La commission de contrôle des mandats durant la Grande terreur de 1937-38

L'histoire du Komintern et celle de sa section suisse a été tellement trafiquée pour célébrer cette organisation méga-criminelle au service exclusif d'un régime sanguinaire et ON a évidemment occulté les multiples saloperies et horreurs, qu'il faut une attention constante pour trouver la réalité des faits qui surgissent souvent par un petit indice. Ainsi, dans la biographie d'Edgar Woog du “Dictionnaire biographique de l'Internationale communiste”, il est écrit: «Woog, seul en Suisse, devient membre du Politburo du PCS et le 4e de la commission de contrôle des mandats durant la Grande terreur, responsable du rapport.» En 2010, les nombreux historiens spécialistes de l'Histoire suisse ou de l'«Histoire du mouvement ouvrier», les Rauber, Caillat, Fayet, Python, Batou, Guex et évidemment Jost n'ont jamais mentionné ni l'existence commission avec le nom de ses quatre (?) membres, et encore moins la teneur du rapport.

Dictionnaire biographique de l'Internationale communiste. Evidemment, c'est la négation des millions de crimes du régime soviétique et si Staline est critiqué, c'est pour avoir fait assassiner des milliers de membres du PCUS (parti communiste de l'Union soviétique), mais pas pour les millions d'ouvriers et de paysans arrêtés, déportés, affamés et souvent fusillés. A noter donc l'absence totale de critique sur l'action du Komintern, et pas un mot sur ses victimes… preuve que ce sont des communistes qui ont fait ce dictionnaire certainement falsifié! Biographies à lire avec attention pour ne pas tomber dans l'infection de ce stalinisme masqué!

En connaissant les leaders du Parti communiste suisse à cette époque, l'existence du vrai chef caché dans l'ombre, en plus d'Edgar Woog, il y devait y avoir Jules Humbert-Droz, Karl Hofmaier et le vrai chef, inconnu des militants du PCS! Et cette commission a dû évaluer les membres du Parti communiste suisse et de ses filiales, mais aussi les Suisses vivant en URSS, comme Yvonne Bovard, Berthe Zimmermann, Jenny Humbert-Droz, Fritz Platten, etc…

Quant au rapport proprement dit, il doit figurer avec ceux qui ont été exigés de tous les sections et officines du Komintern. Quant on ajoute que ces listes, comme celles qui ont été faites pour toutes les sections du PCUS durant la Grande terreur de 1937-38, devaient avoir 3 colonnes, les fiables, les douteux et les agents gestapo-trotzkistes, ces derniers étant liquidés sans jugement par le NKVD, les seconds interrogés pour être ensuite déportés et/ou fusillés. De plus, des quotas avaient été fixés pour obliger les responsables des commissions à déterminer des nombres minima de ceux qui allaient avoir la vie sauve ou être assassiné; ceux qui ont élaborés ces listes ont servi Staline dans l'élimination de ses ennemis, et donc été des complices actifs de cette monstrueuse horreur. Les membres de ces commission de contrôle des mandats sont donc, sans nulle doute possible, des assassins en col blanc. En URSS, le parti communiste ayant le droit de vie et de mort sur tous, cette mécanique infernale à fonctionner à plein régime à tel point qu'on pensait qu'elle ne s'arrêterait jamais. Bilan de la Grande terreur de 1937-38, plus de 1,5 millions d'arrestations, la moitié fut fusillée!

Hors de l'URSS, dans les odieuses démocraties bourgeoises selon les «antifascistes», l'élimination des douteux ou des trotsko-gestapistes fut plus délicates et il y eut bien moins de morts. La majorité des «douteux» ou des «traîtres» fut exclues du parti ou de ses filiales, et pour liquider, le Komintern fit envoyer en Espagne, dans la Légion étrangère de Staline, nommée frauduleusement Brigades internationales, où Marty et Togliatti faisaient le tri à Albacete, lieu d'exécution de centaines d'individus.

Dans l'exemple assez connu, celui de Khrouchtchev, à l'époque chef du parti pour la ville de Moscou, les quotas ont été fixés d'abord à 10'000 environ. Puis, pour montrer sa loyauté au chef suprême, Staline, et par un effet de la stimulation socialiste montré par l'héroïque mineur Stakhanov (une parmi des centaines d'opérations de désinformation montées par le NKVD!), le chiffre est monté à 17'000 toujours pour Moscou; cette inflation a aussi touché les autres commissions qui, toutes, voulaient montrer leur zèle. Sans entrer dans les détails, uniquement pour Moscou, il repose au Polygone de Boutovo, plus de 20'000 cadavres, fait qui démontre l'excellente efficacité de l'apparat du NKVD dans la répression des «ennemis du peuple»! A noter que dans son fumeux rapport secret au XXe Congrès du Parti communiste d'Union soviétique, le camarade Khrouchtchev a omis de mentionner son exploit personnel! Un grand modeste, Nikita!

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