Ella Maillart témoin du fiasco du plan quinquennal et du début de la grande famine de 1932-33

Pour son premier voyage en URSS qui lui permis d'écrire son premier livre (Parmi la jeunesse russe. De Moscou au Caucase. Paris, Fasquelle, 1932), Ella Maillart fut en contact avec le parti communiste suisse. A son retour, Le Drapeau rouge du 3 janvier 1931 relate une conférence donnée par Ella Maillart et intitulée: "Une jeune bourgeoise au pays des Soviets".

Elle retourne au printemps 1932 à Moscou pour aller découvrir le Turkestan soviétique.Elle tente de renouer avec ses amis, mais la plupart ont été prendre l'air frais de Sibérie.

Très curieusement ce livre a été pour la première fois publié en 1943 par les éditions Grasset à Paris alors qu'il était terminé "au Salève, en novembre 1933". C'est bien dommage, car le témoignage d'Ella Maillart démolit les discours de Staline et de l'apparat soviétique sur les grandes victoires dans la réalisation du plan quinquennal, réalisé en 4 ans.

Alors que son aventure est avant tout narcissique, féministe, Ella Maillart rapporte des faits incontestables sur l'envers du paradis des travailleurs. Au cours de son récit, dès Moscou, et tout au long de son périple, elle découvre la réalité de l'édification socialiste de l'URSS: disette, famine, licenciements, soucis de manquer de l'essentiel, salariés pas payés alors qu'ils ont une famille à nourrir et même d'autres sont privés de tout travail, condamnés à mourir de faim. De plus, l'état soviétique va réduire en esclavage les peuples nomades qui lui tenait tellement à coeur, mais qu'elle laissera tomber. Encore un témoin muet de l'horreur soviétique des années 1930 abandonnant gens et peuples à la destruction, qualifiée d'édification socialiste. Cela explique-t-il ce délai de 10 ans avant la parution de son ouvrage. Qu'a-t-elle fait durant ces 10 ans? A-t-elle continué à faire des conférences organisées par des officines du Komintern?

L'importance de ce témoignage est "oublié" sur le site qui lui est consacré à Ella Maillart. Toujours la conspiration amnésique sur les crimes des régimes communistes!

En tout cas, elle a continué ses voyages, abandonnant ses chers amis de Moscou liquidés ou déportés par le régime dont elle avait pourtant bien compris l'horreur:
- en janvier 1935, elle va de Pékin au Sinkiang, terre des Ouïgours et autres peuples non chinois, déjà en révolte contre le Kuomintang, la République chinoise n'ayant pas aboli sa domination coloniale, et la République populaire, plus tard, non plus.
- en juin 1939, Avec Christina, elle roule dans une Ford V8 vers Kaboul. Christina, le pseudo pour Annemarie Schwarzenbach qui est l'objet d'une réalisation d'Anne Bisang présentée dans le Nouveau Quotidien du 9 décembre 1997.


Ces deux récits ont été publiés avant celui du voyage de 1932 au Turkestan. Deux hypothèses:
a) Ella Maillart n'a voulu publié son livre pour protéger ses amis de Moscou, rencontres qui avait fait l'objet de son premier ouvrage. Ce qui était tout à fait juste car durant les diverses opérations secrètes de la Grande terreur de 1937-38, des dizaines de Soviétiques ont été arrêté sur le simple qu'ils avaient eu des contacts avec des étrangers.
b) On a fait pression sur Ella Maillart ou son éditeur afin d'empêcher son édition.
Quoi qu'il en soit, elle n'a jamais dévoilé les raisons de ce retard. Bizarre autant qu'étrange, car ses livres lui permettaient de financer ses voyages. Par exemple, qui a payé la Ford V8 nécessaire à son périple en Afghanistan?
c) De retour en automne 1932, Ella Maillart fait partie de l'équipe suisse de ski pour les championnats du monde (Insbruck, 1932; St-Moritz, 1933). Tant pis pour ses chers nomades…

Derrière les belles intentions de l'URSS, faisant croire que la Russie d'après la révolution n'était pas comme celle des Romanov, sous couvert d'apporter le progrès social et technique qui n'est pas demandé, c'est bien à la colonisation forcée que l'on assiste. Et pour transformer les nomades en kolkhoziens, en esclave perdant toute leur culture, la terreur avec le lavage de cerveau par une propagande quotidienne. La main d'acier de Staline détruit tout, broie tout!

Ella Maillart, Sur les routes de l'Orient: Actes-Sud, Musée de l'Elysée, Musée Olympique (juin 2003)



Quelques extraits de "Des monts célestes aux sables rouges" d'Ella Maillart, Payot, Voyageurs. Première édition chez Grasset 1943.

«Je suis au bureau central de la Société de tourisme prolétarien», discute avec la secrétaire du président, la camarade Bloch qui m'informe que «Toutes les "bases" d'Asie centrale sont fermées cette année». Pourquoi? Ella ne pose pas cette question, car elle a déjà compris quand une dictature, on ne demande jamais pourquoi il n'y a pas de pain, de lait ou de n'importe quoi. Bloch lui propose Mourmansk ou une place sur un brise-glace qui va tenter la route du nord jusqu'au détroit de Behring.

Non, Ella insiste. Elle veut aller découvrir les Kirghizes dont le commandant Point lui avait parlé à son retour de l'expédition Centre-Asie car :«Simples et hospitaliers, les Kirghizes sont des hommes libres». Plus pour longtemps: «Là-bas, sur le versant occidental des hautes montagnes, le régime des Soviets plonge brusquement les nomades dans le XXe siècle, leur apportant collectivisation, socialisme, sédentarisation, écoles, hôpitaux, radio, tracteurs, cinéma.»

Si ces terres sont occupées par des nomades depuis la nuit des temps, c'est parce qu'elles sont trop pauvres pour l'agriculture mais, en déplaçant les troupeaux, tout à fait viables pour des gens qui suivent leur bétail. On trouve la vanité et la bêtise du régime des Soviets qui, pour assurer la pérennité de son pouvoir, doit réduire en esclavage et dans la misère, des peuples qui vivaient plutôt bien. De plus, ces nomades n'ont rien demandé aux Soviets si ce n'est de vivre tranquille dans leurs territoires de transhumance. Mais, sous le prétexte fallacieux de leur apporter la modernité, c'est l'esclavage, la fin de leur culture et de leur identité qu'ont apporté les Soviets.

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«Un péril jaune, existe-t-il d'une manière latente?» Peut-être, mais le fléau qui sévit et auquel est confrontée Ella Maillart c'est le péril rouge!

Elle décrit ensuite Krilenko, commissaire du peuple à la Justice, «homme responsable d'un grand nombre de condamnations et dont le nom terrifie tant d'êtres humains».

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Elle narre une visite à la mère de Véra, femme d'un exilé russe faisant le taxi à Paris, pour lui remettre un manteau. Habitant une demi-chambre à l'autre bout de Moscou, elle comprend que la vie est de plus en difficile, n'ayant pas reçue son salaire de 90 roubles depuis 2 mois. «Elle est devenue toute menue, me semble-t-il, et n'attend plus rien de la vie.» Elle dit: «Au Torgsin (magasin où l'on paie en monnaie-or ou en argent), j'ai échangé mes derniers cuillers d'argent contre du savon et du sucre, mais que ferais-je l'hiver prochain?»

«L'équipe des Tchanguis s'entraîne-t-elle toujours? Ah non. Plusieurs d'entre-eux font une cure d'air en Sibérie. Mais ils seront bientôt de retour, dans une année» Ou jamais?

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«Sportifs, à l'assaut de la décisive année du Quinquennal!»

Poudovkine lui dit que "La vie est belle", un film qu'il montait il y a deux ans, n'est pas sorti. «La censure n'est pas contente. J'ai dû le remanier beaucoup.»

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Ella Mailart s'étonne du très grand nombre de collaborateurs du Moscow Daily News.

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Les fruits sont rares, une pomme vaut de 1 à 2 roubles la pièce.

La vie a bien changé depuis 2 ans. Les restaurants bon marché sont impossibles et en plus il faut avoir son pain et son sucre. Les restaurants "fermés", réservés aux membres d'une fabrique ou d'une organisation, ne leur sont pas supérieurs.

La disette règne, les salaires ne sont plus versés, voilà le paradis des travailleurs en 1932.

Ouzbékistan fermé lui dit le camarade Neumann du Commissariat des affaires étrangères. «Mais Vaillant-Couturiant et Kisch y sont bien allés il y a moins d'un an? Ils sont communistes, alors. On lui d'aller au Kirghisistan, plus au nord, et membre de la RSFSR.

«Merci, cependant j'aimerais voir les femmes musulmanes dans leur harem afin qu'ils ne soient tous liquidés, afin de comprendre ce que représente pour elles la libération que les Soviets leur apportent.»

Dans le Dom Sovietov, 2500 habitants, «où se trouve réuni tout ce que le progrès a rassemblé pour faciliter la vie.»

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Une femme médecin lui dit que malgré ses 250 roubles, elle ne peut vivre, elle et sa petite: «la vie a tellement renchéri.»

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Maillart se rend au magasin de la STP (société de tourisme prolétarien) quasi vide.

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Insnab, un magasin de ravitaillement pour étrangers à Moscou où l'on paie en roubles pas comme au Torgsin.

Liste d'achat pour 120 roubles.

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La race mordvine?

Durant les arrêts: un rouble pour un oeuf, 3 tomates, 4 oignons, 2 pommes, un verre de lait, 2 tranches de pain, un hareng, 3 concombres salés. Un poulet froid de 15 à 20 roubles

Quand le train passe sur un pont, il faut fermer les fenêtres!

4000 km en en 120 heures soit 33.3 km/h!!!! pour 90 roubles

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Magnitogorsk, le nouveau géant de l'Oural. Un élément de la légende de la réussite du Premier plan quinquennal. C'est aussi un moyen de faire croire au peuple que leur difficulté à se nourrir sert à la grandeur de l'URSS.

Kazak = vagabond Turkestan
Khirghizes turco-mongole aussi, cousin, du Pamir à la Mongolie.

Berlin ????

Un retour à ses racines,


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«Il faut tout réapprendre afin de pouvoir apprécier. C'est la notion que nous avons plus ou moins perdue: le prix de la vie. Près des peuples simples, montagnards, marins ou nomades, les lois élémentaires s'imposent à nouveau. La vie retrouve son équilibre.» Au même moment, l'état soviétique transforme ces nomades en esclaves!

Après Samara, Emba, Aralskoié More, poissons trop chers.

Moscou, Tachkent, Samarcande, Douchambé-Stalinabad,. ligne de chemin de fer construite en 1906.

Ella Maillart prend quelques photos, mais homme de la Guépéou veut confisquer son Leica qui lui sera rendu à Aoulié-Ata.

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A Frounzé, Ella photographie un groupe de Khirghizes gardés par des soldats.

Tsentrospirt, magasin de vente de Vodka: bagarre.

La base du STP (société de tourisme prolétarien) inexistante.

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Visite à Vassili Ivanovitch, un trotskiste déporté à Frounzé.
«Vous arrivez de Paris, c'est incroyable! Il faut que je vous embrasse! Que se passe-t-il là-bas en plus des conférences mondiales, du fascisme et du chômage? Que pense-t-on en Russie? Où est Trotski? A-t-il de l'influence? Quelles sont les conditions de vie à Moscou?

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Après avoir rapporté l'éternel couplet des trotskistes contre Staline qui ne «pourra pas "ravoir" les paysans» alors que Trotski n'a jamais lésiné pour massacrer paysans, ouvriers et soviet complet comme à Kronstadt, Ella Maillart dévoile l'imposture des républiques "autonomes".

«Ici bien sûr, les nationaux (nom donné aux indigènes) détestent les Russes qui sont les colonisateurs. On leur a bien dit que les Russes d'après la Révolution [laquelle? le coup d'état d'octobre 1917, une vraie contre-révolution] étaient tout différents, mais eux-mêmes n'ont pas encore beaucoup à dire dans le gouvernement. On leur donne des places honorifiques ou des postes d'agents de liaison, d'interprètes entre les Khirhizes et l'Etat. Ceux qui seraient assez cultivés pour remplir d'autres charges seraient aussi capables de critiquer intelligemment… Oui, je sais, ils ont leurs journaux, leur langue, leurs écoles, mais tout doit rester immuablement dans la ligne dictée de Moscou.»

«Que de fautes commises, alors qu'ils étaient tous si contents de voir disparaître le tsarisme, cause de tant d'abus.»

Sous le Tsar, les peuples nomades ont pu conserver leur identité.

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«Mais le plus curieux, c'est l'atmosphère communiste environnante: au plafond courent des guirlandes de petits oriflammes rouges et sur le seul mur, je ne compte pas moins de 15 portraits de différents chefs, Staline, sous tous les angles, Vorochilof, Boudienny, Kalinine, Gorki.»

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De retour à Tolmak pour réparer le camion, Ella rencontre «une femme de ménage, grande, maigre et minée par la malaria [qui] conte ses malheurs: elle est venue s'installer ici après avoir fui la famine en Sibérie

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«Ce sont des enfants allemands venus de leur colonie menonite d'Aoulié-Ata et dont les parent tentent leur chance dans un nouveau pays, une fois de plus.»

Les groupes protestants seront liquidés au sens complet du terme en 1935-36, les rares survivants fusillés en 1937-38 sous la rubrique, «prêtres» ou «gens du passé». Eh oui, le seul fait d'être «gens du passé» suffisait pour qu'une troïka du parti-état vous mettait sur une liste pour être fusillé ou liquidé à la hache. C'est beau le progrès socialiste!

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«Un trafic de 40'000 tonnes rapporte un million et demi de roubles de bénéfice au Gostorg (commerce d'import-export)

C'est le capitalisme monopolistique d'état au détriment des travailleurs. Toujours l'imposture de "l'état des travailleurs".

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«Deux gardes-frontières qui dépendent d'une base de la Guépéou proche s'arrêtent sous notre tente, En échange de nombreux argualis abattus, ils ont reçu des articles d'exportation; gramophone, accordéon, balalïka et cigarettes qui font nos délices. Il y a longtemps que nous sommes réduits, comme tous les Russes, à rouler du tabac dans un bout de journal.» Les chiens de garde du régime sont bien traités, eux, pas comme le peuple!

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les premières Olympiades théâtrales 1930 ?

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Pravda Vostoka
manger gratuitement au restaurant syndical

un kolkhoze: «je me sens au quartier général de l'offensive du Coton»
«les paysans reçoivent du blé qu'en proportion du coton livré»
Turkestan

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Tadjikistan, depuis la capture d'Ibrahim Bek, en 1931, on n'entend plus parler des bassmatchis.

le kolkhoze Dourmen-Baumann

195 hectares ont livré 291 tonnes de coton (dont la première sorte, récoltée avant les pluies, vaut 32 kp le kilo), ce qui représente une allocation proportionnelle de 25 tonnes de pain.

Après avoir dénigré l'ancien système d'allocation de l'eau irriguée «Maintenant, tout est réglé scientifiquement, et les coopératives pourvoient aux besoins des ouvriers.»

24 kg par jour revenu moyen 150 roubles pour la saison

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«De même qu'à Moscou, avec enthousiasme chacun s'emploie son jour libre à passer les épreuves de l'insigne "Prêt au travail et à la défense"»

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Chez un déporté anarchiste. A Tachkent, Nicolas se souvient de la belle vie dans l'odieuse et capitaliste Genève, ses fondues dans un petit bistro de Plainpalais, relégué en Outzbékistan, privé de travail car sur liste noir, heureusement que sa femme a un emploi autrement il serait mort de faim.

1923 Kaboul, agent du service d'information, d'origine tchèque, arrêté à Tiflis, condamné à 3 ans, remplacé par 2 ans à Tachkent.

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«Mais la vie était dure à Genève. L'Internationale social-démocrate avait abandonné ses positions pour devenir chauvine, il y avait aussi une brèche dans l'Internationale anarchiste: Kropotkine appelait à l'aide contre l'impérialisme germanique. J'avais foi en l'idée de Bakounine exprimée dans son ouvrage classique: "L'Empire germanique du knout et la Révolution sociale".
Nous décidâmes de publier le "Tocsin" (Nabat) que nous faisions pénétrer en fraude en Russie. […] Ce n'est qu'après la révolution d'octobre que j'ai peu avoir l'espoir de rentrer en Russie. Je me joignis aux derniers groupe d'émigrés qui arriva à la forteresse de Dunabourg en janvier 1917. Nous avons traversé la frontière dans un train extraterritorial mené par le camarade Platten.»

Nicolas, le perpétuel agitateur, relié à Faïsoulla Khodjaief, président du conseil des commissaires d'Ouzbékistan. Il est si beau que les femmes en tombent amoureuses. Homme clé, payé pour la main mise de Moscou sur l'Ouzbékistan.

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«Et que disent les «nationaux» de ce que la vie soit si chère? Nicolas répond «On leur montre l'électricité, les conduites d'eau, les écoles. On leur explique que le deuxième plan quinquennal fera face aux demandes décuplées d'articles courants…». Demain on rase gratis.

«A la poste, comme j'envoyais un télégramme en France, l'employée me demanda si j'étais étrangère, puis elle ajouta d'un ton monotone, en contraste avec les paroles définitives qu'elle prononçait: "Ici je ne tiens plus. J'en ai assez. On se sait plus que manger. Avec des heures supplémentaires, je gagne 90 roubles par mois, de quoi mange 9 jours à ma faim.»

«- Oui, penser à ce qu'on pourra manger, c'est le problème perpétuel. Mais vous pouvez aller au Torgsin?
- J'y ai été une seule fois seulement pour acheter du savon.
- Et vous n'y avez pas rencontré les nègres?
- Non, quels nègres?
- On en a fait venir 6 d'Amérique pour les questions concernant le coton. Ils vont tous les jours s'approvisionner en whisky, biscuits et boîtes de conserves.». Eux, ils avaient des bonnes paies!

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Ella comme une hôte de marque est reçue par Faïsoulla Khodjaief.

«Dites-moi, dans le vieux Tachkent, presque toutes les femmes sont encore voilées? Avec vos grandes réformes féminines, croyez-vous que la femme soit plus heureuse? On dit que la prostitution s'est développée depuis l'émancipation.»
- L'abandon du tchédra ne compte pas dans cette libération et ne peut être qu'un symbole. On y a attaché trop d'importance, ce qui a crée des drames de familles. L'important, c'est la maturité intérieure, développée par les écoles, la propagande, le travail rétribué, rendant la femme indépendante du mari. Assurément, il en est que leur liberté grise complètement, il faut les éduquer. Quant à la prostitution, il y aura toujours de paresseuses pour pratiquer ce métier.»

«Encore une chose m'intéresse: croyez-vous qu'un Kirghize nomade puisse se transformer en prolétaire?»

C'est-à-dire en esclave au moyen de la terreur.

Réponse de Faïsoulla Khodjaief: «Bien sûr, parce qu'il voit bien tous les avantages qu'il y gagne: il ne gèle plus l'hiver, il reçoit du pain, du sucre, des bottes, une paie fixe, une vie organisée, des distractions.»

Après un grand discours pour montrer que depuis 1916, le régime odieux des Tsars, la production du coton a passé 16 millions de pouds (+ 11 importés) à 30. «Le développement continue à merveille depuis que le Turk-Sib peut amener les céréale qui ont fait place ici au coton. Nous sommes complètement libéré de marché cotonnier capitaliste. Ces résultats ont été obtenus grâce à l'émulation socialiste.»

En résumé, l'Ouzbekistan est devenu totalement dépendant du blé soviétique volé en Ukraine et ailleurs. Encore une belle victoire dans l'édification du socialiste par le parti communiste de l'union soviétique.

De plus, Maillart s'étonne de ces chiffres car: «Et s'il y a tellement de coton, comment se fait-il qu'il ait pénurie d'huile de coton? Tard le soir, ayant manqué le dernier tram, j'avais vu une douzaine de femmes assises sur le trottoir, devant le comptoir fermé d'une coopérative. Au même endroit le lendemain matin, à 10 heures, elles étaient une centaine, la plupart sous le parandja, toutes avec une bouteille à la main, pour l'huile de coton,»

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Le petit Junker, construit en URSS? Encore une victoire grâce à l'émulation socialiste!!!


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pénurie de patates, la viande à 10 roubles la livre

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les machines de filage de la soie viennent de l'Italie fasciste (1927)

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«Il y a des ouvrières qui n'ont pas été payée depuis deux mois, sauf les Russes qui, elles, n'ayant ni vache ni jardin ne peuvent attendre.»

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«Le pouvoir au soviets: les bandits deviennent partisans et aident à liquider les blancs,»

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ne pas le décourager avant qu'il m'ait rendu service.

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Le procès fabriqué des bassmatchis. Elle a pris des photos.

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«Selon les dires de certains, cette soumission du Turkestan par les Rouges aurait coûté plus de vies que la conquête russe cinquante ans auparavant

«Mais on reproche au pouvoir des soviets pour ne rien faire pour évacuer les troupes rouges qui vivent sur le pays. Staline répond lui-même: "Anéantissez la section militaire russe au Turkestan par vous-mêmes, si vous avez la force avec votre prolétariat et votre paysannerie, et si la population la considère comme étrangère aux pays.» (D'après le livre de Vadim Tchaikin, L'Exécution de vingt-six commissaires de Bakou, Moscou, 1922).

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«Dans les journaux, je n'ai pas trouvé le moindre détail concernant le procès des bassmatchis.» 19 fusillés après un simulacre de procès.

Page 288
«Au marché, la viande est vendue en grande quantité aux râteliers des bouchers et vaut seulement 5 roubles le kilo: 8 roubles la livre de beurre, 30 kopecks les pommes de terre […] Tourtkoul (Turkménistan) est un pays de cocagne.
Grâce à l'économie privée.

Page 295
«front haut émacié comme celui de Romain Rolland», le chantre de l'horreur soviétique des années 1930!

Page 297
A Khiva, l'esclavage fut aboli en 1873. 50'000 esclaves prisonniers de guerre sur une population de 500 à 600'000 habitants. Chaque Russe bien constitué coûtait au marché 16 francs.

Page 302
Demandant si leur colonie (des mnémonites) si bien organisée est un exemple pour les Ouzbeks? «Cela les laisse indifférents; ils n'ont pas besoin de tout ce qui nous est indispensable.»

Alors, leur apporter les écoles, l'électricité, n'est qu'une imposture imposant ce que les peuples nomades ne demandaient pas afin de recouvrir la colonisation forcée soviétique.

Page 334
«J'ai quitté le kolkhoze no 6 à Aktioubinsk, je veux aller à Tchimbaï. On ne m'a pas payé mes 70 roubles par mois et il faut que je nourrisse mes 5 enfants. Le kolkhoze m'a dit: « Nous n'avons pas d'argent, pas de produits, tu peux aller chercher du travail ailleurs.»
- Alors tu dois avoir un papier, comme quoi tu étais libre de partir.
- Oui, oui, dit-il.
Mais il est incapable de montrer quoi que ce soit. Comme les autres, il part, il est nomade dans l'âme.
Comme Nourmann qui était si riche, il aie mieux manger du sorho toute sa vie, ne plus voir du sucre, ni viande, mais n'avoir pas de maître.

Page 336
«Voilà enfin les hauts peupliers de la ville. Il n'y a plus d'imprévu possible. Le vrai voyage est terminé.

Ouvrage terminé au Salève, novembre 1933.

Le nom de Maillart était peu répandu à Genève, de plus Ella ne parle jamais de son père, aussi on peut se poser la question du lien de parenté avec le docteur Hector Maillart, sympathisant du Citoyen, organe de l'Union nationale.


Le Citoyen du 16 décembre 32
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