Silence sur lInternationale Socialiste, et sa branche africaine
Le Comité Afrique de lInternationale Socialiste, également interpellés par ce combat, doivent engager, lors de leurs prochaines sessions, la réflexion sur la question démocratique en Afrique.
Par Ousmane Tanor DIENG
Secrétaire général du Parti Socialiste du Sénégal
Président du Comité Afrique de lInternationale Socialiste, 13-05-2008
Une affaire africaine
Le Temps, Editorial de Frédéric Koller, Mardi 24 juin 2008
Pour Robert Mugabe, 84 ans, ex-idole de la décolonisation devenu le plus vieux tyran en exercice de l'Afrique, l'affaire est entendue: seul Dieu peut lui retirer son pouvoir et il n'hésitera pas à déclencher une guerre civile pour préserver sa tutelle sur un pays qu'il a mené à la ruine. Pour Morgan Tsvangirai, premier Zimbabwéen, depuis près de trois décennies, à oser contester dans les urnes l'autorité du père de la nation, l'affaire est tout aussi claire: forcé à un deuxième tour malgré sa victoire il y a deux mois, il n'est désormais plus question pour lui de se prêter à une mascarade qui a déjà coûté la vie à des dizaines de ses partisans alors que les milices du président terrorisent la population. Le retrait de la course du leader de l'opposition - qui ouvre la voie à une réélection en fin de semaine de Mugabe - sonne comme un acte de reddition. Mais le vent est peut-être en train de tourner. En jetant l'éponge, Tsvangirai fait aussi le pari d'un durcissement de la pression internationale envers Mugabe. Un pari risqué. Si la pression occidentale a déjà redoublé, des sanctions à l'échelle de l'ONU sont promises à l'échec par un veto chinois. Même dans l'hypothèse inverse, elles n'auraient aucune portée face à un homme prisonnier des intérêts économiques de sa clientèle et aveuglé par son idéologie «africaniste». Seules les organisations africaines sont susceptibles de le faire plier. La bonne nouvelle est que plusieurs pays de la région, relayant les critiques de la société civile, semblent prêts à prendre leurs distances avec Mugabe. Sauf l'Afrique du Sud de Thabo Mbeki qui fait plus que jamais figure d'acteur clé en vue d'une éventuelle sortie de crise. Le problème est que, pour Mbeki, il n'existe tout simplement pas de crise au Zimbabwe. Il se contente de proposer à son vieil ami Mugabe un gouvernement d'union nationale comme l'Union africaine l'avait imposé au Kenya. Mais le Zimbabwe n'est pas le Kenya. Il faudra plus de perspicacité de la part de Mbeki pour offrir une sortie honorable au vieux chef, en prenant lui-même le risque se retrouver au cur de la crise.