Pierre Jeanneret, le fils du stalinien Minchkine, continue l'infection bolchévique

Pierre Jeanneret, le fils du stalinien Dr Jeanneret (Michkine), continue l'infection bolchévique dans un article “Une arme au service de la révolution: le théâtre prolétarien” en mars 2009!!!. Le théâtre prolétarien a eu de grands génies, Lénine et Staline, experts en promesses jamais tenues et en camouflage de l'horreur qu'ils n'hésitaient jamais à provoquer pour la défendre de leurs intérêts pervers! Mais cela Pierre Jeanneret ne peut le voir intoxiqué par le bolchévisme. Evidemment, tout est à prendre avec des pincettes car tout est falsifié! Encore un «idiot utile» qui mériterait un séjour définitif à la Loubianka!


Une arme au service de la révolution: le théâtre prolétarien

vendredi 6 mars 2009, par Pierre Jeanneret
http://www.gauchebdo.ch/?Une-arme-au-service-de-la

Retour sur une expérience dramaturgique originale de l’entre-deux-guerres.

Solo - Liebknecht, Luxemburg, Lénine ! Sont nos trois ailes. Et la révolution mondiale vit !
Chœur - Vive la révolution prolétarienne !

Trop oublié aujourd’hui, voire occulté depuis la « chute du communisme », le théâtre prolétarien a fortement marqué les années vingt et trente. Il a constitué un vaste mouvement international, surtout actif en URSS, dans l’Allemagne de Weimar, en France (le groupe Octobre de Jacques Prévert), mais aussi en Belgique, ou en Tchécoslovaquie… Dès les années vingt, des troupes de théâtre liées au Parti communiste (Volksbühne Zürich, Rote Bühne Basel, etc.) se créèrent en Suisse alémanique. Mais sait-on que le théâtre prolétarien (TP) fut également très actif pendant la décennie 1930-40 à Genève ? L’idéal d’un art dramatique pour le peuple était certes ancien, de la tragédie grecque antique - expression de la démocratie athénienne - au théâtre ouvrier socialiste du XIXe siècle, en passant par les mystères médiévaux et la troupe ambulante de Molière. L’originalité du TP fut à la fois politique et formelle. Directement inséré dans le projet idéologique de la IIIe Internationale, il suscita corollairement un renouveau de l’art dramatique. Dès 1928, le 6e Congrès du Komintern avait déclenché sa phase ultra-gauche, dite de Front unique, dirigée prioritairement contre les « social-fascistes » ou « social-traîtres ».

Esthétique anticapitaliste

La Conférence internationale des écrivains révolutionnaires, en novembre 1930 à Kharkov, fixa les objectifs et les règles esthétiques de ce nouveau théâtre, qui se réclamait de la lutte des classes intransigeante, voulait participer au renversement du capitalisme, et qui devait viser surtout l’efficacité auprès des masses. « L’art est une arme pour la révolution », selon la formule célèbre de l’écrivain allemand Friedrich Wolf.

La même année 1930 - dans le contexte du « temps des passions », marqué par de violents affrontements entre d’une part la gauche socialiste nicoliste, le Parti communiste de Jean Vincent, les anarchistes de Lucien Tronchet, d’autre part l’Union nationale fasciste de Géo Oltramare - naît donc à Genève un groupe de théâtre prolétarien. Issus de toutes les professions, souvent ouvriers, la plupart membres du petit PC local, les acteurs sont des « non-professionnels » (la professionnalisation est alors perçue comme une sorte de prostitution à l’art bourgeois).

Parmi eux, le « petit juif apatride » Jacques Vaëna (1917-2000) qui, sous le pseudonyme de William Jacques, sera bien connu du grand public après la guerre, notamment pour ses « mises en ondes » radiophoniques ! Le TP a donc constitué aussi une formation théâtrale pratique. Entre 1930 et 1936, le groupe participe à quatre-vingts manifestations (plutôt que « représentations »). Il se montre novateur, comme l’avait été le jeune art soviétique - peinture juive révolutionnaire de Chagall, Constructivisme de Malevitch, Formalisme en littérature, cinéma d’Eisenstein et Poudovkine - avant que l’appareil stalinien ne mette fin à ces expérimentations. Il s’inspire surtout de l’agit-prop [1] : comme les termes l’indiquent, il s’agit à la fois de mobiliser et de conscientiser les masses. Les acteurs sont vêtus du bleu de travail de l’ouvrier. Ils jouent des saynètes basées sur l’actualité, dans des salles lors de fêtes ouvrières, ou dans la rue. Ils lancent des slogans de gauche pendant les pauses du football ouvrier. Leurs « pièces », réalisées avec des moyens financiers dérisoires, sont souvent étonnantes d’inventivité, et non sans humour. Par exemple, dans L’appareil photographique on fait entrer un homme politique de droite… et il en sort un poisson pourri.

Lausanne-la-rouge

On utilise aussi des projections d’actualités, des écriteaux avec des statistiques, des jeux de lumière, techniques que l’on retrouvera dans les grands spectacles brechtiens de la Volksbühne de Berlin-Est ou à Laterna Magica à Prague. Mais la technique emblématique, voire canonique de l’agit-prop est le chœur parlé, où plusieurs groupes scandent un texte de propagande. Habilement, le nazisme saura d’ailleurs se réapproprier ce genre, le Sprechchor, en le mettant au service de la Volksgemeinschaft hitlérienne… Les Avant-Coureurs lausannois feront eux aussi un usage abondant du chœur parlé ou chanté, dans leurs spectacles annuels, par exemple A la gloire de Lausanne-la-rouge en décembre 1933. Le Parti ouvrier socialiste vient en effet de remporter les élections municipales.

Grandiose Fête de Mai

Le TP va connaître en 1936 une profonde réorientation. Elle est liée au grand revirement tactique du Komintern : l’adoption de la politique de Front populaire antifasciste. Sur le plan formel, le TP devra abandonner son langage-slogan d’agitation politique ultra-gauche (qui ne touchait peut-être que des convaincus…), au profit d’un message unitaire beaucoup plus modéré. Le Théâtre prolétarien renonce même à son étiquette révolutionnaire, et prend le nom de L’Effort. Les années 1936-40 constituent donc la deuxième période de son histoire. Elle est marquée par un plus grand professionnalisme, la pratique d’un théâtre plus complexe, et par la participation du groupe à de grands spectacles de masse, les Festspiele ouvriers. Esthétiquement, ils sont proches des Festspiele traditionnels, fêtes patriotiques associant musique, chant, scènes de foule sur fond de vastes décors. Mais leur contenu idéologique, bien sûr, s’en distingue.

Mentionnons Europe 1937, un spectacle de combat appelant à la solidarité avec l’Espagne républicaine. Et surtout la grandiose Fête de Mai 1938. Si elle véhicule un discours finalement bien consensuel (glorification du travail et des conventions collectives dans l’esprit de la Paix du travail…), la réalisation est saisissante : la décoration du Bâtiment électoral - à l’emplacement actuel d’UNI II - a été créée par le graveur Alexandre Mairet et réalisée, comme les dispositifs scéniques, par des ouvriers syndiqués. On dénombre des centaines de figurants sur scène.

C’est aussi au groupe L’Effort que l’on doit la première représentation en Suisse romande d’une pièce de Bertolt Brecht, Les Fusils (devenus Les Fils) de Madame Carrar, alors même que la République espagnole est à l’agonie. Les représentations prennent fin en mars 1939 : c’était il y a septante ans. Il faudra attendre 1946, avec l’adaptation libre de Die drei Soldaten par le jeune Benno Besson, dans le cadre d’une soirée du POP local à Yverdon, pour revoir une pièce de Brecht. Et 1962 pour que son oeuvre connaisse un triomphe, avec Sainte Jeanne des Abattoirs au Théâtre municipal de Lausanne.

La Mob de septembre 1939 aura raison de L’Effort, qui disparaît. Sans doute le théâtre prolétarien, notamment par sa volonté de faire descendre le théâtre dans la rue et sur les lieux de travail, a-t-il indirectement inspiré une série d’expériences de l’après-guerre, comme le Théâtre Populaire Romand (1959), ou le Théâtre à l’Usine de William Jacques (1960), même si ces troupes n’avaient plus aucun lien avec le Parti communiste. Le TP a contribué au renouvellement de l’art dramatique. Il a prouvé aussi, par ses recherches formelles, qu’on peut faire de l’art révolutionnaire marxiste sans tomber dans le kitsch du pire « réalisme socialiste » stalinien ou maoïste : stakhanoviste et kolkhozienne juchés sur un tracteur et brandissant un Drapeau rouge…

Sources principales : Ivo Frey, Proletarisches, agitprop- und antifaschistisches Theater. Ein Beitrag zur Geschichte des Schweizerischen Arbeitertheaters der Zwischenkriegszeit, thèse de doctorat, Uni. de Berne 1983 ; Jorge Gajardo Muñoz, Du Théâtre Prolétarien au groupe L’Effort 1930-1940 (En quête d’un théâtre ouvrier genevois), mém. lic. Uni. Genève, 2001 (non publiés) ; interview vidéo de William Jacques par P. Jeanneret, 1995.

Notes

[1] Contraction de otdel (département pour) agitatsii i propagandy du PCUS

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