Robert Mugabe, une histoire africaine du despotisme…socialiste

"Robert Mugabe, une histoire africaine du despotisme", à la une du Courrier du 27 juin 2008. Et pourquoi pas, et cela qui serait totalement véridique, "Robert Mugabe, une histoire africaine du socialisme"

Et cela est confirmé par l'article qui décrit une partie du réseau des alliés et supporters du dictateur multi-assassin: l'Afrique du Sud, la Chine communiste. Et comme par hasard, Simon Petite oublie l'Internationale socialiste et de nombreux gouvernements du "camp progressiste" dont Le Courrier fait partie.

Quand Mugabe était le chou-chou du camp progressiste, il était à la mode de se faire photographier avec ce "héros de l'indépendance". Pourquoi un journaliste ne publie-t-il pas un livre avec ces photographies sous le titre de "Robert et ses copains"? dont Castro, Ziegler, etc.

A la fin de l'article toujours une insinuation sur 3 dictateurs, jouets des "multinationales", sous-entendu que les ennemis de la démocratie seraient évidemment ces monstres. Mais jamais des socialistes!

Est-ce vraiment une victoire à la Pyrrhus? Les millions de victimes de Mugabe apprécieront!


Zimbabwe: une victoire à la Pyrrhus

Simon Petite, Le Courrier (Genève) Paru le Vendredi 27 Juin 2008

Il n'y aura finalement qu'un seul candidat aujourd'hui au Zimbabwe: Robert Mugabe, 84 ans dont vingt-huit passés à la tête du pays. Morgan Tsvangirai a préféré jeter l'éponge, alors qu'il avait contraint le président au second tour de ce vendredi.

L'intimidation aura donc eu raison du challenger. Pendant la campagne, Mugabe avait annoncé que ce serait lui ou la guerre civile. Joignant les actes à la parole, le gouvernement a fait arrêter et tuer les partisans de l'opposition par dizaines.

Il y a quelque chose de pathétique à voir le père de la nation s'agripper au pouvoir, au point de couler son pays. Le Zimbabwe est aujourd'hui exsangue. L'inflation annuelle atteint les six chiffres. Dans la capitale Harare, à la mi-juin, un café valait 1 milliard de dollars zimbabwéens.
S'il parvient à finalement garder la barre, Mugabe aura remporté une victoire à la Pyrrhus. Car ses compatriotes se souviendront qu'il a dû admettre le désaveu des urnes lors du premier tour du 29 mars. Personne ne peut refaire l'histoire, pas même le héros de l'indépendance.

Mugabe n'est pas le premier président qui refuse de laisser son fauteuil, ni le dernier. Comme souvent sur le continent africain, «la communauté internationale» est appelée à intervenir. Mais il n'existe aucune communauté d'intérêts et l'ONU ne peut rien sans une volonté commune de ses Etats membres.

La Grande-Bretagne, l'ancienne puissance coloniale, est la plus remontée mais aussi la plus mal placée. Londres n'a jamais digéré l'expropriation des fermiers blancs. [ET L'ASSASSINAT DE CEUX QUI ONT ETE LYNCHES] En retour, Mugabe a beau jeu de dénoncer l'impérialisme et le colonialisme occidental.

Les démocrates zimbabwéens reportent donc leurs espoirs sur l'Afrique du Sud, incontournable dans la région. Pour l'instant, les héritiers de Nelson Mandela font bloc derrière leur ancien allié de la lutte contre l'apartheid. Mais les choses pourraient changer. Pretoria ne peut tolérer une guerre civile chez son voisin. L'afflux de réfugiés zimbabwéens a déjà provoqué des émeutes racistes dans les townships. Fin avril, les dockers de Durban se sont opposés au déchargement d'une cargaison d'armes chinoises destinées à Mugabe.

Après une longue errance, le «bateau de la honte» est aujourd'hui de retour à l'expéditeur, jure-t-on à Pékin. Désormais omniprésente sur le continent noir, la Chine est accusée d'avoir financé la campagne électorale du président du Zimbabwe. Mais l'indignation occidentale envers Mugabe et ses alliés gagnerait en crédibilité, si elle était aussi dirigée contre ses collègues gabonais, congolais ou de Guinée équatoriale. Omar Bongo, Sassou Nguesso et Teodoro Obiang, pour ne citer qu'eux, ont toujours pris soin de ne pas mécontenter les multinationales qui pompent leur pétrole. Ce qui explique leur longévité. Les trois présidents totalisent nonante-quatre ans de règne. De quoi faire pâlir Mugabe.

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