Willy Münzenberg: un des “Suisses” agents du Komintern

Parmi les sources, il faut citer l'importante recherche de Brigitte Studer qui a publié. "un parti sous influence: le Parti communiste suisse, une section du Komintern 1931 à 1939".

De 1910 à 1921, séjourne et milite en Suisse, ce qui le fait inclure dans les Suisses, agents du Komintern.

Willi Münzenberg artiste en révolution, un article habituel avec l'amnésie des si nombreux crimes bolcheviks puis communistes. Avec aussi un anti-fascisme à deux vitesses, seulement contre Hitler mais en soutenant Staline, super-fasciste!

MUNZENBERG Willi (1889-1940) - Jeune ouvrier, originaire d'Erfurt, militant de l'organisation des jeunes sociaux-démocrates allemands. Il arrive à Zurich en 1910 à l'âge de 21 ans. Extrêmement doué en matière d'agitation et d'organisation, il va faire de Zurich un foyer contestataire, qui donnera de sérieuses inquiétudes au Conseil fédéral et à l'état-major de l'armée pendant le conflit 1914-18. Après son séjour en Suisse, Willi Münzenberg reprit une activité politique intense en Allemagne et participa au 2e congrès de la lIle Internationale. En 1921, dans le cadre de la campagne internationale d'aide à la Russie soviétique, frappée par la famine, Münzenberg créa un "Auslandskomitee zur Organisierung der Arbeiterhilfe für die Hungernden in Russland", qui réussit à faire parvenir une aide importante, avec le concours de milieux très larges, pas seulement de gauche. Ce sera d'ailleurs une spécialité de Münzenberg de réussir à créer plusieurs comités internationaux de soutien ou de défense dont l'un des piliers fut "Le secours ouvrier international" (Internationale Arbeiterhilfe / IAH), qui joua également un rôle important en Suisse. Ce qui caractérisait aussi Münzenberg, outre l'art et l'ingéniosité dont il faisait preuve dans ses activités, c'est sa compréhension de l'importance des moyens de communications, modernes pour I'époque, qu'étaient l'image et le cinéma. C'est ainsi qu' il lança "L'Arbeiterillustrierte Zeitung" (AIZ) en 1921, le plus grand hebdomadaire illustré ouvrier des années 1920-30. Il créa également de nombreuses entreprises (pour la gestion des fonds de solidarité, pour la diffusion de films, pour l'édition de livres et d'autres journaux), à tel point que l'on parla bientôt du "trust Münzenberg". Cette activité se déployait avec le concours de grands artistes ou vedettes, que Münzenberg savait rallier à ses causes et qui n'avaient pas l'impression d'être les porte-parole d'une idée politique, alors que toute ces manifestations étaient d'un apport considérable pour le Parti communiste allemand (KPD) et I'Internationale communiste (IC). Naturellement, la position et l'activisme hors-pair de Münzenberg ne pouvaient aller sans réactions violentes des adversaires politiques, ni jalousie ou irritation de ses coreligionnaires, d'autant plus que le statut des organismes qu'il avait édifié le soustrayait au contrôle direct du KPD et de l'IC. Très habilement, Münzenberg, qui se tenait à l'écart des luttes politiques internes du KPD et de l'IC, parvint à maintenir son esquif au milieu de toutes les tempêtes politiques et à fuir l'Allemagne à temps lors de la prise du pouvoir par Hitler. Il continua une intense activité de propagande depuis la France, qui donna beaucoup de soucis à la Gestapo. (Que l'on songe à l'organisation de la défense de Dimitrov au procès de Leipzig, à la publication du Livre brun sur les méfaits du nazisme, largement diffusé dans le monde. Mais en 1936, au moment des procès de Moscou, Münzenberg prit ses distances avec le mouvement communiste et fut exclu du KPD en 1937. C'est cependant seulement le 10 mars 1939 qu'il publia une déclaration disant que s'il rompait avec les appareils du KPD et de l'IC, il ne voulait pas se séparer du communisme et des milliers de militants sincères, ni cesser de combattre le fascisme. Lors du début de la Seconde Guerre mondiale, il fut intemé comme des milliers de réfugiés allemands en France. Pendant I'exode de mai-juin 1940, les internés furent transférés dans le sud et depuis là, on perd la trace de Münzenberg. On retrouva son cadavre, pendu à un arbre, à Saint-Marcellin, dans l'lsère, le 22 octobre 1940. La raison exacte de son décès reste aujourd'hui encore un mystère: suicide ou assassinat? (Et si oui par qui? Crime crapuleux ou meurtre de la Gestapo ou d'agents de Staline?) .

Notices biographiques établies par André Rauber, in Histoire du mouvement communiste suisse, Editions Slatkine, Genève 2000.

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