NOTES DE LECTURE

Le Komintern sélectionne parmis les communistes étrangers des robots qui "devenaient automatiquement des collaborateurs de la section étrangère du Guépéou-NKVD".

Hotel Lux d'Arkady Vaksberg

Le bâtiment de l'hôtel Lux existe toujours. Il est devenu l'hôtel Tsentralnaïa sur la grande rue de Moscou, Tsverkaïa, ex rue Gorki.

HOTEL LUX 21

vie? Mais la "signature" de la Loubianka [SE] lit clairement dans cette affaire.

Dès le début de son existence, le Comintern s'attacha, pour effectuer ce genre de travail, à recruter des communistes étrangers répondant à deux conditions essentielles: une fidélité absolue, véritablement servile, au Centre (Moscou) et la volonté d'exécuter toute mission jugée indispensable pour en fonction du seul principe: Une fois nommés agents du Comintern, ces gens devenaient automatiquement des collaborateurs de la section étrangère du Guépéou-NKVD.

Moscou, qui n'était pas spécialement généreuse en récompenses matérielles, rémunérait leur "travail" en distribuant des décorations, des titres et des diplômes d'honneur aux "fils fidèles du Parti" (c'est-à-dire du parti mondial des communistes). C'est ainsi par exemple qu'un des arrêtés du présidium du Comité exécutif central de l'URSS (prototype du futur Soviet suprême) attribue la décoration de l'ordre du Drapeau rouge à quelques individus, dont la fonction n'est pas précisée, "pour leurs mérites au combat, leur sens aigu de l'initiative individuelle, et leur dévouement sans limite aux intérêts du prolétariat, qualités qui se sont manifestées dans des conditions exceptionnellement difficiles et dangereuses". On trouve parmi les bénéficiaires Walter Kriwitsky, le communiste bulgare Ivan Vinarov, le Letton Rudolf Kirkhenstein... Nous connaissons Kriwitsky. Vinarov, lui, atteignit le grade de lieutenant général, passa après la guerre des services de renseignements soviétiques aux services bulgares; il se vanta de la part qu'il avait prise dans les activités de la sanglante Loubianka, il en raconta quelques détails dans des livres écrits en son nom, où son travail réel est néanmoins décrit en langage codé. Rudolf Kirkhenstein, communiste letton, était le frère du microbiologiste Auguste Kirkhenstein, connu dans toute l'Europe, et qui se retrouvera quelques années plus tard à la tête du premier gouvernement collaborationniste de la Lettonie occupée; Rudolf Kirkhenstein cumulait son activité dans avec son travail dans les services de renseignements soviétiques. Il parlait admirablement de nombreuses langues étrangères et déployait des manières aristocratiques raffinées; il

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