NOTES DE LECTURE

Curieusement quand on parle de "chasse aux sorcières", on pense au sénateur McCarthy mais jamais aux régimes communistes. Alors que ce qui se passe aux Etats-Unis ne fut rien en comparaison de la "chasse aux sorcières" permanente qui commença avec la terreur rouge, en octobre 1917. En effet, dans la démocratie américaine, personne ne fut condamné à mort, au contraire de l'URSS et de la Chine populaire, sans compter les autres, où des millions disparurent dans le goulag ou furent fusillés. Toujours l'efficacité de la propagande communiste à tourner le monde à l'envers et détourner l'attention de l'enfer soviétique.

Le Parti communiste français envoyait les listes de ses cadres dirigeants pour confirmation à Moscou; ces listes passaient d'abord par la section des cadres du Comintern, entièrement formée de collaborateurs du NKVD.” Qui faisait les listes sur la loyauté des membres et sympathisants du parti communiste suisse? Jules Humbert-Droz et Karl Hofmayer? Qui envoya Kamerzin en Espagne pour qu'il soit tué? Curieusement, aucun historien suisse ne fit de recherches, de peur de devoir révéler les saloperies et traîtrises qui avaient lieu!

Hotel Lux d'Arkady Vaksberg

Le bâtiment de l'hôtel Lux existe toujours. Il est devenu l'hôtel Tsentralnaïa sur la grande rue de Moscou, Tsverkaïa, ex rue Gorki.

HÔTEL LUX 55

sibles“ contre Boris Souvarine, “auteur du plus vil de tous les livres publiés sur Staline“, contre Victor Serge, “minable petit saboteur auquel pour des raisons incompréhensibles on a donné la possibilité de quitter l'Union soviétique“, et aussi contre “d'autres oppositionnels dont la liste complémentaire sera fournie ultérieurement“. Ce rapport “strictement confidentiel“ (non daté mais manifestement rédigé en 1938 ou 1939) est intitulé: “La lutte contre le trotskisme en France“, Maurice Thorez envoya à Moscou un compte rendu (“pour mai-novembre 1938“) de la commission des cadres du PCF. On lit dans ce rapport:

Conformément à vos instructions le maillon fondamental, celui des militants dirigeants du Parti communiste, a été vérifié. Le camarade Tréant parlera en détail de cette question. Les agents de l'ennemi de classe se sont efforcés et s'efforcent par tous les moyens de s'infiltrer dans les rangs de notre Parti et surtout de se glisser dans la direction des organisations du Parti. lis y sont plus ou moins parvenus dans certains comités d'arrondissement [...] La direction des organisations du Parti dans les grandes entreprises a, elle aussi, été soumise à vérification. Sous ce rapport, le travail effectué par les commissions des cadres du Comité central du Parti communiste français à l'usine Renault où l'ennemi de classe avait réussi à infiltrer ses hommes jusqu'au secrétariat de la section présente un grand intérêt.

Le Parti communiste français envoyait les listes de ses cadres dirigeants pour confirmation à Moscou; ces listes passaient d'abord par la section des cadres du Comintern, entièrement formée de collaborateurs du NKVD. Ils ne se distinguaient des autres agents de cette institution qu'en ce qu'ils percevaient leur traitement à la comptabilité du Comintern, et non à celle du NKVD. Des milliers de collaborateurs titulaires de la police secrète occupaient ainsi formellement des postes de travail dans diverses institutions qui leur servaient de “couverture“ (ou, dans leur jargon, de “toits“), et ces affectations ne modifiaient en rien le caractère de leur activité. C'est pourquoi, dire que les cadres dirigeants des partis frères étaient désignés ou, tout au moins, confirmés par la Loubianka, c'est simplement constater un fait indiscutable, indépendant du sentiment que pouvait avoir tel ou tel acteur de cette farce sinistre.

1. Original en langue russe.

Retour