Le pacte germano-soviétique du 23 août 1939
Publié en 1949, cette compilation basée sur des archives demeure quasi inconnue, preuve que Staline a encore de nombreux complices, y compris parmi des indidus se prétendant historien.
Evidemment, au lieu de soumettre le livre d'A. Rossi à la critique historique, il est plus facile de tenter de disqualifer son contenu parce que Angelo Tasca aurait été collabo. Un collabo de la première heure, dès septembre 1939, comme le parti communiste français? Non, Tasca a fait partie des nombreux socialistes qui ont participé à L'Effort, Organe socialiste de reconstruction nationale, revue d'anciens de la SFIO dirigée par Charles Spinasse et Paul Rives. Un journal dit collabo ou qui a servi le gouvernement de Vichy, comme François Mitterrand! Ou encore plus grave, la collabo Marguerite Duras (son le nom d'Antèlme) qui a servi dans la Propaganda Staffel de l'occupant nazi de la France! Et on veut nous fait croire par une falsification systématique de l'histoire avec un bourrage de crânes quasi quotidien, que la gauche aurait résisté et la droite collaboré! Il est plus facile de réécrire l'histoire que de la faire!
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Sous le pseudonyme de A. Rossi, Angelo Tasca a publié en 1949 Deux ans d'alliance germano-soviétique: août 1939 - juin 1941 A. Rossi, Fayard, Paris, 1949. BGE Sa 9241 Table des matières 1 Table des matières 2 Table des matières 3 |
Avertissement
Cette étude consacrée aux rapports germano-soviétiques dans la période cruciale 1939-1941 était achevée, dans l'essentiel, bien avant la publication officielle des documents découverts par les Alliés dans les archives de la Wilhelmstrasse (Nazi-Soviet Relations, 1939-1941, documents from the Archives of the German Foreign Office, Department of State, Washington, 1948).
Nous avions pu consulter dans l'original allemand une bonne partie de ces documents et beaucoup d'autres encore qui, même lorsqu'il ne se rattachaient pas directement aux rapports germano-soviétique, aident à mieux comprendre et à situer dans l'ensemble des événements pollitiques et militaires de cette époque et dans leur évolution générale.
Les 4 sources principales:
a) Les documents publiés maintenant par le Gouvernement américain, référence N.-S,R;
b) D'autres documents allemands encore inédits;
c) Quelques précisions ressortant des interrogatoires des responsabes nazis, conduits en Allemagne sous la direction de D. C. Poole;
d) Les documents présentés au procès de Nuremberg, et dont un large choix a été publié, sur l'initiative du procureur général américain Mr Robert H. Jackson, par MM. R. W. Barrett et W.E. Jackson (Nazi Conspiracy and Agression, Washington, 1946-1947, 8 vol. et 1 suppl), qui seront indiqués sous le sigle NCA.
Comme autres sources: le Journal de Ciano et L'Europe verso la catastrofe, La storia d'Europa dal 1936 al 1942, in 184 coloqui di Mussolini, Hitler, etc., Milano, Mondadori, 1948).
En bas de page 11????, Rossi cite des documents publiés par l'URSS sur des archives allemandes, mais surtout un pamphlet comme Note du bureau soviétique d'Information, sous le titre Falsificateurs de l'Histoire, Paris, 1948.
Chapitre premier
Les frères ennemis. L'Allemagne hitlérienne et la Russie soviétique s'observent et se rapprochent.
Quelques faits essentiels
Le Traité de Rapallo, 16 avril 1922, entre l'Allemagne et l'URSS unissait ces deux pays dans une opposition commune dirigée contre le Traité de Versailles. Plus tard, l'Allemagne pourra commencer à éluder les clauses militaires de ce traité en installant en territoire des usines pour la fabrication de matériel de guerre et notamment d'aviation.
A propos du Traité de Rapallo, qu'est-ce que gagne le gouvernement de Victor-Emmanuel III a permettre cette rencontre entre l'Allemagne, l'ancien ennemi, et le gouvernement de la Russie soviétisée?
L'avènement d'Hitler au pouvoir (fin janvier 1933) n'a point modifié la ligne générale de a politique extérieur soviétique: Staline n'a renoncé, ni à ce moment-là, ni par la suite, à pratiquer, même avec l'Allemagne hitlérienne, la «politique de Rapallo». De son côté, Hitler, qui cherchait encore son chemin, n'a point dénoncé le traité d'amitié et de neutralité germano-soviétique, signé à Berlin, le 24 avril 1926 sous la République de Weimar.
C'est de Hitler et exclusivement de Hitler que vinrent les premières manifestations hostiles contre son grand partenaire de l'Est. Staline, sans abandonner les efforts pour sauvegarder la paix avec l'Allemagne, dut prendre, sous cette menace grandissante, quelques mesures de précautions. D'où l'entrée de l'URSS à la Société des Nations, les tentatives de pactes régionaux, les pactes d'assistance mutuelle avec la France et la Tchécoslovaquie. La conclusion du Pacte Anti-Komintern, signé par l'Allemagne et le Japon, le 26 novembre 1936, commença une phase de grave «détérioration» des rapports germano-soviétiques, lesquels étaient au plus bas au moment de Munich.
Et l'intervention antagonique de l'Allemagne et de l'URSS en Espagne? Quelles conséquences? Apparemment, aucune!
A partir de Munich se produisirent les premières oscillations dans les rapports entre les deux pays, oscillations qui pouvaient amener ou une rupture totale ou une étroire collaboration. C'est cette deuxième issue qui a prévalu au cours du premier semestre de 1939.
La double diplomatie
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Un fait frappe dès qu'on parcourt les documents sur les rapports germano-soviétiques: les ambassadeurs russes qui se succèdent de 1939 à 1941: Merekalov, Skvortzev, Dekanozov, ne jouent à peu près aucun rôle. Ils passent comme de vagues fantômes sur le fond du tableau. Par contre, de nombreux agents soviétiques, dont certains jouissent de la confiance personnelle de Staline et sont des émissaires directes, apparaissent au premier plan des pourrparlers, pour disparaître ensuite brusquement lorsque Staline lui-même, ou son alter ego, Molotov prennent en main la conduite de l'affaire. Des éléments comme le chargé d'affaires Astakhov exécutent depuis longtemps la consigne de Staline, qui est de chercher à tout prix le contact avec les dirigeants hitlériens et préparer un raprochement entre les deux gouvernements. Rossi indique que peu de documents ont été écrits et cite le rôle important de Draganov, ministre de Bulgarie à Berlin.
Quand a-t-on commencé?
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On avait beaucoup remarqué que Hitler s'était longuement entretenu, le 12 janvier 1939, avec l'ambassadeur de l'URSS lors de la réception du corps diplomatiques.
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Le «limogeage» de Litvinov
Pour monter à Berlin qu'il était décidé à liquider le passé et à entrer dans de nouvelles voies, Staline limoge Litvinov, le chantre et le commis voyageur de la sécurité collective, dès le 3 mai. Il avait déjà supprimé, à partir du 1er mai, le Journal de Moscou, qui se publiait en français et qui était l'organe de la politique du Commissaire des Affaires étrangères.
La destitution de Litvinov frappe vivement Hitler et son entourage. Selon Tasca: «Ce sont les appels du pied de Staline qui ont embrayés les négociations aboutissant au pacte germano-soviétique et à ses clauses secrètes.»
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Molotov veut un accord politique avec Hitler
C'est dans l'atmosphère favorable créée par le geste de Staline que les contacts secrets s'intensifient entre Berlin et Moscou.
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La mission du comte Ciano
L'Allemagne accepte. Le jour qui suit l'entretien Astakhov-Draganov, immédiatement rapporté à la Wilhelmstrasse, Ribbentrop dit à M. Shiratori, ambassadeur du Japon à Rome, que «l'Allemagne signera un pacte de non-agression avec l'URSS.» Peu après, le compte Ciano expose au chargé d'affaires soviétique à Rome, les premières propositions concrètes de l'Allemagne, fondées sur trois points principaux: 1) L'Allemagne contribuerait à améliorer les relations entre la Russie et le Japon; 2) l'Allemagne signerait avec la Russie un pacte de non-agression comportant une garantie pour es Etats baltes; 3) un accord commercial sur une très large base serait conclu. On possède la preuve que ces propositions sont bien arrivées à Moscou, puisque Mototov les mentionne dans sa converation du 15 août avec von Schulenburg (N. -S, R. page 54).
Une pause dans les négociations
Le 15 juin 1939, Astakhov a fait parvenir aux dirigeants allemands la suggestion d'un pacte de non-agression entre les deux pays. Deux jours après, Hilger, rentré de Moscou après un voyage à Berlin, s'entretient des questions économiques avec le commissaire au Commerce extérieur, Mikoyan, sans grands résultats, ce qui irrite quelque peu Hitler (N. -S, R. page 25-6). L'ambassadeur von Schulenburg, grand partisan du rapprochement germano-soviétique, se rend le 28 juin auprès de Molotov qui le reçoit «de façon amicale». Il s'efforce de savoir quelles sont les «bases politiques» qui permettraient, comme Molotov l'a affirmé plus d'un mois auparavant, un tel rapprochement. Mais il ne réussit pas à percer l'énigme. Molotov cependant «dégèle» un peu, en présentant «la normalisation des rapports avec l'Allemagne comme désirable et possible (N. -S, R. page 27).
Staline mise sur la guerre
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Cette attaque ne pouvait pas surprendre et n'a pas surpris Staline. Il savait parfaitement que l'Allemagne y était décidée, et c'était dans cette perspective qu'il avait conclu l'accord avec Berlin.

Le pacte signé par Ribbentrop et Molotov
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Mais dès le 3 septembre 1939 - jour des déclarations de guerre anglaise et française à l'Allemagne - Ribbentrop invite le Gouvernement soviétique à faire entrer ses troupes en Pologne pour occuper le territoire que lui avait réservé le protocole secret du 23 août. (N.-S.R. page 96)
La querelle des communiqués communs
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Il n'est pas sans intérêt de s'arrêter sur cette controverse. Dès le 10 septembre, Molotov avait insinué à von Schulenburg que, pour justifier politiquement l'intervention de la Russie, celle-ci était forcée d'alléguer qu'il s'agissait de venir en aide aux Ukrainiens et aux Biélo-Russiens menacés par l'avance allemande. Même le très conciliant Schulenberg trouva alors que les Russes exagéraient: cette justification, remarqua-t-il, était inacceptable pour l'Allemagne, puisque Moscou savait parfaitement qu'il n'y avait aucune menace de ce genre (N.-S.R. page 89). Ribbentrop revient à la charge sur ce point dans son message personnel à Molotov du 15 septembre, en observant que l'argument dont voulait se servir le Gouvernement soviétique était en contradiction aussi bien avec le traité de non-agression qu'avec le protocole secret signé entre les deux pays. Il propose par la même occasion un texte de communiqué susceptible de satisfaire les deux parties (N.-S.R. page 94). Le 16 septembre Molotov reconnaît que l'argument proposé par lui n'était pas très amical pour l'Allemagne, mais il s'en excuse en faisant remarquer qu'il ne voyait aucune autre possibilité pour justifier l'action prévue (N.-S.R. page 95)
Collaboration militaire germano-soviétique
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La collaboration grmano-soviétique en cette période fut intime et totale. Quelques alertes comme pour Lwow et le champ pétrolifère de Drohobycz qui figuraient dans la zone d'occupation allemande. L'attaché russe le signala à Moscou, Staline s'en émut, mais tout fut réglé
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Rapport de von Schulenberg du 19 septembre 1939 sur l'incident de la carte
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En entrant en Pologne, les troupes soviétiques ne rencontrèrent de résistance que sur quelques points. Le sort de l'armée polonais était décidé. L'action soviétique a en tout cas écourté la résistance; elle a empêché surtout que celle-ci pût se prolonger dans les marais de l'Est; elle a empêché aussi qu'une partie de l'armée polonaise pût se retirer vers le Sud et reprendre la lutte sur d'autres fronts. Les mouvements combinés des armées allemande et soviétique réalisent vite un encerclement total. La tactique de l'Armée rouge, tendant surtout «à rendre impossible la constitution d'une armée polonaise à étranger» entraîne la perte d'au moins 200'000 à 300'000 soldats qui auraient été utiles, plus tard, en Occident.» Les pertes soviétiques furent, en tout, de 737 tués et 1'862 blessés, assez pour que Molotov puisse exalter l'importance de la contribution russe dans son discours du 31 octobre au Soviet Suprême. Assez pour que quelques semaines après Staline salue publiquement, en décembre, l'amitié germano-soviétique «scellée dans le sang». (Dans sa réponse au télégramme de félicitations que Ribbentrop lui avait adressé à l'occasion de son 60e anniversaire).
Dès le 22 septembre, un accord est conclu entre le général Koestring et Vorochilov sur l'occupation militaire du terrain conquis et il est appliqué sur place par une commission militaire miste siégeant à Bialystock
Les accords du 28 septembre
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Nouvelle concession de Staline: «la Russie fournira à l'Allemagne une quantité de pétrole correspondant à la production annuelle de la région de Borislav-Drohobycz, que Ribbentrop aurait voulu annexer, c'est-à-dire le total appréciable de 300'000 tonnes (N.-S.R. page 109).
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A l'accord du 28 septembre s'ajoutent:
a) une déclaration commune publique en faveur du rétablissement d ela paix, en partant bien entendu du fait accompli du partage germano-soviétique de la Pologne (N.-S.R. page 108)
b) un engagement des deux pays à établir un programme économique commun de grande envergure: «aux termes duquel l'URSS fournira à l'Allemagne des matières premières que l'Allemagne compensera de son côté par des livraisons industrielles s'étendant sur une longue période». (N.-S.R. page 108-9)
c) une convention confidentielle par laquelle la Russie s'engage à faciliter les échanges de marchandises entre l'Allemagne, la Roumanie, l'Iran, l'Afghanistan et l'Extrême-Orient, en permettant l'utilisation des propres chemins de fer (N.-S.R. page 109)
d) un protocole confidentiel sur l'échange des ressortissants allemands et soviétiques des territoires respectivement occupés (N.-S.R. page 106)
e) un protocole secret par lequel les deux gouvernements s'accordent pour agir en commun contre toute agitation dans les territoires polonais: «Les deux parties ne tolèrent dans leurs territoires aucune agitation polonaise affectant les territoires de l'autre partie. Elles supprimeront dans leur territoire tout commencement d'une telle agitation et se tiendront au courant réciproquement des mesures appropriées à cet effet. (N.-S.R. page 107)
La campagne commune pour la paix
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Dans le cadre de ces perspectives se place la collaboration étroite réalisée entre Moscou et Berlin de la fin août 1939 jusqu'en 1941. Collaboration sur tous les plans: politique, économique, militaire. La collaboration politique entre la Russie soviétique et l'Allemagne hitlérienne est allée bien plus loin qu'on ne le pense généralement. Elle s'est exprimée surtout par la campagne, déclenchée tout de suite après la conclusion des accords du 27-28 septembre 1939, en faveur de la «paix imméditate» Les deux partenaires avaient décidé à cette occasion que, le problème polonais ayant été «définitivement» réglé par eux, il n'y avait aucune raison de continuer la guerre, et qu'il fallait y mettre fin «le plus rapidement possible». Si l'Angleterre et la France ne se prêtaient pas à ce nouveau Munich, elles seraient, elles seules, «responsables de la continuation de la guerre». (Déclaration commune rendue publique le 29 septembre 1939).
Collaboration militaire soviéto-allemande
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En contre-partie de tous ces services, l'Allemagne finit par favoriser l'action de l'URSS contre la Finlande, qu'elle avait aidée en 1918 [ndlr: La Finlande qui a profité de l'écroulement de l'empire des Romanov pour recouvrer son indépendance à ce moment et Staline, profite de son alliance avec Hitler pour que la Finlande retourne sous la coupe de l'empire soviétique!]. Dès les premiers tiraillements entre Moscou et Helsinki, la Wilhelmstrasse fait savoir à son représentant à Helsinki que l'Allemagne «n'est guère en condition, en tout cas, d'intervenir dans les conversations russo-finlandaises. (N.-S.R page 122, 9 octobre 1940)[ndlr: donc à quelques semaines de l'agression soviétique, le chantage de Staline n'ayant pas réussi] » C'est que le Gouvernement allemand est lié désormais par le pacte secret du 23 août, où la Finlande figurait dans la zone d'intérêts soviétiques. Mais comme la Wilhelmstrasse ne peut en faire état, elle expose dans une circulaire du 2 décembre à ses représentants à l'Etranger les arguments dont ils doivent se servir pour justifier son attitude dans le conflit. Il y a d'abord les questions de sécurité posées par les Russes en qui concerne Léningrad et la Baltique. Ensuite, la Finlande a considéré l'opposition entre l'Allemagne et la Russie comme «axiomatique», a refusé la conclusion d'un pacte de non agression avec l'Allemagne, a des sympathies pour l'Angleterre (N.-S.R page 127-8): ces trois crimes suffisent à la condamner. Quelques jours après, des instructions supplémentaires exigent: «Dans les conversations, vous devez montrer de la sympathie pour le point de vue de la Russie.(N.-S.R page 130)» Comme les Pays scandinaves sagitent en faveur de la Finlande, Berlin les avertit de ne pas «prêter l'oreille aux insinuations des apôtres de la Société des Nations et des jusqu'auboutistes britanniques». Ainsi les espoirs que le Gouvernement finlandais avait pu concevoir au début du côté de Berlin s'avèrent éphémères. Le ministre de Finlande avait confié à Ciano, le 8 décembre, que l'Allemagne «avait fourni des armes à la Finlande en les prélevant sur le butin capturé lors de la campagne de Pologne (Journal, 1, 183).»
[ndlr: la complicité entre Hitler et Staline a mis en péril les liens entre Hitler et Mussolini, l'Allemagne interdit en effet le transit de fournitures italiennes au peuple finlandais agressé par l'URSS, ses 80 divisions et son aviation bombardant les villes de la Finlande! Cela mit le Duce en colère déjà opposé au pacte germano-soviétique!]
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Après avoir mentionné diverses actions allemandes aux détriments des Finlandais et en faveur de l'URSS, Tasca décrit la complicité germano-soviétique dont la Moldavie va être victime: A Bucarest, l'Allemagne prépare le terrain en faveur des revendications russes sur la Bessarabie par les démarches de M. Fabricius en décembre 1939 et en mai 1940 (Note 7: G. Gafenco, Préliminaires de la guerre à l'Est, page 301-3).
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«Pour la première fois depuis cinquante ans, disait les dirigeants nazis en novembre 1939, l'Allemagne n'a pas de craintes à l'Est et elle n'a pas à envisager une gerre sur les deux fronts.» C'est là, sans aucun doute, la contribution la plus importante, la plus décisive apportée par l'URSS à l'Allemagne sur le plan militaire. Hitler s'en félicite dans son discours du 8 novembre 1939 à Munich et c'est l'argument massue dont les dirigeants allemands se servent pour calmer les hésitations de Mussolini, qui dans une lettre du 4 janvier 1940 avait mis en garde Hitler contre la nouvelle politique allemande. (Lettres secrètes Hitler-Mussolini, page 54-6)
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Le pacte germano-soviétique et la façon dont Staline l'a appliqué ont donc été parmi les facteurs les plus importants de la stratégie hitlérienne et, par là, de la défaite française.
Les dirigeants soviétiques, de leur côté, n'ignorent point l'importance de leur apport et ils s'enprévalent. Tout de suite après les grandes victoires allemandes sur le front occidental, à un moment où ils peuvent se demander ce que Hitler va faire de ses divisions, désormais libres et en pleine force, Molotov juge utile de rappeler que le pacte avec l'URSS «assure à l'Allemagne une certitude de calme à l'Est». C'est une façon discrète, mais précise, d'invoquer les services rendus.(Discours du 11 juillet 1940 de Molotov devant le Soviet Suprême: le pacte avec l'URSS)
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En novembre 1940, l'Amiral Raeder était certain que la Russie n'attaquerait pas l'Allemagne, puisqu'elle «était en train de construire sa Marine avec l'aide de l'Allemagne».
Dans les pages précédentes, on apprend que l'URSS a permis à l'Allemagne d'avoir une base navale à côté de Mourmansk jusqu'en septembre 1940, base devenue inutile que l'Allemagne pouvait se servir de bases en Norvège.
Le 12 août 1940, le Bateau 45, un croiseur auxiliaire allemand a pu passer en Extrême-Orient par la route sibérienne.
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La mobilisation de l'Internationale communiste au service d'Hitler [ndlr: Le Komintern prone le défaitisme, l'isolationnisme, comme les «5e colonnes» activent dans les démocraties bourgeoises] Soldats Français, les ouvriers allemands [ni les soldats allemands!] ne sont pas vos ennemis. Contre votre ennemi: Le capitalisme international. Fraternisez! Fraternisez! Edité par le Parti Communiste Français. |
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Au delà des conséquences stratégiques du pacte germano-soviétique, la contribution la plus effective de la Russie aux succès militaires de l'Allemagne a été sans doute la mobilisation des partis communistes dans la lutte contre la guerre, devenue brusquement «impérialiste» après le pacte du 23 août. Les directives de cette nouvelle politique ont été fournies à tous les partis de l'Internationale communiste dans le discours de Molotov du 21 août 1939 qau Soviet Suprême, dans un article de Georges Dimitrov, auquel on a assuré dans tous les pays la plus large diffusion, à l'occasion du 22e anniversaire de la Révolution d'octobre. Théoriquement, l'opposition à la guerre devrait jouer dans les pays belligérants, quels qu'ils soient. Mais sans compter que le fait de mettre sur le même plan l'Angleterre, la France et l'Allemagne est déjà un service rendu à Hitler, en pratique la lutte contre la guerre n'est effective que dans les pays démocratiques.
L'action du parti communiste français
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C'est cependant en France que l'effort communiste s'exerce le plus méthodiquement et le plus intensément dans le sens du défaitisme. Le PCF hésite pendant quelques jours, tiraillé qu'il est entre les consignes de Moscou et la force d'inertie des positions gardées depuis 1935 jusqu'à la veille du pacte germano-soviétique. Sous l'influence de Gabriel Péri, son groupe parlementaire vote les crédits militaires dans la séance du 2 septembre 1939, mais peu après il redresse sa «ligne». Le tournant est achevé au début octobre, lorsque Florimond Bonte et Arthur Ramette rédigent la lettre du «Groupe ouvrier et paysan» au président Herriot, épisode essentiel de la campagne hitlérienne de paix. C'est ainsi que le premier numéro des Cahiers du bolchévisme, diffusé clandestinement en France (17e année, 2e semestre 1939 - janvier 1940), après avoir dénoncé la «lourde faute» commise par le groupe parlementaire en votant les crédits de guerre, souligné les tendances «opportunistes» et «légalistes» de ce groupe et les hésitations du Comité centra lui-même, peut enfin saluer la lettre à Herriot parce qu'elle «publiquement et avec éclat le Parti dans une attitude d'hostilité à la guerre».
A partir de ce moment, la «ligne» sera maintenue jusqu'au bout, telle que l'a fixée dans article du mois d'octobre le secrétaire de l'Internationale communiste. Georges Dimitrov (La guerre et la classe ouvrière des pays capitalistes) et telle que la reprennent surtout deux documents: l'interview de Maurice Thorez au correspondant du journal communiste Daily Worker (3 novembre 1939) et la Lettre ouverte à M. Léon Blum d'André Marty. Dans son interview, le secrétaire du PCF explique que s'il a déserté, c'est parce qu'il a voulu «rester à son poste dans la bataille de classe que le peuple de France doit livrer aux bellicistes, aux fascistes, aux exploiteurs capitalistes».
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Dans le pays les dirigeants communistes mènent la campagne pour la «paix immédiate» et s'efforcent de provoquer des courants populaires d'action contre la guerre, en utilisant toutes les possibilités légales - dans la mesure où il leur en reste - et illégales. C'est, le 30 novembre 1939, la déclaration que Florimond Bonte s'apprêtait à lire à la Chambre lorsqu'il fut expulsé de la salle des séances. Mais la presse du parti la reproduit. Elle dénonce les «impérialistes anglo-français» responsables de la guerre, puisqu'ils «poussèrent la Pologne à refuser un règlement à l'amiable concernant le statut de Dantzig» et les députés français qui, au lieu d'examiner les propositions de paix d'Hitler, ont laissé «exalter et poursuivre une politique de guerre contraire aux intérêts du peuple de France, lequel est bien décidé à y mettre fin» (L'Humanité clandestine, no imprimé de décembre 1939). C'est toujours à la Chambre, la manifestation contre l'armée française de 4 députés communistes (Raymond Guyot, Fernand Grenier, Charles Michels et André Mercier) dans la séance du 4 janvier 1940. C'est, en février 1940. l'appel de Maurice Thorez et de Jacques Duclos Aux membres du parti communiste français exaltant le parti, dont «les mots d'ordre de lutte contre la guerre impérialiste, pour la paix, pénètrent dans toutes les couches de la population laborieuse, à l'usine, dans les campagnes et jusque dans les tranchées».
| Donc, quand on stigmatise les «collabos», il faut toujours demander si ce sont des collabos de la première heure, le parti communiste, ses officines comme «France-Urss», le Secours rouge devenu le Secours populaire, etc
avec les pacifistes et autres munichois, ou ceux de la seconde heure. Et faire de même avec les résistants, en distinguant les résistants de la première heure tous de droite avec évidemment Charles de Gaulle, de ceux de la dernière heure comme François Mitterrand et de nombreux autres! A signaler que Guy Môquet a été arrêté pour collaboration, même si une opération de tromperie le présente comme un résistant, et qu'une des premières manifestations de résistance publique fut l'appel des gaullistes à user du 11 novembre 1940 pour exprimer courageusement leur combat contre l'occuppant! Ces faits vous dérangent, mais ce sont les faits! Et n'oublier pas de corriger ceux qui vous ont trompé! |
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Et c'est, entre janvier et fin juin, la création d'une presse destinée spécialement aux soldats du front, qu'on invite à «en finir au plus vite», à s'unir «pour mettre fin au carnage», à «fraterniser» avec les soldats allemands (Le Trait d'union, La Liaison, L'Humanité du soldat). Dans une Lettre aux soldats français, diffusée en février 1940, au moment où l'on réclame de plusieurs côtés une conduite plus énergique de la guerre, le PCF s'adresse ainsi aux combattants du front: «Il faut, chers amis, que tous ensemble nous arrêtions le bras des assassins qui rêvent d'offensives meutrières»
[ndlr: Et le PCF a le culot de stigmatiser les collabos, lui le collabo de la première heure!].
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Pendant la «drôle de guerre», la collaboration du PCF avec l'Allemagne hitlérienne est en général indirecte, et résulte surtout des positions politiques prises par le parti. La propagande allemande les exploite par de nombreuses initiatives: ce sont, par exemple, des avions allemands qui jettent par milliers en France de petites brochures avec le discours prononcé par Molotov le 31 août 1939 devant le Soviet suprême. [
] Ribbentrop avoue à Mussolini «que certains de ces journaux (communistes) sont imprimés en Allemagne».
L'aide économique de l'URSS à l'Allemagne
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«L'aide économique russe est d'une importance décisive pour nous. L'offre a été faite sous une forme tellement généreuse que le succès du blocus économique apparaît impossible» (N.C.A VI page 979, 26 octobre 1939)
Avec le nouveau contrat, le montant total des livraisons et des services fournis par les Soviets pendant les 12 premiers mois est chiffré à 800 millions de marks. La Russie s'engage à livrer 900'000 tonnes d'huiles minérales (en plus des 300'000 tonnes de Drohobycz), 100'000 tonnes de coton, 500'000 tonnes de minerai de fer, 300'000 tonnes de ferrailles, 2'400 kilos de platine, du manganèse, du bois de charpente, du fourrage, des graines oléagineuses, etc..
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Ribentrop en fait l'aveu à Mussolini le 10 mars 1940: «Confidentiellement, le ministres des Affaires étrangères du Reich peut annoncer qu'en ce qui concerne la fourniture des matières premières la Russie est très généreuse et elle consacre une partie de son or à l'achat de matières premières nécessaires à l'Allemagne». Ce faisont, la Russie exécutait une promesse qu'elle avait faite au moment de l'accord: «l'Union soviétique s'est déclarée disposée à acheter les métaux et les matières premières en de tiers pays.»
On comprend donc pourquoi Londres qui désire, surtout pour des raisons politiques, conclure un large accord commercial avec l'URSS, voudrait en même temps avoir la garantie que les produits exportés en Russie ne finissent pas, par cette voie, en Allemagne. Les dirigeants soviétiques se refusent obstinément à donner une pareille assurance; ils en veulent accepter aucune limitation et Staline lui-même fait savoir à Berlin qu'il a enlevé sur ce point - comme sur d'autres - toute illusion à Mr Stafford Cripps (N.-S.R page 167, 13 juillet 1940). La complicité de Moscou avec Berlin sur ce plan a été l'objet des préoccupations continuelles des dirigeants britanniques. M. Hugh Dalton, ministre de la guerre économique dans le Cabinet Churchill, déclarait le 28 janvier 1941 aux Communes que d'importantes conversations étaient en cours à Washington au sujet des exportations américaines en Russe.
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Son ministère était en possession de nombreuses preuves montrant que la Russie exportait en Allemagne des marchandises qu'elle remplaçait par des importations américaines. Les importations russes de conton, par exemple, qui dans le passé étaient insignifiantes, avaient atteint au cours du dernier trimestre 30'000 tonnes, tandis qu'en même temps des contingents considérables de coton passaient de Russie en Allemagne. Le même jour l'ambassadeur britannique à Washington, Lord Halifax, avait un entretien avec M. Sumner Welles sur le même sujet. Une faille plus grave encore du blocus britannique contre l'Allemagne en guerre résultait de l'accord confidentiel du 28 septembre 1939, par lequel la Russie mettait à la disposition de l'Allemagne son territoire et ses chemins de fer pour le transit des marchandises que cette dernière important de Roumanie, de l'Iran, de l'Afghanistan et de l'Extrême-Orient. Cette clause figure dans le traité économique du 11 février 1940, qui assure ainsi à l'Allemagne «une large porte ouverte sur l'Est» (N.-S.R page 134). De fortes importations arrivent du Mandchoukuo à travers la Russie. Et en dressant un bilan des avantages que l'Allemagne a obtenu par ces accords, M. Schnurre insiste pour qu'on les sauvegarde à tout prix, car «notre seule liaison économique avec l'Iran, l'Afghanistan, le Mandchoukuo, le Japon et aussi l'Amérique du Sud est la route à travers la Russie, dont on se sert de plus en plus pour les importations allemandes de matières premières» (N.-S.R page 201, septembre 1940).
| La complaisance de Roosevelt pour son «ami» Jo Si la loi Lend-Lease (Prêt-Bail) a été signée le 11 mars 1941 par F. D. Roosevelt, les relations commerciales avec l'URSS ont commencé dès l'arrivée du démocrate à la Maison Blanche. Le complaisance du président américain pour son ami Jo dépasse l'entendement car Roosevelt a toujours fait taire la dénonciation des nombreux crimes de Staline, dès la Grande famine de 1932-33, y compris la Grande terreur et le massacre de masse de Katyn. Dans cette complicité, il a été révélé que les navires transportant les déportés à la Kolyma ont été fournis et parfois réparés par les Etats-Unis. Le gouvernement américain a, par son silence complice, permis les horreurs du régime soviétique et, par sa naiveté, armé l'URSS pour la guerre froide! En 2010, il demeure encore impossible de savoir si l'URSS a réellement payé les montagnes de fournitures qu'elle a reçu pour un montant de plus de 11 milliards de dollars de l'époque! Mais cela la propagande soviétique l'ignore, la victoire dans la Grande guerre patriotique aurait été possible grâce aux fameuses usines de l'Oural et pas un mot sur les fournitures américaines, britanniques et canadiennes, ni sur l'espionnage qui permit la fabrication de copie légèrement modifiée comme le char T5, qui servit de modèles pour le T34! |
Chapitre VII
L'horizon se couvre de nuage
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Le 19 juillet 1940, Hitler parle au Reichstag en vainqueur, mais en vainqueur qui est prêt à arrêter son action et à négocier. Dans ce discours il exalte la collaboration germano-soviétique, et met en garde l'Angleterre contre l'illusion qu'elle pourrait la briser.
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Hitler s'arrête donc, en interrogeant l'horizon, en regardant du côté de Londres. Il n'ira pas plus loin pour l'instant, d'autant plus que son Etat-Majour lui conseille la prudence (Voir la note du général Jodl du 30 juin 1940, N.C.A. suppl. A, page 404-6). Il fait cependant, le 15 juillet, une démarche auprès du gouvernement français, en demandant son appui «pour poursuivre d'une manière efficace la lutte contre l'Angleterre» et le sommant de mettre à sa disposition 8 aérodromes au Maroc et les ports en Méditerranée et les bateux nécessairs pour assurer le ravitaillement des forces allemandes qui s'y seraient installées. Cette démarche visait surtout à accentuer l'isolement de l'Angleterre et à la rendre plus disposée au compromis. Mais Vichy ayant repoussé ses exigences (voir à ce sujet; H. Dumoulin de la Barthète, Le Temps des illusions, Genève, Au Cheval Ailé, 1946, page 206; Procès du Maréchal Pétain, Ed. officielle, Paris, 1945, p. 86, 138 et 172; La Délégation française auprès de la Commission allemande d'armistice, Recueil de documents publiés par le gouvernement français, T. I. Paris, 1947, Appendice IV, page 462-5, où est publié la lettre du général Stülpnagel transmettant les demandes «du Führer du Reich allemand et Commandant en chef de l'Armée». Hitler n'insista point pour le moment. Lorsque, en décembre 1940, il voudra reprendre le projet écarté en juin-juillet, il sera trop tard. Le chef de l'Etat-major, le maréchal Keitel, a considéré cette «erreur» de Hitler comme l'une des causes principales de la défaite allemande. «L'histoire aurait été diffférente, dira-t-il au procès de Nuremberg, si nous avions pris Gibraltar et si le Führer n'avait pas laissé à la France sa marine, ses troupes coloniales et ses colonies».
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Une fois la victoire de la Wehrmacht acquise, Molotov convoque au soir du 18 juin 1940, von Schulenburg dans son bureau et il lui exprime «les plus vives félicitations du gouvernement des Soviets pour le magnifique succès de l'Armée » (N. -S. R. page 154). Au même moment, il annonce les mesures prises par la Russie dans les Pays baltes et l'envoi de Dekanosov (Commissaire adjoint aux Affaires étrangères, nommé en novembre 1940 ambassadeur de l'URSS à Berlin) en Lituanie, de Vichinsky en Lettonie et de Jdanov en Estonie pour «mettre au pas» les gouvernements de ces trois pays enx-mêmes. Le Gouvernement allemand se soulève aucune objection. Mais il ne faudrait pas qu'à Berlin on se crût quitte par l'échange de ces bons procédés. Aussi Molotov prend soin de rappeler, dans son discours du 31 juillet 1940 au Soviet Suprême, que le pacte d'août 1939 a donné et donne encore à l'Allemagne «la certitude du calme à l'Est»: Berlin ne doit pas oublier, que si l'armée allemande a pu remporter un si «magnifique succès», c'est aussi à la Russie qu'elle le doit. Molotov le rappelle encore à Hitler dans la conversation quil aavec lui à Berlin le 13 novembre 1940: «La convention germano-soviétique n'a pas été sans influence sur les grandes victoires de l'Allemagne» (voir page 106-7).
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Dans ces grandes manoeuvres d'isolement, que Hitler doit du reste modifier sous la pression du Pacte tripartite (27 septembre 1940), les entretiens de Hendaye et de Montoire (23 et 24 octobre), les conversations avec Molotov (12-13 novembre) et, finalement, la guerre contre la Russie.
Chapitre VIII
La ligne de fracture entre l'Allemagne et l'URSS passe par les Balkans
Aux deux facteurs qui ont commencé à modifier les plans de Hitler et exercé leur influence sur les rapports germano-soviétiques; la défaite de la France et l'échec de l'attaque directe contre l'Angleterre, un troisième vient s'ajouter, qui sera décisif. En l'été 1940, Hitler décide de résister désormais à toute nouvelle exigence de la Russie soviétique. Il veut bien lui laisser, pour l'instant, les territoires que lui ont réservés les protocoles secrets du 23 août et du 28 septembre 1939, mais non pas faire d'autres concessions en Europe.
Première brouilles entre Berlin et Moscou
Il y avait eu entre Berlin et Moscou quelques frictions lors des discussions sur le rapatriement des ressortissants allemands des pays baltes occupés par les Russes: la conclusion de l'accord pour la Lettonie - signé le 8 novembre 1939 - avait été très laborieuse.
La Bessarabie avait été comprise dans la zone d'intétêts soviétiques dès le protocole secret du 23 août. Molotov avait pris soin de rappeler les
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revendications soviétiques sur ce pays dans son discours prononcé le 29 mars 1940. Hitler savait à quoi s'en tenir la-dessus; il le savait à tel point que son ambassadeur à Bucarest, M. Fabricius, avait à deux reprises (le 4 décembre 1939 et le 22 mai 1940) fait comprendre au gouvernement roumain qu'il valait mieux se soumettre aux exigences soviétiques, et qu'en tout cas l'Allemagne ne pouvait lui prêter son appui, car «le Fuehrer n'était pas homme à oublier le grand service que Staline lui avait rendu» (G. Gafenco, Préliminaires de la Guerre à l'Est, page 301-2). En réalité, il ne s'agissait point de reconaissance posthume, mais d'un engagement précis pris par Hitler lors des accords de Moscou.
Le 23 juin 1940 Molotov informait von Schulenburg que la Russie croyait le moment venu de forcer sans délai une décision en ce qui concerne la Bessarabie, et comptait sur l'appui allemand: les revendications russes s'étendaient aussi à la Bukovine, qui n'avait pas été mentionnée dans le protocole secret du 23 août (N. -S. R. page 156). Molotov déclarait en même temps que son Gouvernement attendrait une réponse allemande jusqu'au 25 juin (Télégramem de Schulenburg du 23 août, no 1208, non publié dans N. -S. R.).
L'Allemagne ne pouvait guère avancer d'objections au sujet de la Bessarabie, qu'elle avait livrée à la Russie dès le 23 août 1939, mais elle en formula au sujet de la Bukovine. Sur ce point se sont produits les premiers tiraillements sérieux entre les deux partenaires. Les Russes accusèrent les Allemands de manquer à leur devoir de solidarité, mais tout fut réglé par un compromis. Moscou ayant accepté de limiter ses exigences à la Bukovine du Nord: c'est sur cette issue qu'est rédigé l'ultimatum soviétique à la Roumanie. L'Allemagne intervient alors pour que le gouvernement roumain s'y résigne (N. -S. R. page 163) et l'Italie donne ses conseils à Bucarest dans le même sens (Ciano, Journal, I, page 269).
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Collaboration économique jusqu'au bout
Cette sollicitude des dirigeants soviétiques pour prouver à l'Allemagne leur bonne volonté se manifeste d'une façon évidente et sur une large échelle sur le plan économique. L'URSS et l'Allemagne ont conclu depuis le 10 janvier 1941 un nouvel accord (C'est le troisième, venant après ceux du 19 août 1939 et du 11 février 1940). Au début quelques difficultés ont surgi, mais elles sont vite surmontées. Dès le mois de mars 1941 les Russes se font plus conciliants; ils livrent des centaines de milliers de tonnes de blé en avance sur les contrats conclus pour septembre (N. -S. R. page 318-9). Ils sont moins exigeants pour les contre-parties allemandes (N. -S. R. page 327) et promettent pour l'année suivante 5 millions de tonnes de blé (N. -S. R. page 332), que la Wehrmacht n'aurait donc pas besoin d'aller chercher elle-même en Ukraine. Le transit à travers la Sibérie des matières premières importées par l'Allemagn des pays d'Asie occidentale s'effectue «favorablement»; les Russes mettent même à disposition de l'Allemagne, à la frontière mandchourienne, un train spécialement destiné au transport du caotchouc (N. -S. R. page 318). En avril d'importantes livraisons sont faites par les Russes: 2008'000 tonnes de blé, 90'000 de pétrole, 8'300 de coton, 6'340 de métaux non ferreux (cuivre, étain, nickel). Pendant ce même mois transitent à travers la Sibérie, en direction de l'Allemagne, 2'000 tonnes de caotchouc, par des trains réguliers et 2'000 encore par des trains spéciaux (N. -S. R. page 339-41). Dans son mémoire historique sur l'économie allemande de guerre, le général Thomas remarque: «Les Russes exécutèrent leurs livraisons comme prévu jusqu'au début de l'attaque, et même les derniers jours les transports de caotchouc d'Extrême-Orient furent acheminés par des trains express (Procès de Nuremberg, III, 372 et cf. N. C. A. IV, page 1083).
La situation est telle que le 15 mai, Schnurre, le négociateur allemand, prévient son gouvernement qu'on pourrait dès lors demander aux Russes d'assurer à l'Allemagne «ses besoins en ravitaillement et en matières premières au delà du volume fixé jusqu'ici par les contrats (N. -S. R. page 341), avec la certitude d'une réponse favorable.
[ndlr: Il manque des données sur les contre-parties allemandes]
«Alea jacta est»
Mais Hitler a pris, depuis plusieurs mois, ses décisions. Rien de l'en fera démordre. Lorsqu'il rentre à Moscou, le 30 avril, après un séjour de deux semaines à Berlin, l'Ambassadeur von Schulenburg est très découragé: il a vu Hitler et il a l'impression que les dés sont jetés. Hostile comme il l'est à la guerre, il essaie même de prévenir du danger le gouvernement soviétique au cours d'une conversation qu'il a avec Dekanosov (Interrogatoire de la Mission aaméricaine. Von Schulenburg sera compromis dans le complot anti-hitlérien de juillet 1944).
Ceux qui connaissent bien la Russie s'efforcent, sans y réussir, de dissuader Hitler de la dangereuse entreprise: Weiszaecker, von Tippelskirch et Schnurre à Berlin, Gustav Hilger, en plein accord avec son ambassadeur. à Moscou.
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21: A partir surtout du début de mai 1941, le Gouvernement soviétique s'efforce, par toute une série de mesures, de prouver à l'Allemagne sa volonté de paix et collaboration aussi bien sur le plan politique que sur le plan économique; mais précisément à partir de cette époque et jusqu'à la guerre, il ne réussit plus à rétablir le contact avec le gouvernement allemand, qui se soustrait à toute discussion.
22: La guerre germano-soviétique a été le résultat d'une décision unilatérale de l'Allemagne, la Russie ayant tout fait pour l'éviter. Si la Russie est entrée, en juin 1941, dans le dront des démocraties, c'est uniquement parce que l'Allemagne l'y a poussée l'épée dans les reins.
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