Extrait d'un interview de Hergé par Pierre Boncenne paru en décembre 1978 dans Lire à la veille du cinquantenaire de la création de Tintin où Hergé parle à la place de Tintin, document repris par L'Express du 15/12/2006. Il est révélateur de harcèlement pour la défense du communisme par Pierre Boncenne, un véritable "idiot utile" de cette idéologie inhumaine.

Votre première aventure a eu lieu au "pays des Soviets", pourquoi ?

N’oubliez pas que je suis un reporter et, à l’époque, exactement comme maintenant la plupart des journalistes ne rêvent que d’aller en Chine, les jounalistes voulaient partir en Russie parce qu’il se passait des choses là-bas. Il y avait déjà eu la Révolution de 1917, le massacre de la famille impériale, la guerre entre les Russes blancs et les Bolcheviks, la famine, etc. La Russie était vraiment dans l’actualité et mobilisait toutes les imaginations. Comme mon père travaillait dans un journal catholique, ayant violemment pris parti contre les Bolcheviks, il était tout à fait normal qu’il m’envoie là-bas m’informer. Mon père s’est servi d’un livre, Moscou sans voile, dans lequel un consul belge relatait tout ce qu’il avait vu. On a dit que c’était un livre de propagande. Peut-être. Mais c’est aussi un livre de reportage, de choses vues que l’on ne peut pas ignorer. Dans toutes les révolutions, aussi justifiées soient-elles, il y a des côtés épouvantables et, vu l’ambiance du journal dans lequel travaillait mon père, il était normal que moi, Tintin, le redresseur de torts, je raconte surtout ces côtés-là. Alors, d’accord, c’était de l’anticommunisme primaire. Mais il était tout à fait logique que je me rende en Russie.

Et Hergé regrette cet anticommunisme primaire ?

Non, il ne le regrette pas, même s’il n’est plus le sien. C’est ainsi, il faut accepter ce qui a été fait comme on accepte un péché de jeunesse. Et pourtant, pendant très longtemps Tintin au pays des Soviets n’a pas été réédité, ce qui pouvait laisser supposer un certain remords de la part d’Hergé.

Eh bien ! je vais vous dire le seul et vrai remords qu’Hergé avait, était dû à des raisons esthétiques. Je ne voudrais pas faire de la peine à mon père, mais Tintin au pays des Soviets c’était les premiers dessins qu’il avait faits et c’étaient de très mauvais dessins ! Et c’est pour cela surtout que cet album n’a pas été réédité. Quant au reste, il était tout de même difficile de rééditer cet album après la guerre sans que cela apparaisse comme une prise de parti, et ce d’autant plus que les Russes étaient devenus nos alliés. Peu à peu, le temps a passé et mon père comme son éditeur ont pensé qu’il était possible de faire une réédition "historique" sous forme d’album-archives. Cet album existe maintenant, il montre que Tintin au pays des Soviets existe et voilà: tirez ou ne tirez pas sur le pianiste...
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