En 2003, Mugabe s'est approprié une ferme dotée de 4856 hectares

Dans un article de Philippe Rodrik, Tribune de Genève du 29.09.2009, ce journaliste révèle qu'en 2003, grâce à la politique que Mugabe a profité de sa politique dite d’expropriation entamée en 2000 pour s' approprier une ferme dotée de 4856 hectares (soit près d’un cinquième de la superficie du canton de Genève). Encore un que le socialisme a rendu multi-millionnaire!


Nestlé achète le lait de Robert Mugabe

AGRICULTURE | La multinationale vaudoise se procure la matière première dans une ferme exploitée par la famille du dictateur zimbabwéen. Son régime est dénoncé par les USA, l’UE et la Suisse.


© KEYSTONE | Le président zimbabwéen Robert Mugabe, lors d'un sommet entre des pays sud-américains et africains, le 27 septembre 2009 à Porlamar, la capitale de l'île de Margarita, au Venezuela.

Tribune de Genève, Philippe Rodrik | 29.09.2009 | 12:23

Bircher müsli et lait en poudre. Telle est la production de Nestlé au Zimbabwe. La multinationale vaudoise obtient une part appréciable de sa matière première dans une des plus grandes et plus prospères fermes de cet état d’Afrique australe. L’établissement, Gushungo Dairy Estate, est dirigé par la famille du président du pays, Robert Mugabe. Plus particulièrement par son épouse Grace et Russel Goreraza, le fils d’un premier mariage de Madame.

Porte-parole de Nestlé à Vevey, Robin Tickle, nous a confirmé que cette ferme fournit 10% à 15% du lait que la multinationale se procure au Zimbabwe. Même si le régime de Robert Mugabe est jugé infréquentable par les Etats-Unis et l’Union européenne. Ces deux autorités ont ordonné le blocage des comptes en banque du président et de tous ses proches. Ces mesures sont également valables en Suisse.

Le siège de Nestlé à Johannesburg rappelle toutefois que ces sanctions ne concernent que les transferts de fonds, l’exportation et l’importation de marchandises. Or Nestlé rappelle que «la poudre de lait et les céréales fabriquées au Zimbabwe sont essentiellement destinées au marché local». Présente depuis cinquante ans dans l’ex-colonie britannique, la firme helvétique y emploit environ 200 personnes. «Nestlé répond aux besoins de la population du pays, dont une grande partie s’avère vulnérable. Si Nestlé avait décidé de cesser ses activités au Zimbabwe, la pénurie alimentaire en aurait été aggravée», rappelle Robin Tickle.

Au pouvoir depuis vingt-deux ans, Robert Mugabe a choisi l’agriculture comme activité annexe en 2003. Cette année-là, il s’est en effet approprié une ferme dotée de 4856 hectares (soit près d’un cinquième de la superficie du canton de Genève). Cette mesure s’inscrivait dans la politique dite d’expropriation entamée en 2000. Celle-ci a contraint des milliers de fermiers blancs à fuir le pays.

Aujourd’hui, le Zimbabwe souffre de la famine et du choléra. Âgé de 85 ans, Robert Mugabe y règne encore après sa victoire douteuse aux élections de mars 2008. Son seul rival, Morgan Tsvangirai, lui a été imposé comme premier ministre en février dernier par d’autres états africains.

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