24/09/2006 14:32 LA CROIX
HARARE (AFP) - Zimbabwe : la fuite des cerveaux menace le secteur de la santé
Le secteur public de la santé zimbabwéen, déjà en crise, risque de connaître une véritable hémorragie avec plus de la moitié des médecins spécialisés cherchant des emplois à l'étranger, selon le journal dominical (pro-gouvernemental) Sunday Mail.
Selon le journal "le Zimbabwe est le plus durement touché des pays africains par la fuite des cerveaux avec le départ de plus de 50% du personnel qualifié du secteur public de la santé".
Le Sunday Mail cite un rapport d'une commission gouvernementale qui révèle l'exode de médecins, d'infirmiers, de sage-femmes et de laborantins, mettant gravement en danger le système sanitaire, déjà surchargé par le traitement de la pandémie du sida.
Le rapport révèle ainsi que dans les deux principaux hôpitaux d'Harare, il ne reste plus que 36 médecins sur les 145 qui y travaillaient auparavant, 72 médecins consultants sur les 189 requis et qu'il n'y avait plus un seul spécialiste. Par ailleurs, 89% postes de laborantins et 44% postes d'infirmiers sont vacants, selon ce rapport.
Le directeur de la santé publique Lovemore Mbengeranwa, cité par le journal, considère que la fuite des cerveaux est due à l'inflation, estimée à 1.200%, aux mauvaises conditions de travail, au sous-équipement et à la bureaucratie.
Le mois dernier, le gouvernement zimbabwéen a mis en place un fonds de 550 millions de dollars zimbabwéens (2,2 M USD) pour tenter d'endiguer la fuite des cerveaux dans le secteur public. L'objectif affiché de cette initiative est de retenir les infirmières, médecins et enseignants attirés par des rémunérations plus alléchantes dans le privé ou dans d'autres pays.
Le secteur a connu en août dernier une grève des internes qui réclamaient une augmentation de 700% de leurs salaires.
Quelque trois millions de Zimbabwéens, sur une population de 12 millions, ont quitté leur pays depuis 2000.