L'UE est divisée sur de nouvelles sanctions contre le Zimbabwe

LE MONDE | 23.03.07
BRUXELLES BUREAU EUROPEEN, Thomas Ferenczi, Article paru le 24.03.07.

La question du Zimbabwe n'est pas à  l'ordre du jour de la rencontre des ministres européens des affaires étrangères, les 30 et 31 mars à Brême, mais elle pourra difficilement être évitée après les violences exercées par le régime de Robert Mugabe contre son opposition.

L'Union européenne (UE), qui a renouvelé, le 19 février, les sanctions adoptées en 2002 et fermement condamné ces violences, est cependant divisée sur l'opportunité d'aggraver les sanctions. Alors que le premier ministre britannique, Tony Blair, a demandé, mercredi 21 mars, une telle mesure, les dirigeants européens sont soucieux de sauver le sommet entre l'Union européenne et l'Afrique, prévu à Lisbonne pour la fin de l'année.

Or la question du Zimbabwe apparaît comme le principal obstacle à  l'organisation de ce sommet, dont la première édition s'est tenue au Caire en 2000 et dont la suivante, qui aurait dû avoir lieu en 2003, a été sans cesse retardée. La plupart des Etats africains refuseraient en effet d'y participer en l'absence du Zimbabwe. La nouvelle stratégie pour l'Afrique adoptée par l'UE, qui vise notamment à mieux maîtriser l'immigration, rend urgente, estime-t-on à  Bruxelles, la réunion d'un tel sommet. On fait observer que le récent sommet entre la Chine et l'Afrique, en novembre 2006, en accroît encore la nécessité. Dans cette perspective, plusieurs Etats membres de l'UE ne sont pas favorables à  une aggravation des sanctions. La Commission européenne y est également opposée, pour ne pas pénaliser la population. L'Allemagne, soutenue par le Portugal, qui lui succédera le 1er juillet à  la présidence de l'Union, est à  la recherche d'un compromis.

La vigueur inhabituelle des réactions de certains chefs d'Etat africain à l'encontre de M. Mugabe est un signe positif aux yeux des diplomates européens. Deux jours après que le président zambien, Levy Mwanawasa, eût comparé le Zimbabwe à  "un Titanic en train de sombrer, dont les passagers sautent pour tenter de préserver leur existence", le gouvernement zimbabwéen a appelé, jeudi, les pays africains à  faire front en se posant en défenseur des pays "anciennement exploités".

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