Suisses, victimes de l'URSS

En 1917, environ 8'000 Suisses résidaient en Russie: certains depuis longtemps et avaient émigrés pour être paysan, ou artisans ou entrepreneurs. De plus, depuis Alexandre 1er, il était à la mode d'avoir un précepteur suisse pour l'éducation des enfants, comme le fut Frédéric-César de la Harpe pour ce tsar ou Pierre Gillard pour la famille de Nicolas II.

La moitié de ces 4'000 Suisses durent être rappatrié en 1918 grâce à l'action de Woldemar Wehrlin, ce qui n'était pas facile car la Légation suisse à St-Petersbourg avait été attaquée, pillée et incendiée par les bolcheviks. Ces 4'000 Suisses ont été directement les victimes de la terreur rouge déclenchée par le coup d'état de Lénine, appelée fallacieusement révolution d'octobre.

Woldemar Wehrlin, sous le titre de délégué de la Croix-Rouge, restera jusqu'en 1937 pour agir officieusement comme consul de Suisse et assurer, tâche très difficile et parfois impossible dans un régime totalitaire, la protection des ses compatriotes et pour cela tenir à jour le Registre des Suisses et des personnes d'origine suisse domiciliées en URSS

Dupés par la propagande, éblouis par les mirages des “grandes réalisations soviétiques”, chauffés par des officines du Komintern ou par Léon Nicole et l'organe du Parti socialiste genevois “Le Travail”, des centaines des Suisses ont pris pour patrie des travailleurs, enfer pour les ouvriers et les paysans.


Komintern, Lénine parle, Platten est deux rangs derrière Staline, regardant à droite!

Parmi les premiers, Fritz Platten, membre du parti socialiste suisse, qui fut l'un de ceux qui permit le retour en Russie de Lénine en avril 1917. De retour en Suisse, il fut un des agents au service de Moscou dans le comité d'Olten et un des agitateurs de la grève de novembre 1918. Arrêté, condamné, libéré alors que sa femme Berta Zimmerman a été fusillée en 1937, arrêté, déporté dans les camps de Njandoma puis de Lipovo (près d'Arkhangelsk), puis fusillé en 1942. Encore un imbécile qui a tissé la corde qui l'a pendu! Après avoir été complice de tant de crimes de Lénine et Staline, son tour est venu, mais il fait partie des bourreaux, certainement pas des victimes. Curieusement lors de son “Voyage en URSS”, son camarade de parti, Léon Nicole, ne s'est pas inquiété pour lui. C'est beau la camaraderie!

Yvonne Bovard, Au goulag puis libérée et a pu rentrer en Suisse.

Paul Ruegg reste cependant en URSS avec sa femme Gertrud et leur trace se perd en 1937, après 1'arrestation de Paul, dans le cadre des grandes purges staliniennes. Le couple fut également indirectement lié à l'affaire des émissaires soviétiques arrêtés en Chine en 1931, qui avaient utilisé leurs noms et leurs passeports suisses comme couverture.

Lydia Dübi, responsable du réseau clandestin du Komintern à Paris. Convoquée à Moscou début août 1937, accusée d'espionnage au profit de la Suisse. Condamnée le 3 novembre à mort, fusillée quelques jours plus tard.

Pas Suisse mais membre du Parti socialiste suisse en 1917, Münzenberg Willy, allemand, milite en Suisse jusqu’en 1920 On retrouva son cadavre, pendu à un arbre, à Saint-Marcellin, dans l'lsère, le 22 octobre 1940.

Dans “Hotel Lux” d'Arkady Vaksberg, on apprend que la communiste suisse Gertrude Schildbach trahit son ami Ignacy Poretsky (Reiss) et fut liquidée à la Loubianka.

Les époux Ruegg dont les passeports avaient été utilisés par des agents du Komintern arrêtés et condamnés à mort en Chine en 1932, furent aussi tués durant la Grande terreur.

Parmi les Suisses qui ont pris la nationalité soviétique

Ernst Schacht.de Bâle a quitté la Suisse pour l'URSS dans les années 1920. Vers 1934, la double nationalité devenant interdite par décision du Politburo, il devient soviétique et réalise son rêve, devenir pilote. Envoyé en Espagne durant la guerre civile, il en revient indemne. Mais en mars 1941, il est arrêté et fusillé, sa femme également, peu après.

Margaretha Bürgin, femme d'abord Hofmaier puis Schacht: fusillée en 1942 Ainsi Margaretha Bürgin fut d'abord mariée avec Emil Hofmaier. Après avoir servi ce courrier pour le PCI, elle est archiviste du Komintern. Divorcée en 1935, elle se remarie avec Ernst Schacht, et furent arrêtés et fusillés.


Retour