Les contraditions de la politique de l’Internationale communiste

Article de A. Rudolf, dans la “Gazette de Lausanne” du 29 novembre 1940

“Depuis sa création, l’Internationale communiste a changé bien souvent de méthodes et de tactique. Ces changements, parfois très brusques, ont créé les situations les plus paradoxales pour ses adhérents. Peu à peu, pourtant, on s'était habitué à voir exhalté, dans un article de fond de la défunte “Rundschau” de Bâle, “l'amitié entre la Turquie et l'URSS, engagés dans de semblables efforts de reconstruction économique et culturelle”, tandis que plus loin dans le même numéro, un appel du “Secours rouge international”, exigeant la libération des nombreux turcs “gisant dans les geôles de leurs bourreaux capitalistes”. On s'était habitué, aux temps des “Fronts populaires”, à voir les chefs communistes marcher main dans la main avec les “sociaux-traîtres”, exécrés hier. On connaît les appels de cette singulière “Internationale“ demander aux communistes d'appuyer de toutes leurs forces, le régime de ce même général Tchang-Kai-Chek, qui, jadis, fut qualifié de “fossoyeur de la révolution chinoise”. On a, tout récemment encore, vu les communistes américains, fidèles aux dernières instructions de Moscou, combattre avec acharnement la candidature du “belliciste” Roosevelt, en faveur duquel ils avaient menés une campagne non moins acharnées il y a quelques temps à peine. Mais jamais la situation de la IIIe Internationale n'a été aussi équivoque qu'à l'heure actuelle. […] C'est en France que nous voyons de la façon la plus claire les effets tragiques de cette agitation. Exploitant démagogiquement la situation créée par une défaite qu''il a aidé à amener par la propagande subversive et le travail de sabotage que l'on connaît, le parti communiste français fait maintenant tout pour entraver le travail du gouvernement du maréchal. La presse a donné d'amples détails sur ce travail clandestin, tant en territoire occupé qu'en France libre. Il y a eu des centaines d'arrestations, un matériel a été saisi. Les journaux illégaux, comme “L'Humanité”, les “Nouvelles de l'URSS”, etc. sont fabriqués dans des typographies illégales. Dans certains cas, des armes ont été trouvée. […] Mais quel est le but de cette activité des moscoutaires? Il est certain que les entretiens Hitler-Molotov ont confirmé, pour le moins, l'accord de principe de l'URSS avec la conception allemande de la réorganisation de l'Europe. Or cette conception implique comme un de ses points essentiels l'idée d'une collaboration franco-allemande. Pourquoi le Komintern invite-t-il donc ses adhérents a risquer le camp de concentration et même la mort pour lutter contre une politique appuyée par le gouvernement soviétique? Deux hypothèses sont possibles. Ou bien nous nous trouvons en présence d'une nouvelle ruse tactique dont il est encore malaisé d'entrevoir toute la portée; ou bien la IIIe Internationale essaie comme l'affirment certains anciens communistes de parfaire à l'étranger, par d'autres moyens, le “travail d'épuration” commencé en URSS, en livrant délibérement à la répression des adhérents encore fidèles, mais devenus incommodes à la suite de la nouvelle tactique.


C'est en France que nous voyons de la façon la plus claire les effets tragiques de cette agitation. Exploitant démagogiquement la situation créée par une défaite qu''il a aidé à amener par


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