans le documentaire
Archives filmées
Actualités soviétiques propagande
Servent de support au récit historique ou illustrent les événements.
Caricatures, affiches, tableaux.
Images de propagande, disponibles à l'époque
Idem
Archives judiciaires.
Dépositions des accusés mises aujourd'hui à la disposition des historiens
Documents qui servent à reconstituer l'histoire des procès.
Les témoins Leur rapport aux procès Leur témoignage
Proches des accusés et un déporté du goulag
Victimes directes et indirectes
Témoignage des souffrances et de l'impuissance des victimes.
Journalistes et officiers du NKVD
Propagandistes et policiers au services du pouvoir
Nous renseignent sur les rouages et la mise en uvre de la terreur stalinienne.
Spectateur du procès de 1938.
Pas de rôle dans les procès.
Témoigne de l'attitude des Soviétiques pendant cette période.
Un historien
Roy Medvedev au cours de trois interventions explique le contexte historique, le rôle des procès et l'attitude des accusés.
L'histoire de cet épisode dramatique de l'histoire russe est donc reconstituée au croisement de sources contradictoires. Les images de propagande sont trompeuses, elles doivent être interprétées en regard des textes et des faits analysés et décryptés par les historiens. De même, les témoignages n'ont de valeur historique que s'ils sont croisés et confrontés à d'autres sources. On peut insister sur les dépositions à charge des bourreaux (journalistes et policiers) qui mettent à nu la machine répressive du Kremlin, leurs propos ne font que renforcer l'émotion et la compassion que l'on éprouve face à des victimes dont la volonté a été méthodiquement brisée. Toute l'histoire ne peut être reconstruite par des images, des témoignages et des textes, une partie nous échappe et nous reste inaccessible. Heinrich Billstein a choisi pour évoquer l'inmontrable et éclairer les zones d'ombre de promener sa caméra sur les lieux supposés des supplices, dans les caves et les prisons du NKVD. Là où Rykov et Boukharine vécurent leurs derniers instants. Ces images du charnier de Boutovo ou celles de la maison des syndicats avec son décor pompeux véhiculent de l'émotion, tant est présente la silhouette des disparus ou celle de Vychinski. C'est aussi en jouant sur ces sentiments que le réalisateur construit son discours et fait passer son message.
L'image du chef
Un des aspects intéressants de ce documentaire est la façon qu'il a de représenter ou d'évoquer l'image de Staline. On peut en donner un aperçu en étudiant successivement les apparitions de Staline à l'écran, mais aussi ses absences obsédantes et lourdes de menaces.
Les images d'actualités nous montrent un chef débonnaire, modestement habillé, souriant et travailleur. Bref, loin de l'image traditionnelle du despote grisé par les apparences du pouvoir. À l'enterrement de Kirov, dont il est probablement le commanditaire, il porte le cercueil, comme les autres membres du comité central, ses futures victimes !
Les portraits conservés dans les sous-sols du musée Lénine nous montre autre chose. Un Staline en voie de divinisation parce qu'il est le fils spirituel du fondateur de l'URSS. La représentation perdant tout réalisme se fige et confine à l'icône.
L'efficacité de la terreur stalinienne réside aussi dans l'obsédante présence du chef ; elle se renforce même de l'absence physique de Staline. Les témoignages du journalistes de la Pravda et de l'officier du NKVD sont à ce tire éloquents. Ils travaillent directement pour le Kremlin, mais ils ne devinent l'autorité du tsar rouge que par les horaires et l'écho des coups de téléphones que reçoivent leurs supérieurs. La disparition d'un collaborateur est tout de suite interprétée comme une manifestation de la volonté du Kremlin. Même invisible, l'image de Staline hante et menace les ennemis du peuple et ses fidèles collaborateurs.
Textes à l'appui : Les procès de Moscou dans la presse française
Voici deux articles extraits de la presse française. Le premier d'entre eux est extrait du Jour, un quotidien de droite, violemment anti-communiste. Le second provient de L'Humanité, le quotidien communiste dirigé alors par Marcel Cachin.
Ce procès de Moscou ? Une hypocrite bouffonnerie
Il est vraisemblable qu'au milieu des événements qui bouleversent en ce moment l'Europe, les Français n'ont prêté qu'une attention rapide à l'extraordinaire procès de Moscou, qui vient de se terminer par la condamnation à mort de Zinoviev, de Kamenev et de leurs complices.
C'est pourtant un prodigieux document psychologique, et qui en dit plus long sur la Russie des Soviets que toutes les enquêtes et reportages qu'on peut y faire. Nos communistes ne peuvent pas nier que les séances n'aient été décrites impartialement. Le censure moscovite n'eût certes pas permis les réflexions que suggère à tout esprit occidental, ce modèle, ce type de procès, monté avec des soins asiatiques, et qui mérite de rester accroché au bolchevisme comme la marque la plus sûre de son hypocrisie.
Voici donc Zinoviev, Kamenev, deux pionniers de la révolution russe, puis des comparses, qui ont à répondre d'une accusation de complot avec Trotsky, contre le régime actuel de l'URSS et ses dirigeants.
Ces conspirateurs étranges, tous, sans exception, commencent par avouer : Nous sommes coupables. Admettons cette franchise.
Quelques uns d'entre eux ajoutent : Oui, nous sommes coupables, et Kamenev est une fripouille , ou Zinoviev est une canaille... . Soit.
Puis, Zinoviev, Kamenev en tête déclarent : Nous sommes de tristes individus. Mais Trotsky est un menteur, une crapule qui nous a fait illusion. Et l'un des accusés, Evdokinov, a même ajouté : Trotsky mérite le sort d'Azev.
Ce qui veut dire : Assassinez-nous cet homme-là le plus tôt possible.
Ces mouchardages, ces excitations au meurtre, ces violences voulues, sont habituelles aux sujets de Staline. Passe encore.
Mais où l'astuce se hausse jusqu'à la bouffonnerie tragique, c'est quand on voit les accusés, les uns après les autres, dire aux jurés : Tuez-nous ! Nous méritons la mort ! Surtout, ne nous acquittez pas ! Ne nous condamnez pas à une petite peine. Nous somme tellement indignes de vivre qu'il serait scandaleux de ne pas nous supprimer.
Mais ce n'est pas tout. La subtilité orientale a voulu que ce procès conduisît à l'apothéose de Staline.
Toutes les déclarations des accusés sous-entendaient la question : Mais pourquoi cette soif du martyre ?
Et la réponse est venue : Parce que nous avons méconnu la grandeur du bolchevisme en général et de Staline en particulier. Maintenant la foi nous illumine. Notre mort mettra une auréole au front de notre Staline, aujourd'hui notre bien-aimé.
René BIZET, Le Jour, mardi 25 août 1936.
Les seize terroristes trotskystes ont été exécutés hier
Les vils individus qui, aux ordres de Trotsky et de la Gestapo hitlérienne, ont assassiné Kirov et complotèrent d'assassiner Staline, Vorochilov et les autres militants du parti de Lénine et chefs de l'État socialiste, ont été exécutés.
La révolution se défend.
Par dizaines de milliers de lettres, de résolutions, de motions, les 170 millions de travailleurs de l'URSS ont crié : Mort aux assassins de Kirov ! Mort aux perfides valets du fascisme allemand qui tentèrent de tuer notre Staline !
Le verdict du tribunal militaire, les balles du peloton d'exécution abattant les seize criminels contre-révolutionnaires ont exprimé la volonté unanime du peuple soviétique exigeant que les chiens enragés de la bourgeoisie soient annihilés.
Il n'est pas un travailleur honnête, pas un socialiste sincère, pas un ami de la paix qui ne puisse approuver l'acte de légitime défense de l'État socialiste contre la bande d'assassins et d'espions dont la tâche était de préparer l'agression hitlérienne et japonaise contre le pays du socialisme. Il n'y a que les ennemis du socialisme, vils agents de la bourgeoisie, qui peuvent s'élever contre la justice du peuple soviétique.
Vive le socialisme triomphant en Union soviétique ! Vive le parti bolchevik ! Vive le camarade Staline, conducteur génial des travailleurs vers la vie libre et heureuse !
M. MAGNIEN, L'Humanité, mercredi 26 août 1936.
Pour en savoir plus
À lire
BROUE Pierre, Les Procès de Moscou, Julliard, coll. Archives , 1964. Un ouvrage classique, mais ancien.
BROUE Pierre, La vérité sur les procès de Moscou , L'Histoire, n° 223, 1998.
WERTH Nicolas, Les Procès de Moscou, Complexe, coll. La mémoire du siècle , 1987.
VAKSBERG Arcadi, Vychinski, le procureur de Staline, Albin Michel, coll. Domaine russe , 1991.
BOUKHARINA Anna Larina, Boukharine ma passion, Gallimard, 1990. Autobiographie de la deuxième femme du dirigeant soviétique qui a survécu au goulag. Passionnant et émouvant.
KIRILINA Alla, L'Assassinat de Kirov. Destin d'un stalinien, Le Seuil, coll. Archives du communisme , 1995. Un minutieux travail d'enquête mené par l'archiviste du musée Kirov.
KOESTLER Arthur, Le Zéro et l'infini, LGF, coll. Le Livre de poche , 1991. Un roman classique sur la période stalinienne et les procès.
MEDVEDEV Roy, Staline et le stalinisme, Albin Michel, 1979.
SERGE Victor, Seize fusillés à Moscou, Les Amis de Spartacus, 1984. Deux réflexions aiguës sur le régime de Staline menées par des témoins de la terreur.
ILF Illia, PETROV Evgueni, La Création de Robinson et autres récits humoristiques et satiriques, 1929-1932, Globe, 1996. Un ensemble de récits qui éclairent d'une autre façon la période de l'instauration par Staline du régime de violence en Russie.
À Consulter
Sur le site Cliotexte, des documents sur l'URSS dont un extrait du réquisitoire de Vychinski.
http://hypo.ge-dip.etat-ge.ch/
Une analyse de Nicolas Werth sur une lettre de Boukharine à Staline.
www.ihtp-cnrs.ens-cachan.fr/
À voir
Soleil Trompeur, film de Mikhalkov Nikita, cassette VHS, Arte Vidéo, 1995.
ROTMAN Patrick (dir.), Les Brûlures de l'histoire. Le siècle des totalitarismes, cédérom, Montparnasse multimédia, 2000.
À écouter
CHOSTAKOVITICH Dimitri, Symphonie n° 4, Le Chant du Monde, 2000. Cette uvre composée en 1936 sert de bande musicale au documentaire, elle reflète le pessimisme de la période des procès de Moscou et ne fut exécutée en public qu'en 1961, pendant le dégel khrouchtchevien.
Ce dossier a été réalisé par Claude Robinot, professeur d'histoire et de géographie au lycée Geoffroy-Saint-Hilaire d'Étampes (91).
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