Reynold Thiel, le communiste suisse agent du Komintern
En arrière plan les "réussites dans l'édification du socialisme"
Organisation méga-criminelle au service d'un régime ennemi du peuple
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Récemment, le quotidien "Le Temps" révèle l'existence de Reynold Thiel dans Thiel le Rouge, une histoire communiste suisse qui serait demeurs totalement inconnus en dépis de nombreuses recherches sur le Komintern. En particulier, il faut citer l'importante recherche de Brigitte Studer qui a publié: "Un parti sous influence: le Parti communiste suisse, une section du Komintern 1931 à 1939". Reynold Thiel serait mort, le 4 septembre 1963 suite au crash à Dürrenäsch d'un appareil de Swissair. |
Comment parler de Reynold Thiel ? Thiel: apparatchik ou idiot utile?
Le Temps a décidé de faire de personnage le héros dun feuilleton. Pourquoi pas ! A la fin de lannée 2008, le seul motif valable nest pas de faire de cet agent du Komintern un personnage romantique mais de rappeler le caractère criminelle de cet organisation au service de l'horrible régime soviétique. Reynold Thiel fait-il partie comme les 5 de Cambridge, de ces "idiots utiles" qui croyaient servir le peuple et qui ont, en réalité, servi son bourreau? Quand ils se sont engagés à servir l'URSS, durant les années 1930, le régime soviétique était la cause d'une horreur quotidienne contre les ouvriers et les paysans. De plus, le Politburo organisa 3 crimes de masse monstrueux: la collectivisation de 1930-31, la grande famine de l'Urss (Holodomor en Ukraine) et la grande terreur de 1937. Présenter ces 5 espions de manière romantique alors qu'ils se sont mis au service de l'horreur qui assassina plus de 10 millions d'innocents entre 1930 et 1939, sans compter les victimes de la répression dans les territoires agressés suite au pacte germano-soviétique et celles de la guerre contre la Finlande, c'est falsifier l'histoire et mépriser des millions de victimes.
1932: Thiel tombe dans un des réseaux communistes à Paris
1934: Après Paris, à son retour à Neuchâtel, il rejoint un foyer de subversion. Malgré ce qui est décrit, noyautage, coups tordus, l'imposture du front antifasciste (L'Allemagne est nazifiée depuis plus d'un an. L'Italie vit depuis dix années sous la poigne gantée de Mussolini.) qui abandonne les peuples de Russie à l'horreur du régime soviétique. Et même dans leur vie privée, la camaraderie est aussi une imposture: "Reynold Thiel quitte Hauterive, pour longtemps. Mais pas pour des raisons politiques. Il a surpris sa femme dans les bras de Maurice Mendjisky."
Communisme: un roman vrai
Reynold Thiel? Ce Neuchâtelois inconnu est un communiste suisse dont la vie ressemble à un roman.
«Le Temps» a choisi de raconter en trente épisodes cette aventure politique qui fait le tour du monde.
Le feuilleton prendra place aussi sur le site internet du journal, dans une forme interactive et enrichie.
Le Temps, Alain Campiotti, Lundi 15 décembre 2008
Ce que vous allez lire n'est pas un roman. Rien n'y manque pourtant: l'amour, la trahison, le secret, la guerre, l'argent... L'histoire commence en 1910 à Hauterive, Neuchâtel, et finit 53 ans plus tard dans un village d'Argovie. Entre ce début et cette fin, les étapes sont nombreuses, proches ou lointaines, de Paris à Pékin, de Barcelone à Moscou, de Genève à Vorkuta, de Zurich à Bucarest et Budapest, de Toulon à Bône (Annaba), de Berlin au Caire. Sur ces pistes, il y a les pas de Reynold Thiel, des femmes et des hommes qu'il a connus.
Qui est Reynold Thiel? Ce Neuchâtelois fut pianiste, couturier, homme d'affaires. Et communiste: c'est le coeur de ce récit. Le mouvement communiste suisse, du début du siècle dernier jusqu'à son épuisement, a été disséqué par les historiens et les acteurs. Vous pouvez parcourir ces milliers de pages, vous n'y trouverez jamais Thiel. Les très rares mentions de son nom apparaissent dans deux ou trois ouvrages dont le sujet n'est pas le communisme en Suisse. Pourquoi? Parce qu'il est dans cette histoire un quidam sans importance? C'est le contraire qui est vrai.
Ceux qui crurent à la révolution, après Octobre 17, s'engageaient corps et âme. Pour un temps ou longtemps. Ils ne connaissaient plus de frontières. Leur patrie, c'était l'avenir rouge. Les uns étaient bien connus: dirigeants, élus, hommes d'Etat, artistes... D'autres l'étaient moins: militants de base, actifs dans une région, un secteur. Et il y avait les inconnus, par devoir. Ceux dont les fonctions, dans l'Internationale communiste (le Komintern) par exemple, exigeaient la plus totale discrétion. Même sur l'appartenance au parti: ils niaient en être, n'avaient souvent pas la carte. Reynold Thiel n'a jamais admis être communiste devant un étranger au parti. C'était pourtant le sens de sa vie.
«Double-Mètre»
Pourquoi raconter la trajectoire d'un homme qui se tait? Il faut y trouver de l'intérêt. Vous serez juges. Et comment le faire? Ce fut une équipée. Tout commence par Jean Jérôme, de son vrai nom Michael Feintuch. Ce Polonais de Galicie fut un des hommes les plus influents du parti communiste français. Et un des plus secrets. A l'ombre des Thorez, Duclos, Marchais, il gérait les dossiers les plus délicats, le plus souvent liés au centre, le centre stalinien. Or avant de mourir, Jérôme écrivait - et me disait - que Reynold Thiel était «son collaborateur et son ami». Il lui avait donné un surnom: Double-Mètre, parce que le Neuchâtelois mesurait 1,90 m. Mais Jérôme ne voulait rien dire d'autres. Il a fallu tirer le fil, qui se cassait parfois, petit bout par petit bout.
Pareille histoire ne tient pas en une page. Le Temps a décidé de raconter la vie de Reynold Thiel, avec ses affluents et ses confluents, en trente épisodes. Double récit. L'un, sur le papier, sera immuable, par définition. L'autre, sur le site internet du Temps, le sera moins: l'écho amènera peut-être, sur la vie du Neuchâtelois et de ses camarades, d'autres éclairages. Cette histoire est comme un puzzle incomplet.
Ce qu'on va lire restituera des faits et des événements, et des liaisons probables entres les uns et les autres, sans parti pris. Peut-être qu'à la fin janvier, quand tout sera dit, cette aventure politique inspirera des réflexions sur les illusions sanglantes du siècle passé. Le passé, seulement?
Premier épisode mardi: L'inconnu de Dürrenäsch.
Thiel le Rouge
Le Temps
Deux récits donc: un sur papier, l'autre sur Internet, complété chaque jour à l'adresse http://www.letemps.ch/thiel, avec des photos, des documents, des références bibliographiques. Mais la Toile ouvre d'autres perspectives. «Thiel le Rouge» est un puzzle incomplet, en raison même du secret que les acteurs de cette histoire entretenaient autour de leur vie.
Vous avez peut-être une pièce manquante. Tous les commentaires que les lecteurs feront, tous les compléments d'information qu'ils nous apporteront pour combler de possibles lacunes seront précieux. Ils contribueront à faire de «Thiel le Rouge» un récit collectif.
Une adresse pour vos interventions: thiellerouge@letemps.ch
TEMPS FORT
Le Temps I Article
Le feuilleton et la presse
Un genre oublié né il y a deux siècles.
Alain Campiotti
Lundi 15 décembre 2008
Trente épisodes? C'est une série, un feuilleton comme on disait naguère. Un genre lié à l'histoire de la presse, d'abord écrite, presque depuis son origine. Au début du XIXe siècle, le mot - feuilleton - ne désignait pas une fiction débitée en tranches. C'était l'espace réservé, en pied de page 2 - le rez-de-chaussée - à la critique de la production théâtrale. Le succès de ces chroniques était tel que chaque journal voulait avoir le sien, et c'était le lieu de polémiques intenses, souvent politiques. Chateaubriand et le premier consul Bonaparte s'y essayèrent.
C'est au milieu du siècle que le feuilleton devint roman. Des écrivains (Dumas, Balzac, Zola, Féval) acceptèrent de concevoir des uvres qui seraient délibérément rédigées en épisodes. Les éditeurs payaient bien, car les lecteurs affluaient et, forcément, revenaient. Ensuite, la formule s'est dégradée. Des quotidiens continuent de publier des feuilletons, romans arbitrairement débités en tranches, pour «caller les morts», autrement dit pour remplir l'espace élastique sous les avis mortuaires.
Ce que Le Temps vous propose, c'est la reprise de cette tradition, non plus pour dérouler une fiction, mais pour raconter des événements historiques, en épisodes qui ont chacun leur unité mais ne s'éclairent qu'à la lecture de tous.
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DOSSIER SPECIAL
Le Temps I Dossier spécial I Affichage de l'article
L'inconnu de Dürrenäsch
Les restes de la Caravelle «Schaffhouse». Des bâtons blancs plantés au sol là où il semblait y avoir des restes humains. (photo: Keystone)
EPISODE 1/30. Une Caravelle de Swissair s'écrase peu après le décollage. Radio-Paris parle d'un attentat.
Alain Campiotti
Mardi 16 décembre 2008
Séverine, sa fille, ne le voyait pas souvent. Elle en France, lui à Zurich ou fréquemment en voyage. «Tu n'as pas peur, papa, tout le temps en avion?» Il avait répondu à sa façon sarcastique de ne pas prendre au sérieux les questions graves. «Il faut bien mourir de quelque chose!»
Mercredi matin, quand il s'est levé, il faisait encore nuit. Les lampadaires de la Zürichbergstrasse éclairaient le brouillard. Le voyage serait court, et triste. Stella l'attendait à Genève. Ils iraient visiter l'appartement où elle allait vivre désormais, acheter des meubles. Une rupture? Un divorce? Une séparation. Zurich n'est pas loin de Genève. Ils auraient deux adresses plutôt qu'une seule. Elle verrait ses amants. Il mettrait fin à une humiliation que même sa fille absente percevait.
***
A Kloten, le brouillard était toujours aussi épais. Soixante mètres de visibilité sur la piste 16, 180 sur la piste 34. Cinq minutes après 6heures, Eugen Bohli, le commandant de bord, a demandé à la tour de contrôle l'autorisation d'inspecter la 34 en utilisant la puissance de ses moteurs: la chaleur disperserait un peu la poisse. La Caravelle «Schaffhouse» a parcouru ainsi la moitié de la distance d'envol, puis elle est revenue à son point de départ. A 7heures, les conditions étaient acceptables. Le vol 306, à destination de Genève et Rome, a été autorisé. A bord, 80 personnes, dont 43 membres de la coopérative agricole de Humlikon, en voyage de cagnotte, et une délégation du Conseil fédéral qui allait participer à Rome à une conférence de l'ONU sur le tourisme.
La Caravelle de Swissair a décollé à 7 h 12. Quatre minutes plus tard, elle était à 1000 mètres d'altitude. Dans le crachotement de la radio, les contrôleurs de Kloten ont entendu à 7 h 19 la voix de Bohli qui parlait de «difficultés». Et peu après, deux mots perdus: «... no more...»
Près de Dürrenäsch, 40kilomètres à l'ouest de Zurich, un paysan qui était déjà dans son champ a vu une boule de feu surgir du brouillard. L'appareil en détresse, ou ce qu'il en restait, a fauché deux toits de ferme avant de toucher le sol. Quand les premiers sauveteurs sont arrivés près du village, il n'y avait qu'un grand cratère fumant. Leurs ambulances ne servaient à rien. Des débris tordus seront trouvés jusqu'à 10 kilomètres à l'est.
C'était le 4 septembre 1963. La Suisse, qui venait d'ouvrir les chantiers de son Exposition nationale pour mesurer son aisance et ses inconforts, se réveillait avec un désastre au cur. L'émotion et l'urgence étaient telles que la Feuille d'avis de Lausanne décidait d'affréter un petit avion à La Blécherette pour être en mesure de rendre compte de la catastrophe dans son édition de l'après-midi. A Dürrenäsch, des hommes en blouse, autour du cratère, plantaient des bâtons blancs là où il leur semblait voir des restes humains.
Des voitures de presse arrivaient de loin, d'Allemagne, de France. Quelques heures plus tard, Radio-Paris parlait d'un attentat. La Caravelle française était un avion sûr, avec des circuits hydrauliques parfaitement isolés, et le kérosène n'est pas facilement inflammable. Une commission d'enquête rapidement formée a jugé cette hypothèse très peu vraisemblable. Elle se disait certaine «à 90%» qu'une avarie au décollage était à l'origine de l'accident catastrophique. Lors de son tour de piste avant 7 heures, le commandant Bohli avait fait un usage excessif des freins en poussant ses moteurs. Un échauffement s'était produit dans le train gauche. Au moment du décollage, un pneu avait éclaté et la jante, ayant touché le béton, était chauffée à blanc quand le train d'atterrissage est rentré dans son habitacle. Un incendie s'était très vite propagé jusqu'aux réservoirs, dans les ailes.
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Un hommage national aux victimes a été rendu dans le Fraumünster de Zurich, après une autre cérémonie religieuse à Andelfingen près de Humlikon, village ravagé: 40orphelins. Les Suisses se mobilisaient pour les aider. Maggi envoyait des hommes pour traire les vaches sans maîtres. D'autres volontaires allaient aider aux récoltes.
A Zurich, le Conseil fédéral avait délégué le président Willy Spühler, Paul Chaudet, le militaire, Friedrich Traugott Wahlen, le ministre des Affaires étrangères. Dans le Fraumünster si plein que 8'000 personnes restaient massées dehors, il n'y avait pas de cercueil. Un seul corps avait été identifié avec certitude. La liste des victimes était l'avant-veille dans tous les journaux. Au milieu de la première colonne, un nom bref: I.-R. Thiel. Pourquoi ce «I»? Faute de frappe? Mauvaise interprétation d'un signe placé devant l'initiale de l'inconnu? Il s'appelait en fait Reynold Thiel, 53 ans, né à Neuchâtel, homme d'affaires, résidant au 81 de la Zürichbergrasse.
Un inconnu? Pour les journaux, oui. Pas pour les trois conseillers fédéraux dans le Fraumünster. Ils avaient tous dû lire un dossier du Ministère public au nom de Reynold Thiel, portant un gros sceau «Geheim»: secret. L'ancien chef du département politique, Max Petitpierre, avant de quitter ses fonctions, avait rédigé une note pour souligner la confidentialité de ce dossier. Paul Chaudet avait reçu une autre note lui conseillant, dans cette affaire, de mettre à pied un colonel de l'état-major général. Sur une pièce du dossier Thiel, un fonctionnaire avait ajouté à la main, dans un style très Guerre froide: «Il s'agit d'un membre bien connu du communisme international.»
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Passion, secret, guerre, terreur, trahison: et des millions d'assassinats!
Il s'appelait Reynold Thiel, né à Neuchâtel en 1910. Il était communiste. Mais Thiel ne fut jamais une figure publique. C'était un homme secret. Pour le parti, il accomplissait, comme disaient les camarades, un «travail spécial». Dans le militantisme clandestin, dans la résistance au fascisme, dans la guerre chaude et froide, cet inconnu fut toujours aux avant-postes. Ce qui l'a conduit dans des chemins parfois obscurs. Sa vie, pour tout dire, ressemble à un roman. «Le Temps» a décidé de la raconter, sous la forme d'un feuilleton en trente épisodes.
Faire de la vie de Reynold Thiel une aventure romantique alors qu''il ne fut que laquet totalement soumis d'un régime horrible, imposture prétendant défendre les ouvriers et les paysans qui furent en nombre les victimes.