LInternationale communiste fonde en 1927 la Ligue contre l'impérialisme et l'oppression coloniale
A Bruxelles, le 10 février 1927, en présence de 175 délégués, dont 107 viennent de 37 pays coloniaux, le congrès vise à l'organisation d'un mouvement anti-impérialiste de masse évidemment dans le monde entier, sauf en URSS. Ce pays qui dissimule derrière une pseudo union de républiques socialistes soviétiques, la colonisation au seul profit de Moscou de ces territoires. Et cette colonisation implique russification, sédentarisation des nomades, accaparement des ressources naturelles et du travail des autochtones, répressions souvent meurtrières, et imposition de l'admnistration bolchévique et de sa police, le Guépéou. Toujours le double langage des bolchéviques, très efficace pour tromper; ainsi il a fallu attendre 2005 pour que s'ouvre le musée de l'occupation soviétique de l'Ukraine
pays qui a souffert de plusieurs famines dont celle de 1932-33 qui a assassiné le quart de la population, soit environ 7 millions d'êtres humains. A noter que ni la Ligue contre l'impérialisme et l'oppression coloniale, ni la LICA protestèrent et encore moins le Secours rouge international!
Le siège de la Ligue est fixé d'abord à Berlin puis à Londres quant les nazis arrivent au pouvoir. Cette Ligue [ligue était à la mode: ligue des nations, ligue internationale contre l'antisémitisme devenue LICRA, ligue anti-diffamation ADL, Ligue des droits de l'Homme, Ligue des Communistes de Marx, etc
] a émané officiellement de formations et personnalités diverses: l'African National Consens (ANC) d'Afrique du Sud, l'Etoile nord-africaine, Albert Einstein, Henri Barbusse, Jawaharlal Nehru, de pacifistes comme Gabrielle Duchêne, de socialistes comme l'Anglais Fenner Brockway, de membres de la Ligue des droits de l'Homme comme Victor Basch, etc; le tout orchestré par un homme de confiance du Komintern, Willy Münzenberg.
Un manifeste est finalement adressé «à tous les peuples coloniaux et aux travailleurs et paysans du monde» les appelant à s'organiser pour lutter contre l'idéologie impérialiste. Et de nombreuses autres personnalités vont rouler pour Staline: le Sud-Africain Gumene, l'Antillais Bloncour de l'Union intercoloniale, Lamine Senghor, Messali Hadj
La section française (400 adhérents, maximun dénombrés en 1932) dont le secrétaire est Jacques Ventadour qui tente d'enrôler Romain Rolland, Moro-Giafferi et Henry Torrès, Léon Werth ou Georges Pioch. Elle organise un meeting le 26 avril 1927 devant 600 personnes, où prennent la parole Félicien Challaye au nom de la Ligue des droits de l'homme, Jean Zyromski, SFIO, Paul Vaillant-Couturier pour le parti communiste, Lamine Senghor et un représentant du Kuomintang.
Au IIe Congrès de la Ligue à Francfort fin juillet 1929, 84 délégués de pays opprimés subissent à l'affrontement entre communistes et "bourgeois nationaux-réformistes". Comprendre, les partisans de Staline qui veut imposer sa domination dans tous les appareils du Komintern et qui use de ses hommes de main pour expulser ses opposants. Cette lutte va condamner la Ligue qui végètera jusqu'à ce qu'en 1935 le VIIe congrès du Komintern la saborde. Nehru en avait déjà exclu pour trahison et Einstein, président d'honneur, avait démissonné en désaccord avec la politique pro-arabe de la Ligue en Palestine; comprendre qu'Einstein est aussi sioniste.